Le blog quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana. Maison de confiance depuis 2007.


vendredi 23 mai 2008

Un homme blessé

Patrice Chéreau


Jean Hugues Anglade fut révélé par "L'homme blessé", ci-dessus et, ci-dessous, avec Vittorio Mezzogiorno.

P.Chéreau dirigeant Vincent Pérez, sublime Viviane de "Ceux qui m'aiment prendront le train".

Eric Caravaca au chevet de Bruno Todeschini ("Son frère")

On ne connait pas, on n'a pas à connaitre, la vie privée de Patrice Chéreau.
Mais l'on peut s'empêcher, voyant, au moins, son cinéma, que l'homme porte en lui une sourde blessure, inguérissable.
On pourrait, si elle n'était éminemment respectable car sans doute due à son "vécu", railler cette vision d'une homosexualité toujours maudite, châtiée impitoyablement, condamnée de par sa nature-même.
D'une génération plongée au cœur des années sida, qui a parcouru bien des allées de cimetières, Chéreau, dans son cinéma (qui nous intéresse ici), nous parle finalement toujours de la mort.
La mort est omniprésente dans les trois films qui traitent plus particulièrement de l'homosexualité : "L'homme blessé" (1983), "Ceux qui m'aiment prendront le train" (1998) et "Son frère" (2003).
En (grand) homme de théâtre qu'il est, Chéreau vit-il la vraie vie comme une tragédie ?

Dans le cinéma de Patrice Chéreau, Sylvain Jacques, acteur météorique, est plus qu'un "second rôle" :
il incarne la beauté d'une jeunesse frappée de plein fouet par la mort d'un proche ("Ceux qui m'aiment..." et "Son frère").
Dans "Ceux qui m'aiment..." l'incandescente scène d'amour-sexe dans les toilettes du train Corail a marqué notre mémoire : dans le film, on apprend que le personnage est séro-positif et on partage son mal-être.
Aujourd'hui, Sylvain semble avoir renoncé au cinéma (ou ne peut faire du cinéma qu'avec Chéreau ?) et se voue à la musique de scène pour le théâtre à travers toute l'Europe.

Toute la filmographie de Patrice Chéreau acteur, réalisateur, scénariste : clic.

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