Le blog quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana. Maison de confiance depuis 2007.


Tombe, Victor !

vendredi 13 janvier 2017

Un peu de toux

Mais pourquoi les gens toussent-ils dans les concerts ?
Et toujours dans les silences, alors qu'il suffit d'attendre un "fortissimo" ou un "tutti" de l'orchestre ?
Des esprits savants se sont posé la question ; plusieurs options ont été retenues :

1) les "tousseurs de concerts" auraient le trac, impressionnés par la solennité de l'instant.
2) les expectorants de service ne peuvent réprimer une toux nerveuse, dite aussi "toux sportive".
3) il n'est pas exclu qu'un spectateur souffre de bronchite aigüe (dans ce cas, rester chez soi pour écouter France Musique est la meilleure solution).

L'excellent pianiste Pierre-Laurent Aimard dut interrompre un récital troublé par un déferlement catarrheux tonitruant.
Il s'adressa au public du Théâtre des Champs Élysées en ces termes : " “Mesdames, Messieurs, je voudrais vous rappeler qu’une salle de concerts est faite pour y faire de la musique et non pour tousser”.

Sur un site québécois, on propose des solutions (ou de la "Solutricine" ?) : il est conseillé d'“essayer de maîtriser sa toux ou ses éternuements. Si l’on est sujet à tousser, prendre une gorgée de sirop contre la toux avant de se rendre au concert peut aider à régler le problème (1). Un bon moyen d’amortir le bruit d’un éternuement consiste à enfoncer la bouche dans le pli du coude ; on peut aussi essayer d’attendre un moment où le volume sonore est particulièrement élevé (2).
En Angleterre, dans les programmes, on conseille de tousser dans un mouchoir, cette pièce de tissu permettant d'étouffer la canonnade.
Certaines salles du même pays vont même jusqu'à mettre des mouchoirs à disposition des spectateurs à l'entrée !

Il est permis de penser que la toux et les bruits divers furent l'une des raisons qui poussèrent Glenn Gould à renoncer aux prestations publiques pour se consacrer uniquement à l'enregistrement en studio ou à la télé.
Qu'aurait-il pensé des sonneries de téléphones-mobiles intempestives ?
Pour illustrer, car ce blog est bien fait, n'est-ce-pas, écoutons un enregistrement public de la première Étude op.2 de Scriabine par l'immense Emil Gilels où nul goujat ne vient troubler la concentration du Maître.
Possédant un coffret des grandes interprétations en public de Gilels, je peux vous assurer que c'est exceptionnel.



(1) Mon pharmacien (mélomane) dément : le sirop déclenche la toux de manière à favoriser l'expectoration. 
(2) C'est ce que je fais, si, d'aventure, j'ai un besoin d'expulser mes miasmes.

8 commentaires:

Anonyme a dit…

A propos de toux, j'avais lu qu'un chef d'orchestre allemand, excédé, avait sorti de sa poche une poignée de pastilles contre la toux, et l'avait jetée au milieu du public tout en dirigeant.

estèf a dit…

Tousser pendant les silences est sans doute un réflexe paradoxal decoulant de l'éducation : on ne tousse pas pendant que quelqu'un parle. On manque énormément d'éducation au spectacle...
D'autre part il est statistiquement difficile de ne pas réunir au moins quelques tousseux dans une salle de dimension respectable !
Imaginez vous dans ces salles au XIXe siècle où la lumière restait allumée, où l'on parlait et forniquait dans les balcons...
C'est Wagner je crois qui péta les plombs et révolutionna cela. Vous nous direz Silvano ce qu'il en fût.

pepito a dit…

je partage l'avis du trac du spectateur... je me souviens d'un spectacle de danse où rien ne se passait pendant quelques minutes... petit à petit, on a senti la tension monter dans la salle, on se serait cru dans une convention de tuberculeux... mais en règle générale, le public a peur du silence et du noir... c'est surtout vrai depuis une vingtaine d'années... depuis que le public exige d'en avoir pour son argent... en règle générale, je ne comprends plus ce qui motive le public pour se rendre à un spectacle... le summum ayant été une performance de Raimund Hoghe à la Ménagerie de Verre... je veux dire, tout le monde ne connaît pas le lieu et Hoghe a quand même des particularités qui n'appartiennent qu'à lui... on n'assiste pas à un de ses spectacles par hasard... ou alors quelqu'un vous a offert une place par pure méchanceté, sans prévenir... bêtement, je tiens Télérama pour responsable de la culturisation (et non la culture) de la vie parisienne... je me souviens d'une amie d'ami me demandant mon avis sur un film... devant mon embarras (je n'avais pas aimé), elle me renvoie dans les plumes :"de toute manière, Télérama en a dit du bien..." j'ai une haine sans réserve pour tous les prescripteurs d'opinions...
cela dit, depuis quelques temps, une nouvelle race de perturbateurs a fait son apparition dans les salles de spectacles : les commentateurs... ils s'imaginent être dans leur salon, devant leur home cinéma et disent tout haut (du moins à un niveau sonore faisant profiter leur entourage) ce qu'ils pensent... avant hier, à Polyeucte, j'ai eu droit à une femme qui se plaignait des tousseurs pendant toute la soirée... l'arroseur arrosé...
quant à Polyeucte, le problème était également sur scène... la mode étant aux effets sonores électroniques, ceux-ci étaient poussés au paroxysme et m'ont parfois empêché d'entendre le texte... la tirade finale de Sévère étant un comble... non seulement ils ont inséré une citation de Nietzsche mais je n'ai pas compris un traître mot du dernier vers...
après on s'étonne de la désaffection du public...
bon allez, je vais aller calmer ma mauvaise humeur... :)
bonne journée
pépito

pepito a dit…

j'avais également assisté à une master class d'Alfred Brendel où il avait spécifiquement demandé au public de ne pas tousser... devant les rires, il avait affirmé être sérieux... petit malaise puis tout s'est bien passé... :)

Silvano a dit…

Merci pour ces commentaires argumentés. Pepito, j'entretiens avec Télérama, depuis des années, une relation compliquée, faite d'une alternance de périodes d'amour et de détestation. Finalement, je me dis qu'au milieu de l'océan de médiocrité qui nous entoure, cet hebdomadaire est nécessaire. Votre commentaire m'arrive au moment où je viens de décider de m'y abonner. Jusqu'à la prochaine fois.

pepito a dit…

hahahahahaha... j'y suis abonné depuis des décennies... raison pour laquelle je peux me permettre d'être critique... en fait, ce n'est pas tant après eux que j'en ais qu'après leurs suiveurs... les télérameurs comme j'ai plaisir à les appeler... Télérama fait son boulot, même si d'une façon qui me déplaît de plus en plus... que ses lectrices (généralement des profs de lettres célibataires, je sais ça fait sexiste... mais bon je suis paidai jusqu'au bout des ongles... on ne se refait pas... :) ), que ses lectrices, donc, prennent ce qu'ils écrivent pour parole d'Evangile est désespérant... pas étonnant que le pays parte à ce point à la dérive.. un ami déplorait ce matin l'absence de programme culturel dans les primaires.. je ne peux que m'en réjouir ! aucun responsable culturel n'a plus la moindre culture... laissons ça à ceux qui en ont la charge... ne confondons pas la culture et la culturisation... je sais que google n'aime pas ce néologisme.. mais foutredieu, faisons de l'élitisme pour tous... pas de la bêtise pour tous...
la bise
(ok je suis terriblement déprimé depuis des mois... ce n'est pas pour autant que j'en suis plus stupide...)

Anonyme a dit…

Il faut-demander un cerificat medicien de bonne salue avant le control des tiket

GayFred37 a dit…

... Et de rien !


:-)))