Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


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mercredi 16 septembre 2026

Belle initiative

 


Du 24 au 27 septembre 2026, mk2 et la Tour Eiffel lancent la toute première édition de Cinéma Paradiso Tour Eiffel !
Pour la première fois, le festival investira la salle Gustave Eiffel, au 1ᵉʳ étage de la Dame de fer, pour quatre jours de cinéma, de culture et d’expériences dans un cadre exceptionnel. ✨
Après le Louvre, le Grand Palais ou encore La Seine Musicale, Cinéma Paradiso continue de transformer les lieux emblématiques en véritables destinations culturelles éphémères.
🎟️ Et, bonne nouvelle : l’événement est gratuit.
(Communiqué)

mardi 15 septembre 2026

Les fesses cachées du cinéma

 Le code Hays : censure à Hollywood

La couverture du code Hays
C'est le 1ᵉʳ juillet 1934 qu'entra en vigueur le "code Hays", qui, jusqu'en 1966, garantissait pour le cinéma le respect des bonnes mœurs. Il était avéré que la débauche était de règle dans les milieux du cinéma à Hollywood, comme le montra très bien l'excellent film Babylon de Damien Chazelle en 2022. Orgies, déviances, drogue : il fallait agir et les ligues de vertu veillaient. C'est ainsi que commença à sévir le fameux code.

Les trois principes qui devaient rigoureusement être observés étaient les suivants :

  1. « Aucun film ne sera produit qui porterait atteinte aux valeurs morales des spectateurs. De la même manière, la sympathie du spectateur ne doit jamais aller du côté du crime, des méfaits, du mal ou du péché ».
  2. « Des standards de vie corrects, soumis uniquement aux exigences du drame et du divertissement, doivent être montrés ».
  3. « La loi, naturelle ou humaine, ne sera pas ridiculisée et aucune sympathie ne sera accordée à ceux qui la violent » 

 Des cinéastes tels qu'Alfred Hitchcock usèrent de subterfuges pour contourner ces dispositions draconiennes et certains y prirent un vif plaisir. Pour Hitch, l'entrée d'un train dans un tunnel, entre autres, symbolisait une pénétration, quand d'autres évoquaient une éjaculation par l'ouverture d'une bouteille de Champagne.
Concernant l'homosexualité, le même Alfred dut ruser pour faire comprendre au spectateur un peu avisé, que les deux principaux personnages de son film La Corde étaient un couple de garçons.
Il y a nombre d'allusions, jusque dans les westerns : dans l'un d'eux (le titre ne me revient pas), l'un des protagonistes caresse le canon de son revolver tout en lançant un regard malicieux à son vis-à-vis. D'aucuns ont cru déceler une homosexualité implicite dans le rapport liant le personnage joué par Henry Fonda à celui interprété par Anthony Quinn dans L'homme aux colts d'or, grand western d'Eward Dmytryk sorti en 1959. J'en doute, personnellement.


Le dernier film avant la censure : un must !

Buster Crabbe dans ce film. Sympa, non ?
C'est le dernier film pour le moins tendancieux sorti en 1934 juste avant l'application du code censeur.
Search for Beauty se déroule pendant les Jeux olympiques d'été.
Le scénario est d'une minceur notable : Jackson, nageur, et Hilton, plongeur, champions olympiques et couple romantique, deviennent les visages d'un magazine de santé douteux. Deux anciens détenus s'allient à l'éditeur du magazine pour les faire tomber. 
La trame, ou son absence, n'est qu'un prétexte à faire évoluer sur l'écran les plus belles filles et les plus splendides garçons qu'on ait pu "caster". En tête de distribution, le superbe Buster Crabbe, double médaillé olympique de natation, lequel, à l'époque, faisait battre le cœur et allumait les sens des femmes et, sans aucun doute, des garçons sensibles. Par la suite, Crabbe (oh oui, pince-moi !) fut Tarzan, Flash Gordon et autres héros bien balancés.
Pour revenir à Search of Beauty, voici un très court extrait qui permet d'apprécier de bien belles choses et de comprendre qu'il n'aurait pu se tourner ultérieurement.


La musique n'est pas d'époque, me dois-je de préciser.

Pour finir, cet extrait dans lequel une jolie blonde utilise ses jumelles
pour admirer un chouette paysage :
  

samedi 12 septembre 2026

dimanche 6 septembre 2026

Les films de ma vie (4) : pour le chef-d'œuvre et pour sa musique


Thème principal de la bande originale du film 
In The Mood For Love de Wong Kar-wai La musique de
Shigeru Umebayashi est aussi bouleversante que le film lui-même.

vendredi 4 septembre 2026

lundi 24 août 2026

"Parlami d´amore, Mariù" : belle et entêtante chanson

 La chanson fut créée tout spécialement pour Vittorio De Sica, alors jeune premier du cinéma de l'ère fasciste, pour un film de 1932. On sait quel grand cinéaste il devint par la suite.
Cet air est devenu un classique du bel canto, qu'interpréta, bien sûr, Luciano Pavarotti.
C'est pourtant la version ci-dessous que j'ai choisie. C'est Giuseppe Di Stefano, grand ami et souvent partenaire de Maria Callas, qui l'interprète.
Seul danger : l'air risque de vous trotter en tête toute la journée.



La partition d'époque illustrée par une photo du film, avec le jeune De Sica, à gauche :

samedi 22 août 2026

Rob Lowe

L'adolescent d'Outsiders (Francis Ford Coppola 1983) a maintenant 62 ans.

vendredi 21 août 2026

dimanche 16 août 2026

Forty Love nous met l'eau à la bouche

Romeo Beckham et ce cher Paul Kircher
Paul Kircher, Romeo Beckham (fils de l'autre), Catherine Deneuve, Guillaume Canet et… Benjamin Voisin !
C'est la modeste distribution de Forty Love, de Pierre-Ange Carlotti, que l'on pourra découvrir en salles le 25 novembre.
Beaucoup de mystères autour de ce film, dont on sait pourtant qu'il met en scène une histoire d'amour et de sexe entre les deux premiers de la liste ci-dessus.
Voyez plutôt le synopsis :

Sacha Gallo a 21 ans et ne sait faire qu’une chose : jouer au tennis. Entraîné depuis toujours par son père, ils rêvent ensemble de décrocher leur premier grand titre à Paris. L’arrivée d’un nouveau rival va bouleverser ses certitudes. Sacha devra faire face à un autre défi : l’amour. Un adversaire inattendu, aussi puissant que redoutable.

Je salive !

vendredi 14 août 2026

Piano du matin : Bill Evans et la révolte des esclaves

Je ne mourrai pas complètement idiot :
je croyais bien connaître le répertoire de Bill Evans et voici que l'algorithme de YouTube me permet de découvrir cette perle : le grand pianiste avait enregistré le thème principal, composé par Alex North, du film Spartacus, de Stanley Kubrick.
C'est chaud.
J'adore.



lundi 10 août 2026

Les films de ma vie (3)

Le talentueux Mr Ripley, d'Anthony Minghella (1999) d'après Patricia Highsmith; sorti 40 ans après Plein Soleil de René Clément, avec Alain Delon, Maurice Ronet et Marie Laforêt. Cette version dissipe toutes les ambiguïtés de la première.
Je suis tombé amoureux de Matt Damon quand je l'ai vu.
Je suis même prêt à aller voir L'Odyssée, c'est dire.


vendredi 7 août 2026

Un beau couple de cinéma

 

Elordi, Fouloulou d'honneur !

Diego Calva, tellement sensuel !

J'ai revu Les Indomptés (titre original On Swift Horses), ce film de Daniel Minahan, sorti en avril de l'année dernière, qui fit un bide monumental en nos contrées.
Ce flop, à la nouvelle vision, m'est apparu incompréhensible : un scénario qui tient la route (c'est l'adaptation d'un roman éponyme sorti en 2019), une très belle photo, une bande-son toute imprégnée de nostalgie et un casting imparable !
Après un premier rôle remarqué dans Babylon de Damien Chazelle (quel film de fou !), c'est la réapparition de Diego Calva, dont le personnage vit une torride histoire d'amour avec celui qu'incarne Jacob Elordi (Fouloulou d'honneur) qui ne semble pas détester les rôles gays (voir Euphoria ou Saltburn).
Film dont la teneur ferait hurler le zinzin de Washington (il y a, en contrepoint judicieux, une liaison saphique), Les Indomptés ne méritait pas l'injustice subie lors de sa brève sortie en salles. 
Il est heureusement visible, en location ou à l'achat, via les plateformes de VOD.
 

Une passion torride, vous dis-je !
En sus:
J'ai noté des références au grand Douglas Sirk, mais également, l'intrigue tournant beaucoup autour du jeu, au Casino de Martin Scorsese.
Saint Fouloulou, priez pour nous.

jeudi 6 août 2026

L'innocence

L'innocence de Hirokazu Kore-eda (2023)
Je reverrais avec plaisir ce film qui m'avait grandement ému.
Musique de Ryuichi Sakamoto (voir billet suivant)

lundi 3 août 2026

Au sauna (au plus hot des cieux)

 

Josh O'Connor et Mike Faist dans
Challengers de Luca Guadagnino (2023)

Josh O'Connor dans Seule la terre
Jusqu'à présent, Guadagnino n'a jamais retrouvé la veine de Call Me by Your Name.
Challengers, romance mettant en scène un amour à trois dans les milieux du tennis,
est hautement dispensable, en effet. Il en est un peu différemment de Queer, qui a divisé critiques et spectateurs.
En revanche, l'acteur britannique Josh O'Connor n'arrête plus de tourner : remarqué dans deux ou trois séries, dont une adaptation très honorable des Misérables (il est Marius) et pour un petit rôle dans l'excellent Peaky Blinders, on le voit débuter pour le grand écran dans une histoire mêlant, c'est le mot, quatre jeunes gens en goguette (décidément !) : Hide and seek.
En 2017, il était l'un des protagonistes de Seule la terre, histoire d'amour gay et agricole de haut niveau.
En 2025, il nous a émus dans le très beau film La Chanson du souvenir.
O'Connor, à l'affiche du dernier Spielberg et dans trois films à venir cette année, ne semble pas sur le point de disparaître des écrans.

vendredi 31 juillet 2026

Le petit monde de Christopher

L'écrivain Christopher Isherwood et un "ami"
sur l'île allemande de Rügen (mer Baltique) en 1931.
De ce séjour en Allemagne, Isherwood rapporta
la matière de son roman Adieu à Berlin,
qui inspira la comédie musicale et le film Cabaret.

jeudi 30 juillet 2026

Reichenbach (2) et un cadeau royal !

 Reichenbach et son coréalisateur Gérard Patris obtinrent, en 1970, l'Oscar du documentaire pour L'amour de la vie – Arthur Rubinstein, film passionnant où l'on peut suivre, captés pendant quelques mois, des moments de vie et des extraits de concerts de l'immense pianiste. Ruby (surnom affectueux), bel être humain s'il en fut, n'était pas avare de paroles. Au point qu'il déclara, à propos du tournage :


« [N]ous avons fait ce début de dialogue l'année dernière [en1967], sans musique ; je crois que c'était peut-être mieux sans musique, cela m'a permis de parler tout le temps, ce que j'adore faire [...] J'avais tout le temps quelque chose sous mon nez, qui était un microphone, j'avais tout le temps quelques appareils qui m'attrapaient quelque part, je ne pouvais pas en échapper ! (rires) Donc j'étais absolument livré à ces deux démons et magiciens [les réalisateurs] qui ont eu le génie de pouvoir tirer quelque chose du pauvre moi, qui n'ai rien d'autre à faire que de jouer du piano pas [très] bien et de parler trop. »

Arthur Rubinstein, sur la Croisette le 10 mai 1968, à l'occasion de la présentation officielle du documentaire, devant le micro du journaliste Sélim Sasson.
(Via Wikipédia)

Voici donc ce film exceptionnel.
Le Maître s'exprimant en anglais et parfois en français, le film n'est pas sous-titré.
Mais bon, excusez du peu.
Il avait 82 ans lors du tournage.


Œuvres et extraits 
interprétés dans le film :

Chopin: Polonaise in A flat major, op 53 (Heroic) - more than once! J. Brahms: Piano Concerto 1 in D minor, op. 15 Beethoven: Piano Concerto n°3 in C minor, op. 37 Beethoven: Piano Concerto 5 in E flat major, op. 73 Artur Rubinstein: transcription of Beethoven's string quartet op. 59 1, slow movement. Artur Rubinstein: transcription of the beginning of the Adagio (second movement) of Schubert's String Quintet in C, D 956 F. Chopin: Nocturne op. 27 . 2 F. Chopin: Etude no. 23 in A minor, op. 25 11 H. Villa-Lobos: Polichinelle R. Schumann: Des Abends from the Fantasiestücke, op. 12 S. Prokofiev: March from "Love of Three Oranges" ballet Beethoven: Sonata n° 23 in F minor, op 57 (Appassionata) F. Liszt: Nocturne op 62 n° 3 F. Mendelssohn: Spinning song op 67 n° 4 M. de Falla: Ritual Fire Dance Grieg: Piano Concerto in A minor, op. 16 - finale

mercredi 29 juillet 2026

Reichenbach (1)



Le réalisateur François Reichenbach (1921-1993) aimait les garçons. On trouve sur YouTube (donnez-vous la peine de chercher) des images de ses jeunes amis, filmés, le plus souvent en costume d'Adam. On constate, ci-contre, qu'il savait choisir ses assistants.
Ce n'est pas mon propos du jour, éveillé par ces extraits de tournage du film L'Indiscret, que l'INA (saloperie de service public qui sert à rien !) vient de révéler. Voir ci-après.




vendredi 24 juillet 2026

Gabriele*


J'ai revu l'autre soir un beau film italien intitulé Chronache di poveri amanti (Chronique des pauvres amants). Réalisé par Carlo Lizzani, le film obtint un Prix International à Cannes en 1954 ; il se déroule à Florence dans les années 20, en pleine ascension des fascistes dont les exactions vont finalement bénéficier de la complaisance de la police d'État, jusqu'alors indépendante.
La distribution permet de voir s'affirmer un jeune Marcello Mastroianni dans un registre différent de ce qu'il avait pu montrer jusqu'alors. Antonella Lualdi émeut en jeune mariée que le destin accable, mais qui va connaître un nouvel amour avec le jeune Mario incarné par Gabriele Tinti (1932-1991), qui fut un peu le Delon du cinéma italien.
À l'un des détours de ce film choral très inspiré, on craquera sans honte sur le beau Gabriele, lequel fit une carrière bien remplie où se mêlent péplums, comédies, films érotiques (la série des Black Emmanuelle !) et qui incarna le vrai Don Cesar dans le film de Gérard Oury La folie des grandeurs.

Gabriele Tinti et Antonella Lualdi

 Le synopsis de Chronique des pauvres amants :
Florence 1925 – Dans une petite rue de la cité, la Via del Corno, l'observation réaliste de la vie quotidienne, des amours, des contrariétés et des disputes des habitants. Mais, dans un contexte marqué par la montée du fascisme, la surveillance étroite des Chemises noires, le climat de suspicion et de délation, l'existence ne peut plus être la même qu'autrefois. D'autant que les combats meurtriers entre fascistes et antifascistes tournent à l'avantage des premiers…

*Se prononce comme la douce et féminine Gabrielle de la chanson.

Gabriele Tinti dans La folie des grandeurs, avec Karin Schubert

On peut voir ce film, actuellement, sur la plateforme OCS+, qui recèle quelques trésors contemporains et de nombreux classiques.