Le blog quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (Louis Arjaillès, aussi). Maison de confiance depuis 2007.


Tombe, Victor !

vendredi 24 mars 2017

Provoquez-nous !

Thomas Edwin par Hadar Pitchon 2016
Je viens d'écrire un billet sur Violence et passion (le précédent) et voilà que le hasard met cette photo sous mes yeux.
Je trouve essentiel (dans tous les sens du mot) que les jeunes soient révoltés, provocateurs, qu'ils renversent les statues et les statuts.
J'approuvais l'autre jour, en commentaire, un article de Véhèmes (blog ami qui induit la réflexion) où l'auteur déplorait la normalisation des mœurs (je raccourcis : qu'il m'en excuse).
Le désir (où ? Quoi ? Quand ? Comment ?) d'un grand nombre de jeunes homos de reproduire à l'identique un modèle hétérosexuel de vie en couple "administré" qui a pourtant démontré sa vacuité dans les dernières décennies, ce besoin d'entrer dans un moule de nature à rassurer les montreurs de marionnettes qui gèrent la société, cette négation de l'amour-passion, sont préoccupants.
Cette notion de mariage dûment oblitéré et enregistré - que j'ai pu défendre malgré tout, uniquement pour emmerder ses contempteurs - est à mon sens profondément réactionnaire : il faut se méfier des registres.
Dans la suite d'un Tombe, Victor ! qui fut bien sage (c'est inhérent à l'âge des protagonistes) actuellement en gestation, je dirai combien, à mon sens, l'homosexualité doit être révolutionnaire.

10 commentaires:

Pascal a dit…

et on l'attend avec impatience cette suite ...

joseph a dit…

Attention à ce musicien branché : le court circuit n'est pas toujours le circuit le plus court entre le producteur et le consommateur !

Celeos a dit…

:-) :-) :-)

Silvano a dit…

Joseph, vous n'avez jamais d'avis sur les textes ?

Gilbert Dion a dit…

Je ne peux qu'applaudir à vos propos. Et comme les mots me manquent pour enchérir, je vais me contenter de tirer une citation de l'immense roman (ouvrage posthume et inachevé de 800 pages) que je suis en train de lire, de Jean Basile, et dont le titre est à lui seul tout un programme: Me déshabiller n'a jamais été une chose facile:

«Le lecteur aura compris que n'aime à voir dans l'homosexualité une "anormalité". C'est en ce sens qu'elle m'intéresse. C'est là que je vois sa nécessité et sa beauté, en ce qu'elle touche le domaine de la perversité ou, si l'on veut un autre terme moins confondant, le domaine de la poésie indicible, celle des limites où le pouvoir créateur de l'homme individuel s'oppose férocement et par tous les moyens, fussent-ils les plus souffrants, à la pression de la collectivité qui n'accepte que la ressemblance.»

Au plaisir de vous lire pour de nombreuses années encore.

Gilbert Dion a dit…

Deux erreurs dans mon commentaire précédent. Il aurait fallu lire «... aura compris que j'aime à voir...». Et le titre est plutôt Me déshabiller n'aura jamais été une tâche facile. Décidément, la révolution évoquée m'a troublé l'esprit.

Petrus a dit…

L'homosexualité, révolutionnaire ? J'ai du mal à comprendre. Il m'avait semblé qu'on était passé du « droit à la différence » au « droit à l'indifférence » – ce qui est une évolution (sans "R" initial). Ça n'empêche en rien de la cultiver, cette différence (bien l'arroser !), et le texte cité par Gilbert de Jean Basile me plaît bien, mais je ne vois pas en quoi ce qui existe naturellement depuis toujours change ou devrait changer quelque chose à la marche du monde et du temps. C'est comme dire qu'être gaucher doit être révolutionnaire !?

Autrement, (je l'ai dit alors) je suis pour le mariage... pour personne ! ni homo, ni hétéro ; mais suis pour la liberté et l'égalité, et donc que chacun puisse faire ce qu'il veut sans qu'on aille lui donner des leçons et lui imposer un mode de vie. Je m'en tiens à la superbe chanson « manifeste » de Brassens : « J'ai l'honneur de ne pas te demander ta main. » Le mariage véhicule beaucoup cette détestable notion de possession (MA femme, MON mari), avec l'obligation de se jurer fidélité ! Tout cela pue l'esprit bourgeoiseux curetonesque, et, oui, la révolution est plus dans « l'amour libre », mais ça n'est pas bien nouveau.

Par ailleurs, par rapport à la « fierté homosexuelle », je ne la comprends que comme moyen de résistance aux adversaires – qui sont encore légions, partout, même si cela s'améliore, peu à peu. C'est ce que j'ai retenu de ma lecture (juvénile et passionnée) de Jean Genet : puisque vous (la société) me catégorisez dans un état d'être inférieur, méprisable et vil, je serai donc celui-là, et même plus encore, avec magnificence ! Perso, je ne puis être fier d'un état de naissance auquel je ne suis pour rien. Cela dérive aussi facilement en ostracisme, type : « fier d'être Français ». En passant, je suis très content de vivre en France, mais ce n'est pas une gloire (étant plus internationaliste). Je puis donc être fier d'une volonté à FAIRE ceci, pas de l'état d'ÊTRE cela.

Jules D. a dit…

C'est pour ces raisons que les gens de ma génération ont un regard admiratif sur celle qui a connu les années 70.
Si je comprends bien, c'est dans ces années là que vous nous plongerez dans la suite de votre roman ?
Jules

joseph a dit…

cela m'arrive quand j'ai quelque chose à ajouter ; mais je vais surtout penser à retrancher davantage ! bon dimanche !

Silvano a dit…

Vos commentaires, du moins ceux qui ont un rapport avec le billet, vont dans un sens qui corrobore à peu de choses près ce que j'écrivais. On se sent moins seul.