Le blog quotidien superfétatoire et sporadique de
Silvano Mangana. Maison de confiance depuis 2007.

jeudi 29 juillet 2010

Como 2010 - Et plus si affinités...

Je les renseigne aimablement : pour des hollandais, pas évident de traduite "melanzana" (aubergine!).
Cette famille s'est installée à la table voisine à la terrasse de cette pizzeria qui fait le plein toute la soirée sur l'une des places les plus animées des bords de lac.
Ils sont trois : les parents et leur grand fils qui a peut-être 25 ans.
J'observe les "ciupini" (mon néologisme italien pour désigner ce que certains appellent chez nous "choupinous") qui se rassemblent en grappes sur la Piazza.
Ça n'échappe pas à mon jeune voisin ; quand mon regard croise le sien, je comprends à son sourire complice que nous sommes de la même espèce.
Nous frôlons le fou-rire à plusieurs reprises (les "ciupini" déambulent de plus en plus nombreux à m'en donner torticolis) que nous réprimons pour ne pas alerter papa et maman.
Le garçon ne présentant aucun signe extérieur de sa condition, la situation n'en est que plus excitante.
Las, mon camarade d'un instant précieux et fugitif reprendra sa route sitôt le repas expédié.
J'ai le sentiment d'avoir vécu une courte amitié, intense.

Come, un soleil

En perspective


Concupiscence

Reposant

- Photo Cyprien Leym -

Chic et de bon goût

Vu dans une boutique "Intimissimo" de Come :
bon appétit !

mercredi 28 juillet 2010

C'est bien parce que c'est vous !

Toi tu étais beau comme un italien...













Les rivages du lac de Come réservent quelques belles surprises.
Il faut savoir en profiter : passée la trentaine, le mâle italien du Nord présente un crâne en caillou mussolinien, pare son épiderme de tatouages en mode bas-reliefs, arbore des signes extérieurs de richesse façon bling-bling-nouveau riche, s'adjoint une compagne faussement blonde, forcément, portant mini-jupe à ras des fesses , sans grâce.
Le garçon ci-dessus, lui, a encore 10 bonnes années devant lui avant de sombrer...

Laissons le rêver...











Pour éviter tout problème, j'écarte les photos plus précises...

Photos Gay Cultes 2010

lundi 26 juillet 2010

Louis, garçon facile I 11 : Fièvres d'un samedi soir.

Jack était fier de l’effet produit par son annonce : il avait trouvé une garçonnière, un studio meublé qu’il louait avec on ne sait quels moyens dans une petite rue mal goudronnée qui menait au port de la commune voisine.
Il décida d’y organiser un samedi soir un dîner où il convia Maud, copine officielle, et Louis qui constatait que les faveurs accordées lors de la soirée chez les Moineau l’avaient rapproché du garçon magnifique.
Maud n’y était pas pour rien.
Il y eut du Martini, du couscous en boîte, beaucoup de vin rosé, tiède, de la crème Mont Blanc en boîte, du Pink Floyd à plein volume sur un pick-up qui n’en pouvait mais, saturé.
L’hôte avait bien préparé son coup : profitant d’une courte absence de Maud, il tint à Louis ces propos stupéfiants :
- Bon, je vais dire à Maud que je la ramène à « Mobylette » (un cyclo de cette administration où son père occupait un poste de dirigeant !) et que je te ramène après.
Tu m’attends sur la place, on revient ici, tu dors là.

Les intentions énoncées sur un ton péremptoire ne laissaient planer aucun doute.
Ainsi fut fait.
Jack ramena Maud chez elle pendant que Louis, éberlué, faisait les cent pas devant la poste de la petite ville.
Entretemps, les effets de l’alcool combiné à un repas médiocre se faisaient sentir ; Louis sentait que son organisme ne supportait pas ces excès inhabituels.
Il guettait, le redoutant, le retour de son ami: ce corps tant désiré s’offrait enfin à lui qui ne pourrait jouir de l’aubaine ; il enrageait.
Il entendit le bruit caractéristique du deux-roues se rapprochant, son malaise s’aggravant au fil des minutes.
Tout d’abord il ne dit rien de son état ; Jack gara le cyclo et entreprit de regagner le meublé, là-bas, dans le petit chemin plongé dans l’obscurité.
A mi-course, Louis avoua son infortune et demanda, presque suppliant, que Jack le ramène chez lui.
La réaction du comparse fut violente qui le plaqua contre une haie et lui intima l’ordre de le suivre :

-Faut savoir ce que tu veux, mec !
Ca fait des mois que tu dois te branler en pensant à moi, hein ?!
Alors, on va y aller ; tu iras te faire vomir, tu te démerdes, j’ai ramené Maud, je dormirai pas seul !

Le ton n’appelait aucune réplique.
Un refus se serait soldé par des coups peut-être, et en tout cas par une brouille irrémédiable.
Louis fit ce qu’on lui avait ordonné, se précipitant aux toilettes, main serrée au fond de la gorge pour expurger le mal qui le tenaillait, vomissant longuement, pleurant, hoquetant.
Jack l’attendait sur le lit, nu, sexe dressé, victorieux.
Les deux garçons s’enlacèrent avec maladresse, Louis se remettant à grand peine de son malaise, Jack expérimentant presque scientifiquement l’acte d’amour entre hommes.
Louis ne fut guère à la hauteur et se trouva désarmé devant cette plastique sans défaut offerte sans la moindre  gêne .
Oh, sa virilité ne lui fit point défaut ; à cet âge, il est fréquent d’être en état priapique quasi permanent.
Censé « assurer », le jeune homme n’avait pour tout bagages, à cette époque, que ses rapports furtifs avec Eric et Hassan.
L’amour qu’il avait fait vraiment avec Dany, tout récemment, était encore l’exception.
Ce jour-là, de plus, il tenait une toute autre forme physique.
Il parvint cependant à faire en sorte que Jack s’endorme satisfait après quelques caresses et une étreinte violente qui les fit jouir presque simultanément ; rien de plus.
Le dimanche matin à son réveil dans le lit vide de tout complice, il rejoignit son Jack attablé, en parfaite nudité, devant un bol de café instantané.
C’était la première fois que Louis découchait.
Il tritura ses méninges pour trouver une explication plausible à laquelle une mère qu’il trouva éplorée en rentrant crut sans difficulté, trop heureuse de le voir revenir vers elle.
Auparavant, Jack l’avait ramené et salué en ces termes :
- Ben, salut. Ben voilà, on est vraiment potes maintenant.

C’était le plus beau sourire qu’il lui ait été donné de voir.
Il faudrait vite recommencer.

(A suivre)
Syl.Gay Cultes

"Louis ne fut guère à la hauteur et se trouva désarmé devant cette plastique sans défaut offerte sans la moindre  gêne ."


samedi 24 juillet 2010

Cadeau (de luxe)

Arturo Benedetti Michelangeli joue Chopin..
Aristocratique, forcément.

jeudi 22 juillet 2010

Pendant que Gay Cultes...

suspend son vol au-dessus du Lac de Côme avec la bénédiction des aiguilleurs du ciel, révisions d'été :

mercredi 21 juillet 2010

Riccardo Scamarcio, acteur


On l'avait repéré dans l'excellentissime "Nos meilleures années" (La meglio juventu) de Marco Tullio Giordana et vu son talent s'affirmer dans "Romanzo Criminale" de Michele Placido, dans "Eden à l'Ouest" de Costa Gavras, et on l'attend dans "La nostra vita" de Daniele Luccheti pour lequel il faudra patienter jusqu'en décembre 2010.
Riccardo Scamarcio est la tête d'affiche de "Le premier qui l'a dit" (Mine vaganti), comédie "al dente" (ah, la pub !) de Ferzan Ozpetek qui sort aujourd'hui sur les écrans français.
Ozpetek, cinéaste italien d'origine turque est devenu au fil des ans le spécialiste d'un cinéma connoté "gay" avec au moins deux réussites, "Hammam" en 98 avec le bel Alessandro Gassman (fils de l'illustre Vittorio) et "Tableau de famille" (Le fate ignoranti) avec ce cher Stefano Accorsi, comédie en demi-teinte qui vaut beaucoup mieux que sa réputation.
On lui doit aussi "Saturno Contro" avec le même Accorsi, incarnation quasi-iconographique du mâle italien tel qu'on aimerait qu'il soit...
Pour revenir à notre Riccardo Scamarcio, c'est sans nul doute pour lui qu'on fera le déplacement, avec quelques craintes concernant un film présenté par les distributeurs comme une coupe de Prosecco.
Ce fut le cas pour "Tableau de famille" qui s'avéra bonne surprise ; alors, pourquoi pas ?

Tout est dans le titre.

Faut-il redire qu'un acteur interprétant un personnage "gay" ne l'est pas forcément dans la vie ?
Idem pour sa présence en image dans un blog de cette obédience.
Laetitia Casta approuverait le propos...

Gay Cultes est italien durant toute une semaine mais n'interrompt pas la publication.
Quelle abnégation, non ?!


lundi 19 juillet 2010

Anges pas sages

Louis, garçon facile I 10 : Une amitié singulière.

...mettant le feu à ses sens en des combats épiques...
Il est temps d’évoquer le premier amour de Louis, qui jamais ne se fit.
Claude était un long garçon mi-homme mi-enfant, de ces jeunes hommes qu’un esprit fruste jugerait trop hâtivement équivoques.
Des cheveux mi-longs d’un châtain-clair lumineux tombaient en une cascade savamment organisée, carrée, sur un beau visage couleur-brugnon quelle que soit la saison.
Les yeux noirs vous toisaient avec une arrogance toute aristocratique.
Descendant en effet d’une lignée prestigieuse éparpillée à travers toute l’Europe, puisant ses origines en terre brabançonne et en lointaine Saxe, Claude fut pour Louis, dès qu’il le vit, un héros de roman d’aventures, un mousquetaire du roi, Ivanhoë, le chevalier de Pardaillan, personnages sans peur de ces livres de la Bibliothèque Verte qui avaient exalté ces après-midi où, allongé sur le lit de sa petite chambre, il les accompagnait dans leurs aventures extraordinaires.
Claude chevauchait l’un de ces destriers motorisés qui trouaient les rues de la vieille ville, faisant maugréer des mamés excédées par le vrombissement caractéristique de leur mécanique italienne.
 Ce garçon racé n’avait certes pas le profil des possesseurs habituels de ce type d’engin, de ceux qu’on nommait encore à cette époque « blousons noirs ».
C’est tout ce qu’il avait trouvé pour aller vite ou plutôt pour s’en donner l’illusion, car ces cyclos qui prétendaient au titre de « moto » n’étaient que des pis-aller pour jeunesse en attente de permis.
Claude avait sollicité de Louis qu’il lui donnât des cours de piano dont le prix fixé d’un commun accord pouvait seulement permettre l’achat de trois paquets de cigarettes ou de quelques cafés au Milk.
C’est lui qui avait décrété que son camarade lui transmettrait la musique.
Il se révéla rapidement que ces séances de musique ne ressembleraient en rien à ce qu’elles auraient dû être, le professeur enseignant, l’élève apprenant.
Prendre la main de Claude pour lui transmettre la bonne position était pour le « maître » un bonheur infini.
Tes longues mains si brunes, tes doigts si fins, Claude, Louis les sent encore aujourd’hui dans les siennes, palpitantes comme elles l’étaient ces après-midi devant le piano allemand, celui qui toujours l’a suivi et s’en souvient lui aussi.
Les cours tournèrent court auxquels succédèrent de véritables récitals , rien que pour lui, qui penchait doucement la tête, yeux mi-clos, comme extatique, savourant ce Chopin qui ne se joue bien qu’aux premières ardeurs, quand tout devient sensualité, quand le cœur s’égare avec volupté sur les sentiers interdits, quand le corps dicte ses terribles exigences, quand les jeans se gonflent de trop d’émotions, de celles qu’on voudrait voir s’évanouir d’un coup de baguette magique, mais voilà, il n’y a rien de plus franc, de plus vrai, de plus honnête chez les garçons et là, on ne peut plus rien faire.
Louis pense aujourd’hui qu’il na jamais aussi bien interprété Chopin depuis.
Jamais Claude ne ressentit la moindre attirance pour les gens du même sexe que lui.
Il jouait cependant de l’attrait qu’il exerçait sur son ami, mettant le feu à ses sens en des combats épiques, dans sa chambre, celle qu’il occupait chez une grand-mère un peu folle qui ne savait que faire pour maîtriser les torrents d’énergie que l’adolescent déversait perpétuellement en hurlements sauvages, en terribles sauts sur le lit d’une chambre qui lui était interdite, pauvre vieille femme submergée par ces vagues de jeunesse.
Louis détestait partout ailleurs ces jeux violents ; ici, il aimait subir l’humiliation des défaites sans cesse renouvelées, ces moments fatidiques où Claude, torse nu, sourire sardonique aux lèvres, à califourchon sur son corps vaincu, faisait claquer le « gagné ! » final.
Plus d’une fois, après la bataille, il dût prendre la fuite, harassé, poisseux du foutre jailli pendant la lutte.
Il pense aujourd’hui que Claude savait, qu’il y avait entre eux comme un pacte tacite, un non-dit jamais révélé.
Claude et Louis fréquentaient le même cours privé, refuge des exclus pour tous motifs, où Louis fut inscrit pour lui permettre de poursuivre ses études musicales, la structure de « Jean Mermoz » offrant pour cela plus de souplesse que le lycée A.
L’établissement était dirigé par un homme que d’aucuns trouvaient « précieux », Monsieur de L.
Les deux garçons surestimèrent cette prétendue souplesse, allant jusqu’à sécher les cours pour courir l’arrière-pays, s’enivrant des senteurs du printemps, cheveux au vent, larmes salées à fleur de peau sur le cyclomoteur dévalant les petites routes qui ramènent toujours à la mer dans ces contrées.
Le comble fut que la mère de Louis fut convoquée chez le directeur ; lequel, en termes choisis fit allusion à une prétendue « amitié particulière » et demanda, dans l’intérêt de « l’enfant », « chère madame »,  que cesse toute relation entre les deux adolescents.
Louis sentit le poids de la jalousie dans ces propos, venant d’un homme élevé chez les jésuites, dont la virilité pouvait être sujette à caution.
Dans le même temps, Louis avait déjà eu tout loisir d’explorer les mystères de la chair avec Eric et Hassan.
Et voici qu’on le condamnait pour une relation qui, à son grand désespoir, ne fut jamais que platonique !
Il en conçut une méfiance accrue pour le monde des adultes, ressentit à pleines tripes l’hypocrisie qui devait l’éloigner à tout jamais de la religion qu’on lui avait imposée.
Il tint tête et ses dénégations eurent l’heur de convaincre une mère que ses succès pianistiques de « bête à concours » et ses bons résultats scolaires rendaient malléable.
Le père, toujours et pour toujours absent, n’eut jamais vent de la sotte rumeur.
Louis se fit une raison et admit que cette amitié amoureuse perdure telle qu’elle était.
Il trouverait ailleurs d’autres sources de félicité.

Claude était un long garçon mi-homme mi-enfant...

(...) lui, qui penchait doucement la tête, yeux mi-clos, comme extatique...


(...) ici, il aimait subir l’humiliation des défaites sans cesse renouvelées...


(à suivre)
Syl./Gay Cultes
Tous les épisodes : clic

dimanche 18 juillet 2010

Commentaires

Dysfonctionnement de "blogger" sur la publication des commentaires les plus récents.
Certains n'ont pu être édités malgré mon avis favorable.
Désolé.
Syl./Gay Cultes

Dimanche : grasse matinée !






Cadeau


Ce matin d'été est tout doux, frais, ici, sous un ciel bleu sans le moindre nuage.
Les citadins ont déserté la capitale.
Paris est à nous !

Qui es-tu ?

Ange démoniaque

James Dean joue "L'immoraliste", d'après André Gide, à Broadway en 1951.
Subjugué, Elia Kazan lui offrira sa première chance au cinéma dans "A l'est d'Eden".
Depuis, l'étoile ne cesse de briller.
L'excellent document "James Dean, petit prince, petit bâtard", d'A. Schäfer et W.Köhne, qu'Arte vient de diffuser, est, à ma connaissance, le seul qui fasse explicitement référence à la bisexualité de l'acteur.
William Bast, toutefois, n'ose affirmer face-caméra qu'il fut le boyfriend de Dean.
Honteuse, va !

Sur Jimmy, Gay Cultes a publié ceci.


Enfin, si vous aimez le cinéma et n'êtes pas trop pressé (!), merci de rendre justice à mon travail rédactionnel en consultant la rubrique CINEMATOGRAPHE (plus de 270 billets depuis 2007).


jeudi 15 juillet 2010

Louis, garçon facile : pèlerin !

Que ne fait-on pas pour ses lecteurs préférés !
On est allé baguenauder sur les lieux de l'action, en rapportant quelques images que l'on a ajoutées aux épisodes 4, 5, 6 et 9 de "Louis, garçon facile".
Et voilà, vous n'avez plus, vous aussi, qu'à y retourner : clic


Ce jeune homme tongué ne saura jamais dans quel chemin mythique il vient de s'engager...


Tous les épisodes : clique !

Au fil des rues










mercredi 14 juillet 2010

Fête Nationale


Pour nous, il y a encore beaucoup de "Bastille" à prendre.
Mais le "bal des pompiers" est souvent très fréquentable.
Pendant ce temps, on est au Sud, sur les pas d'un garçon inoublié.
Pour étancher l'avide mémoire.