Le blog quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


Tombe, Victor !

Tombe, Victor !
" Tendre, émouvant, ensoleillé, universel "

jeudi 31 mai 2018

Liège la douleur

Ce blog est  lu par nombre de nos voisins belges. J'ai pensé très fort à eux à l'annonce de l'attentat de mercredi dernier et n'ai à leur offrir que ma profonde affliction.
L'un deux a mis un commentaire sous un billet si futile en regard de l'odieux événement, que je préfère l'insérer ci-dessous, de même que les mots venus de Marie, lectrice fidèle que retranscrit au mieux l'émotion que nous ressentons.

 Mamy Grand a dit...
" Hors sujet : est-il permis d'évoquer ici l'attentat terroriste perpétré hier à Liège ? Son horreur a certainement affecté binamé Joseph. Quoiqu'il se soit fait plus rare sur ce blog, je tiens à lui dire qu'il n'est pas seul.
"Lèyîz m' plorer ..."
  
Silvano a dit...

" Bien sûr, j'espère que Joseph vous lira.
Je partage votre affliction. "


Marie a dit...
" Quelques jours avant ce nouveau malheur, je suis allée à Liége. Une de mes activités m'y conduisait et j'avais ensuite prévu de visiter cette vieille ville belge.
Il y faisait chaud. Sous un lourd soleil, je fus frappée, comme habituellement, de la douloureuse différence entre les personnes qui s'égayaient aux terrasses des cafés et restaurants et les jeunes gens qui erraient à la recherche de quelques argents. Deux m'ont abordée, l'un sous le poids d'un lourd blouson et de pauvres sacs...pieds nus. Il a tendu une main si jeune puis est reparti, une fois l'argent reçu, sans un mot, semblant errer dans je ne sais trop quel monde. L'autre, s'excusant d'emblée de ce qu'il considérait comme une violence." J'ai bien conscience de la violence d'être abordée de cette façon...". Nous avons échangé, il pleurait, il m'a dit sa honte, l'humiliation d'être rejeté....J'aurais tant voulu le consoler plus que de pièces déposées dans sa main...
Je suis repartie sans rien visiter. J'avais rencontré l'essentiel et n'avais plus la légèreté d'être touriste.
A l'annonce de l'attentat, j'ai pensé à eux et à tous mes frères humains dans la désespérance. "
Marie

Combien d'amours ?

De nuits blanches à leurs côtés, de jambes frôlées en savantes reptations pour unir leur peau à la nôtre l'espace d'un instant, d'aubes espérées pour admirer leurs corps dénudés - presque,  de savantes économies de nos gestes de crainte d'être démasqués, de membre assoiffé jamais épanché en battements de cœur frénétiques, combien d'amours n'avons nous pas faits ?
Silvano - GC 2015 

mercredi 30 mai 2018

Des culs, mais pas que

Luca Signorelli Le testament et la mort de Moïse, détail.
L'éducation de Pan (œuvre détruite lors de la 2ème guerre mondiale)
Martyre de Saint Sébastien

Ce n'est pas que je veuille en dire du bien, mais il semble que Luca Signorelli avait un réel talent pour valoriser les culs masculins.
À l'instar de nombre de ses confrères de la période, le peintre eût-il été possiblement membre de la fraternité de la Sainte Bougrerie ?
Plus sérieusement, je garde à jamais un souvenir ébloui de ses fresques apocalyptiques du Duomo d'Orvieto.

Fresques de la chapelle San Brizio (Duomo d'Orvieto).



Sauvage

C'est un film de Camille Vidal-Naquet présenté à la Semaine de la critique lors du desrnier festival de Cannes.
Félix Maritaud y incarne un jeune prostitué de 22 ans à la recherche de l'amour vrai.
Le jeune acteur, déjà repéré dans 120 battements par minute, fait partie des espoirs réels du cinéma français.
À suivre (date de sortie non annoncée).


mardi 29 mai 2018

Vu d'ici

JGPhotography

Glané par ailleurs


C'est un dessin légendé "le courrier français, 1890".
Le nom du dessinateur n'est pas mentionné.
Le courrier français illustré était connu pour l'audace de
ses gravures.
Au nombre de ses contributeurs, on trouvait Jean Lorrain,
qui "en était", comme on disait à l'époque.

lundi 28 mai 2018


Le bel endormi



Au cours de ma onzième année, comme nous étions en vacances chez la grand-mère au cœur d'un août brûlant, je poussai un matin la porte de la chambre de mon grand-frère. Lui n'y était pas, mais un ange brun habitait le lit, un Jean-Jacques de dix-huit ans que le drap blanc couvrait à peine jusqu'à la naissance d'une brune toison. La peau était rose, pas encore brunie par le soleil du midi. Un bras était replié sur le front, les lèvres me semblèrent d'un rouge-vif, « purpurin » lirait-on dans un ouvrage désuet ; le haut de son corps, offert à mon regard, se soulevait lentement, métronomique-ment, au rythme de sa respiration ; l'épiderme était souple, lisse, velouté, en appel irrésistible à la caresse.
Une jambe dépassait du lit, le pied reposant sur le sol de ciment brut ; la cuisse était ferme, épaisse, le genou était fort, où subsistait une trace d'un récent accident de "Solex" ; le mollet  musclé s'abritait sous une fine couche de poils bruns qui bouclaient un peu si l'on remontait jusqu'où palpite le grand Mystère.
Pétrifié, j'ouvrais des yeux ronds, là, sur le pas de la porte.
Le jeune homme a ouvert brièvement les yeux, juste assez, je crois, pour m'apercevoir le détaillant avec émotion.
Devant le café noir, peu après, dans la salle commune, j'ai cru intercepter un clin d’œil qui me hante encore.
(c) Silvano Mangana - Gay Cultes

Nota : je publie à nouveau ces jours-ci, où j'ai fort à faire professionnellement, des billets parus ici-même il y a plusieurs mois, voire plusieurs années. 

dimanche 27 mai 2018

Blu, blue, blau, azul, bleu...

Christopher Doré | Photo Jerome Lobato

Les plus belles pages


Ces photos glanées, dont je ne connais pas la source, mais que l'on peut situer dans le temps aux années soixante, ont ravivé le souvenir d'un amour.
C'est dans une bibliothèque municipale que je fis, à seize ans, l'une des rencontres les plus importantes de ma vie.
L'entreprise de séduction dont je fus l'objet ce jour-là trouva son accomplissement dans une liaison qui dura longtemps, mais pas assez ; car ni lui ni moi n'en mesurions l'exceptionnelle dimension .
Se trouver autour d'un livre : je suis conscient de la chance extraordinaire qui fut la mienne, quand, à la même époque, les rares garçons "comme ça" que je connaissais n'avaient que quelques clubs spécialisés ou des lieux sordides pour rencontrer leurs semblables.



À mon visiteur du dimanche,
je souhaite une belle journée.

Cadeau : Sokolov sublime Rameau



L'immense (dans tous les sens du terme) Sokolov au service du génie Rameau : jamais, depuis mon vieil enregistrement fatigué de Marcelle Meyer, je n'avais entendu cette pièce interprétée avec autant d'émotion, de finesse.
De tendresse.

Pertinent



mercredi 23 mai 2018

dimanche 20 mai 2018

Vous me faites rugir


Pianoforte


Je n'aime guère les pianos blancs.
Mais, dans certains cas, je veux bien faire l'impasse.




Mariano Nigrelli 

Bon dimanche  !

Cadeau : du 4 en 1 par un très très bon !



Le jeune pianiste belge Florian Noack, 28 ans, a choisi de s'éloigner des sentiers battus et rebattus du pianisme ordinaire : il s'évertue à découvrir et à révéler au public des compositeurs qu'on ne croise guère, habituellement, dans le premier auditorium venu.
C'est lui qui déclarait il y a peu : « A 14 ans, je jouais davantage de Clementi que de Beethoven, de Medtner que de Rach­maninov, et je travaillais des études d’Alkan alors que je n’avais jamais joué le moindre morceau de Liszt. » (In Piano bleu 2012)
De plus, Florian Noack s'est lancé dans des transcriptions qui ont tout de suite séduit de grands noms du piano, avec un indéniable talent.
En témoigne, ci-dessus, celle du fameux concerto pour quatre clavecins de J.S Bach, déjà transcrit, à l'origine d'une œuvre d'Antonio Vivaldi.
Et c'est formidable !



Défini par Le Monde comme "un jeune homme svelte, d’allure modeste, qui se met au piano avec aussi peu de manières que s’il était chez lui pour une séance de travail", le jeune homme a, de plus, la chance d'être doté d'un physique des plus agréables.


Album à écouter d'urgence (transcriptions de Brahms, Grieg, Janacek, Schubert, etc. | Diapason d'or mai 2018) :

L'ange qui attendait à la porte de l'église

Église de Noto, Sicile | Photo Paolo Crocenzi