Le blog quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


Tombe, Victor !

Tombe, Victor !
" Tendre, émouvant, ensoleillé, universel "

dimanche 21 avril 2019

Mes anges de Pâques









... euh, de Pâques, alors, hein ?!

3 Valentin Baranov (photographe non indiqué)
5 Steven Chevrin par Eber Figueira 

Cadeau : J.S.B, Leo et Glenn, association de bienfaiteurs



Pour les plus impatients, début du concerto à 5:10

Après le concert clinquant offert hier soir aux téléspectateurs du service public pour la bonne cause, celle de la restauration de Notre Dame de Paris, où parut le désormais inévitable Lang Lang, devenu LE pianiste "classique", qui joue aussi du Yann Tiersen, mais interpréta (heureusement !) une Rêverie de Debussy d'une belle intensité, il m'est un bonheur mêlé de regrets de me souvenir de l'immense talent de "vulgarisateur" du grand Leonard Bernstein, très grand chef, très grand compositeur, très grand pianiste, très grand pédagogue, qui sut, grâce à ses "concerts pour les jeunes" faire entrer la musique dite "grande" dans les lucarnes de millions de foyers américains au cours des années 50/60*.
Ici, même si l'on ne pratique guère la langue de Trump (pourquoi toujours Shakespeare, hein ?), on comprend tout l'intérêt de sa démarche pédagogique sans afféteries ni didactisme. Tout se fait limpide grâce à ses explications de nature à convaincre l'adepte le plus borné de M Pokora que Jean-Sébastien Bach est l'un des plus beaux cadeaux offerts à l'être humain depuis que ce monde est monde.
Avec, ici, un Glenn Gould au mieux de sa forme dans ses 28 ans, la complicité est évidente, qui les fera se disputer, peu de temps après cette "captation" du Concerto en ré mineur de Bach, lors de l'enregistrement du Premier concerto de Brahms. Mais c'est une autre histoire sur laquelle je reviendrai un jour si vous voulez.
Désolé pour les contempteurs de Gould, mais ses enregistrements des Concertos de Bach n'ont toujours pas trouvé celui qui surpassera ce sens du phrasé et de la "diction" qui caractérise les versions du Canadien. C'est comme pour les Variations Goldberg des années 80 : on essaie, mais ça veut pas.

* On relèvera au passage, en mode "vieux con" assumé, que ce genre d'émission était diffusé à heure de grande écoute par la CBS. De même, en France, où les chaînes privées n'existaient pas, on pouvait accorder une "part de cerveau disponible" aux concerts diffusés le dimanche après-midi avec, excusez du peu, des Samson François, des Michelangeli, des Fournier ou des Casals dont mon abonnement à l'INA me permet d'entretenir le souvenir mélomaniaque à loisir.


Humeur du jour

Isti Urban par Romain Le Cam
C'est exactement mon état d'esprit ce matin,
où je prends mon petit déjeuner sur le balcon,
ma rue me faisant l'offrande d'un silence bien venu.

samedi 20 avril 2019

Désarmant


H. par Yann Faucher


Je ne sais comment
le photographe a pu
capter ce moment intime.
Un correspondant écrivait hier,
en conclusion d'un émouvant courrier, le mot fraternité.
La photo de H. est celle d'un petit frère malheureux
que l'on voudrait envelopper de tendresse ; fraternellement.

Maroc

Photo Henri Coudoux

Vieille publicité équivoque

"Tu vois, si tu le laisses tomber sous la douche..."

jeudi 18 avril 2019

Sur le papier

Via anailogico

C'est sans doute un bureau, où règne un désordre ordonné.
Détaillant le tableau, je remarque les chaussons du garçon, plus vraisemblablement des espadrilles, accessoire indémodable, comme j'aime à m'en chausser à la belle saison.
Une photo argentique sur papier Ilford, telle celles que je faisais, il n'y a pas si longtemps, avec mon appareil-photo japonais, souvent loupées d'ailleurs, car je n'ai pas la fibre et parviens à rater la majorité des clichés que je prends avec mon coûteux matériel numérique actuel.
Au-dessus de mon lit, cependant, une photo agrandie, prise il y a longtemps, qui a suivi toutes mes pérégrinations. Elle représente un ange qui traversa ma vie en météore, qu'on devine nu, de dos, faisant mine de dormir pour la prise de vue. J'en suis fier.


Au-dessus de mon lit, cependant... | Photo Silvano Mangana



Halo brisé

Zach King est  The boy with the broken halo par  Paul Reitz 

Au centre du monde




Louis Hofmann et  Jannik Schümann | Die Mitte der Welt / Center of my world de Jakob M. Erwa (2016)

Ton corps plongé dans l'eau


mercredi 17 avril 2019

"Ma" cathédrale

Cette photo est de Markus Bollingmo

Il n'est pas nécessaire d'être catholique pratiquant pour avoir le cœur brisé, d'autant que ce magnifique édifice appartient au patrimoine national, donc un peu à chacun d'entre nous. Quelle tristesse ! Dans la médiocrité ambiante, il aura fallu cette catastrophe pour qu'un peuple trop souvent frappé d'amnésie quant à sa propre culture, reçoive une leçon d'histoire, grâce aux références à Hugo, à la diffusion des notes obtenues par le grand orgue, au rappel des grands moments où la nef de Notre Dame a accueilli, réunis pour un hommage à telle ou tel, des femmes et des hommes de toutes origines et de toutes religions. La dernière fois où j'y suis entré, c'était en mars 2004 pour l'adieu à Nougaro. On a joué ce matin-là des musiques profanes transcendées par l'espace, réverbérant les notes de Toulouse ou Les mots (texte ci-dessous) du poète chantant. Le mécréant que je suis, entre ces murs, se sentait chez lui.

X


Les mots

Les mots divins, les mots en vains,
Les mots de plus, les motus
Les pour rire, les mots d’amour
Les mots dits pour te maudire
Les mots bruissants comme des rameaux
Les mots ciselés comme des émaux
La faim de mots, la soif de mots
Qui disent quelque chose
Les mots chéris qui sur mes lèvres
N’ont pas trouvé leur place
Les mots muets, les mots buée
Comme un baiser sur la glace
Les mots bouclés, clés de l’espace
Les mots oiseaux qui laissent des traces
Les mots qui tuent, les mots qui muent
Les mots tissant l’émotion
Les mots pâlis, les mots salis
Les mots de prédilection
Les mots qui te caressent comme des mains
Les mots divins, les mots devins
Les premiers mots
La faim des maux
Paroliers : Daniel GOYONE / Claude NOUGARO
Paroles de Les Mots © Les Editions Du Chiffre Neuf

Sauvé


Sur les ondes, hier, l'organiste
de Notre Dame de Paris assurait
que le grand orgue avait été préservé.
L'histoire de cet instrument est passionnante,
que l'on pourra lire sur le site de la cathédrale, ici.
J'ai une pensée émue pour Pierre Cochereau, qui en fut le titulaire,
mais dirigea également le Conservatoire de Nice.

mardi 16 avril 2019

Charles Laughton : Quasimodo de William Dieterle (1939)
Rien de plus aujourd'hui.

dimanche 14 avril 2019

Reste le temps que tu veux

Photo Molly Ashlie
et
laisse-moi
un peu de toi
sur l'oreiller.


Cadeau pastoral



On le sait, le grand Alfred (Brendel, pas Hitchcock) a pris sa retraite.
Il fut un grand interprète de Mozart, de Schubert, de toute la période : ici, il donne une interprétation sublime de l' "andante" de cette sonate de Beethoven, joué, enfin, dans le bon tempo.
Un "andante" avec de l'allant !
Suivi d'un troisième mouvement qui justifie pleinement le nom de Pastorale donné par le génie de Bonn à cette sonate.

Ange à roulettes

Paris Brosnan par Damon Baker
Encore un peu vert, le fils Brosnan,
mais il y a du fouloulou (R) dans l'air !

Sinon, c'est l'ange numéro 9229 de Gay Cultes.
C'est fou comme le temps...

samedi 13 avril 2019

Horizon




Horizon par Rainer Torrado

Printanières

Mes glanes 


Un droit de glane s'est instauré entre internautes, lesquels devraient néanmoins se conformer à certaines règles. Certes, les blogueurs s'engagent, en général, à supprimer toute photographie à la demande des ayants droit, mais il devient de plus en plus difficile de créditer les images, car, en particulier sur tumblr (notre principal pourvoyeur), les blogueurs ne se soucient guère d'indiquer le nom du modèle et encore moins celui de l'auteur de la photo.
Je m'efforce de les retrouver par "Google Image" ou "TinEye", mais j'aboutis le plus souvent à des résultats comme "garçon", "torse nu" et autres généralités.
Souvent, des lecteurs (Ugo, par exemple) m'informent gentiment en commentaires.
D'autre part, la recherche d'images qui reflètent la "ligne éditoriale" de Gay Cultes s'est singulièrement compliquée avec la mode barbe-tatouages qui sévit désormais chez les plus de 18 ans (!), et j'évite, de plus, les "marques" visibles, entre autres, sur les sous-vêtements. Galère !

Haine Book and co.



J'évite de plus en plus d'étaler ici mes indignations, à de rares exceptions près. La polémique perpétuelle a eu raison de ma patience, de même que l'ambiance suffocante dans le pays  "des lumières et des droits de l'homme". Je me réfugie dans la musique : celle que je joue, bien ou mal selon les jours, ou celle que j' écoute, qui adoucit l'existence et me console de la méchanceté et des manigances qui font l'ordinaire de ce temps.
Je lis de plus en plus aussi : actuellement, je finis Le roman de Ferrare de Bassani (une somme) et me prépare à goûter Kafka sur le rivage de Haruki Murakami (un grand !).
J'ai à gravir un amas de notes que j'ai prises pour un éventuel second roman.
Je progresse lentement.

Et lui, que lit-il ?


Va chemine, va trottine !


"J'ai un casque, mais je roule sur le trottoir."
Plusieurs mois que je me gausse (et non que je "ricane" dans l'air du temps) de ces "bobos" (si le terme a encore une signification) qui cheminent à patinette (si, c'est l'autre terme, plus rigolo !) sur nos boulevards, barbe arrogante en avant, écouteurs vissés dans les oreilles - tatoués, peut-être ? - ou plus dangereusement (surtout pour les autres) sur des trottoirs que l'on croyait destinés aux piétons. 
L'autre matin, mon médecin traitant m'a accueilli le bras droit serré dans une belle écharpe bleu-marine (ce qui ne veut pas dire qu'il vote extrême droite) : doublant un bus, il est allé vivement à la rencontre d'une voiture qui déboulait devant icelui, ce qui eut pour résultat une gênante et douloureuse fracture du poignet. Un moindre mal, en l'occurrence.
Le docteur échaudé me jura qu'on ne l'y reprendrait plus ; le destrier électrique avec lequel il se véhiculait ayant perdu toute fierté, ressemble désormais à une sculpture contemporaine d'un rouge-vif du plus bel effet.
Les non trotteurs-à-roulettes comme moi se demandaient ce qu'attendaient les pouvoirs publics pour réglementer l'utilisation de ce mode de transport que certains jeunes gens vont jusqu'à utiliser à deux, voire à trois, zigzaguant sur la chaussée au risque de se rompre, dans le meilleur des cas, un poignet bien utile à leur âge.
Madame la Maire de Paris, notre sœur Anne (elle est très "amie des gays"), a pris des mesures sévères pour dissuader les adeptes du "j'faisc'quej'veux", très nombreux en nos métropoles : une trottinette abandonnée gênant le passage sur un trottoir est ramassée par les agents de la ville et reléguée en déchetterie où la société de location la récupérera moyennant 35 euros. Enfin, l'amende pour circulation (ces engins roulent à 30 km heure) sur les trottoirs est de 135 euros, une paille !

Le pire, c'est que nos trotteurs se croient branchés !

I : Yoel Fernandez & Rafael Miller par Marco Ovando
II : x
III : Francisco Lachowski par Algis Puidokas
IV: à Paris (AFP)
V : Lady Florence Norman, Londres vers 1916 - Photo de Paul Thompson / FPG / Archives Photos / Getty Images


Bonus : quoi d'autre ?


vendredi 12 avril 2019

Mise en perspective



"Skam" devient "Druck" en Germanie*




En Allemagne, les deux garçons amoureux ont pour noms Matteo Florenzi et David Schreibner .
Ils sont interprétés par Michelangelo Fortuzzi et Lukas Alexander


* Et non aux Pays Bas comme une source polluée me l'a fait croire initialement.
La multiplication des versions peut engendrer une certaine confusion.


Le noir vous va si bien