Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


mercredi 5 octobre 2022

Et un allongé, un !

Élégance de saison

Nam Joo Hyuk, jeune acteur coréen

 

Histoire de "Boucles noires", l'amant mort à la guerre



Vénéré de nos jours en Italie comme chanteur-poète majeur, Fabrizio de Andrè (1940-1999), anarchiste convaincu, influencé, disait-il, par Brassens ou Bob Dylan, lutta toute sa vie, à travers ses œuvres, pour combattre toutes les exclusions.
Avec la magnifique chanson Andrea, il chante la douleur d'un garçon qui a perdu son Ami soldat à la guerre, tué dans les montagnes du Trentin lors de la "grande" guerre.
Cette chanson courageuse, l'une des rares à célébrer une relation amoureuse entre hommes dans un pays réputé très homophobe, a finalement trouvé un public sur YouTube où le nombre de "vues" et les témoignages émus lui rendent justice.
La sincérité finit toujours par emporter l'adhésion.

Voici une traduction quelque peu approximative de ce très beau texte qui se réfère sans doute, donc, à la guerre des Alpes 1915-18 (l'Italie avait déclaré la guerre à l'empire austro-hongrois) qui fit environ 140 000 victimes, en particulier autour de la montagne appelée Cima Palon (Monte Pasubio).

Andrea s'est perdu, s'est perdu et ne sait pas revenir
Andrea avait un amour
Boucles noires
Andrea avait une douleur
Boucles noires.
Il était écrit sur la feuille qu'il était mort
sous les drapeaux
C'était écrit, la signature était en or,
une signature de roi
Tué dans les montagnes
de Trente
par la mitraille.
Yeux couleur forêt
paysan du royaume
profil français
yeux couleur forêt
soldat du royaume
profil français
Andrea a perdu, perdu l'amour
la perle la plus rare
Andrea a dans la bouche, dans la bouche une douleur
la perle la plus sombre.
Andrea cueillait, recueillait des violettes
au bord du puits
Andrea jetait les boucles noires
dans le cercle du puits
le seau lui dit, lui dit "Monsieur,
le puits est profond.
Il a plus de fond que le fond des yeux
de la nuit des larmes".
Lui répondit "il suffit, il suffit qu'il soit plus profond que moi".

(Andrea est l'une des chansons de l'album Rimini (1978)

lundi 3 octobre 2022

Offrande

Mon amant de Saint-Jean | Chapitre II - Épisode 30 : Les clés du paradis

(...) c'était un homme-enfant.
 

Lors de notre balade en ville, il avait dit « Si tu veux, on ne s’aimera pas, ce sera juste pour le plaisir ; parce que nous avons faim tous les deux, n’est-ce pas ? Si tu veux, on ne s’embrassera même pas sur la bouche, puisque tu as un amoureux, je l'ai bien compris. Si tu veux, on jouira ensemble comme tu voudras. Tu me plais tellement. Je veux que ce soit avec toi. Pas un autre. Tiens, les Arceaux ! Mon salopard de frangin vient faire le coup de poing, ici. Il y a des gars, dans le coin, qui vont avec des vieux pour du fric. Tu imagines, s’il savait ? Peut-être qu’il se doute de quelque chose : il se montre devant moi quand il sort de la douche, la verge dressée. Il me voit comme un bébé. Il ne sait pas que la mienne est plus grosse, je te jure ! » fanfaronnait-il !
Je pensais « il m’allume, m’excite, m’effraie. Il sait que maintenant, j'ai envie de lui avec ou sans baiser sur les lèvres ou avec nos langues, comme avec Jules. » On sait tous les deux que, maintenant, la chose est inévitable. Chapeau, petit puceau, bien joué ! Je n’avais plus qu’une idée en tête : aller trouver Marcel, plaider ma cause, lui demander la clé du paradis
   « Le petit Boisselier ? Au fou ! » Je crus que Fabre allait s’étrangler, faire une attaque, une crise de convulsions. Je lui avais tout raconté, depuis la culotte courte jusqu’à la bombe glacée dans les cuisines de l’hôtel, sans omettre le petit jeu verbal intensément érotique du déjeuner surréaliste de la veille. « Il a fallu que tu t’amouraches du frangin de cette ordure fasciste ! Attends, je m’assois, j’ai besoin de reprendre mon souffle. Quelle histoire ! » Je ne savais que déduire de sa réaction, car Marcel avait pour habitude d'osciller entre le tragique et le comique. Il est vrai que la situation s’y prêtait singulièrement. Mais c’était bien le même Fabre qui, il y a peu, ironisait sur ce qu’il avait appelé mon « priapisme  », ce même Marcel qui avait remarqué ma gêne comme je tentais, à Palavas, de dissimuler mon émoi pendant qu’il m’enduisait d’ambre solaire. Il s’en était moqué gentiment d’un rire à l’adresse de son compagnon : « Ça bande vingt-quatre heures sur vingt-quatre, ces minots ! », auquel André avait répondu sur le même ton « Tu peux parler, toi : tu auras ma peau ! » Qui aurait pu mieux entendre que, ne me laissant le moindre répit, mes sens battaient une éprouvante chamade ? Le beau moustachu ne prit guère le temps de la réflexion. De la poche de son veston, il sortit deux clés qui rejoignirent prestement la mienne.  « Regardez attentivement autour de vous avant de pousser la porte de l’immeuble. Munis-toi d’une lettre ou d’un paquet qui me serait destiné, au cas où vous croiseriez un locataire. Vous monterez dans un silence absolu ; enfermez-vous, enlevez vos chaussures – le parquet craque – et quittez les lieux avant six heures après avoir tout remis en ordre. Tu laisseras les clés au gardien du Théâtre pour André. Ça vous laisse plus d’une heure. Faites en sorte que je n’aie pas à regretter cette folie. » Ah, Marcel Fabre, mon frère !

*

   Le lendemain, sitôt sortis du lycée, tels deux rusés Comanches, nous empruntions le sentier de l’amour.
Je le croyais fluet, mais le pull-over à col roulé près du corps et le pantalon à pinces laissaient augurer d’un corps dans sa plénitude. De l’adolescent à l’homme, la mue avait fait son œuvre. À ce détail près que le visage demeurait glabre. À cet âge, on se plaît à comparer les pilosités  – « Tu te rases, toi ? » –, comme si c’était un signe d’achèvement. J’aimais cela en lui, c’était un homme-enfant. Émile s’était affalé de tout son long sur l’unique fauteuil de la chambrette, dans une position caractéristique de jeune homme nonchalant, que j’adoptais, moi aussi, plus souvent qu’à mon tour : pas vraiment assis, presque couché. « Bon, vas-y, tu es le maître, je me laisse faire ! » s’abandonna-t-il.
(À suivre) 
©  Louis Arjaillès - Gay Cultes 2022
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Il y a des gars, dans le coin, qui vont avec des vieux pour du fric.
Illustrations
1 - Photo Nicholas Efimcev
2 - Glané 

vendredi 30 septembre 2022

On ne peut plus discuter tranquillement ?

 

©  Domenico Cennamo

Souriceau des champs


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C'est une grande marque de vêtements qui a produit cette vidéo.
Vu la laideur des vignettes publicitaires actuellement répandues sur les écrans, on applaudit.

Léaud, Truffaut, Malher, etc.

 Jean Pierre Léaud | Antoine et Colette (François Truffaut - 1962)




Vu l'affiche des JMF et la pochette Bruno Walter / Gustav Mahler punaisées au mur, on se dit que les jeunes de l'époque écoutaient vraiment n'importe quoi comme musique.

lundi 26 septembre 2022

Garçons en chambres

 

Italia 2022

 

La Duce Vita

Mon amant de Saint-Jean | Chapitre II - Épisode 29 : Pervers Chérubin

     

(...) qui nous laissaient exténués.
   Nous nous étions reconnus dès le premier jour. Ce repas en commun confirma cette étrange impression. D’emblée, je savais que nous allions nous épier, que nous tenterions d’en savoir plus sur l’autre tout en restant sur nos gardes. Malgré la connivence qui nous liait, je tentai de maintenir entre nous une certaine distance.
    Ainsi, je ne voulus rien dire de la nature de mes sentiments pour Jules, me bornant à évoquer un ami d’enfance qui me manquait. La guêpe n’était pas folle, toutefois : le regard qu’il posa sur moi à ce moment précis m’indiqua que ces choses-là n’ont pas besoin d’être dites avec force détails pour être perçues. Une infime fausse note dans la musique des mots ne peut échapper à qui sait vous écouter. Pour ne pas entacher ce qui venait de naître entre nous, et ce qu’il en adviendrait, il ne fallait préciser davantage. Émile ne fut guère plus disert, me confiant enfin - ce qui n’était pas peu - qu’il était vierge de toute relation charnelle, ajoutant que « si un jour, tu veux bien, on fera ça en copains, ce serait formidable ! » Je pris parti d’en rire : « En fait, tu n’éprouves rien pour moi. Tu cherches un garçon pour t’initier ! Tu ne manques pas d’air ! » Mon convive bredouilla que ce n’était pas du tout ça, qu’après tout, puisque nous étions tombés en sympathie, pourquoi le ferait-il avec un inconnu ? Je répliquai que tous les garçons de cette ville qui « en étaient » se connaissaient et ne demanderaient pas mieux que de s’envoyer en l’air avec un jouvenceau d'aussi belle allure. Mon Chérubin pervers était trop subtil pour ne pas entendre la raillerie sous le propos. « D’accord, je vais m’en occuper et je te raconterai. » Pendant que nous jouions à ce jeu démoniaque, l’ange avait enserré ma cuisse gauche entre les siennes. Je ne m’étais pas dégagé de l’étreinte. Je rendais les armes. Il était vain, je m’en étais persuadé, d’être sourd à l’appel de mes sens, que la perspective d’être le premier avait exacerbé. Les embrasements que j’avais connus avec Jules étaient d’une ardeur animale, frénétique ; nos effusions étaient celles de jeunes loups affamés qui nous laissaient exténués. Novice, Émile me permettrait de faire l’amour de toute autre manière, j’osais à peine penser « scientifiquement », en professeur. En quelques phrases, le si fragile, le si délicat blondinet, était parvenu à ses fins. Je persistai encore un peu à donner une tonalité ironique à la conversation :

— Alors, mon ami, où ferons-nous la chose ? Dans une cave ? Dans l’herbe, au bord du Lez, où on se  gèle déjà ?, persiflai-je, le laissant perplexe et rigolard à la fois.
— Tu vois dans quel état nous sommes ? Quand on le veut aussi fort que nous, on trouve, Claude ! Après la bombe glacée de Monsieur Boisgard, celle qu’il me prépare toujours quand je viens le jeudi, on aura résolu le problème, c'est sûr.
   
   Pourtant, nous eûmes beau envisager toutes sortes de plans, rien ne nous apparut évident. Nous aurions tout loisir de parvenir à une solution au cours de la promenade digestive qui s’imposait après un tel déjeuner. Le Chef nous avait gratifiés d’un repas « de luxe » que couronnait le fameux dessert. Avant de quitter les lieux, Émile offrit de me montrer la prestigieuse salle à manger de l’hôtel, à laquelle on accédait par une porte à double battant à l’usage des serveurs. Il me précédait quand je le tirai vivement par le bas de sa veste : autour d’une grande table ronde, sous des volutes de cigares, trônaient son père – du moins, l'avais-je, supposé -, mon grand-oncle et Lucien Fabre, le père de mon ami et mentor Marcel !  
Nous battîmes vivement en retraite pour gagner la porte dérobée réservée au personnel. Dans la ruelle, derrière l’hôtel, je me figeai soudainement : « Mais oui, bien sûr, Marcel, le pigeonnier de Marcel ! »
(À suivre) 
©  Louis Arjaillès - Gay Cultes 2022
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Illustrations
1 - Glané
2 - Site Meilleur du Chef

dimanche 25 septembre 2022

Papier glacé très chaud

 

Joe Martinez et Jordan Barrett | Photo Steven Klein

C'est dimanche, on bulle

 

Leon par Sbastien
Bon
dimanche !

Leon, encore, par Sbastien

M'est avis que ce garçon a quelque chose à cacher.

Albinoni/Banchini : idéal pour un dimanche d'automne

 


L'ensemble 415  est au top niv' !

Gourmet

 


Notre ami, fin gourmet, a décidé de mettre à exécution la
recette de "Saltimbocca alla romana" diffusée, hier, dans Gay Cultes.

" Pas de sauge, quelle guigne ! "

samedi 24 septembre 2022

Garçon nu sous un ciel italien


 

Un long baiser salé


 

Saltimbocca alla romana : régalez-vous !

 À Paris, j'ai vu des restaurants prétendument italiens (cette mode !) proposer ce plat noyé de crème fraîche et agrémenté (tu parles !) de jambon de Bayonne et de fromage fondu !
Cette recette, typiquement romaine, est à la fois finesse et simplicité. La sauge est, bien sûr, essentielle !


Les Italiens maîtrisent la cuisson des pommes de terre au four. Le "rosmarino" (romarin) est de rigueur. Il est préférable de l'ajouter un peu avant la fin de la cuisson.

Bon appétit !

vendredi 23 septembre 2022

Qui veut jouer aux cow-boys ?

 

Sixties fouloulou

 

C'est une photo de l'un de mes lecteurs prise en 1960.
Qu'en pensent Thibault et Jules, les deux gamins de GC ?

En souvenir

 


Qu'il était beau et sexy, Francisco Lachowski, il y a une dizaine d'années !
Depuis, barbe et tatouages de saison ont fait leur œuvre destructrice.
Ce n'est que mon modeste ressenti (ment ?).

Guili guili guili

 


lundi 19 septembre 2022

Garçon nu en lecture


Mon amant de Saint-Jean | Chapitre II - Épisode 28 : Premier rendez-vous

Ange ou diable ? Méfiance !

   « Tu avais disparu, cet après-midi ! On m’a envoyé à ta recherche et je t’ai vu avec le petit Boisselier. Drôle de famille, ces Boisselier ! Le père, l’un des meilleurs clients du père Fabre, d’ailleurs, est le propriétaire de l’Hôtel du Midi. Ce sont des catholiques pratiquants, très « vieille France ». Il y a trois ans, quand les ligues voulaient prendre le pouvoir, à Paris, Marcel s’est battu devant le lycée avec le fil aîné, qui est Action Française, et lui a mis une trempe dont il doit se souvenir. La mère est une belle femme blonde d’origine belge, je crois, ou hollandaise, qui mène une vie de grande bourgeoise, belles toilettes, automobile décapotable et tutti quanti. On raconte qu’elle aurait un amant de vingt ans son cadet, du peu que j’en sais. Le père règne en maître sur le plus bel hôtel de Montpellier où Émilie a fait quelques extras dans le temps. Un despote, paraît-il. Les deux fils sont livrés à eux-mêmes, on dirait. Ton copain a été enfant de chœur : je l’avais vu, il y a deux ou trois ans, portant la croix, en tête de la procession de Pâques ; le Christ est ressuscité, alléluia, et tout le tremblement. Je le croise souvent en ville. Ce qui m’a frappé, c’est qu’il est toujours seul. Je n’arrive pas à deviner si c’est un ange ou si c’est le diable ; méfiance !  En tout cas, tout à l’heure, il te regardait comme un minot qui salive devant la vitrine d’une pâtisserie ! » gloussait Magali lors de cette conversation chuchotée de l’avant-sommeil devenue rituelle. Je tentai de botter en touche, affirmant qu’Émile n’était rien de plus qu’un camarade de classe avec lequel j’avais plus d’affinités qu’avec d’autres. « Il te plaît, cousin. Vous vous êtes bien trouvés, va ! » Je haussai les épaules et chassai ma cousine de ma chambre. L’image de Jules se superposait dans mes rêves à celle du blond lycéen. Je ne sais auquel des deux je dus ma jouissance nocturne. Avant que le sommeil ne m’emporte, je pensai à une plaisanterie de Marcel évoquant le plaisir solitaire. La surdité me guettait à coup sûr. Je m’endormis joyeux.
   Nos sens sont toujours sur le qui-vive à seize ans : en ce lundi matin, le pantalon long qu’Émile portait 
 pour me prouver son respect, je n’en doutais pas – ne dissipa en rien l’envie, tant combattue, d’avoir avec mon condisciple de plus intimes rapprochements. Je parvins néanmoins à me concentrer sur le cours de Cordier, fuyant les regards en coin de mon voisin, évitant soigneusement tout frôlement de nature à allumer la mèche. À midi, j’eus beau me dépêcher, le gentil sorcier m’attendait sous le porche. Un regard vers son pantalon, puis vers moi. Un sourire mortel et cette voix de fauve, boudiou ! « Tu vois que je fais des efforts. L’an dernier, même en plein hiver, je portais encore des culottes courtes. Tu n’aurais pas survécu. » riait-il. « Ah, je n’avais pas remarqué. » ironisai-je, pensant à la conversation de la veille où avaient-été mises au jour ces émotions qu’il est impossible de dissimuler. « Si tu veux, jeudi, je t’invite à bouffer. On ira au buffet de la gare. À moins que le terrain soit dégagé et qu’on aille manger dans les cuisines de l’hôtel de mon paternel. Le chef m’aime bien ; il sera content que j’aie un copain. J’ai jamais emmené personne. » J’étais bien trop flatté pour refuser. Trop excité, aussi.
Avant de me quitter, il me souffla : « Ça va nous faire du bien d’échanger nos secrets, non ? »
  Les jours suivants, je ne cessais de penser à ce rendez-vous fixé avec une autorité tranquille, comme si les choses allaient de soi. La veille me vint l’idée de décliner, que neutralisa aussitôt la conviction qu’il était de mon intérêt d’avoir un ami au sein du lycée, où la plupart de mes camarades ne pouvaient susciter ma sympathie. Les fils de bourgeois, vêtus comme des princes, qui péroraient à longueur de récrés sur la gent féminine et leurs prétendues conquêtes, me paraissaient fort éloignés de mes goûts. Je repérai cependant deux ou trois garçons dont le comportement studieux agissait sur moi comme un aiguillon. Je souhaitais faire partie de la caste des bons élèves, aspirant à me mesurer aux meilleurs. Émile était un bon élément. Il excellait en français, mais aussi en latin où j’avais de nombreuses lacunes que les quelques heures passées avec Marcel Fabre ne pouvaient suffire à combler. Je ne me cachais pas que les qualités scolaires que je prêtais à ce garçon si différent des autres venaient au secours de mes pulsions d’un autre ordre, comme pour me déculpabiliser ou me trouver de fallacieux prétextes à le fréquenter davantage.
   Le chef de cuisine du Grand Hôtel du Midi, Monsieur Boisgard, disposait d’un espace personnel qui lui servait à la fois de bureau et de salle-à-manger. C’est à sa table que je pris place, avec Émile, en ce jeudi d’automne où devait se nouer une relation hors du commun.
(À suivre) 
©  Louis Arjaillès - Gay Cultes 2022
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Illustrations : 
1/ Glané
2/ Le Grand Hôtel du Midi, Montpellier.