Le blog quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana. Maison de confiance depuis 2007.


mercredi 28 novembre 2007

Beau pianiste.


Tiberghien2
envoyé par obouley


Beau trentenaire lauréat du concours Marguerite Long, Cédric Tiberghien vient d'enregistrer le Concerto N°1 de Brahms chez Harmonia Mundi.
Le 2 décembre, au Théâtre du Châtelet, il se produit dans Chopin (4 ballades) et l'opus 111 de Beethoven.
Ici, son interprétation de la 1ère Ballade de Frédéric Chopin.
Plaisir de l'ouïe et de la vue.

mardi 27 novembre 2007

"Straight" mais si beau !





Etrange carrière que celle de l'acteur américain Jeffrey Hunter (1926-1969) : démarrage en trombe dans des thrillers ou des westerns (il incarne l'un des frères James dans "Le brigand bien aimé" de Nicholas Ray et accompagne J.Wayne dans "The searcher" ("La prisonnière du désert" ci-dessus) jusqu'en 1961 où il est le Christ dans le "Roi des rois" du même Nicholas Ray, somptueux film biblique dans la veine d'un "Ben Hur" où Ray mêle à des propos religieusement corrects une vision "politique" surprenante de l'époque où se situe le récit.
Beau, Hunter est ici sublimé par le rôle de Jésus qui, bizarrement, mettra un coup de frein à sa prometteuse carrière.
Après, ce ne sera qu'une succession de films de série B, et de nombreuses panouilles à la tv, notamment dans la première mouture de la série "Startrek".
Hunter mourra jeune mais usé à l'âge de 43 ans.
Amis comédiens, n'acceptez jamais le rôle maudit de Jésus Christ : ça tue prématurément !

Filmographie ici : http://french.imdb.com/name/nm0001374/
Un site lui est dédié (en langue anglaise) : http://www.jeffreyhuntermovies.com/

lundi 26 novembre 2007

Sara Montiel - La violetera.

Sara Montiel fut une star internationale et l'une des premières "icônes gay" bien avant que le terme n'apparaisse.
Elle tourna même à Hollywood, et notamment dans le grand classique de western "Vera Cruz" de Roert Aldrich aux côtés de Burt Lancaster et de Gary Cooper.
Sa "violetera", ici en extrait du film homonyme, est un "standard" qui fut popularisé par Chaplin qui en fit le thème principal de l'un de ses chefs d'oeuvre, "City Lights".
A l'époque, les chansons à succès servaient de (mince) argument à des films souvent improbables.
C'est le cas du film en extrait ici.
Cette "pelicula" permet toutefois et heureusement de garder l'empreinte d'une "Sarita" immortelle.
Filmographie : http://french.imdb.com/name/nm0600060/

As-tu déjà aimé ?


Louis Garrel

Grégoire Lepince-Ringuet et Louis Garrel

"Les chansons d'amour" de Christophe Honoré me couraient après depuis plusieurs semaines ; elles m'ont finalement rattrapé ce jour d'été sur la toile (trouée !) des "3 Luxembourg" où l'on ne prend pas le temps (ou la peine ?) de nettoyer les traces de doigts sur la vitre de la cabine de projection, ce qui vous gâcherait tout film de moyenne facture.

Je suis sorti du cinéma le coeur au bord de l'ivresse, m'envolant au-dessus de la rue Monsieur le Prince, ensoleillée spécialement pour moi : j'ai des relations ; figurez vous que pendant près de deux heures j'avais tutoyé les anges.
Le film commence en badinages amoureux avec chansons comme, un peu, dans un vieux Jacques Demy (hommage ?) pour basculer vers ailleurs après ces quelques minutes de mise en appétit.
Le procédé avait déjà été utilisé dans le précédent opus de son auteur, "Dans Paris", où Louis Garrel prouvait qu'il n'était pas seulement un très beau garçon mais surtout un acteur de cinéma-né, parce que, voyez-vous, il est très rare que les chiens donnent naissance à des chats et que, suscitant maintes jalousies, soupçons en favoritisme et autres conneries démagogiques, les "fil(es)s-de", si l'on sait être objectif, sont peu souvent mauvais.
J'avais beaucoup aimé ce film "à la manière" de la nouvelle vague d'un réalisateur qui jamais ne "se la pète", trouvant toujours les images et les mots qui vous touchent en plein coeur.

"Les chansons d'amour" confirme ces espoirs : dire qu'un nouveau cinéaste de talent est né s'avère pour une fois très juste.
Film musical "à l'envers" puisqu'il a été construit après que les chansons ont été écrites par Alex Beaupain, d'un simplicité inspirée, "Les chansons d'amour" renoue avec un cinéma de la tendresse, de la vie ; un cinéma qui se voit et s'écoute et vous donne des ailes.
Pour voler "dans Paris" sous un ciel maussade et ne voir que lumière.

[Les Chansons d'amour est un film timide et mort de trouille qui n'a peur de rien : ni du roman-photo, ni du cinéroman, ni du cul, ni du cucul. Comme nous.]
Gérard Lefort

Sortie DVD France : 6 décembre 2007.
Photos "Allociné".

Tadzio polymorphe.

TADZIU IS NOT DEAD IN VENICE

Un Tadzio nouvelle manière dans la plus belle ville du monde.

samedi 24 novembre 2007

Lu et approuvé.

Lu d'un "dandy" au hasard de la toile :
"On aime Beethoven parce qu'il nous domine. On aime Schubert parce qu'il est fait comme nous. On aime Liszt parce qu il est l'idéal de l'homme réussi, fort et doux à la fois. On aime Mozart parce qu'il a senti plus que réfléchi, parce que son vert est celui de l'herbe, son bleu celui du ciel et son mystère, le nôtre, parce qu'il a noué avec l'enfance une alliance subtile."

The music lovers




Il m'est à tout jamais impossible d'établir une critique, d'avoir le moindre jugement cinématographique sur ce film de Ken Russel, réalisateur provocateur, sulfureux, de films que certains encensent et que d'autres rangent au rayon des colifichets, de l'esbrouffe, du clinquant.
La scène de la lutte des deux hommes nus (Oliver Reed et Alan Bates) dans "Love" ("Women in love" 1969) défraya la chronique et "Les diables" (The Devils" 1971) attirèrent un public heureux de voir enfin à l'écran du sang, du sexe et des larmes, cocktail enivrant dans le paysage cinématographique de l'époque ou, pourtant, Peckinpah...
Entre ces deux films sortit "The Music Lovers", bio plus que romancée de Tchaikovski, où Russel osait aborder de front l'homosexualité de l'immense compositeur russe, soigneusement occultée dans les hagiographies tournées en URSS.
Je ne sais dans quel état je trouverais ce film si je le voyais aujourd'hui : j'en garde le souvenir d'une fresque flamboyante, épique, délirante et la scène où Glenda Jackson se donne en proie aux pensionnaires de l'asile d'aliénés où elle finit ses jours m'a marqué à tout jamais.
Je suis presque sûr que ce "Music Lovers" n'est un bon film que dans mon souvenir, tant j'ai trouvé de fort mauvais goût, à la re-vision, des films comme "Mahler" et l'impayable "Lisztomania" du même réalisateur.
Mais, vois-tu, ce film est intimement lié à mes premiers émois d'adolescent assumant sans peine (ça existe ! et dans le contexte post-soixante huit, cela semblait simple) sa différence.
Je le vis dans un cinéma de Cannes, le Star, en compagnie de B. que j'aimais ce jour-là : le cinéma était "permanent" et nous étions étions tellement émus, à la limite de la commotion, que nous décidâmes de rester à la séance suivante.
Encore sous le choc, nous fûmes obligés de sortir pendant les avant-programme (dessins animés, actus et "réclames") car nous voulions rester "dans le film".
J'achetai peu après la bande originale (dirigée par André Previn) que j'écoutais inlassablement.
Je me souviens que K. vint un soir dans ma chambre, à côté du salon où mes parents regardaient la télévision, qu'il s'allongea sur le lit pour écouter le disque et que nous partîmes précipitamment, fonçant dans sa "mini" pour aller jouir ensemble au Cap d'Antibes, moi et lui qui était un tombeur de filles réputé dans notre cercle d'étudiants.
Je me rappelle aussi d'A., dont je scrutais les penchants avant de me lancer, et qui caressa la photo de Richard Chamberlain sur le carton glacé de la pochette et me dit "il est beau", me libérant de mes douloureuses interrogations.
Comment voulez-vous que j'aie une approche purement cinématographique de ce que je considère comme l'un des plus beaux films du monde ?

Ce n'est que bien des années après que j'appris "officiellement" l'homosexualité de R. Chamberlain : tout s'expliquait !

vendredi 23 novembre 2007

Festival de Cannes

Sean Flynn

Pendant ses années de collège, alors qu'il se découvre "différent", Frédéric Mitterrand tombe éperdument amoureux de ce bel américain qu'il voit fréquemment passer à moto sur le pavé parisien.
Quelque temps plus tard, bénéficiant d'intermédiaires occultes, il peut visiter l'appartement de ce jeune homme mort au Vietnam dans des circonstances obscures : il y passe quelques heures, s'imprégnant de l'âme de l'ancien occupant qui flotte encore dans les lieux laissés intacts.
L'objet de ses émois s'appelle Sean; il est le fils de la star de cinéma Errol Flynn.
C'est sur cette histoire vécue que commence le dernier livre de Frédéric Mitterrand "Le festival de Cannes" dont j'ai entrepris hier la lecture au soleil enfin réapparu dans le ciel de Paris.

J'ai avec Frédéric Mitterrand une complicité qu'il ignore, bien sûr, née de nos ressemblances en bien des domaines : je n'oublierai jamais le générique d' "Etoiles et toiles" se terminant par le dernier plan de celui du "Mépris" de Godard sur la belle musique de Delerue.
J'ai la même admiration pour Sara Montiel (photo) qui me fit tant pleurer, enfant, dans ces nanars mélodramatiques qui faisaient se pâmer ma mère devant l'écran du cinéma en plein air, à Rabat.
Comme lui, je vénère Oum Kalsoum et Fairouz, ces grandes voix où passent toutes les moiteurs de l'Orient.
Dans un domaine plus intime, ses confidences de "La mauvaise vie", son avant-dernier ouvrage, établissent entre lui et moi une sorte de fraternité des beaux hasards de la vie.


Empêtré d'une "image" (l'image, toujours !) de dilettante, de touche-à-tout de talent, l'homme qui se livre aujourd'hui dans ces deux livres impudiques ou pudiques je ne sais, semble apaisé, presque heureux, posant, dans son dernier opus, un regard sévère et indulgent aussi, sur les moeurs des festivaliers, nous soumettant sa critique de quelques films que, comme lui, j'ai aimé ou détesté.
Les mêmes !


Frédéric Mitterrand

jeudi 22 novembre 2007

Mort d'un géant.

(Photo AP)

La mort de Maurice Béjart nous plonge dans une grande tristesse.
Nous y reviendrons.
Voir l'article ci-contre : clic

mardi 20 novembre 2007

Franz Schubert


Génie musical fauché par le typhus à l'âge de 31 ans, Franz Schubert ( 1797-1828) fut l'émule de Haydn et surtout de Mozart qu'il vénérait.
Contemporain de Beethoven (1770-1827), il vouait au compositeur allemand une admiration sans limite.
Après des études musicales poussées, notamment avec Salieri, son cher professeur victime d'une réputation injustifiée selon les meilleurs historiens, Franz Schubert composa ses premières oeuvres pour piano à l'âge de 13 ans et sa première symphonie à 16 ans.
Ce sont surtout ses "lieder" ("Marguerite au rouet", "Le roi des aulnes" ou "La belle meunière") qui lui vaudront la notoriété.
En sa courte vie, le musicien autrichien produira une oeuvre très importante, abordant tous les genres musicaux avec un égal bonheur : opéras, symphonies, musique de chambre, chant, piano, musique sacrée et chorale...
Sa "Sérénade", son "Ave Maria", sa "8ème symphonie dite "inachevée", son "trio avec piano" ressuscité par Kubrick pour son "Barry Lyndon" et le quintette "La truite" traversent le temps et la mémoire de l'humanité.

On a beaucoup glosé sur la sexualité du musicien viennois.
Aujourd'hui, il n'y a pratiquement aucun doute sur le sujet : amoureux passionné d'une seule femme, Thérèse Grob qu'une loi incongrue l'empêcha d'épouser, Schubert n'en était pas moins attiré par les garçons.
Certaines lettres en "langage crypté" tendent à le prouver, mais l'on imagine combien l'affirmation de la différence était difficile à assumer en ce début de 19ème siècle.
Mais peu importe que l'immense compositeur ait préféré les "jeunes paons" aux "corneilles" selon le langage codé de Benvenuto Cellini si cela nous vaut la mélancolie et les sourdes colères contenues que laisse poindre l'impromptu joué ici par le grand "schubertien" Alfred Brendel :

lundi 19 novembre 2007

Helmut Berger : grandeur et décadence.





"Les damnés" (1969)

"Les damnés"

Sur le tournage de "Ludwig", avec Luchino Visconti et Romy Schneider. (1972)


"Violence et passion" ("Gruppo di famiglia in un interno") avec Burt Lancaster (1974)


Helmut Berger joue, dans "Le jardin des Finzi Contini" revu l'été dernier, le personnage d'Alberto, fils de ce couple de grands bourgeois de Ferrare que l'on verra partir vers les camps de la mort à la fin du beau film triste de De Sica.
On lui donne une fois de plus un rôle d'homo ici amoureux du viril Manate, militant communiste joué par Fabio Testi qui fit carrière dans des westerns-ravioli de série b, hélas, et que De Sica engagea pour ce film sur un coup de tête en éclair de génie.

Le (trop ?) beau Berger connut son heure de gloire dans les années 70, entre les mains, si je puis dire, du grand Visconti dont il fut l'égérie tant aimée.
Endossant, pour l'une de ses premières apparitions à l'écran, le rôle de Martin, dans "Les damnés", fils de famille pervers, incestueux, criminel, il est la révélation de ce chef-d'oeuvre qu'il contribue à rendre inoubliable, aux côtés, ce n'est pas rien, de Bogarde, Ingrid Thulin et Charlotte Rampling réunis en une exceptionnelle distribution.
Avec son protecteur de génie, Berger tournera deux autres films qui font date dans l'histoire du cinéma.
Dans "Ludwig", il compose un Louis II de Bavière en déchéance totalement hallucinant, y trouvant le rôle de sa vie, et dans "Violence et passion", il sème le trouble dans la vie d'un vieux professeur romain incarné admirablement par l'immense Burt Lancaster (photo).
Entretemps on l'aura vu en assassin, pédé évidemment, dans "Le beau monstre" du tâcheron Sergio Gobbi et dans une adaptation ridicule du "Portrait de Dorian Gray" où il séduit tout ce qui bouge !
La mort du grand Luchino, en 76, le laisse inconsolable, détruit à coups de lignes de coke et d'alcool, s'étourdissant d'amours de passage dans les back-room les plus sordides de la planète.
La suite de sa carrière est une succession de nanars pitoyables et de téléfilms pour les chaînes allemandes même pas exportables.
Faisant une recherche sur google, je tombe avec effroi sur des photos récentes que je choisis de ne pas publier : je préfère laisser son étoile d'alors briller dans mon souvenir.

Narcisse ?

dimanche 18 novembre 2007

Réussite


Photo Anthony Gayton

"Straight"... hélas !



Tyrone Power (1914-1958) fut l'une des stars de la 20th Century Fox.
Virevoltant dans le cinéma d'aventures, il a marqué des générations de cinéphiles avec des films comme "Le signe de Zorro" ou "Capitaine de Castille".
Véritable idole des foules, à l'instar d'un Rudolph Valentino ou d'un James Dean, il fut aussi un magnifique héros de western ("Le brigand bien aimé") ou de mélos flamboyants comme "Tu seras un homme mon fils" (The Eddy Duchin story).
Sa vie privée fut marquée par les échecs de ses deux mariages et ses nombreuses liaisons.

L'une de ses filles, Romina, connut un succès certain en Italie, formant un duo avec le chanteur Al Bano dans les années 70.
Doté d'un charme qui traverse les époques et d'un réel talent d'acteur, Power reste l'un des grands d'Hollywood, encore vénéré en icone à travers le monde.

Même si les rumeurs sur sa sexualité semblent infondées, le bel acteur demeure une "icône" de la communauté gay.



samedi 17 novembre 2007

Cinéculte.

A l'aube du XX ème siècle, dans l'Angleterre victorienne, les relations sexuelles entre personnes du même sexe sont considérées comme un crime.
L'hypocrisie la plus totale règne, car les "english school" sont un terrain fertile à l'épanouissement des amours masculines.
Le procès d'Oscar Wilde est encore dans toutes les mémoires quand survient celui de Sir Risley, jeune politicien en devenir piégé par la police un soir aux abords d'un pub où il a dragué un jeune soldat.
C'est autour de cette "affaire de moeurs" que les deux principaux protagonistes du film de James Ivory, après de (presque) chastes amours au collège vont déterminer la suite de leur vie : s'affirmer tant que faire se peut ou entrer de force dans la norme ?
L'adaptation par James Ivroy du roman de Forster tient du miracle cinématographique : sorti en 1987, le film peint admirablement l'atmosphère de l'époque, retraçant avec pudeur mais réalisme la relation fiévreuse entre Maurice (James Wilby) et Clive (Hugh Grant, tout jeune), tout d'abord, puis celle, salvatrice, qui unira Maurice et Alec (Rupert Graves, animal).
En proie au doute, victime du climat puritain en vigueur, Maurice choisira de vivre sa sexualité, renonçant pour cela à la vie "normale" à laquelle il était destiné.
Le film s'arrête à la veille du cataclysme de la "grande guerre" et l'on ne peut s'empêcher de penser que nos personnages auront bénéficié d'un bonheur de bien courte durée...

A signaler : l'admirable photo du grand chef op' Pierre Lhomme, formidablement mise en valeur par le transfert DVD de MK2.

Bienvenue.

Un blog de plus dans l'univers de la gaynettitude, déjà très encombré, pourquoi ?
Essentiellement pour échanger autour de la culture gay, pour partager notre savoir et amoindrir nos ignorances.
N'hésitez pas à commenter, à rectifier si besoin est : vous êtes les bienvenu(e)s !