Duane Michals, photographe des corps
La plus belle partie du corps d'un homme : Duane Michals (né en 1932) n'a pas photographié seulement des corps ; il a photographié des pensées rendues visibles. En un siècle défini par la précision formelle d'Avedon et de Penn, il a choisi l'incertitude : séquences narratives, réflexions manuscrites, images qui ressemblent à des confessions privées. Artiste ouvertement gay dans une Amérique encore rigide, il a transformé le regard masculin en un espace d'intimité et de conscience, où le désir apparaît sans bravade ni déguisement. Ses chiffres ne sont pas affichés mais examinés. La sensualité n'est ni spectacle ni provocation ; c'est une révélation : le moment de calme où le corps prend conscience d'être vu. C'est peut-être pour ça qu'il reste doucement en dehors du canon : trop littéraire pour les puristes photographiques, trop visuel pour les écrivains. Pourtant son travail porte une liberté rare : le courage d'aborder ce qui ne peut être fixé ou possédé : la mémoire, la pensée, l'absence. Michals n'a pas tenté d'arrêter le temps. Il a préféré lui parler avec douceur.
Duane Michals a une petite monographie chez Photo Poche . Toujours vivant , son partenaire , Frederick Gorrée ( architecte ) , est décédé en 2017, ils étaient ensemble depuis 1960 . Il a été soigné par Michals pendant plusieurs années (dont 7 ans de maladie débilitante). Duane Michals lui rend hommage comme source d'inspiration, d'humour et de soutien. Michals a décrit leur vie commune comme une relation profonde et stable.
RépondreSupprimerQu’en termes savants ces choses là sont dites !
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