Le blog quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana. Maison de confiance depuis 2007.


Tombe, Victor !

samedi 30 juillet 2016

Palerme : grappa, limoncello, padrino, il mio "figlio", et... un ange

"Zafferano", mon œil !

 

Rentré lundi dernier de Sicile, je reprends pied peu à peu dans un Paris qui se vide de ses habitants pour la grande transhumance estivale. Après les "promenades" - les marches exténuantes sous les exhortations de mon complice, plutôt ! - dans Palerme, j'y trouve la température idéale et y jouirais du calme retrouvé si les travaux dans un appartement voisin ne m'obligeaient à me munir d'écouteurs pour me réfugier dans les musiques que j'aime : les Sonates de Schubert, à ce moment précis.
N'en déduisez pas que je n'ai pas pleinement profité de la découverte de cette ville où plusieurs civilisations ont laissé leur trace (machinalement, j'avais tapé "thrace", si !).
Plus qu'aux édifices vantés, à juste titre, souvent, par les guides touristiques, ce sont les virées dans les quartiers les plus populaires qui m'ont ravi, dont celle dans le "Capo" où je fus escroqué de 5 euros par un habile marchand qui me vendit du safran dont je découvris trop tard, une fois dés-emballé, qu'il s'agissait en fait d'un vulgaire colorant de cuisine !
Étrangement, je ne saurais le récriminer d'avoir abusé de ma crédulité : ces quelques euros auront, je le souhaite, mis un peu d'huile d'olive dans sa rughetta.
En revanche, j'ai fait provision, dans une officine ayant pignon sur rue, de "pecorino", de "parmigiano reggiano" dûment estampillé, et de ce "guanciale" que l'on trouve à prix d'or dans les échoppes parisiennes surfant sur l'italo-mania gastronomique qui fait fureur dans la capitale.

Où ai-je bien pu garer mon vélo, déjà ? | Photo Silvano

 

Mon beau "cameriere"

 

Subjugué, je fus, par la beauté des ragazzi de Palerme, que l'on croise à profusion dans les ruelles, sur les placettes, à dos de Vespa, sans casque le plus souvent.
Contrairement à leurs homologues napolitains, ils n'arborent pas, pour la plupart, de ces hideuses coupes de cheveux inspirées de celles des footballeurs-stars du moment et s'habillent avec élégance malgré leurs faibles moyens.
C'est, pour moi, un ravissement de chaque instant qui fait plaisir à mon jeune compère qui, lui, n'a pas à se plaindre des fraîches jeunes filles qui sacrifient, elles aussi, au rite de la passeggiata (promenade) de fin d'après-midi aux alentours du Teatro Massimo, ce grand édifice où fut tournée l'une des scènes marquantes (et sanglante) du Parrain III soutenue par le sublime Intermezzo du Cavalleria Rusticana de Pietro Mascagni.
Dans un "ristorante" du Borgo Vecchio, un jeune serveur efféminé craque sur celui qu'il suppose être mon fils - peut-être souhaite-t-il simplement qu'il le soit - quand ce dernier lorgne plutôt sur la jeune caissière qui n'est certes pas indifférente, le tout sous mon regard amusé ; ma fierté est comparable à celle d'une mère séfarade : "qu'il est beau, mon fils !"

Teatro Massimo, Piazza Verdi
Nous avons coutume, après nos dîners, de prendre un digestif dans un bar à la (relative) fraîche. Nous arrivons un soir au cinéma-caffè de la Piazza Verdi où un jeune serveur est sur le point de lever la terrasse. Sur notre bonne mine, cependant, il nous accorde "pour le temps que vous voudrez" une table discrète où nous dégustons grappa, pour moi, et limoncello... pour le petit.
J'avais aperçu ce "cameriere" le matin-même, retournant sur mes pas pour vérifier ma première impression.
Sa beauté est encore plus flagrante dans la douceur de la nuit. Silhouette élancée, visage angélique ombré d'un léger filet de barbe de pas-tout-à-fait-adulte, cheveux clairs (si rares en ces contrées) et yeux de la même eau.
Le garçon ne sait peut-être pas ses avantages, tout en sourires et en simplicité, sain.
J'en tombe instantanément amoureux.
Brève passion, puisque nous repartons le lendemain ; mais je le garderai au cœur.
Demain, tout de même, mon billet sera plus "culturel".


Les dernières images du Parrain III, dont une partie au Teatro Massimo et le sublime Intermezzo de Mascagni.
Quant à l'Intermezzo, on l'entend également dans le beau Raging Bull de Martin Scorsese

6 commentaires:

Celeos a dit…

Pourquoi soudain des envies d'Italie me submergent-elles ?

Silvano a dit…

Franchement, hein, Celeos, on se demande : tout est tellement sympa ici.

Maxence 26 a dit…

Pour nous, c'est Naples, la semaine prochaine, avec vos bons conseils.

Silvano a dit…

Pensez à prendre un manteau et des moufles, Maxence. Vous savez, Naples, en cette saison...

palomar a dit…

Naples, je ne sais pas, mais pour Milan, c'est sûr qu'il faut bien se couvrir!
https://youtu.be/_Dz-DJafP70

Silvano a dit…

@palomar : eh oui, Milan, c'est le grand Nord ! Inénarrable Toto !