Le blog quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana. Maison de confiance depuis 2007.


mercredi 17 mars 2010

"Une journée particulière" : un grand cinéaste et deux monstres sacrés.


A Rome le 6 mai 1938. 
Alors que tous les habitants de l'immeuble assistent au défilé du Duce Mussolini et d'Hitler, une mère de famille nombreuse et un homosexuel se rencontrent.


On ne pourra oublier le duo exceptionnel formé pour "Una giornata particulare" d'Ettore Scola par Sophia Loren et Marcello Mastroianni.
Traitant de la difficulté d'être femme ou homosexuel sous le fascisme triomphant, le film du cinéaste italien réunit deux êtres que rien ne destinait à se rencontrer, à se connaitre intimement.
Ce jour-là, Hitler rend visite au "Duce" à Rome ; le climat est à la fête bruyante, aux hymnes martiaux distillés par les haut-parleurs disséminés dans la ville, aux rodomontades amplifiées du dictateur fasciste.
La "femme", et "l'homosexuel" sont exclus de fait de ces cérémonies où le grandiose n'est en réalité que grandiloquence.
Jamais titre n'aura autant correspondu au contenu : cette journée sera une parenthèse dans la vie de ces deux êtres entre lesquels va naître une relation aussi forte qu'éphémère.


Réalisé par Scola quelques mois seulement après son extraordinaire "Affreux, sales et méchants", film à l'humour noir salvateur, "Une journée particulière" est représentatif de la grande époque du cinéma italien, avant que ce dernier ne meure sous les coups de l'ignorance, assassiné par les marchands d'images de la télévision commerciale la plus bête d'Europe me confiait encore récemment le concierge de l'hôtel où je descends régulièrement à Rome.
Sans entrer dans la politique, on n'aura aucun mal à en dénicher l'un des principaux coupables.

 
Un "couple" exceptionnel.

 Il faudra beaucoup de patience et de désir pour revoir ce film dans les meilleures conditions, le DVD français de l'éditeur René Chateau n'en offrant qu'une version doublée : on n'en est plus à un crime près à l'égard du cinéma transalpin de l'âge d'or !

 Une trace.

Villa Borghese, été 2008

Ci-gît...

Photos du pèlerinage cinématographique, Gay Cultes.

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