Le blog quotidien superfétatoire et sporadique de
Silvano Mangana. Maison de confiance depuis 2007.

lundi 12 juillet 2010

Louis, garçon facile I 9 : Conversations secrètes

"Ce fut bref  et d’une intensité sublimée par la douceur de cette nuit d’été."

En ces temps si lointains et si proches dans le souvenir de Louis, régnait dans la ville d'azur un mélange des genres que l’on appellerait aujourd’hui « mixité sociale ».
Certes, les habitations se différenciaient nettement, de la cité des Marronniers, populaire, « craignos » disaient les esprits les plus craintifs, aux superbes villas des quartiers résidentiels, là-bas en péninsule verdoyante.
Edith Moineau vivait dans l’une de ces luxueuses demeures, à l’orée du « Cap », dans ces rues où l’on roulait au pas, où seul le chant des oiseaux venait rompre la quiétude des lieux.
Son père dirigeait un ensemble hôtel-pavillons de réputation planétaire où se croisaient stars de Hollywood, émirs du Golfe en goguette, chefs d’état et autres très importantes personnalités selon les critères en vigueur.
Pour son anniversaire, en l’absence des parents, elle avait réuni un judicieux échantillon de la jeunesse locale dont ses anciens camarades de lycée, ses tout-nouveaux amis de fac et quelques autochtones réputés remuants mais « si sexy ».
Maud, flanqué de son flirt Jack et de Louis, toujours invité, surtout quand, comme c’était le cas ici, les hôtes possédaient un piano.
Le jeune homme se lasserait rapidement de ces invitations intéressées, estimant à juste titre que son talent méritait récompense.
Mais en cette période, il savait que les sonorités qu’il s’appliquait à sortir de l’instrument avaient un pouvoir de séduction qui palliait un aspect physique assez quelconque rehaussé toutefois par le charme qui émanait de sa personnalité et un charisme indéniable.
Il s’était amusé, la même année, de constater l’engouement qu’il suscitait chez de jeunes américaines en séjour linguistique qu’il captivait par ses interprétations pianistiques des « tubes » de l’époque sur le piano d’étude fatigué de l’une des salles du lycée A.
Par une sorte de raffinement cynique, il avait installé le doute chez l’une de ses auditrices, une fille de Chatanooga pour laquelle il déclamait des poèmes de son cru à la nuit tombée sur les fortifications du bord de mer, devant ses amis médusés.
Chez Edith Moineau, cette nuit-là, il daigna tout juste effleurer le Steinway qui trônait dans le salon.
La présence de Jack l’électrisait encore plus depuis l’épisode de la baignade.
A une heure avancée, Jack et Louis se trouvèrent seuls au bord de la piscine, quelque peu éméchés, sans toutefois atteindre l’état où l’homme abdique toute dignité.
Maud avait rejoint la cohorte des danseurs s’épuisant sur les Stones et semblait avoir oublié avec effronterie son boyfriend peu friand des déhanchements en collectivité.
Adroitement, Louis fit évoluer leurs propos vers une conversation à connotation vertement sexuelle qui sembla émoustiller son comparse.
Sans ambages, Jack en vint à évoquer des qualités viriles exceptionnelles, parla de « don de la nature » que, devant l’attitude savamment sceptique de son camarade, il lui proposa de vérifier illico.
Louis ne se fit pas prier pour l’accompagner dans la ruelle voisine où Jack s’installa sur un muret, prestement déboutonné, pour exposer à la vue de son camarade un membre aussi gigantesque à ses yeux qu’au faîte de sa vigueur juvénile.
Louis, fou d’excitation, put offrir à Jack ce que son copain attendait de lui.
Ce fut bref  et d’une intensité sublimée par la douceur de cette nuit d’été.
Ils regagnèrent la fête quelque peu hébétés pour vérifier que nul ne s’était aperçu de leur absence.
Ils reprirent place, côte à côte, sur les transats de la piscine.
-C’était vachement bon, dit Jack.
Pour ajouter :
-Mais, chut !


(à suivre)
Syl./Gay Cultes


"Ils regagnèrent la fête quelque peu hébétés..."


... les sonorités qu’il s’appliquait à sortir de l’instrument avaient un pouvoir de séduction...


(...)dans la ruelle voisine où Jack s'installa sur un muret (...)
Photo Gay Cultes sur les lieux...

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