Le blog quotidien superfétatoire et sporadique de
Silvano Mangana. Maison de confiance depuis 2007.

lundi 26 juillet 2010

Louis, garçon facile I 11 : Fièvres d'un samedi soir.

Jack était fier de l’effet produit par son annonce : il avait trouvé une garçonnière, un studio meublé qu’il louait avec on ne sait quels moyens dans une petite rue mal goudronnée qui menait au port de la commune voisine.
Il décida d’y organiser un samedi soir un dîner où il convia Maud, copine officielle, et Louis qui constatait que les faveurs accordées lors de la soirée chez les Moineau l’avaient rapproché du garçon magnifique.
Maud n’y était pas pour rien.
Il y eut du Martini, du couscous en boîte, beaucoup de vin rosé, tiède, de la crème Mont Blanc en boîte, du Pink Floyd à plein volume sur un pick-up qui n’en pouvait mais, saturé.
L’hôte avait bien préparé son coup : profitant d’une courte absence de Maud, il tint à Louis ces propos stupéfiants :
- Bon, je vais dire à Maud que je la ramène à « Mobylette » (un cyclo de cette administration où son père occupait un poste de dirigeant !) et que je te ramène après.
Tu m’attends sur la place, on revient ici, tu dors là.

Les intentions énoncées sur un ton péremptoire ne laissaient planer aucun doute.
Ainsi fut fait.
Jack ramena Maud chez elle pendant que Louis, éberlué, faisait les cent pas devant la poste de la petite ville.
Entretemps, les effets de l’alcool combiné à un repas médiocre se faisaient sentir ; Louis sentait que son organisme ne supportait pas ces excès inhabituels.
Il guettait, le redoutant, le retour de son ami: ce corps tant désiré s’offrait enfin à lui qui ne pourrait jouir de l’aubaine ; il enrageait.
Il entendit le bruit caractéristique du deux-roues se rapprochant, son malaise s’aggravant au fil des minutes.
Tout d’abord il ne dit rien de son état ; Jack gara le cyclo et entreprit de regagner le meublé, là-bas, dans le petit chemin plongé dans l’obscurité.
A mi-course, Louis avoua son infortune et demanda, presque suppliant, que Jack le ramène chez lui.
La réaction du comparse fut violente qui le plaqua contre une haie et lui intima l’ordre de le suivre :

-Faut savoir ce que tu veux, mec !
Ca fait des mois que tu dois te branler en pensant à moi, hein ?!
Alors, on va y aller ; tu iras te faire vomir, tu te démerdes, j’ai ramené Maud, je dormirai pas seul !

Le ton n’appelait aucune réplique.
Un refus se serait soldé par des coups peut-être, et en tout cas par une brouille irrémédiable.
Louis fit ce qu’on lui avait ordonné, se précipitant aux toilettes, main serrée au fond de la gorge pour expurger le mal qui le tenaillait, vomissant longuement, pleurant, hoquetant.
Jack l’attendait sur le lit, nu, sexe dressé, victorieux.
Les deux garçons s’enlacèrent avec maladresse, Louis se remettant à grand peine de son malaise, Jack expérimentant presque scientifiquement l’acte d’amour entre hommes.
Louis ne fut guère à la hauteur et se trouva désarmé devant cette plastique sans défaut offerte sans la moindre  gêne .
Oh, sa virilité ne lui fit point défaut ; à cet âge, il est fréquent d’être en état priapique quasi permanent.
Censé « assurer », le jeune homme n’avait pour tout bagages, à cette époque, que ses rapports furtifs avec Eric et Hassan.
L’amour qu’il avait fait vraiment avec Dany, tout récemment, était encore l’exception.
Ce jour-là, de plus, il tenait une toute autre forme physique.
Il parvint cependant à faire en sorte que Jack s’endorme satisfait après quelques caresses et une étreinte violente qui les fit jouir presque simultanément ; rien de plus.
Le dimanche matin à son réveil dans le lit vide de tout complice, il rejoignit son Jack attablé, en parfaite nudité, devant un bol de café instantané.
C’était la première fois que Louis découchait.
Il tritura ses méninges pour trouver une explication plausible à laquelle une mère qu’il trouva éplorée en rentrant crut sans difficulté, trop heureuse de le voir revenir vers elle.
Auparavant, Jack l’avait ramené et salué en ces termes :
- Ben, salut. Ben voilà, on est vraiment potes maintenant.

C’était le plus beau sourire qu’il lui ait été donné de voir.
Il faudrait vite recommencer.

(A suivre)
Syl.Gay Cultes

"Louis ne fut guère à la hauteur et se trouva désarmé devant cette plastique sans défaut offerte sans la moindre  gêne ."


2 commentaires:

Kynseker a dit…

Aaahh ! On trouve enfin un Louis faillible et peu sûr de lui.

Je le croyais aussi plus émancipé de son entourage familial.

Il collectionne toujours les plastiques parfaites, ceci étant :-)

Anonyme a dit…

Espérons que la prochaine fois sera à la hauteur !