Le blog quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana. Maison de confiance depuis 2007.


mardi 1 septembre 2015


Le roi qui dansait

Farouchement démocrate et républicain, en cette année où l'on célèbre le tricentenaire de la mort du quatorzième Louis, je n'honorerai pas, comme on le fait à Versailles, la mémoire du monarque absolu, de l'homme qui proclama "L'état, c'est moi".
En revanche, l'histoire permet de rendre au moins cette justice au "roi soleil" : il fut un formidable catalyseur en matière d'arts, encourageant la création musicale qui, en France, ne retrouva pareil niveau qu'à la fin du 19è siècle. La littérature et le théâtre furent également soutenus par le souverain, lequel, dans son jeune âge célébra lui-même avec éclat l'art de la danse, comme Le roi danse, de Gérard Corbiau (extraits ci-dessous) le souligne, qui met en relief, également, les rapports entre Louis XIV et l'impétueux Jean-Baptiste Lully, homme de pouvoir tout autant que son maître.
Mais, à quelques lieues des fastes de Versailles et jusqu'au plus profond de nos provinces, le bon peuple, lui, crevait de faim.



Le film de Gérard Corbiau (2000), doté d'une très belle bande-son, est cependant inégal, le réalisateur peinant à retrouver le souffle qui animait précédemment son Farinelli.
Je recommanderai plutôt la lecture de Baptiste, formidable roman biographique de Vincent Borel (Sabine Wespieser éditeur 2010, et en livre de poche chez Points).

Rentrée littéraire


lundi 31 août 2015

Pédagogique

Bonne position des mains et du corps.
À afficher dans tous les conservatoires et écoles de musique.

L'harmonium

C'est à la boulangerie, où l'on m'avait envoyé chercher un "restaurant", que j'ai vu Rémi pour la première fois.
On n'était pas dimanche, mais il a acheté quatre croissants, ce qui m'impressionna fort, et je me dis que c'était un "riche", de ceux que, chez nous, on appelait "gros richards".
Peu de temps après, je sus que je l'impressionnais tout autant, et qu'au bourg nous inspirions le respect : nous étions la famille du garde-mobile.
J'avais obtenu l'autorisation d'aller, quand je le voulais, jouer de l'harmonium dans la petite église où je répétais inlassablement la même Invention de Bach, la seule pièce de mon répertoire qui sonnât agréablement sur cet instrument.
Le dimanche, en contrepartie, je participais à la messe et accompagnais les cantiques. Je m'amusais intérieurement, sans plus de respect pour le caractère sacré de la cérémonie, des voix aigrelettes et chevrotantes des vieilles qui tentaient de faire parvenir jusqu'au ciel leurs naïves incantations : "tu es mon berger, ô Seigneur", "chez nous, soyez reine", ou "terre entière, chante ta joie au Seigneur".
Ajouter une légende
Le soir, "à la fraîche" devant la maison, quand, armés d'un gros caillou, on ouvrait la coque des amandes sur la table de pierre, je les imitais, provoquant les rires de la grand-mère qui, elle, avait gardé une voix sans aspérités de jouvencelle qui résonnait dans la maison dès le petit matin, quand elle brossait sa longue chevelure grise, reprenant les bluettes à succès de la radio.
Un jour que, dans l'église habituellement déserte à cette heure, je labourais le clavier de mes doigts frustrés de n'avoir pas à parcourir un vrai piano, j'eus conscience subitement que je n'étais pas seul. Je me retournai et vis Rémi remonter l'allée jusqu'à l'autel sans s'être signé, sans la génuflexion de rigueur en ces endroits.
Sa voix  puissante, un peu rauque, de presque adolescent, résonna sans la précaution d'usage en pareil lieu :
- Hé, tu sais jouer Même si tu revenais ? 

Silvano Mangana - Gay Cultes 2015

En plus : 
 


J'aime particulièrement cette version de la Petite Messe solennelle de Gioachino Rossini, au plus près de l'original, le terme "petite" n'ayant pas été choisi au hasard par le compositeur selon moi.
On est très éloigné de la majestueuse (pompeuse ?) version de Chailly que vous trouverez aisément si le cœur vous en dit.
Et puis, selon la partition originale, on entend ici... un harmonium.




Référence : 
Petite Messe solennelle de G. Rossini
RIAS-Kammerchor
Marcus Creed, direction.
Harmonia Mundi
901724

dimanche 30 août 2015

Ces moments délicieux


Couvrez-vous, je vous prie !


Cadeau (inhabituel) : pousse les meubles et bouge toi !

Pas de trésor baroque, pas de Schubert de derrière les fagots (avec un seul "g") en ce dernier dimanche d'août où mon humeur est au beau fixe.
Let's dance !



Amusez-vous à reconnaître les films.
Si vous n'y parvenez qu'à demi, comme moi, la liste avec minutage figure en tête des commentaires de la publication sur You Tube.

Collation dominicale

Photo Margaret Stepien
À y regarder de plus près, il y a ici un concentré de bonheur : on sait, par exemple, que pour apprécier au mieux un Parmigiano Reggiano, fromage royal s'il en est, on imbibera d'huile d'olive (raisonnablement... ou pas) des tranches de pain de campagne frais. À Bologne, on le déguste ainsi accompagné de cubes de mortadelle, c'est très léger...
Les tranches de pain frais...

Les tranches de pain frais de la photo ont été frottées de tomate goûteuse, denrée rarissime dans nos contrées : j'ai une amie fort gourmande capable de courir tout Paris pour s'en procurer dans l'une de ces adresses qu'elle a consignées dans un carnet prévu à cet effet.
Non, elle n'est ni snob ni "bobo" (terme sans signification, au demeurant) : elle est une femme soumise... à ses papilles gustatives.
Il y a deux verres de Montepulciano ; si je vous le dis !
Et - prêtez l'oreille - des airs d'Opéra (italien, bien sur !).

Le temps ayant la bonne idée d'être clément aujourd'hui, on dressera la table dans le parc, sur la terrasse, le balcon, près de la fenêtre : dans tous les cas, on appréciera.

samedi 29 août 2015

Fin de vacances






Mon                                                                                                                                                  refuge

Quand Naples, comme un aimant...


Comme je l'écrivais dans un précédent billet, l'arrivée à Naples en aéroplane est proprement impressionnante, que l'un de mes compagnons de voyage m'offre aujourd'hui.
Il est environ 19 heures, le temps est incertain, le soleil se fraie un chemin entre les nuages anthracites comme pour annoncer que dès demain, il resplendira, et que nous aurons à nous protéger de ses ardeurs. 


Photos P.G pour Gay Cultes.

Le temps des amours


jeudi 27 août 2015

Bisous sur les joues


Un peu renfrogné, ce bel ange ; belle chemise.

Naples et Campanie : un autre regard


PG pour Gay cultes
J'insère à partir d'aujourd'hui des photos prises par l'un de mes deux compagnons de voyage en Campanie. Nous n'avons pas le même regard ni les mêmes désirs photographiques, c'est tout naturel. Il est intéressant d'avoir le point de vue de P., qui devient, du fait, collaborateur occasionnel de Gay Cultes.

Napoli telle qu'en elle-même - PG pour Gay Cultes

Sauvagement planant



Sigur Rós: Dauðalogn, un film de Ruslan Fedotow
Suggestion d'Eric D.
Un peu noir ; superbe.

mercredi 26 août 2015

Verba volant, scripta manent

Photo de James Ferringer

Les anciens disaient "Les paroles s'envolent, les écrits restent", c'était d'autant plus vrai qu'ils écrivaient sur du marbre.
Philippe Geluck

Nanar sublime


Féru de cinématographe, je déteste néanmoins l'estampille "cinéphile" que d'aucuns voudraient m'accoler. C'est le cinéma dans tous ses avatars que je chéris. Si les "chefs-d’œuvre" dûment certifiés ont ma faveur, mon cabinet secret recèle sa part de navets que je ne crains pas de qualifier de sublimes. Ainsi de The Roman Spring of Mrs. Stone (Le visage du plaisir, titre français ridicule pour attirer le chaland) avec Warren Beatty incarne le gigolo de Vivien Leigh dans une Rome de carte postale (j'essaierai de retrouver le billet que je consacrai à ce film).
Par une heureuse coïncidence, encore enivré de mon séjour napolitain, je découvris, l'autre soir, sur une chaîne dédié au 7è art, un film intitulé C'est arrivé à Naples, étrange production américaine de 1960 tournée sur les lieux-même, avec un Clark Gable en fin de parcours, peu impliqué, mais, en partenaire, une Sophia Loren volubile, drôle, belle, un Vittorio De Sica qui a toujours symbolisé à mes yeux la "classe" italienne et un gamin... parfois insupportable.
Si l'intrigue est quelque peu invraisemblable, et l'histoire d'amour entre un Gable qui n'est plus que l'ombre de lui-même et une Loren à l'apogée de sa beauté plus qu'improbable, le film permet de se faire une idée de ce que fut Capri à la fin des années 50 (malgré le titre, l'essentiel de l'intrigue s'y déroule), et de constater que Naples, elle, n'a guère changé, ce qui fait tout son charme d'ailleurs.
Sophia, Reine de Naples
Au scénario, on a pris soin d'embaucher la grande Suso Cecchi D'Amico (1914/2010), qui signa les films les plus célèbres du cinéma italien d'avant la dégringolade, du Voleur de bicyclette de De Sica au Guépard de Visconti, au milieu d'une filmographie impressionnante où il n'y a pas grand chose à jeter*.
Conjonction de ses défauts et qualités, le film permet de passer un sacré bon moment. La chaîne s'appelle TCM et on peut le revoir pendant quelque temps, pour peu d'être abonné, ce qui, pour un amoureux du cinéma s'avère indispensable par ces temps de médiocrité télévisuelle.

Synopsis (accrochez-vous !) :
Michael Hamilton , un avocat de Philadelphie, arrive à Naples quelques jours avant son mariage pour régler la succession de son frère Joseph avec un juriste italien Vitalli . À Naples, Michael découvre que son frère a un fils de neuf ans, Nando, qui est élevé par sa tante maternelle Lucia, une chanteuse de cabaret. Joseph n’a pas épousé la mère de Nando mais ils se sont tous les deux noyés lors d’un accident de bateau. La femme légitime de Joseph qu’il a quittée en 1950 vit à Philadelphie. Après avoir vu Nando distribuer des photos légères de Lucia, Michael veut inscrire son neveu à l’école américaine de Rome mais Lucia gagne la garde de l’enfant. Malgré la différence d’âge, une romance éclot entre Michael et Lucia et il décide de rester en Italie.

Un formidable extrait oppose les habitants d'une Capri qui n'existe plus, au riche américain : "Tout ce que vous voulez, c'est le pétrole !".
Qui a dit que les temps changent ?



Enfin, la Loren chante, dans le cabaret qui l'emploie (en filigrane, on nous fait comprendre qu'elle arrondit autrement ses fins de mois !), cet Americano à déguster sans modération :



* L'incroyable filmographie de Suso Cecchi D'Amico, ici : clic



La caduta degli dei

Les damnés - Luchino Visconti 1969 - Photo de tournage

mardi 25 août 2015

Pas nus, mais...




Fascination

Laissez
vagabonder
votre imagination.

Major d'hommes


Dans sa dernière livraison, L'Obs consacre un dossier aux "employés de maison", autrefois "gens de maison", ou encore avant, tout simplement, "domestiques".
Ce qui paraît obsolète au citoyen "ordinaire" ne l'est pas pour les personnalités fortunées, qui ont à leur disposition, jour et nuit, des serviteurs souvent taillables et corvéables à merci. N'est-ce-pas Liliane ?
Les domestiques de Downton Abbey
Évoquant le sujet, on pense bien sûr à l'excellente série britannique Downton Abbey qui narre, au fil des évènements qui secouèrent la planète dans la première moitié du siècle précédent, les rapports entre une "grande" famille et sa domesticité.
Très loin des conventions du genre, je me suis plu à imaginer que, par un coup de baguette magique, le garçon de la photo d'en-tête venait d'entrer à mon service, et que je le formais : "Archibald, pour la tenue vestimentaire, c'est parfait, mais votre pouce gauche, voyons ! Vous serez puni, Archibald !"

Naples secrète


Tout est fait, à Naples, pour intriguer le promeneur curieux qui ne veut se contenter des visites obligées édictées par les guides touristiques.
Arrêtez-vous un instant pour découvrir une "piazzetta" déserte où trône un édifice oublié de l'homme (église désaffectée, peut-être), où une boutique (fermée) semble dédiée au cinéma (posters de Toto, l'idole comique napolitaine, de Sophia Loren ou de la grande Anna Magnani). On n'en saura pas plus. C'est suffisant, toutefois, pour rêver.

Pied-de-nez

La photo de cette équipe de base-ball d'Orlando date des années 30-40.
Les deux garçons du premier rang à gauche rendent la photo un peu moins officielle.