Le blog quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (Louis Arjaillès, aussi). Maison de confiance depuis 2007.


Tombe, Victor !

Tombe, Victor !
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dimanche 23 juillet 2017

Nu rétro

Photo Raymond Voinquel 1948

Concentré... d'émotion pure

Envoyé par E.H | Photo Viktor Klimenko
Certes, la photo est un peu convenue,
mais ce garçon,
fouloulou !

Demain, lundi, compte-rendu de mon premier salon du livre.

Bon dimanche !

Musique populaire, un cadeau !


J'aime que la musique dite "classique" parte, comme ici, à la rencontre du grand public, dans de grandes manifestations d'accès libre et gratuit.
En France, pour le 14 juillet, le service public propose, chaque année, un concert au pied de la tour Eiffel, qui convie sur scène de grands noms de la musique.
L'autre après-midi, France 2 rediffusait l'édition 2016, débarrassée des commentaires insupportables de Stéphane Bern, qui "meublent" les mises en place lorsque le concert est montré en direct.
Mais ce n'est pas gagné : l'autre soir, sur le site de France Info, pendant le concert, en marge de la retransmission, un articulet précisait "Encore un peu de patience, bientôt le feu d'artifice !". On a parfois envie de distribuer des coups-de-pied au cul des cons.


Amatriciana rossa : buonissima !

Mon Ludwig préféré a craqué sur ces "bucatini" napolitains.
Il y a déjà quelques années, une amie romaine m'en avait donné la recette.
Si la "pasta all'amatriciana" doit son nom à cette pauvre ville d'Amatrice aujourd'hui sinistrée, elle est devenue au fil du temps une incontournable spécialité de la capitale italienne.
À Rome, c'est la trattoria Pommidoro, à San Lorenzo, où Pasolini fit son dernier repas, qui m'en a laissé le meilleur souvenir.
La recette en est simplissime. 
Mais, mais, mais, pour la réussir, il faut avoir fait l'emplette des meilleurs produits, dont le fameux "guanciale" (joue) auquel on ne doit en aucun cas substituer une vulgaire "pancetta" (poitrine, c'est pas la même chose). De même, si en lieu et place du "pecorino romano", vous utilisez du parmesan, vous sortez tout de suite et que je ne vous revoie plus !
Comme toujours en cuisine, la qualité du produit est essentielle.
C'est l'un des avantages d'habiter une grande ville : on peut y dégoter l'épicerie italienne (attention aux arnaques !) qui dispose des ingrédients nécessaires.
À Paris, je vais chez Alessandra Pierini, à l'épicerie RAP qui vaut bien une publicité gracieuse dans ce blog : elle peut néanmoins s'en passer, ayant eu les honneurs du journal télévisé, mais elle le mérite.
Autre fournisseur de qualité : la Cooperativa Latte Cisternino (3 ou 4 adresses, cherchez dans les pages jaunes, je ne vais pas tout faire dans cette maison, à la fin !).

Ecco ! (Voilà !)
Voici donc comment, il y a peu, mon petit convive préféré s'est pourléché les babines en dégustant cette succulente "pasta" :
Pour nous deux, donc, j'ai fait couper 3 tranches de guanciale (c'est de la joue, mon bijou) que mon aimable visiteur du soir a détaillées en lardons (pas petits, hein, on n'est pas dans l'un de ces simili "ristorante italiano" qui n'en ont que le nom, crénom !).
Ensuite, entre deux blagounettes salaces (on adore, si !), nous avons fait revenir les lardons dans une grande poêle. J'en ai réservé la moitié et ajouté au reste le contenu d'un boîte de "pelati" (tomates pelées), à 3 euros la petite boîte, mais la qualité, ça se paie (un bras). Le gras des lardons fond et se mêle intimement à la tomate, et c'est ce qui va donner ce goût inimitable que va venir relever notre "pecorino romano".
Car oui, après que l'on a éteint le feu (au bout de dix minutes à peu près), on amalgame une bonne quantité de fromage râpé de frais, et l'on remettra le tout à flamme réduite un peu avant d'y ajouter les pâtes, lesquelles ont cuit dans l'eau bouillante (pas trop de sel, attention !) jusqu'à consistance "al dente".
On éteint à nouveau, on égoutte les "bucatini" que l'on verse ensuite dans la poêle ; on réintègre le guanciale qu'on avait mis en quarantaine, on brasse énergiquement mais avec amour, et l'on sert avec un bon vin rouge italien (bien sûr !), un Montepulciano par exemple.
Et on kiffe grave (je n'ai pas que des lecteurs ayant connu Caruso).
Bonus santé : Photo Matthew Kulisch




vendredi 21 juillet 2017

Tu boudes ?


Pino Pelosi est mort

Pelosi, meurtrier "désigné" ou "présumé" de Pier Paolo Pasolini, est mort dans la nuit de mercredi à jeudi.
Le mystère autour de la mort de Pier Paolo Pasolini est toujours aussi épais,l’hypothèse la plus sérieuse expliquant sa mort concerne le livre « Pétrole » que Pasolini était en train de préparer, et qui devait révéler une thèse sur la mort d’Enrico Mattei (responsable de l’ENI groupe nationalisé du pétrole italien) le 27 octobre 1962 mettant en cause la Démocratie chrétienne, des groupes pétroliers, la CIA et la mafia. Un autre journaliste voulant révéler aussi cette affaire a été tué. Les services secrets du Vatican ont également été évoqués.
On réécoutera avec intérêt l'émission de Patrick Pesnot sur France Inter en 2011, toujours en ligne ici : clic

Le  cadavre de Pasolini sur la plage d'Ostia



Pelosi lors de la reconstitution du meurtre
[Pino Pelosi, condamné pour le meurtre en 1975 du poète et cinéaste italien Pier Paolo Pasolini, est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi d'un cancer, emportant ses secrets avec lui, ont annoncé les médias italiens.
Pino Pelosi, un voyou prostitué âgé à l'époque de 17 ans, que Pasolini avait conduit sur la plage d'Ostie, près de Rome, dans la nuit du 2 novembre 1975 quand il fut assassiné, a longtemps déclaré avoir agi seul pour se défendre d'une tentative de viol de la part du réalisateur de 53 ans.
Il avait été condamné à 9 ans de prison, une peine confirmée en 1979 par la Cour de cassation.
Mais pour beaucoup, le jeune homme n'aurait été que l'instrument d'un complot ourdi par des fascistes, voire par des dirigeants politiques de la Démocratie chrétienne gênés par les textes assassins de cet intellectuel marxiste atypique, éclectique et subversif.
Il y a une douzaine d'années, Pino Pelosi avait évoqué dans une interview télévisée la présence de deux autres personnes au moment des faits, expliquant n'avoir pas parlé plus tôt par peur de représailles.
"Pino Pelosi n'a jamais voulu donner la moindre contribution à la possibilité de reconstruire la vérité sur la mort de Pier Paolo Pasolini. Il a emporté malheureusement avec lui les secrets qu'il était seul à connaître", a réagi Nino Marazzita, avocat de la famille du cinéaste, cité par l'agence AGI.
"Pino Pelosi était la seule personne qui aurait pu faire la lumière sur la mort de Pier Paolo Pasolini. Avec sa mort, il ne nous reste que les résultats des examens scientifiques", a déclaré Stefano Maccioni, l'avocat d'un cousin du cinéaste, selon la même source.
Pino Pelosi avait affirmé qu'il venait de sortir de l'Alfa Romeo du réalisateur quand "au moins six personnes" sont arrivées à bord de deux voitures et une moto. Il faisait nuit, il n'a pas vu leurs visages.
"Deux personnes ont pris Pasolini et l'ont tiré hors de l'habitacle. Elles l'ont frappé à coups de bâtons" avant de lui rouler dessus avec une Alfa semblable à la sienne, avait raconté Pino Pelosi, dit "La Grenouille".
Selon la presse, ce récit pourrait être appuyé par le fait que des traces ADN appartenant à au moins trois personnes différentes ont été relevées sur les vêtements de Pasolini, même s'il n'est pas certain que les éventuels suspects puissent être identifiés.
Le mystère reste entier 42 ans plus tard: l'agence AGI rappelle que Pino Pelosi avait été condamné en première instance pour homicide "en concours avec des inconnus", avant sa condamnation définitive comme unique coupable.
"Trop de choses ne coïncidaient pas: l'agression bestiale d'un homme athlétique et entraîné comme Pasolini de la part d'un chétif "Pino la grenouille" semblait invraisemblable", ajoute l'agence.

Anges facétieux

NY 1963 (Auteur indéterminé)

Demain samedi


jeudi 20 juillet 2017

Jeux d'enfants

Michael et David par Daniel van Flymen

Là-bas, près des étangs


Pain d'avant, constatations


1 Les baguettes étaient beaucoup plus longues.
2 On pouvait choisir, ce qui permettait d'éviter les "et avec ça ?" ou les "ce s'ra tout ?" de la vendeuse.
3 On ne pouvait pas draguer  (voit l'écriteau).

mercredi 19 juillet 2017

Beau comme l'Antique

Photo Mikel Marton

Un si gentil garçon


Certes, une image ne peut refléter l'âme,
mais je trouve qu'il y a de la bonté dans ce visage.
Ugo me signale qu'il s'agit d'Aidan fouloulou Faminoff canadien de 19 ans, champion de plongeons de haut vol.

Tom of Finland : aujourd'hui sur les écrans



Synopsis
Touko Laaksonen, officier héroïque de la Seconde Guerre mondiale, est de retour en Finlande. Mais la vie à Helsinki n’est pas de tout repos. La persécution contre les homosexuels est insidieuse les contraignant le plus souvent à se marier et avoir des enfants. Touko trouve alors refuge dans l’art dessinant dans le plus grand secret des hommes musclés, désinhibés et fiers d’être gays.




On ne peut pas dire que les dessins de Tom of Finland soient conformes à mes goûts. Mais ils font partie de l'imagerie gay, et, pour certains, sont éminemment "cultes".
L'histoire de leur créateur présente cependant un réel intérêt, que cette biographie filmée (biopic pour les anglophiles) retrace avec une apparente rigueur.
Le film sera donc au programme de mes prochaines incursions en salles obscures. 
 

lundi 17 juillet 2017

Triton*


* Troublante androgynie : "Tequila Sunrise" me fait remarquer à juste titre qu'en l'occurrence, il s'agit d'une sirène !
La photo est signée Kate Bellm.

Distraction de saison

Photo Karel Egermeier
Le premier commentateur qui emploie les verbes "tirer" et "pointer" est privé de GC pendant un mois, avisse !

Le chemin des contrebandiers (Tombe, Victor ! Livre 2) Extrait 11

Les remparts d'Antibes sous la neige - Photo Caro, Zphoto
Longtemps, j’ai porté des culottes courtes. Été comme hiver. Jusqu’au 3 février 1968. J’ai gagné ce jour-là le droit au pantalon long et ça ne devait rien au combat que je menais depuis plusieurs mois pour l’acquérir : c’est l’hiver, exceptionnellement rigoureux, qui eut raison des dernières réticences de ma mère. La neige avait fait un raid nocturne qui avait valu à la Côte d’Azur d’ouvrir le journal télévisé de Léon Zitrone : batailles de boules de neige, à Nice, sur la Promenade des Anglais, skieurs de fond sur notre plage de la Salis, voitures paralysées sur le boulevard Foch, et l’on se racontait, au collège, des histoires de bateaux bloqués dans les eaux glacées du port, et j’avais fait croire à Jean-Paul Luciani qu’on pouvait même aller y patiner, et que oui, je savais drôlement bien patiner, d’abord, et qu’Alain Calmat, notre presque champion olympique, n’avait qu’à bien se tenir.
Un vent sournois, incisif, s’était levé au milieu de la matinée, auquel je pus être reconnaissant d’être à l’origine de la décision maternelle de me conduire sans barguigner à "L’homme Impeccable" pour m’habiller de pied en cap. Oh, je n’avais rien d’un Brummel, avec mon épais col roulé sous le duffle-coat trop grand pour moi, et le pantalon de laine grise tirebouchonnait en attendant l’ourlet qui lui donnerait une allure plus convenable. Mais, merci les bourrasques, merci les tempêtes, merci les tourbillons neigeux et tous les déchaînements que l’on voudra, je l’avais, mon pantalon !
Ma joie ne trouva aucun écho chez ma mère pour laquelle ce fut sans doute un arrachement : son petit garçon, son dernier, son préféré, passait à l’étape suivante, rejoignait la cohorte des jeunes hommes.
Elle aurait encore un répit, l’été suivant, où elle m’offrit un bermuda, trouvant, sans qu’elle le sût jamais, un allié de choix en la personne de Victor Panella qui n’aimait rien tant que de promener sa main sur mes « jambes de fille ».
Tout récemment, j’ai dû à nouveau ferrailler avec elle pour obtenir mon premier blue-jean, qu’elle s’obstine, à mon grand dam, à repasser soigneusement en marquant le pli comme on le ferait pour un pantalon de costume.
Les jeans à « pattes d’eph » (pour « pattes d’éléphant ») sont l’uniforme de ma génération, que l’on porte bien moulants, avec des chemises cintrées et des mocassins à talons compensés surmontés de grosses boucles de métal.
Je deviens plus élégant, un « minet » comme dans la chanson de Jacques Dutronc, d’autant que je donne des cours de piano et accompagne les danseuses du cours Irène Poppard, près du nouveau port de plaisance qui a pour vocation de devenir l’un des plus importants d’Europe, ce qui me permet d’agrémenter quelque peu mon ordinaire.
Je n’ai pas fait fortune pour autant, et rachète les fringues dont s’est lassé Bernard Grangier, un « terminale » chez lequel je me rends avec la trouille au ventre, car Gilles Barbieri prétend que c’est un pervers qui a un vice des plus incroyables : il collectionnerait dans de petites fioles le sperme de tous ses camarades !
À suivre)
(c) Louis Arjaillès - Gay Cultes 2017
Précédemment : clic

Oh Louis !

Louis Garrel | Ma mère - Christophe Honoré 2004

dimanche 16 juillet 2017

Vrooooom vrooooom


Bon dimanche !


Louis Mayhew par Karl Simone


Pasolini, années 50

Toti Sciaoja :  Pier Paolo Pasolini au bord du Tibre,  Rome

Nouvelle étoile



Le contre-ténor Jakub Józef Orliński chante l'air Vedro con mio diletto extrait de l'opéra d'Antonio Vivaldi Il Giustino. Accompagnement : Alphone Cemin (piano).
Enregistrement en direct d'Aix-en-Provence dans le cadre de l'émission spéciale du Carrefour de Lodéon, le 8 juillet 2017.

Ce n'est pas rien.
C'est le cadeau du jour.

La vie est une loterie