Le blog quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (Louis Arjaillès, aussi). Maison de confiance depuis 2007.


Tombe, Victor !

Tombe, Victor !
" Tendre, émouvant, ensoleillé, universel "

jeudi 27 juillet 2017

mercredi 26 juillet 2017

Caressant


Cool ?

Danny Lyon, Chicago 1969




Le délicieux frisson d'avoir affaire, peut-être,  à un mauvais garçon.

Excusez du peu

Tristan Tzara, Paul Eluard, André Breton, Hans Arp, Salvador Dali, 
Yves Tanguy, Max Ernst, René Crevel et Man Ray.
(Photo Anna Riwkin 1933)

Question cruelle :
dans les mêmes domaines, quelles personnalités 
(au nombre de 9)
pourrions-nous réunir sur une photo aujourd'hui ?

Baiser historique

Ce fut le premier baiser entre personnes de même sexe au cinéma.
Wings de William A. Wellman (1927), film muet sonorisé pour l'occasion, fut la première production à obtenir l'Oscar du meilleur film.
Les deux acteurs sont Charles Rogers et Richard Arlen.
Clara Bow tient le rôle principal féminin, et Gary Cooper fait l'une de ses toutes premières apparitions à l'écran.
Le film, exhumé des caves de la cinémathèque française, fut restauré et présenté en salles par Carlotta : il est étonnant que cette maison connue pour la qualité de ses reprises n'ait pas édité Wings en Blu-ray, comme l'ont fait les Anglais. C'est seulement au Royaume Uni, en effet, qu'on peut se le procurer (non sous-titré en Français), et coûteusement.

Relax

J.Honoré Fragonard, quand on ne disait pas "balançoire" mais "escarpolette"*.




* Faut soigner tes escarres, Paulette !

mardi 25 juillet 2017

Bimbeloterie

" Oui, je sais, j'ai l'air stupide,
posé, tout nu, sur cette cheminée, mais
je suis joli, et ça passe très bien quand même "

Chiffons

Stuart Sutcliffe, le "5ème Beatle" des débuts en 1960.







 Militons vaillamment
pour le retour sur les plages 
des vrais maillots de bain :
vive le petit triangle  de tissu !


Coucou !

Photo Xavier Héraud / Yagg
Très fier de poser pour les médias gay.

Rome et Lazio : la mamma dei cretini è sempre incinta !*

Castel Fusano
Outre la saleté qui s'installe dans la "ville éternelle", signe de l'incompétence des nouveaux édiles, la sècheresse qui règne dans la région de Rome, où l'on attend la pluie depuis des semaines, est propice aux incendies, très certainement déclenchés par des malfrats pas si "cretini" que ça.
Comme en Corse ou dans notre sud-est, on ne peut croire à un mauvais coup du sort.
À Castel Fusano**, près d'Ostia, à quelques kilomètres de la capitale de l'Italie***, les flammes ont fait des ravages irréparables.
Pour couronner le tout, des mesures vont êtres prises (si ce n'est déjà fait lorsque j'écris) pour restreindre la consommation de l'eau à Rome. Il est même question d'en cesser la distribution à raison de huit heures par jour !
Le canal qui conduit jusqu'à la ville les eaux du lac de Bracciano est en passe d'être fermé, avec pour conséquence la mise au sec des fontaines, dont celle, prestigieuse, du Janicule.
Il commence à se répandre dans Rome que tout cela arrange les grosses entreprises qui, en accointance avec une maffia (qui n'existe plus, n'est-ce-pas ?), distribuent... les bouteilles d'eau minérales et autres !
Bien sûr, les fascistes et autres populistes, lesquels, ayant conquis la municipalité, font la preuve de leur nullité, dévient toutes accusations en direction des Albanais et autres "étrangers".

La fameuse "Fontana dell'Acqua Paola" du Janicule

* La mère des cons est toujours enceinte.
** La plage de Castel Fusano est très prisée des Romains qui l'envahissent chaque dimanche. De nombreux campings se trouvent à proximité. 
*** J'aime écrire que Rome est la capitale de l'Italie. Ça énerve les excités de la "ligue du nord". Personnellement, j'aurais investi Naples.

San Marco

San Marco, Venezia | Photo Benjamin Becker

lundi 24 juillet 2017

Surpris

Je vous entends
d'ici, perfides visiteurs :
non, cette photo n'est pas issue de mon album personnel !
(J'avais une Juva 4.)

Ange lisant

Envoyé par Oscar : merci à lui.

On passe au salon ?


J'ai les moyens, voilà tout !
J'ai fait deux jolis présentoirs (l'un avec le résumé de Tombe, Victor !, l'autre avec des commentaires de lectrices et de lecteurs), embarqué quatre livres avec moi plus les trois que Les mots à la bouche m'ont gentiment prêtés, cela pour une question de droits, car j'enrage d'engraisser mon pseudo-éditeur : si je fais l'acquisition de livres, je ne touche aucun droit d'auteur, alors, ces trois-là, c'est toujours ça de pri(s)(x). Vous vous douterez bien que ce n'est qu'une question de principes, car je n'écris ni pour faire fortune ni pour mettre de l'huile d'olive dans mon pesto.
J'y suis allé un peu à reculons, avoué-je, sous la pluie de ce samedi matin ronchon, me disant que, vu la date et le peu de publicité, j'allais me morfondre huit heures durant.
Il en fut tout autrement mes amis !
La salle des fêtes de la mairie du quatrième est spacieuse, lumineuse (le soleil ayant daigné reprendre vigueur dès la fin de matinée), et l'accueil des organisateurs fort aimable ; les "confrères" sont chaleureux, dont mes voisins de table, François Harray et Patrick Lowie, venus en voiture de Bruxelles avec une cargaison d'ouvrages qui m'impressionne : je n'en ai écrit qu'un, que je sens tout petit petit à côté.
Photo Centre LGBT Paris Idf

À ma grande surprise, dès 14 heures, je suis obligé de faire appel à mon disciple préféré (qui me donne du "Maitre" devant des appariteurs médusés) pour qu'il s'en aille quérir en moult tours de roues de scooter des ouvrages que j'avais sciemment laissés en ma demeure !
Le bilan de ce premier salon est donc amplement positif, qui m'a permis de rencontrer des lecteurs assidus de ce blog*, de convaincre des inconnu(e)s d'acquérir le bouquin, de me rendre compte que, en bonne forme, je sais me "vendre", de rougir de fierté d'entendre un jeune homme volubile me dire "Ah oui, Tombe Victor !, j'en ai entendu parler !" (ou ? quand ? comment ? ou ça ? par qui ?), et m'annoncer que, désargenté à cette heure, il reviendra après une visite au Bancomat le plus proche. Je pense connement que mais oui, c'est ça, ah lalalalalala, ces jeunes, tous les mêmes, mais le garçon revient un peu plus tard avec ses quatorze euros, et j'en pleurerais presque.
Il y a Kriss, gaycultien fidèle, qui l'a déjà acheté, mais le prend à nouveau pour avoir mon paraphe, et là aussi, j'ai les yeux embués de gratitude.
Se présente une anglaise lesbienne qui vit à Rio de Janeiro, qui feuillette un exemplaire, l'acquiert : mon petit livre va voyager jusqu'au Brésil, dans une ville, me dit-elle, où le maire, évangéliste, est, en pléonasme, homophobe et a fait interdire la gay pride !
Vient aussi à ma table, une jeune asiatique qui le prend  pour, dit-elle, le traduire en chinois !
Un peu plus tard, deux jolis jeunes gens : je ne sais pas pourquoi, mais je sens que l'un des deux est totalement "Tombe, Victor !-compatible". Ils s'approchent, ressentent sans doute que je les aime beaucoup, ces inconnus auxquels je brosse un bref portrait de mes personnages qui les convainc de l'emporter avec eux. Il y a des ondes d'amour, et je leur dis "je le dédie à vos deux prénoms, n'est-ce-pas ?", et leurs yeux brillent quand le plus grand hoche la tête avec le plus beau sourire de la journée.
Il y a la gentillesse de Pedro (l'un des organisateurs) avec lequel je collaborerai peut-être un jour, la découverte de Patrick Cardon (qui a "bien aimé", ce qui, de sa part...), beau personnage qui éclaire cette manifestation de sa stature (dans les deux sens du terme).
Chantal Lauby m'envoie, par sms, un message d'une tendresse incroyable pour me soutenir, et j'aurais dû apporter des mouchoirs en papier.
Steevy, de la télévision, est resté une petite heure pour dédicacer son livre, m'apprenant par là même, qu'il est aussi écrivain. Il semble également très gentil, ce qui n'est pas la moindre de ses qualités.
Quand je rentre chez moi après ces huit heures si brèves, il y a des post-it partout que mon coursier d'un jour a laissés avec, dessus, des compliments et des boutades. Sur la porte de la cuisine : "quelle est cette pièce ?", sur celle de la chambre : "la chambre du mal(e)", sur l'ordinateur : "vive le maître !", et d'autres que je ne peux décrire ici.
"Salon du livre gay"c'était, journée d'amour ce fut.

À refaire !


* Un merci tout particulier à Kriss (conversation constructive ô combien !), à Pepito-JL, à Michel qui vit si loin, là-bas, et à M. "Bibliothèque Gay" qui vit si près de chez moi, m'apprend-t-il.

Lisez, les gars, lisez !


Depuis 1386

Monastère de Batalha, Portugal

dimanche 23 juillet 2017

Nu rétro

Photo Raymond Voinquel 1948

Concentré... d'émotion pure

Envoyé par E.H | Photo Viktor Klimenko
Certes, la photo est un peu convenue,
mais ce garçon,
fouloulou !

Demain, lundi, compte-rendu de mon premier salon du livre.

Bon dimanche !

Musique populaire, un cadeau !


J'aime que la musique dite "classique" parte, comme ici, à la rencontre du grand public, dans de grandes manifestations d'accès libre et gratuit.
En France, pour le 14 juillet, le service public propose, chaque année, un concert au pied de la tour Eiffel, qui convie sur scène de grands noms de la musique.
L'autre après-midi, France 2 rediffusait l'édition 2016, débarrassée des commentaires insupportables de Stéphane Bern, qui "meublent" les mises en place lorsque le concert est montré en direct.
Mais ce n'est pas gagné : l'autre soir, sur le site de France Info, pendant le concert, en marge de la retransmission, un articulet précisait "Encore un peu de patience, bientôt le feu d'artifice !". On a parfois envie de distribuer des coups-de-pied au cul des cons.


Amatriciana rossa : buonissima !

Mon Ludwig préféré a craqué sur ces "bucatini" napolitains.
Il y a déjà quelques années, une amie romaine m'en avait donné la recette.
Si la "pasta all'amatriciana" doit son nom à cette pauvre ville d'Amatrice aujourd'hui sinistrée, elle est devenue au fil du temps une incontournable spécialité de la capitale italienne.
À Rome, c'est la trattoria Pommidoro, à San Lorenzo, où Pasolini fit son dernier repas, qui m'en a laissé le meilleur souvenir.
La recette en est simplissime. 
Mais, mais, mais, pour la réussir, il faut avoir fait l'emplette des meilleurs produits, dont le fameux "guanciale" (joue) auquel on ne doit en aucun cas substituer une vulgaire "pancetta" (poitrine, c'est pas la même chose). De même, si en lieu et place du "pecorino romano", vous utilisez du parmesan, vous sortez tout de suite et que je ne vous revoie plus !
Comme toujours en cuisine, la qualité du produit est essentielle.
C'est l'un des avantages d'habiter une grande ville : on peut y dégoter l'épicerie italienne (attention aux arnaques !) qui dispose des ingrédients nécessaires.
À Paris, je vais chez Alessandra Pierini, à l'épicerie RAP qui vaut bien une publicité gracieuse dans ce blog : elle peut néanmoins s'en passer, ayant eu les honneurs du journal télévisé, mais elle le mérite.
Autre fournisseur de qualité : la Cooperativa Latte Cisternino (3 ou 4 adresses, cherchez dans les pages jaunes, je ne vais pas tout faire dans cette maison, à la fin !).

Ecco ! (Voilà !)
Voici donc comment, il y a peu, mon petit convive préféré s'est pourléché les babines en dégustant cette succulente "pasta" :
Pour nous deux, donc, j'ai fait couper 3 tranches de guanciale (c'est de la joue, mon bijou) que mon aimable visiteur du soir a détaillées en lardons (pas petits, hein, on n'est pas dans l'un de ces simili "ristorante italiano" qui n'en ont que le nom, crénom !).
Ensuite, entre deux blagounettes salaces (on adore, si !), nous avons fait revenir les lardons dans une grande poêle. J'en ai réservé la moitié et ajouté au reste le contenu d'un boîte de "pelati" (tomates pelées), à 3 euros la petite boîte, mais la qualité, ça se paie (un bras). Le gras des lardons fond et se mêle intimement à la tomate, et c'est ce qui va donner ce goût inimitable que va venir relever notre "pecorino romano".
Car oui, après que l'on a éteint le feu (au bout de dix minutes à peu près), on amalgame une bonne quantité de fromage râpé de frais, et l'on remettra le tout à flamme réduite un peu avant d'y ajouter les pâtes, lesquelles ont cuit dans l'eau bouillante (pas trop de sel, attention !) jusqu'à consistance "al dente".
On éteint à nouveau, on égoutte les "bucatini" que l'on verse ensuite dans la poêle ; on réintègre le guanciale qu'on avait mis en quarantaine, on brasse énergiquement mais avec amour, et l'on sert avec un bon vin rouge italien (bien sûr !), un Montepulciano par exemple.
Et on kiffe grave (je n'ai pas que des lecteurs ayant connu Caruso).
Bonus santé : Photo Matthew Kulisch




vendredi 21 juillet 2017

Tu boudes ?


Pino Pelosi est mort

Pelosi, meurtrier "désigné" ou "présumé" de Pier Paolo Pasolini, est mort dans la nuit de mercredi à jeudi.
Le mystère autour de la mort de Pier Paolo Pasolini est toujours aussi épais,l’hypothèse la plus sérieuse expliquant sa mort concerne le livre « Pétrole » que Pasolini était en train de préparer, et qui devait révéler une thèse sur la mort d’Enrico Mattei (responsable de l’ENI groupe nationalisé du pétrole italien) le 27 octobre 1962 mettant en cause la Démocratie chrétienne, des groupes pétroliers, la CIA et la mafia. Un autre journaliste voulant révéler aussi cette affaire a été tué. Les services secrets du Vatican ont également été évoqués.
On réécoutera avec intérêt l'émission de Patrick Pesnot sur France Inter en 2011, toujours en ligne ici : clic

Le  cadavre de Pasolini sur la plage d'Ostia



Pelosi lors de la reconstitution du meurtre
[Pino Pelosi, condamné pour le meurtre en 1975 du poète et cinéaste italien Pier Paolo Pasolini, est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi d'un cancer, emportant ses secrets avec lui, ont annoncé les médias italiens.
Pino Pelosi, un voyou prostitué âgé à l'époque de 17 ans, que Pasolini avait conduit sur la plage d'Ostie, près de Rome, dans la nuit du 2 novembre 1975 quand il fut assassiné, a longtemps déclaré avoir agi seul pour se défendre d'une tentative de viol de la part du réalisateur de 53 ans.
Il avait été condamné à 9 ans de prison, une peine confirmée en 1979 par la Cour de cassation.
Mais pour beaucoup, le jeune homme n'aurait été que l'instrument d'un complot ourdi par des fascistes, voire par des dirigeants politiques de la Démocratie chrétienne gênés par les textes assassins de cet intellectuel marxiste atypique, éclectique et subversif.
Il y a une douzaine d'années, Pino Pelosi avait évoqué dans une interview télévisée la présence de deux autres personnes au moment des faits, expliquant n'avoir pas parlé plus tôt par peur de représailles.
"Pino Pelosi n'a jamais voulu donner la moindre contribution à la possibilité de reconstruire la vérité sur la mort de Pier Paolo Pasolini. Il a emporté malheureusement avec lui les secrets qu'il était seul à connaître", a réagi Nino Marazzita, avocat de la famille du cinéaste, cité par l'agence AGI.
"Pino Pelosi était la seule personne qui aurait pu faire la lumière sur la mort de Pier Paolo Pasolini. Avec sa mort, il ne nous reste que les résultats des examens scientifiques", a déclaré Stefano Maccioni, l'avocat d'un cousin du cinéaste, selon la même source.
Pino Pelosi avait affirmé qu'il venait de sortir de l'Alfa Romeo du réalisateur quand "au moins six personnes" sont arrivées à bord de deux voitures et une moto. Il faisait nuit, il n'a pas vu leurs visages.
"Deux personnes ont pris Pasolini et l'ont tiré hors de l'habitacle. Elles l'ont frappé à coups de bâtons" avant de lui rouler dessus avec une Alfa semblable à la sienne, avait raconté Pino Pelosi, dit "La Grenouille".
Selon la presse, ce récit pourrait être appuyé par le fait que des traces ADN appartenant à au moins trois personnes différentes ont été relevées sur les vêtements de Pasolini, même s'il n'est pas certain que les éventuels suspects puissent être identifiés.
Le mystère reste entier 42 ans plus tard: l'agence AGI rappelle que Pino Pelosi avait été condamné en première instance pour homicide "en concours avec des inconnus", avant sa condamnation définitive comme unique coupable.
"Trop de choses ne coïncidaient pas: l'agression bestiale d'un homme athlétique et entraîné comme Pasolini de la part d'un chétif "Pino la grenouille" semblait invraisemblable", ajoute l'agence.

Anges facétieux

NY 1963 (Auteur indéterminé)

Demain samedi


jeudi 20 juillet 2017

Jeux d'enfants

Michael et David par Daniel van Flymen

Là-bas, près des étangs


Pain d'avant, constatations


1 Les baguettes étaient beaucoup plus longues.
2 On pouvait choisir, ce qui permettait d'éviter les "et avec ça ?" ou les "ce s'ra tout ?" de la vendeuse.
3 On ne pouvait pas draguer  (voit l'écriteau).

mercredi 19 juillet 2017

Beau comme l'Antique

Photo Mikel Marton

Un si gentil garçon


Certes, une image ne peut refléter l'âme,
mais je trouve qu'il y a de la bonté dans ce visage.
Ugo me signale qu'il s'agit d'Aidan fouloulou Faminoff canadien de 19 ans, champion de plongeons de haut vol.

Tom of Finland : aujourd'hui sur les écrans



Synopsis
Touko Laaksonen, officier héroïque de la Seconde Guerre mondiale, est de retour en Finlande. Mais la vie à Helsinki n’est pas de tout repos. La persécution contre les homosexuels est insidieuse les contraignant le plus souvent à se marier et avoir des enfants. Touko trouve alors refuge dans l’art dessinant dans le plus grand secret des hommes musclés, désinhibés et fiers d’être gays.




On ne peut pas dire que les dessins de Tom of Finland soient conformes à mes goûts. Mais ils font partie de l'imagerie gay, et, pour certains, sont éminemment "cultes".
L'histoire de leur créateur présente cependant un réel intérêt, que cette biographie filmée (biopic pour les anglophiles) retrace avec une apparente rigueur.
Le film sera donc au programme de mes prochaines incursions en salles obscures. 
 

lundi 17 juillet 2017

Triton*


* Troublante androgynie : "Tequila Sunrise" me fait remarquer à juste titre qu'en l'occurrence, il s'agit d'une sirène !
La photo est signée Kate Bellm.

Distraction de saison

Photo Karel Egermeier
Le premier commentateur qui emploie les verbes "tirer" et "pointer" est privé de GC pendant un mois, avisse !

Le chemin des contrebandiers (Tombe, Victor ! Livre 2) Extrait 11

Les remparts d'Antibes sous la neige - Photo Caro, Zphoto
Longtemps, j’ai porté des culottes courtes. Été comme hiver. Jusqu’au 3 février 1968. J’ai gagné ce jour-là le droit au pantalon long et ça ne devait rien au combat que je menais depuis plusieurs mois pour l’acquérir : c’est l’hiver, exceptionnellement rigoureux, qui eut raison des dernières réticences de ma mère. La neige avait fait un raid nocturne qui avait valu à la Côte d’Azur d’ouvrir le journal télévisé de Léon Zitrone : batailles de boules de neige, à Nice, sur la Promenade des Anglais, skieurs de fond sur notre plage de la Salis, voitures paralysées sur le boulevard Foch, et l’on se racontait, au collège, des histoires de bateaux bloqués dans les eaux glacées du port, et j’avais fait croire à Jean-Paul Luciani qu’on pouvait même aller y patiner, et que oui, je savais drôlement bien patiner, d’abord, et qu’Alain Calmat, notre presque champion olympique, n’avait qu’à bien se tenir.
Un vent sournois, incisif, s’était levé au milieu de la matinée, auquel je pus être reconnaissant d’être à l’origine de la décision maternelle de me conduire sans barguigner à "L’homme Impeccable" pour m’habiller de pied en cap. Oh, je n’avais rien d’un Brummel, avec mon épais col roulé sous le duffle-coat trop grand pour moi, et le pantalon de laine grise tirebouchonnait en attendant l’ourlet qui lui donnerait une allure plus convenable. Mais, merci les bourrasques, merci les tempêtes, merci les tourbillons neigeux et tous les déchaînements que l’on voudra, je l’avais, mon pantalon !
Ma joie ne trouva aucun écho chez ma mère pour laquelle ce fut sans doute un arrachement : son petit garçon, son dernier, son préféré, passait à l’étape suivante, rejoignait la cohorte des jeunes hommes.
Elle aurait encore un répit, l’été suivant, où elle m’offrit un bermuda, trouvant, sans qu’elle le sût jamais, un allié de choix en la personne de Victor Panella qui n’aimait rien tant que de promener sa main sur mes « jambes de fille ».
Tout récemment, j’ai dû à nouveau ferrailler avec elle pour obtenir mon premier blue-jean, qu’elle s’obstine, à mon grand dam, à repasser soigneusement en marquant le pli comme on le ferait pour un pantalon de costume.
Les jeans à « pattes d’eph » (pour « pattes d’éléphant ») sont l’uniforme de ma génération, que l’on porte bien moulants, avec des chemises cintrées et des mocassins à talons compensés surmontés de grosses boucles de métal.
Je deviens plus élégant, un « minet » comme dans la chanson de Jacques Dutronc, d’autant que je donne des cours de piano et accompagne les danseuses du cours Irène Poppard, près du nouveau port de plaisance qui a pour vocation de devenir l’un des plus importants d’Europe, ce qui me permet d’agrémenter quelque peu mon ordinaire.
Je n’ai pas fait fortune pour autant, et rachète les fringues dont s’est lassé Bernard Grangier, un « terminale » chez lequel je me rends avec la trouille au ventre, car Gilles Barbieri prétend que c’est un pervers qui a un vice des plus incroyables : il collectionnerait dans de petites fioles le sperme de tous ses camarades !
À suivre)
(c) Louis Arjaillès - Gay Cultes 2017
Précédemment : clic

Oh Louis !

Louis Garrel | Ma mère - Christophe Honoré 2004