Le blog quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana. Maison de confiance depuis 2007.


Tombe, Victor !

jeudi 15 octobre 2015

"Du côté de chez Richter", à lire !


Ce livre est de ceux que l'on aime garder toujours près de soi pour en lire, après l'avoir dévoré d'une traite, quelque passage au hasard.
Youri Borissov (1956-2007) fut admis dans l'intimité du géant Richter* et nous invite ici à "fréquenter" le Maître du piano.
Loin de la biographie, il rapporte dans ces pages les conversations, monologues de ce dernier souvent, qu'il eut avec le pianiste, autour d'un plat de saucisses arrosées de vodka, au cours de longues promenades dans Moscou, où "Slava" parle de la musique, de la vie, des personnalités qu'il a rencontrées.
Passionné, sensible, cultivé, touchant, lyrique, mystique, l'homme est pétri de musique, se révèle ici à travers ses émotions, ses emportements, ses regrets, son humilité (lui qui disposait d'un répertoire pléthorique, se refusait à jouer certaines œuvres que d'autres avaient sublimées !).
Un long passage par le Clavier Bien Tempéré détaille chaque prélude et fugue, non pour les analyser, mais pour les rapporter à sa vie, à des instantanés, à des rêves.
On découvre sa tendresse pour Schubert, pour Debussy, pour son ami Benjamin Britten ; on a même droit à quelques "tuyaux" tenus de son maître Heinrich Neuhaus, on veut se procurer de toute urgence les enregistrements de Maria Yudina, qu'il vénérait.
Ce livre de 280 pages, notes comprises, limpide malgré ou grâce à son côté "coq à l'âne" est une véritable somme, indispensable.
Et validée par Bruno Monsaingeon** qui sait de qui on parle.

* C'est la loi d'Internet, les rumeurs les plus fantasques courent sur les personnalités.
L'auteur de ces lignes a eu la stupeur de lire le nom de Richter dans une liste de grands hommes "gays" !
Où ne figure pas, cependant, celui de Vladimir Horowitz au sujet duquel il est permis pourtant d'avoir quelques doutes.
Découvrant la photographie de Youri Borissov, auteur du livre ci-dessus (Actes Sud),mais aussi les nombreuses cartes postales affectueuses à lui adressées par le grand pianiste, on pourra évidemment fantasmer et se demander pourquoi le Maître a admis dans son cercle intime cet alors tout jeune homme...


  ** Le film de Bruno Monsaingeon Richter l'insoumis se raréfie et prend de la valeur avec le temps : on le trouve en DVD pour une bonne trentaine d'euros. C'est néanmoins une pure merveille. 
On peut économiser pour peu qu'on soit anglophone, en le voyant (en 2 parties) sur YouTube. 
Posséder ce trésor et le regarder dans les meilleures conditions est préférable, selon moi.

2 commentaires:

Roland a dit…

Excellente' invitation à redécouvrir Richter.

Xersex a dit…

C'è anche una edizione italiana, caro silvano!