Le blog quotidien superfétatoire et sporadique de
Silvano Mangana. Maison de confiance depuis 2007.

lundi 1 septembre 2014

Nu, il court vers son amour


Another Country est de retour.

Italien, moi ?


Que de contentements, pourtant !

"Ma, dove sei nato, in Italia ?"
Le "nonno" (grand-père) de l'Osteria della nonna est intrigué : je passe commande en italien et traduis la carte en français aux deux garçons qui m'accompagnent, dont l'un 
m'appelle "maître" (maître queux ? maître adepte du sado-masochisme ? maître à penser ? gratitude ? dérision ?).
Je jubile, lui réponds que c'est le plus beau compliment qu'on puisse me faire, à moi, né dans le Cévennes d'un père ardéchois et d'une mère aveyronnaise, trimballé au Maroc à deux ans, puis stabilisé enfin en bord de Méditerranée.
L'homme nous a pris en sympathie, parce que notre bonheur d'être ensemble à l'ombre des murailles ocres rejaillit alentour.
Après le plus délicieux Tiramisù jamais dégusté - l'homme-enfant en a commandé un second ! -, le vieil homme pose sur la table deux bouteilles : amaretto et grappa feront vite leur effet, et nous repartirons un tantinet grisés.
Déjà, lors de l'arrivée à notre hébergement, je me suis surpris à discuter dans la langue-musique avec Fabio, notre hôte, sans réfléchir, sans doute avec moult fautes de syntaxe, avec maintes incorrections, veillant toutefois, inconsciemment, à placer proprement les accents toniques.
Fabio me prodigue conseils et "tuyaux" pour notre séjour en Toscane, et c'est limpide !
J'ai dû me rengorger quand le nonno m'a posé la question.
"Ma, dove siete nato in Italia ?"
L'homme-enfant, hilare, interpelle l'enfant-homme de plus récente amitié :
" Eh bien, ça, tu vois, on va y avoir droit pendant des mois ! "
C'est bien me connaître.

Des hauteurs de Sienne, un peu de Toscane | Photos Silvano




Ne pars plus jamais




« Il faut avoir un amour - un grand amour dans sa vie, parce que ça fait un alibi pour les désespoirs sans raison dont nous sommes accablés. »
Albert Camus

dimanche 31 août 2014

Nu de 18 heures : quand Silvano est tout déréglé

L'amateur (le mateur ?) de beauté masculine dépouillée de tout artifice vestimentaire trouve chaque jour son bonheur, ici, à 18 heures sonnées.
Les statistiques - que je consulte de temps à autre, sans fébrilité néanmoins - révèlent un regain d'intérêt pour ce journal entre chien et loup, et c'est bien si cela permet de découvrir tout le reste.
Les bonheurs récents, le séjour en Toscane, m'ont quelque peu égaré ces jours derniers : ainsi, hier, j'ai oublié - sacrilège ! - notre rendez-vous quotidien, et, la semaine dernière, j'ai publié 2 fois la même photo, consécutivement, de plus !
Ce qui m'a valu un joli commentaire de Marie : Gay Cultes bégaie, et c'est charmant !
Pour confirmer ma distraction, Gaëtan, lui, me faisait remarquer que j'avais posté la même image (un beau garçon en milieu forestier) à quelques jours d'intervalle.
Où ai-je la tête en ce moment ?
Mon rédacteur en chef m'a tancé vertement dans le miroir, sachez-le.
Couvert de cendres après une sévère séance d'autoflagellation, je reviens vers vous contrit, et, pour me faire pardonner, vous offre ce petit florilège.
Si un joli garçon, habillé ou non, veut m'aider à faire le tri dans un catalogue pléthorique, je suis preneur (non, il n'y a pas de sous-entendu !).





Je suis pardonné, dites ?

Paressez, rêvassez, c'est dimanche !

Amis connus et inconnus,
je vous souhaite un
bon dimanche !

Bosie

Elizabeth Peyton : Silver Bosie 1998

Florence | Firenze

Persée de Benvenuto Cellini (détail)

Cadeau : la scène du commandeur, Mozart, Losey


C'est un extrait du Don Giovanni de Joseph Losey avec
Ruggero Raimondi : Don Giovanni
John Macurdy : il Commendatore
Edda Moser : Donna Anna
Kiri Te Kanawa : Donna Elvira
Kenneth Riegel : Don Ottavio
José van Dam : Leporello
Teresa Berganza : Zerlina
Malcolm King : Masetto
Eric Adjani : valletto in nero

vendredi 29 août 2014

Promenons-nous dans les bois

Ruslan Solovyov par Marat Mukhonkhin


Cousins


Photos Silvano - Août 2014

À Sienne cohabitent dans la même maison le comité Arcigay de la ville, le PD (si !) - le Parti Démocrate de Matteo Renzi, Maire de Florence et actuel Président du Conseil italien - et les Giovani Democratici (jeunes démocrates, un peu l'équivalent du "MJS" français), lesquels ont choisi pour saint-patron Pier Paolo Pasolini.
Je trouve tout ça charmant ; vraiment.

Ce que l'on caresse est sacré

Détail porte de bronze, Duomo de Pise (It.) - Photo Silvano 2014

Les anges rebelles, dehors !





Satan est un peu flou : j'avais la pétoche !
À Sienne, dans l'église San Niccolo del Carmine, déserte, je suis tombé longuement en arrêt devant cette toile fascinante de Domenico Beccafumi, peintre "maniériste" qui le réalisa autour de 1528 : Saint Michel chassant les anges rebelles du paradis.
Un dieu sévère, pas sympa du tout, et, tout en bas, un Satan hideux , édenté, animal : c'est ce que l'on appelle "la peinture de la culpabilité".
Brrr...

Heureusement que le tableau comporte ce genre de détail pour l'adoucir :



jeudi 28 août 2014

Le garçon en maillot de bain



Il ragazzo della Piazza Gramsci -2-

Photo Silvano - Gay Cultes Août 2014
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Il maestro a Venezia


En 1920 se déroule "l'affaire Sacco et Vanzetti" : à la suite d'un hold-up sanglant, sont jugés puis condamnés sans preuves à la chaise électrique deux anarchistes italiens, Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti, malgré la vague de protestation venue du monde entier.
Le film de Giuliano Montaldo, réalisé en 1971, est actuellement visible en salle dans une version restaurée.
La chanson de la bande originale, interprétée par Joan Baez devint un énorme "tube" : elle est ici interprétée sur la Place Saint Marc par un orchestre symphonique et des chœurs dirigés par son compositeur, Ennio Morricone.

Pour les "addict" à Gay Cultes, c'est la chanson préférée d'Angelo, l'un des protagonistes de "Tombe, Victor !" :
[Au bal du 14 juillet, sur la place du Safranier, je l’avais repéré, dansant, solitaire, extatique, sur le Here’s to you  du film Sacco et Vanzetti, cette chanson popularisée par Joan Baez qui fut un succès planétaire.]

Sur un mur, à Pise

Pisa (Pise, It.) - Photo Silvano


mercredi 27 août 2014

Garçon nu* lisant un vrai livre


* Ça, c'est pour l'audimat ; certains d'entre vous apprécieront que ce jeune homme trouve agréable de lire un livre dans le plus simple appareil.

Carnet de voyage -4- : il ragazzo della Piazza Gramsci

Photo Silvano à Siena (Sienne, It.) | Gay Cultes 2014

Nous attendions le bus pour San Gimignano ; derrière la vitre sale de cette "terrazza" du "caffè" de la place, mon regard s'est attardé sur le "ragazzo" : sa joie de vivre éclatait sous le soleil encore timide de ce début de matinée. Il attendait sans impatience, heureux par avance de retrouver un ami. Bien que jovial, déjà, son beau visage éminemment italien s'est illuminé quand celui-ci est arrivé. Instant précieux que j'ai pu miraculeusement préserver.

J'ai photographié moins de ragazzi, cette fois : mes deux compagnons de voyage étaient beaux à accaparer toute ma tendresse, l'un d'eux menant le bal, dansant, chantant, sautant sans souci des regards, au milieu des foules en transhumance estivale ; le second, heureux d'être entraîné dans ce tourbillon de bonne humeur, ne s'est jamais départi de son sourire : pas une photo (elles resteront intimes), même prise à la dérobée, où il ne l'arbore.
En fin de séjour, j'ai eu une droit à une jolie carte, écrite clandestinement puis habilement glissée sur la table d'une osteria pendant une courte absence : quelques mots tendres qui ne me quitteront jamais.
L'homme-enfant et l'enfant-homme ont rendu cette semaine inoubliable.
J'y reviendrai lundi prochain, jour des épanchements "littéraires".


La ville ocre

Siena (Sienne, It.) | Photo Silvano - Gay Cultes 2014

Cadeau : Mozart au plus haut des cieux !


Nul besoin d'images : la magie, dans cette version Brendel/Marriner, opère.
Ceux qui ont vu le film Amadeus sauront-ils se souvenir 
de la scène que ce mouvement de concerto (le 15ème) accompagne ?

Fin de vacances


mardi 26 août 2014

La leçon de piano

Créons
un
Conservatoire
d'un genre
nouveau !

Carnet de voyage - 3 -


L'inconnu et (presque) moi, Pisa (Pise, It.), dimanche après-midi.
Mon compagnon de route : "Ah, d'accord ! Je me demandais d'où venait ton intérêt pour cet édifice."


Photos Silvano - Gay Cultes 2014

Carnet de voyage - 2 -


Dimanche matin 24 août :
éberlué, je croise une parade
de "contradaioli"* et m'y attarde.





Piazza di Campo, Siena (Sienne, It.), vue partielle
* Les "contrade" (contrada au singulier) sont les dix-sept quartiers de Sienne intramuros. Pour se souvenir du faste de la ville ocre, avant que Florence n'assoie définitivement sa suprématie, les habitants des "contrade" participent dès le plus jeune âge à la vie sociale et culturelle de la cité : leur implication est totale : ils donnent beaucoup de leur temps et de leur énergie pour défendre leurs couleurs. Parades, lancers d'oriflammes sous les roulements de tambours, banquets en plein air, aboutissent tous à un tour d'honneur sur la Piazza di Campo, là où bat le cœur de Siena.

Photos Silvano 2014

Inspiration

Salvador Dali dessine un pénis sur le front de Gala et signe Picasso.
Pourquoi n'y a-t-il plus de fous de génie ?

lundi 25 août 2014

Nu couronné


À Montepulciano (Toscane, It.) - Photo Silvano

Carnet de voyage - 1 -

Photo Silvano - GC

Entraînement au maniement d'oriflamme - Montepulciano (Toscane) août 2014

Photo Silvano - GC

Dieu que je suis sournois !
J'ai profité d'une envie d'escalade de mes deux agiles compagnons : attiré par des roulements de tambour, j'ai pu apprécier l'exhibition de ce jeune homme particulièrement doué.

Tombe, Victor ! | Deuxième partie -13- , Épilogue (?) et Fin

Résumé : après la disparition d'Angelo, Paul a reçu une bouleversante lettre d'amour de celui-ci. 
La lettre anonyme - dénonçant les "pratiques" de l'ange et sa relation avec "un fils de gendarme" -  envoyée aux Bianchini par Darmstetter (Paul croira qu'elle émane de Victor !) a eu pour effet le départ des boulangers pour le Piémont où ils ont confié Angelo à son oncle Giuseppe. Dans sa lettre, Angelo a fait part de son désir de prendre la mer le plus tôt possible. 
Paul s'est réfugié dans la pratique du piano.


Nicolas de Stael : Antibes et le Fort Carré
L’été s’en est allé, qui ne fut jamais si orageux.
Par bonheur – j’avais suivi les conseils de Pierre – le piano fut un compagnon de tous les instants, berçant ma peine, éloignant de moi tous les ressentiments.
Il n’y eut pas le moindre scandale : le fauteur de troubles avait pris soin, c’est certain à présent, de ne pas me mêler au désordre qu’il avait déclenché. Peut-être ne saurai-je jamais pourquoi. Nul épiderme à caresser, nul corps à étreindre ; qu’importe, je n’en ai plus envie. J’aurai une année scolaire bien remplie : j’entre au Conservatoire sans coup férir après un concours passé brillamment, presque anecdotique. Hier matin, j’ai retrouvé le lycée : en seconde, au cours d’une année scolaire sans examen, je tâcherai d’être dans la bonne moyenne et de faire en sorte que mes deux études s’accomplissent en harmonie.
J’ai constaté avec surprise que Darmstetter n’était pas présent. Vernucci, un camarade toujours au courant de tout, m’a appris qu’il avait choisi l’internat de Don Bosco, à Nice.
J’ai pensé « bon débarras ! », mais il me reste des bribes de cette charité chrétienne dont on m’a inculqué les vertus lors de mes années de catéchisme ; j’en regrette presque de ne plus voir ce visage familier. C’est à Victor que j’attribue la paternité des lettres anonymes. Je me suis persuadé que c’était bien dans son style. Mon voyou, autrefois tant aimé, a le cœur entre deux chaises et le paie chèrement ; il s’est vengé en parfait salaud,  jaloux sans doute, ignoble sûrement.
Hier matin, j'ai retrouvé le lycée...
Monsieur Cordier sera une nouvelle fois mon professeur de français. J’aime bien cet homme d’esprit, cultivé, affable, toujours élégant dans ses costumes de tweed. Je l’écoute annoncer le programme de seconde, soulignant avec gourmandise ses auteurs préférés, passant négligemment sur ceux qui ont moins sa faveur, ce qui génèrera quelques conflits, car je ne suis pas d’accord sur tout. Mâchouillant mon crayon, je laisse errer mon regard tout autour de mon banc. Mes yeux s’arrêtent brusquement sur un nouvel élève, déjà repéré lors de l’appel, tout à l’heure. Cheveux mi-longs d’un blond vénitien, mèche en bataille, peau mate, yeux vifs, allure élancée, Jean-Charles – c’est son nom – porte une chemise blanche impeccablement repassée et un short noir qui affleure les genoux. Il porte des chaussettes blanches, hautes, pas des socquettes, et c’est un ensemble admirable. La vie, bonne fille, m’offre en cadeau la beauté pure. Je murmure, psalmodie presque, le double-prénom de mon futur ami : Jean-Charles, Jean-Charles…
Antibes, septembre 1969.
 
Épilogue ?

J’aime Florence, la ville de Laurent le Magnifique où je vais, de temps à autre, pour rejoindre Angelo. Il est une statue aux « Offices » que j’aime cajoler des yeux à chaque séjour en Toscane. Elle me console de n’avoir conservé de lui la moindre photographie, la moindre trace, si ce n’est celle que garde, faillible, ma mémoire. Il se peut que j’idéalise cet amant de jeunesse, qu'importe !
Son « double » est un Apollon « de l'Omphalos », de marbre pentélique, copie romaine d’un bronze grec datant du quatrième siècle avant Jésus-Christ.
Le dieu pétrifié a d’Angelo la corpulence, la taille, la puissante musculature, sèche,  sans excès.
Je m’assieds sur la banquette en vis-à-vis et contemple mon Ange statufié, éternel. J’ai rêvé, l'autre nuit, que les « Uffizi » s’étaient vidés de ces cohortes de touristes pressés et bruyants qui s’y pressent en toute saison. Je marchais, seul, dans la galerie, jusqu’à l’objet de ma passion. Je pouvais oser enfin l’approcher, je le caressais, le couvrais de baisers. Au moment où je tentais de l’étreindre, Ange-Apollon se désintégrait soudain en innombrables particules, poussière, suie, cendres, je ne sais.
Je me suis réveillé pantelant, moite, extasié encore.
Heureux de t'avoir retrouvé.

© Silvano Mangana | Gay Cultes 2014
Texte déposé à la SACD sous le n° 000085276 sous nom d'auteur Paul-Louis Arjaillès

Il est une statue aux « Offices » que j’aime cajoler des yeux à chaque séjour en Toscane.

Sur Tombe, Victor !


Boy on wall (huile sur lin) Jonathan Wateridge
Tombe, Victor ! va maintenant vivre sa vie. Ce petit roman sincère issu d'un cahier retrouvé sera publié sous une forme ou sous une autre.
Pour l'heure, il est entre les mains des éditeurs. Redoutant une "placardisation" dans les rayons LGBT, je souhaiterais qu'il soit lu par un large public : les jeunes gens "hétérosexuels" qui ont pu lire le manuscrit ont pleinement adhéré à cette histoire malgré les clivages de notre époque.
Je tiens à remercier vivement les fidèles de ce blog qui m'ont aidé dans l'écriture au fil des semaines, par leurs commentaires.
J'ai reçu, en outre, des messages sur ma boîte à lettres électroniques : l'un de leurs auteurs, tout particulièrement, a droit à mon immense gratitude.
A la lecture de l'un de ses courriels, je me suis dit : "Ne serait-ce que pour un seul lecteur, je dois le terminer" et, comme par magie, alors que j'étais "en panne", les pièces du "puzzle" se sont assemblées.
Les commentaires d'une lectrice, Marie, m'ont beaucoup touché : ils démontrent que l'Amour est universel.
Enfin, je remercie mes plus proches amis, B., E., F., et G., peu soupçonnables de complaisance, qui m'ont également encouragé (ils ont lu le récit fini) à imprimer et envoyer : je leur dois une énergie de jeune homme que j'avais pu croire éteinte.
Peu importe la suite, finalement : Tombe, Victor ! m'a rendu heureux.