Le blog quotidien superfétatoire et sporadique de
Silvano Mangana. Maison de confiance depuis 2007.

lundi 20 septembre 2010

Louis, garçon facile I 19 : Le signe des jumeaux

Le couvercle du Grotrian Steinweg était resté fermé cet après-midi là.
Pourtant, au Glacier, Cédric – ou peut-être était-ce Romain-, seul cette fois, avait abordé Louis et sollicité timidement un récital privé.
Sur la plage des Grandes Rives, les jumeaux s’étaient rapidement intégrés à la petite bande : Louis avait usé à leur endroit de tout son charme, de sa faconde, de son humour ; il était devenu leur interlocuteur privilégié, n’omettant jamais de faire allusion à sa sexualité, observant leurs réactions qu’il tint pour peu hostiles.
Il fallait les avoir mis au monde pour discerner tout de go Romain de Cédric : jumeaux, ils l’étaient à la perfection et, comme souvent, s’habillaient à l’identique.
La fusion semblait totale entre les deux frères qui semblaient inséparables, fréquentant les mêmes bars, les mêmes clubs de nuit, cette même plage.
Au Glacier, avant de partir pour l’antre, Louis s’était informé ; le garçon lui avait précisé « Je ne suis pas Romain. »
A peine arrivé au studio, Cédric l’embrassa avec fougue, lui soufflant « c’est la première fois », sous l’emprise d’un désir qu’il fallait sur le champ assouvir.
Louis était comme effrayé ; il en était ainsi chaque fois qu’approchait l’instant où il découvrait la beauté nue dans toute sa splendeur; d’une main tremblante il entreprit de dévêtir ce garçon presque homme, cet ange de virilité au regard bleu-acier, d’un blond scandinave contrastant avec une peau brunie par le soleil de juillet.
Le corps qui s’offrait était de muscles secs forgés uniquement par la pratique de la natation et du tennis; naturellement.
Le garçon avait d’autres qualités, de celles qui font dire trivialement d’un amant que «c’est une affaire ».
Il ne put comparer cette manière de faire l’amour à aucune autre; seul, peut-être, Stefano mettait autant de lui-même dans les ébats charnels.
Ils s’aimèrent longuement et totalement jusque aux  premières ombres du crépuscule.
Avant de refermer la porte du studio, Cédric souriant, lui dit « chut, j’ai une copine ! ».

C’est un détail matériel qui, le lendemain, sauva Louis d’une situation qui eût pu s’avérer très embarrassante.
Abordant le garçon blond accoudé au bar du Glacier, Louis lui demanda s’il voulait venir l’écouter.
Il eut droit à un regard interloqué et à un « pourquoi ? » émis d’une voix dont la tonalité présentait une infime différence avec celle de Cédric.
Enfin, presque instantanément, Louis avisa le paquet de cigarettes posé sur le zinc : des brunes, quand Cédric fumait des blondes.
« Oh, je prépare un concours, je cherche des oreilles extérieures » s’extirpa-t-il.
- Tu sais, moi la musique, j’y connais rien, c’est pas mon truc.
Le ton était suffisamment ferme pour que Louis en tire la conclusion que la gémellité a ses limites..
Il avait à présent tous les indices pour lui permettre d’éviter un nouveau quiproquo.


(à suivre)
Syl.Gay Cultes 2010


 "... jumeaux, ils l’étaient à la perfection"

"... d’un blond scandinave contrastant avec une peau brunie par le soleil de juillet."


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