Le blog quotidien superfétatoire et sporadique de
Silvano Mangana. Maison de confiance depuis 2007.

lundi 6 septembre 2010

Louis, garçon facile I 17 : L'archange démoniaque

Ils ont vu tous les bateaux du port, bu tant de bières dans les rades avoisinant que la nuit vint, puis les premières lueurs de l’aube.
Yann lui a demandé s’il pouvait dormir chez lui, « en tout bien tout honneur ».
« Défense de toucher ! » avait-il prévenu avant de sombrer dans le plus profond des sommeils.
Ce fut un délicieux supplice d’être allongé, là, aux côtés de ce jeune dieu vêtu d’un simple slip blanc.
La jambe rampait sous le drap, millimètre par millimètre ; se rapprocher, être au contact de sa peau, sentir son souffle, veiller à ne pas brusquer les mouvements, souffrir.
C’était bon.
Le sommeil ne vint pas apaiser cette plaisante douleur.
Au lever, le breton balbutia un « bien dormi ? » qui appela un mensonge.
Il fit un bond hors du lit.
Bill, à son tour éveillé, jappa et montra son bonheur de retrouver son maître.
Louis vit son camarade en petite tenue se diriger vers la salle de bains ; Yann se savait observé, détaillé de pied en cap ; peut-être souriait-il.
On n’entendit pas le bruit du verrou de la pièce d’eau avant que le ruissellement sur la peau de Yann ne fut perceptible, finissant d’achever la victime.

Yann surgissait maintenant à toute heure du jour, « pour parler » ; il avait trouvé en Louis l’interlocuteur idéal auquel il racontait ses histoires de cœur, inconscient des souffrances qu’il faisait endurer.
Parfois, lorsqu’il était trop tard pour repartir, Yann dormait chez Louis ; et chaque fois recommençait ce jeu dont on ne sait s’il était innocent ou pervers ; le beau noiraud eut quelque temps cette attitude ambiguë ; quelques siècles pour Louis s’écoulèrent.
Le breton sortait alors avec une fille blonde, de celles qui font rêver les jeunes mâles amateurs de sexe opposé.
Josepha était membre d’une famille corse qui possédait quelques unes des plus balles affaires de bars, restaurants et autres night-club de la contrée.
Pour ses camarades, admiratifs et envieux à la fois, elle était « la fille J. ».
Au premier abord, on pouvait penser qu’elle était une fille à papa frivole ; quand elle se déhanchait, short en jean et chemise nouée au-dessus du nombril, devant le juke-box de la plage des Grandes Rives, mille cœurs masculins battaient de concert.
Yann l’avait conquise sans doute d’un seul regard, tant il était différent, breton, archange au milieu des anges.
Jo l’aimait, l’aima, et l’aime encore sûrement, avec cette gratitude que l’on éprouve pour qui vous a fait découvrir l’amour à seize ans.
Sûr du pouvoir qu’il exerçait sur un Louis envoûté, une réelle amitié unissant à présent les deux garçons, Yann en vint, un été, à solliciter le prêt du studio pour héberger ses amours avec la belle lycéenne.
La remise des clés se faisait au bar de la plage et l’on convenait d’une heure limite, en fin d’après-midi, où Louis pourrait regagner la garçonnière.
Louis rentrait à l’heure dite, trouvant les deux amants rassasiés conversant sur le canapé de faux cuir.
Un jour, ce jour, le garçon, ponctuel pourtant, les surprit sur le lit, nus, en grande conversation.
Interloqué,Louis n’était pas au bout de ses surprises.
« - Ah, Louis, tu vas pas me croire, ricana l’archange, Jo est nulle en fellation ! »
Josepha levait les yeux au ciel, gestes de dénégation à l’appui.
« - Je lui ai expliqué pourtant cent fois, pas moyen, comme si ça la dégoutait.
Louis, montre lui !
Montre-lui comment on fait, je suis sûr que tu fais ça super bien. Et toi, ma chérie, tu regardes et t’apprends, c’est pas compliqué ! »
La gêne de Louis qui n’était plus à un supplice près n’était pas feinte, bégayant à l’ami « d’arrêter ses conneries ».
Inconscient de l’incongruité de la situation, Yann insistait, avec une soudaine fermeté.
Jo souriait ; son regard s’était fait interrogateur : c’était clair, elle acceptait.
Louis finalement chavira, se penchant sur son ami et fit se redresser le membre devenu flasque.
Yann ne donna à entendre aucun son, yeux clos, sourire aux lèvres, pendant que son ami le menait à l’extase ; Louis sentit que pendant qu’il s’en occupait, Jo les observait, pétrifiée.
Yann jouit à flots tumultueux sur sa peau aux senteurs iodées.
Du plus beau sourire qu’on n’ait jamais vu, il dit :
« Eh ben voilà : ça c’est une pipe ! »

(à suivre, peut-être)
Syl. Gay Cultes 2010
...il était différent, breton, archange au milieu des anges.

"Défense de toucher ! " avait-il prévenu...*



2 commentaires:

Kynseker a dit…

Le récit gagne en diversité et en qualité littéraire... C'est une joie d'être un lecteur de ces aventures à l'heure où tant de nanars fantasmés encombrent les rayons des romans gay.

En tout cas, quelle jeunesse !

Syl./Gay Cultes a dit…

J'en deviens pourpre, kynseker !