Le blog quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (Louis Arjaillès, aussi). Maison de confiance depuis 2007.


Tombe, Victor !

dimanche 31 mai 2015

Nino, intérieur-jour

Remember me | Santy Mito



Je frappe doucement. 
Rien.
Avec d’infinies précautions, je tourne la poignée en laiton qui couine un peu et j’entre dans la chambre comme s’il s’agissait d’un lieu saint. Je le vois maintenant, ange allongé de tout son long sur le lit, entièrement nu. - Dans quelle crique secrète a-t-il ses habitudes ? 
Son corps est brun d’un hâle uniforme ; pas un de ces bronzages cuivrés de maître-nageur, non, mais une jolie couleur pain d'épices, une harmonie totale ; je remarque les fesses rondes, glabres, que je ne sais quel frisson a rendues légèrement granuleuses.
Figé sur le seuil, je le contemple le plus longtemps possible avant d’émettre deux ou trois raclements de gorge et de m’enhardir enfin :
- Nino, c'est moi, Paul ! Tu m'as dit de venir à neuf heures, tu te souviens ?
Un grognement, et :
- Je sais, je suis réveillé, qu'est-ce-que tu crois ?
Et Nino se retourne vivement en riant aux éclats. Sans la moindre pudeur, il exhibe avec fierté sa vigueur matinale, me prouvant ainsi qu'il m'avait perçu, compris, approuvé, sans que j’aie eu besoin de le séduire. On a évoqué  les amours différentes, hier soir ; il a dit cette banalité :  " chacun prend son plaisir comme il veut ", et j'ai entendu, moi, " 'y a pas de mal à se faire du bien " ; j’ai su qu'il était mon avenir.
Et, dans la lumière de ce premier matin d'été, voici qu'il m'offre fièrement sa nudité victorieuse de tout jeune homme.
Je fais un  pas vers le lit, une pulsion inévitable. Il met un doigt sur ses lèvres, fait un signe vers le salon où sa mère s'acquitte des tâches quotidiennes.
- Je bois un café, et on démarre. On passe chez toi, d'abord, si tu veux. T'as bien une douche !?
(c) Silvano Mangana - Gay Cultes 2015




Le garçon de la Piazza del Popolo

Rome, Février 2012 - Silvano




La table voisine.
Il doit avoir vingt-deux ans, pas plus.
Et pourtant, j'en suis sûr, il y a presque le même nombre d'années, oui, j'ai possédé ce corps-là.
Il ne s'agit nullement d'une exaspération du désir. Je viens, du reste, à peine d'entrer dans le casino ; je n'ai pas eu non plus le temps de beaucoup boire. Ce corps-là, moi, je l'ai connu.
Et que je ne me rappelle pas où – cela n'y change rien. Ah, voilà, maintenant qu'il s'est assis à la table voisine, je reconnais ses moindres gestes – et sous les vêtements,
je revois nus les membres bien-aimés.

Constantin Cavafy








J'avais pris cette photo (déjà publiée en 2012) depuis le Café Canova, là où se rencontraient autrefois Pier Paolo Pasolini, Alberto Moravia, et Federico Fellini, entre autres inoubliables figures.

Sous l'image, j'avais écrit le texte suivant :

Assis au Canova, je sursautai, à la grande surprise de mes convives.
Je leur dis que je photographiais la place, fort animée en ce mardi gras, mais c'est lui que j'immortalisai.
Ce n'était pas possible, ce ne pouvait être lui, surgi de mon passé ?
Et pourtant, mon appareil-photo moderne, numérique -par quel philtre sorcier ?- me le restitua ainsi, telle une vieille photo d'autrefois, issue d'un vieux Leica ou d'un Rolleiflex antédiluvien.
Élégant ragazzo, tu ne sauras jamais à quel point tu lui ressembles. 

C'est le blogueur Another Country qui, me lisant, a pensé au beau texte de Cavafy.


Le touriste pressé ne le sait pas : à l'arrière du Canova, sous le Pincio, se trouve une terrasse pour converser tranquillement, échanger des mots tendres, bâtir des projets faramineux ; le soir, on peut y dîner "à la fraiche" :



Un vrai grand champion


Il faut toujours être gentil avec les anges.

C'était en 2014 à Roland Garros.
Ce très grand joueur de tennis, honorant ici les obscurs ramasseurs de balles, donne ici tout son sens à l'expression "esprit sportif" ; un grand Monsieur.

Irrépressiblement





Ces images me parlent : comme moi, vous avez peut-être vécu cette situation.
Nota : j'insèrerai le clip dont elles sont extraites dès mercredi (merci à Gilbert, lecteur attentif).

Scène comique d'anthologie


L'essentiel de la trame du Corniaud de Gérard Oury (1964)se déroule en Italie : la photo d'Henri Decae met en valeur, notamment, les jardins de Tivoli et de la Villa d'Este : la scène nocturne, dans ce magnifique décor, est, elle aussi, un grand moment de cinéma burlesque.
Ci-dessus, le partenaire de Louis De Funès, Robert (Bobby) Duranton, catcheur et culturiste décédé en 2005, était notoirement gay : le sachant, la scène n'en a que plus de sel.

vendredi 29 mai 2015

Nu hors-saison

On
en
viendrait
presque à regretter
l'automne.

L'île bleue

Herbert List, Capri 1935

Gay mais pas vraiment gai : "Nuits d'ivresse printanière", beau film méconnu


Synopsis : 
La femme de Wang Ping le soupçonne d'infidélité. Elle engage Luo Haitao pour l'espionner et découvre l'amour que son mari porte à un homme. C'est avec lui que Luo Haitao et sa petite amie, se jettent à corps perdu dans une folle équipée amoureuse.


Attachant, le héros de "Nuit d'ivresse printanière", qui fait naître le désir chez les garçons incertains d'eux-même.
Malgré lui, ou par négligence, il sèmera le drame sur sa route.
Réduire cette histoire à "une folle équipée amoureuse" comme le fait le synopsis ci-dessus (Allo Ciné), c'est négliger les multiples thématiques de You Le, tourné à la dérobée en Chine peu démocratique.
On effet bien loin de l'agréable et finalement inoffensif Y tu mama tambien d'Alfonso Cuaron chroniqué il y a (déjà !) longtemps ici-même.
Il y a à la fois du Truffaut (dans la manière de filmer) et du Fassbinder dans ce beau film plus automnal que printanier.
La confusion des genres y règne qui dévaste Luo Haiatao, l'espion fasciné par l'objet de son enquête.
Ce n'est pas rien pour une femme, chinoise de surcroît, d'apprendre que son époux la trompe avec un garçon.
On en connaît (et même personnellement, chut !) en terres occidentales qui s'en accommodent (tant que c'est pas une nana !); là-bas, c'est différent car on touche à l'ultime tabou.
Le film de Lou Ye est hautement homosexuel, nous laissant stupéfaits qu'il ait pu être tourné.
Rien que pour cela, il mérite qu'on fasse l'effort de se le procurer (DVD France Télévisions), en acte quasiment politique.
Il nous laissera le goût amer de l'homosexualité "maudite" chère à une certaine littérature : que veux-tu, lecteur, nous sommes voués aux flammes de l'enfer et faut faire avec ça !
Il y a, au coeur de ces nuits, des étreintes entre garçons dont le cinéaste ne nous cache quasiment rien, dont une scène "sous la douche" d'une torride crudité.
On perçoit, cependant, que ces scènes ne sont pas placées ici pour allécher le chaland.
Elles crient : "je baise avec des hommes, j'aime ça, j'emmerde toutes les censures !"
Tout le film est un cri, d'ailleurs, beau film désespéré, beau film de liberté ou d'aspiration à la liberté.
A méditer.



Amours cachées en dictature rampante...


Première publication : 22 novembre 2010

Sous les toits de Paris

Photo Môa Maime
C'était lundi dernier, jour férié.
Dans ces trop rares journées, mon quartier, un village dans la mégapole, s'octroie une cure de sommeil bienvenue.
Paris est si tranquille sans Parisiens.

jeudi 28 mai 2015

La nudité...

"Sans smartphone, c'est pas une vie !"

c'est
la joie.
Enfin... parfois.

Seb


Seb | Christophe Charbonnel
J'ai déjà parlé de Charbonnel ici : clic

Palaces parisiens

Plaza Athénée, Paris via Flickr

Silvano Palace, Paris

Floralies

Colin Firth ose le jaillissement de couleurs.
C'est le bouquet !*

*Je n'ai pas très bien dormi, désolé.

mardi 26 mai 2015

Garçon nu rediffusé


J'avais déjà inséré cette photo (en 2011 ou 2012, je ne sais plus). En priver les lecteurs récents me fendait le cœur* ; alors, la revoici.
Il faudra que je pense à un "best of" de mes anges nus, cet été.

*Je suis né dans le sud de la France, l'auriez-vous compris ?

Épée de Damoclès ?


Lire à deux, c'est encore mieux

Heidelberg 1986 © Michael Bidner

Balustrade

Charles Auguste Émile Durand (1837-1917) : étude signée Carolus Duran ; c'est plus simple.

Je suis sûr...

que
ce beau
garçon
écoute
du
Schubert.

lundi 25 mai 2015

Deux manières d'apprécier

À la facétie...


on préfèrera peut-être la tendresse...

C'est un jardin extraordinaire

Jardin du Luxembourg,Paris (Photo Perry Tak)

Le salut dans la Salute

Basilica Santa Maria della Salute, Venezia

Pour m'aider à oublier une cruelle déception, tu m'as dit : on fera une photo sur les marches, identique à celle que tu dois remplacer ; j'adopterai la même pose, garderai mes lunettes de soleil, poserai mon sac à côté de moi, comme lui.
Lors de notre séjour à Venise, tu m'as rappelé la promesse et nous fîmes la photo.
Elle a chassé, dans mon salon, le mauvais souvenir de la précédente.
J'ai un ami, un fils, un disciple, qui sait panser mes blessures.

Cadeau : et cette vieille "canzone" dans ma tête...


C'est délicieux, d'une classe désarmante, d'une belle justesse, d'une vraie maîtrise vocale, et ce "look" des années 70 !
Vous l'aurez compris : j'aime, à en fondre de bonheur à chaque écoute.

Perfetto !


Chic, c'est jour férié !


dimanche 24 mai 2015

Un dimanche à la campagne






Avouez 
qu'il y a là de quoi
 étancher votre soif 
de chlorophylle.