Le blog quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana. Maison de confiance depuis 2007.


vendredi 29 mai 2015

Nu hors-saison

On
en
viendrait
presque à regretter
l'automne.

L'île bleue

Herbert List, Capri 1935

Gay mais pas vraiment gai : "Nuits d'ivresse printanière", beau film méconnu


Synopsis : 
La femme de Wang Ping le soupçonne d'infidélité. Elle engage Luo Haitao pour l'espionner et découvre l'amour que son mari porte à un homme. C'est avec lui que Luo Haitao et sa petite amie, se jettent à corps perdu dans une folle équipée amoureuse.


Attachant, le héros de "Nuit d'ivresse printanière", qui fait naître le désir chez les garçons incertains d'eux-même.
Malgré lui, ou par négligence, il sèmera le drame sur sa route.
Réduire cette histoire à "une folle équipée amoureuse" comme le fait le synopsis ci-dessus (Allo Ciné), c'est négliger les multiples thématiques de You Le, tourné à la dérobée en Chine peu démocratique.
On effet bien loin de l'agréable et finalement inoffensif Y tu mama tambien d'Alfonso Cuaron chroniqué il y a (déjà !) longtemps ici-même.
Il y a à la fois du Truffaut (dans la manière de filmer) et du Fassbinder dans ce beau film plus automnal que printanier.
La confusion des genres y règne qui dévaste Luo Haiatao, l'espion fasciné par l'objet de son enquête.
Ce n'est pas rien pour une femme, chinoise de surcroît, d'apprendre que son époux la trompe avec un garçon.
On en connaît (et même personnellement, chut !) en terres occidentales qui s'en accommodent (tant que c'est pas une nana !); là-bas, c'est différent car on touche à l'ultime tabou.
Le film de Lou Ye est hautement homosexuel, nous laissant stupéfaits qu'il ait pu être tourné.
Rien que pour cela, il mérite qu'on fasse l'effort de se le procurer (DVD France Télévisions), en acte quasiment politique.
Il nous laissera le goût amer de l'homosexualité "maudite" chère à une certaine littérature : que veux-tu, lecteur, nous sommes voués aux flammes de l'enfer et faut faire avec ça !
Il y a, au coeur de ces nuits, des étreintes entre garçons dont le cinéaste ne nous cache quasiment rien, dont une scène "sous la douche" d'une torride crudité.
On perçoit, cependant, que ces scènes ne sont pas placées ici pour allécher le chaland.
Elles crient : "je baise avec des hommes, j'aime ça, j'emmerde toutes les censures !"
Tout le film est un cri, d'ailleurs, beau film désespéré, beau film de liberté ou d'aspiration à la liberté.
A méditer.



Amours cachées en dictature rampante...


Première publication : 22 novembre 2010

Sous les toits de Paris

Photo Môa Maime
C'était lundi dernier, jour férié.
Dans ces trop rares journées, mon quartier, un village dans la mégapole, s'octroie une cure de sommeil bienvenue.
Paris est si tranquille sans Parisiens.

jeudi 28 mai 2015

La nudité...

"Sans smartphone, c'est pas une vie !"

c'est
la joie.
Enfin... parfois.

Seb


Seb | Christophe Charbonnel
J'ai déjà parlé de Charbonnel ici : clic

Palaces parisiens

Plaza Athénée, Paris via Flickr

Silvano Palace, Paris

Floralies

Colin Firth ose le jaillissement de couleurs.
C'est le bouquet !*

*Je n'ai pas très bien dormi, désolé.

mardi 26 mai 2015

Garçon nu rediffusé


J'avais déjà inséré cette photo (en 2011 ou 2012, je ne sais plus). En priver les lecteurs récents me fendait le cœur* ; alors, la revoici.
Il faudra que je pense à un "best of" de mes anges nus, cet été.

*Je suis né dans le sud de la France, l'auriez-vous compris ?

Épée de Damoclès ?


Lire à deux, c'est encore mieux

Heidelberg 1986 © Michael Bidner

Balustrade

Charles Auguste Émile Durand (1837-1917) : étude signée Carolus Duran ; c'est plus simple.

Je suis sûr...

que
ce beau
garçon
écoute
du
Schubert.

lundi 25 mai 2015

Deux manières d'apprécier

À la facétie...


on préfèrera peut-être la tendresse...

C'est un jardin extraordinaire

Jardin du Luxembourg,Paris (Photo Perry Tak)

Le salut dans la Salute

Basilica Santa Maria della Salute, Venezia

Pour m'aider à oublier une cruelle déception, tu m'as dit : on fera une photo sur les marches, identique à celle que tu dois remplacer ; j'adopterai la même pose, garderai mes lunettes de soleil, poserai mon sac à côté de moi, comme lui.
Lors de notre séjour à Venise, tu m'as rappelé la promesse et nous fîmes la photo.
Elle a chassé, dans mon salon, le mauvais souvenir de la précédente.
J'ai un ami, un fils, un disciple, qui sait panser mes blessures.

Cadeau : et cette vieille "canzone" dans ma tête...


C'est délicieux, d'une classe désarmante, d'une belle justesse, d'une vraie maîtrise vocale, et ce "look" des années 70 !
Vous l'aurez compris : j'aime, à en fondre de bonheur à chaque écoute.

Perfetto !


Chic, c'est jour férié !


dimanche 24 mai 2015

Un dimanche à la campagne






Avouez 
qu'il y a là de quoi
 étancher votre soif 
de chlorophylle.

 

Photo Michael Descendre



Cadeau : Rachmaninov par lui-même


Certes, il y a du souffle (c'est très ancien), mais il y a aussi... du souffle.

London street


Bravo l'Irlande !


Par un referendum démocratique, l'Irlande vient de donner le droit au mariage aux couples de même sexe.
Sans invectives, sans insultes, sans haine et sans violence, ce pays très catholique administre une sacrée leçon d'humanité aux cohortes rétrogrades qui envahissaient nos rues il y a peu, dans une France qui fut autrefois pays des Lumières et des Droits Humains.
Chapeau !

Cathal McNaughton/Reuters



samedi 23 mai 2015

Nu manuel


J'ai bientôt dix-sept ans

Pourquoi faut-il attendre si longtemps ?
La journée de jeudi fut si longue, le vendredi beaucoup plus, et ce samedi me semble interminable.
IL occupe à présent toutes mes pensées. Oubliées les violentes  saillies d’Hassan dans le sous-sol rance, les étreintes fugaces avec Maxime, dans le champ près de la Salis, ces jouissances furtives, sans que jamais le cœur ne se mette à battre vraiment, si ce n’est, arythmique, quand le plaisir afflue, mais que l’âme n'y trouve nulle félicité !
Dominique est beau, plus beau que moi, si grand. C’est le garçon parfait de mes rêves. M’aimera-t-il comme je l’aime déjà, sera-t-il mon guide, mon mentor dans un monde que je connais à peine ? Sa voix, douce et ferme à la fois, me poursuit, me berce avant le sommeil qui vient toujours trop tard :
 - Tu seras mon ami… je t’aime déjà, mon petit… mes parents s’absentent le dimanche. Viens !
Ses paroles chantent en moi, elles s’incrustent au plus profond, lancinantes.
J’ai lu cent fois l’adresse, presque illisible, sur le papier à petits carreaux que j’ai humé autant de fois, pressé contre mon cœur comme un viatique. Comment fait-on l’amour ? Je ne saurais pas. Mais il a dit « je t’apprendrai ». Et je me soumettrai, me laisserai guider, confiant. Je m’abandonnerai, je lui ferai du bien, il faudra qu’il soit content de moi,  je serai attentif, docile, tendre, sauvage s’il le veut. Je ferai ce qu’il voudra. J’ai bientôt dix-sept ans. Il est temps.
(c) Silvano Mangana - Gay Cultes 2015

Cadeau : et Beethoven inventa... le jazz* !



C'est l'une des dernières interprétations publiques d'Alfred Brendel, rangé des Steinway depuis.
La dernière Sonate de Beethoven est, sans contestation possible, l'une des clés de voûte de l'art pianistique, avec, selon moi, la Sonate en Si mineur de Liszt**.
Thomas Mann (encore lui !), dans son Doktor Faustus fait référence à cette oeuvre, la qualifiant "d'adieu à la Sonate", comme si, pour lui, ces pages, les dernières de Beethoven pour ce qui est de cette forme, signaient l'arrêt de mort du genre, car définitivement insurpassables. À mon avis, toutefois, Liszt le contredit.
L'incroyable, c'est le modernisme de ces pages du Maître de Bonn que la surdité a frappé depuis longtemps déjà. Il compose cette pièce entre 1820 et 1822, 5 ans avant sa mort, et, pour paraphraser certain jeune pianiste de mon entourage se tape un "grave délire" ! Dans l'extrait ci-dessus, vos oreilles ne vous tromperont pas : vers 6'30, on croit entendre un chorus (ici, une variation) de jazz !
À l'heure où le mot "génie" est appliqué à n'importe quoi, le terme, accolé au nom de Beethoven, véritable génie visionnaire, remet les pendules à l'heure.

* Bon, Bach, aussi, ok !
** À écouter par Claudio Arrau, si vous avez une demi-heure (mais vous la trouverez, n'est-ce-pas ?), ici : clic

Attention à l'Orient-Express de 9 heures 54 !