Le blog quotidien superfétatoire et sporadique de
Silvano Mangana. Maison de confiance depuis 2007.

mardi 31 août 2010

Mauvaises pensées



On ne peut s'empêcher
de voir
le lien
entre ces
deux
photos.

lundi 30 août 2010

Louis, garçon facile I 16 : La première bolée de cidre

Au cours de l’une des promenades que faisait  Louis au crépuscule là-bas, le long du chemin « des pirates », il avisa un garçon juché sur un rocher qui fixait la ligne d’horizon, absorbé par d’importantes pensées sans doute.
Ce n’était pas, non, un lieu de drague : les gens « comme ça » se retrouvaient, ça se savait, près de la gare SNCF ou dans un coin des remparts où subsistaient encore, à cette époque, des toilettes publiques.
C’était un coin encore sauvage où la mer venait assaillir des roches acérées.
Il fallait une certaine adresse pour sauter de l’un à l’autre des cailloux sans tomber dans le vide et se fracasser en contrebas.
L’idée du drame possible l’oppressait tout en lui étant délicieusement agréable.
A cette heure, il était rare qu’on trouvât en ce lieu âme qui vive.
Les deux garçons s’observèrent un long moment avant de s’adresser la parole.
Chacun voyait l’autre comme intrus en territoire.
L’inconnu fumait ; Louis, banalement, lui demanda une cigarette que l’autre lui tendit avec mauvaise grâce, constatant peu après que le nouvel arrivant ne « savait pas fumer ».
Le ton était ironique, sec, à la limite du mépris.
On en vint à un échange de banalités auxquelles Louis sut mettre un terme par un habile « t’es pas d’ici, je t’ai jamais vu en ville » de nature à provoquer un dialogue moins convenu.
Il s’appelait Yannick, Yann, dit-il tout d’abord sur un ton plus amène, et oui, il était d’ici mais faisait des études dans la plus grande ville du département où il passait toute la semaine ; il y avait, il en semblait très fier, une chambre d’étudiant que ses parents louaient pour lui.
Louis vit qu’il était beau.
Et comprit à l’instant qu’il lui faudrait beaucoup de patience pour le conquérir.
Le soir tombait qui les ramena vers la ville, devisant en chemin comme deux vieux amis.
Ils se trouvèrent assez de points communs, de centres d’intérêt, pour envisager de poursuivre la relation et se donnèrent rendez-vous pour le lendemain, jour férié, dans un café du port.
Louis n’allait jamais dans ces rades où l’on ne croisait qu’anglais saouls ou vieux briscards abrutis d’alcools anisés.
Il sentit, se rendant au « Calumet », que son cœur battait la chamade sous la chemise bien repassée, la neuve, qu’il mettait pour la première fois.
Il le vit de loin, brun aux yeux clairs à la peau de marin tannée sous les embruns déjà, vêtu d’un jean noir et d’un t’shirt blanc qui jouait du contraste avec les cheveux noir-profond.
Louis fut à peine surpris de voir que le jeune homme avait une guitare en bandoulière.
Le tableau était sans tâche, exemplaire : Louis le reconstitue aujourd’hui d’une mémoire qu’il s’étonne de trouver à ce point précise.
Yann qui la veille arborait un visage fermé l’accueillit avec le plus beau sourire de la galaxie.
Il buvait, c’était insolite ici, une bolée de cidre ; voyant le regard surpris du nouvel arrivant, il expliqua : - Je suis breton, j’aime le cidre, les galettes de blé noir, les filles blondes et la mer.
Louis commanda une bolée pour lui être agréable et trouva que c’était le plus délicieux des breuvages.
Son compagnon lui plut qui s’exaltait, volubile, pour se réfugier par instant dans un mutisme de nature à désarçonner interlocuteur moins curieux.
Bien au contraire, Louis mettait à profit ces silences subits pour mieux s’enivrer de cette beauté qu’aucun artifice ne venait dénaturer ; à peine longue, la chevelure était soyeuse, d’une finesse rare ; une mèche en coulait sur l’œil, sur laquelle le garçon soufflait quand elle le gênait trop.
Le corps était de muscles secs, d’un garçon qui devait nager, courir, que Louis s’imaginait jouer avec un chien sur une pelouse, et il s’en  trouva stupide, ne pouvant réprimer un rire libérateur.
-Qu’est-ce qui te fait marrer ? dit Yann, que l’éclat avait sorti de ses pensées.
- Oh, c’est con, je t’imaginais jouant avec un chien dans un jardin, je ne sais pas pourquoi.
A son tour, Yann s’esclaffa et, portant deux doigts à la bouche, émit un sifflement strident.
Aussitôt apparut, sortant d’on ne sait où, un chien de race indéfinissable, au pelage noir et blanc assorti à son jeune maître.
- Je te présente Bill, mon meilleur ami.
L’animal leur fit une fête éperdue et, sur un ordre abrupt, se coucha à leurs pieds, soudain apaisé.
Les deux nouveaux amis passèrent ensemble de longues heures, se découvrant sans trop en dire, parcourant la jetée, Bill en avant-garde, Yann détaillant chaque bateau, le nommant, fier de montrer ses connaissances en la matière.
Il jouait de la guitare –il « grattait » disait-il humblement- pour « s’éclater », et se dit admiratif quand Louis lui parla de ses études musicales.
Contrairement à son habitude, Louis ne révéla pas sa différence abruptement ; il se voulut allusif pour tester la capacité de tolérance de son nouveau camarade.
Il fallait que Yann lui donne un signe d’intelligence, ce qui ne tarda pas à se produire : à Louis qui lui disait qu’il lui faisait penser au Delon jeune de « Plein soleil », le jeune homme répondit un
«  De ta part, j’imagine que c’est un sacré compliment » qui révélait qu’il avait reçu le personnage cinq sur cinq.

(à suivre)
Syl. Gay Cultes 2010

C’était un coin encore sauvage où la mer venait assaillir des roches acérées...


...il lui faisait penser au Delon jeune de « Plein soleil ».


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samedi 28 août 2010

Ryan Phillippe, oh oui !

En lecteur assidu de cette gazette constellée d'angelots, vous avez sûrement craqué un jour pour cet acteur.
On a revu tout récemment le "Gosford Park" de Robert Altman (2002) qui serait un tantinet ennuyeux sans la présence du beau Ryan qui incarne un jeune acteur toujours prêt à donner de sa personne (avec, notamment, la maîtresse de maison et... le metteur en scène qu'il accompagne !) un peu à la manière de certains personnages de "Louis, garçon facile", votre feuilleton-maison favori.

Allez, cadeau : deux jolies photographies et Mr Phillippe sous la douche en images qui bougent !
Enjoy !




jeudi 26 août 2010

mardi 24 août 2010

Etat des lieux


Marais marrant

Quand on met les pieds deux ou trois fois l'an dans le Marais, c'est qu'un détour par le Bazar de l'Hôtel de Ville s'est imposé : où trouver, en août, dans un Paris déserté de ses habitants, les "Marie Louise" (ou "passe-partout") nécessaires à la confection des cadres destinés au mur du salon ?
On en profite pour acquérir, après tout le monde, un maillot de bain dont l'acquisition s'avère indispensable à l'approche de quelques jours de vacances en Grèce (mais pas à Mykonos !).
Vient l'heure du déjeuner pour lequel on choisit l'endroit le plus mixte possible de la rue des Archives.
Et là, en ces lieux où tout est habituellement prévisible, et notamment dans les attitudes, les tenues vestimentaires, les conversations, les petits chiens à yeux globuleux, on tombe sur une carte dont le rédacteur s'est lâché en mode humoristique.
Ici, oui !
Sur la carte de ce café qui porte un nom d'arbre à confiture (à crème, voire), on découvre quelques perles qu'on se fait un devoir de partager avec ses lecteurs francophones (ils sont la majorité des lecteurs de ce "blog", même si, on le voit sur le petit globe, là-bas, colonne de droite, ils sont talonnés par les américains du Nord).

Florilège :

Salades :
-Fessebouc (avec du fromage de chèvre !) (bel effort, même si le "fesse" pour "face" est devenu courant.)
-"22, les v'la" (avec... du poulet !)
- "Yapasachéiquéa" (club sandwich suédois, si tu comprends pas, je peux rien pour toi !)
Viandes :
-José Bové's Burger (avec du Cantal, même si la Tome de Laguiole eût été mieux appropriée !)
Moins bien venue, mais pas inepte, on pourra opter pour une tartine Cot Cot (à l'oeuf, course !).
On notera enfin que le Tartare est "tranché à l'Opinel (TM)", ce qui change tout.

Bref, dans un territoire où le top du top de la branchitude est de faire la gueule, on aura souri en attendant de passer commande.
Et in this city-marécage, c'est pas tous les jours !

L'homme à la pipe se retrouve sur la carte d'un resto du pays gay.

Chien parisien en vogue.

lundi 23 août 2010

Partir



Louis, garçon facile I 15 : Une drôle de liaison


Stefano n’avoua jamais que la réapparition de Jack dans la vie de Louis l’avait profondément contrarié.
Jack était d’évidence plus proche de Louis culturellement que le fougueux garnement ; leurs discussions passionnées sur des sujets qui appelaient un certain savoir le laissaient amer, boudant comme un enfant à la peine sur un problème de mathématiques.
Louis, pourtant,  jamais ne se crut autorisé à l’abaisser en public, le défendant au contraire lorsque ses amis pourfendaient l’inculture de son amant.
Maud lui avait décrété en sentence cinglante : « c’est marrant, cette attirance que tu as pour les crétins ! » et Louis avait réprimé une vive envie de lui rétorquer un « pas seulement les crétins, ma belle, je me tape ton mec, figure-toi ! ».
Aujourd’hui encore, le désir de transmission est une nécessité pour lui.
De son côté, Jack admettait fort bien la relation Louis/Stéphane (il devait penser que le prénom français valorisait l’amant de l’ami…), estimant cependant que le cœur de Louis s’était un peu atrophié sous l’effet de cette passion exigeante.
Stefano, n’étaient ses origines calabraises, aurait pu s’appeler  Esteban : en petit taureau, l’amant insatiable emplissait l’arène de ses rires en fortissimo, de son corps sans cesse en mouvement, sautant sur le canapé-lit toujours déplié au risque de le rendre inutilisable, hurlant « j’ai envie, j’ai envie, j’en peux plus ! » en émouvants « n’importe quoi ».
Au début de leur relation, Louis, maniaque, repliait systématiquement le convertible chaque matin ; l’imprévisible Stefano, à toute heure du jour impatient, se saisissait d’une couverture qu’il jetait sur le sol, à même les tomettes, attirant à lui, de toute sa force, son amant toujours disponible ou s’y efforçant.
Désormais, ce dernier, rendant les armes, ne songeait même plus à refermer le transformable, leur ring, leur océan, leur jardin, leur terrain.
La salle de bains n’était pas épargnée ; l’animal faisait de la baignoire une mer imaginaire ; il voulait en repousser les parois, y nager, s’y engloutir, inondant sans vergogne la pièce d’eau.



Après cette dispute violente sur le trottoir devant le domicile du franco-italien, c’est l’envie de faire l’amour qui l’avait fait revenir, penaud, expliquant que l’admiration que son père vouait au musicien le rendait fou de jalousie, lui qui prétendait n’être qu’un « manuel », avait fait « des bêtises», se sentait maintenant « tout con ».

La salle de bains n'était pas épargnée...

Un jour, Stefano se maria.
Elle était brune, jolie, méridionale telle qu’on peut l’imaginer, une Fanny.
Ils n’eurent même pas le temps de faire un enfant.
Car le beau calabrais n’avait pas perdu le chemin du corps de Louis qui toujours l’attirait tel un aimant.
Très vite la jeune épouse comprit que son homme avait besoin de ce qu’elle ne pouvait lui offrir.
Stefano, un soir de dispute, lui avait détaillé précisément ce en quoi elle ne pourrait lui être d’utilité.
Avant de lui faire l’amour comme jamais, sans doute excité à l’idée que le lendemain peut-être…
Puis vint le temps où il s’absentait une partie de la nuit pour rejoindre Louis, garant sa voiture assez loin de l’appartement en précaution dérisoire.
L’épouse délaissée savait.
Leur union dura deux ou trois ans, la liaison avec Louis se poursuivant jusqu’à ce que celui-ci s’éloigne vers la capitale où ses talents pourraient s’exercer plus aisément.
Mais longtemps, à chaque visite de Louis en terres familiales, les deux garçons échangèrent avec la même ardeur.
(à suivre)
Syl. Gay Cultes - 2010, textes et photos.



Episodes précédents : cliquer !

samedi 21 août 2010

Revue de blogs

Le meilleur des blogs amis (liens dans la colonne de droite) cette semaine.
Subjectif, forcément.

- Another Country -

-Hawt-

-Loco Luke's..."

- Vera's Big Gay Blog -

-...Gay ART...-

- Mélange -

Chaleur

jeudi 19 août 2010

A quand le retour du "sexy" ? Manifeste :

T'shirt de rigueur, bermudas flottants descendant à mi-mollets, caleçons informes : garçons, on veut pouvoir deviner vos fessiers, admirer vos jambes, vous voir élégants.
La mode de la rue, inspirée des rappeurs, enferme aujourd'hui la jeunesse dans des sacs.
Beaux jeunes gens, réveillez-vous (nous )  !



mardi 17 août 2010

Rafi Gavron, jeune acteur à suivre


On l'avait repéré dans le dernier opus d'Anthony Minghella, "Par effraction", aux côtés de Juliette Binoche et de Jude Law.
Il n'avait à l'époque que 17 ans.
Aujourd'hui, à 21 ans, ce jeune acteur anglais enchaîne les tournages.
On l'a remarqué notamment en jeune prostitué qui en sait trop dans la deuxième saison de la série "Rome", destiné à une mort atroce ; dans le très moyen "Une nuit à New-York" qui ne sait pas s'il est un "teen movie" ou une comédie dramatique, il crève l'écran dans un petit rôle quand le jeune acteur principal promène un air bovin tout au long de cette bluette qui se veut psychologique.
On espère pour lui qu'il saura sortir des séries télé (24h chrono) et des nanars qui ne valent que pour le plaisir de l'y apprécier (Inkheart-Coeur d'encre avec l'ineffable Brendan Fraser).
Pour l'heure, reste à savourer son incontestable séduction :

Avec Juliette Binoche dans "Par effraction"

Dans "Rome" saison 2


"Inkheart"

et...
dans les magazines "people"