Le journal quotidien - non hétérophobe - de Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007. Photo en-tête Mina Nakamura "La gravité est le plaisir des sots"
Le réalisateur François Reichenbach (1921-1993) aimait les garçons. On trouve sur YouTube (donnez-vous la peine de chercher) des images de ses jeunes amis, filmés, le plus souvent en costume d'Adam. On constate, ci-contre, qu'il savait choisir ses assistants. Ce n'est pas mon propos du jour, éveillé par ces extraits de tournage du film L'Indiscret, que l'INA (saloperie de service public qui sert à rien !) vient de révéler. Voir ci-après.
Voilà qui devrait abonder la thèse en gestation de notre lecteur dont le sujet est représentation de l'homosexualité au 20ᵉ siècle. C'est un trésor réalisé sous l'égide de Magnus Hirschfeld et de son institut, celui-là même qui s'est battu pour l'abrogation de l'article 175 en Allemagne. Las, 6 ans après, les nazis parvenaient au pouvoir.
Fortune and Men's Eyes est une pièce de théâtre de 1967 et un film de 1971 écrits par John Herbert sur l'expérience d'un jeune homme en prison, explorant les thèmes de l'homosexualité et de l'esclavage sexuel . J'en avais diffusé quelques photos, il y a longtemps, que je publie à nouveau au bas de ce billet.
Ci-dessous, voici un film 16 mm, perdu depuis 50 ans. C'est un morceau d'histoire dont personne ne soupçonnait l'existence. D'une durée de 15 minutes, il sert à la fois d'introduction et d'extrait de la pièce controversée de John Herbert, Fortune and Men's Eyes, jouée au Coronet Theater de Los Angeles en 1969. La pièce était mise en scène par Sal Mineo, qui l'a également légèrement réécrite et remaniée. Sal Mineo a découvert (ouais...) et encadré l'acteur Don Johnson dans le rôle de Smitty. Le producteur Martin Poll a vu Don Johnson et Michael Greer dans la pièce Fortune and Men's Eyes et leur a confié les rôles principaux du film culte, aujourd'hui disparu, Le Jardin magique de Stanley Sweetheart. Ce film invisible est un symbole de la libération sexuelle des années 70. Il n'en subsiste que la bande-annonce que j'insère plus bas.
Bande-annonce du Jardin magique de Stanley Sweetheart, aujourd'hui disparu :
Photos de la pièce Fortune and Men's Eyes présentée à Los Angeles à partir de 1967 :
Images extraites, (illustrées ici par une chanson d'Isak Danielson) du film F. est un salaud de Marcel Gisler (1998).
Synopsis Beni tombe amoureux de Fogi, leader et chanteur d'un groupe de rock. L'attitude rebelle de Fogi favorise le désir de liberté de Beni et lui donne la force de vivre sa vie hors du milieu social dont il est issu. Il se dévoue corps et âme a son amant, à tel point qu'il n'arrive plus à réaliser quel homme est vraiment Fogi. Quand il se rend compte que Fogi est au bord de la déchéance physique et morale, Beni tente de se raccrocher à cet amour et se trouve bientôt confronte à la décision la plus terrible de sa vie.
Je n'avais jamais ce film, qui narre une relation sexuelle pour le moins malsaine. On le trouve en DVD à la Fnac à un prix dissuasif. Fort heureusement, je l'ai déniché en version intégrale ici : clic
Un jeune aveugle est maltraité par un prisonnier évadé. Il cherche refuge dans une grotte au fond de la forêt où réside le Dieu d'Amour, un Adonis imaginaire. Au cours de ses fantasmes, le garçon recouvre la vue et connaît le bonheur. Un bonheur imaginaire ?
Ce film de Pat Rocco (?), sans doute projeté, à l'époque, dans des salles "spécialisées" m'était totalement inconnu, dont je découvre avec vous l'existence, et ces extraits :
Un commentateur à la plume (souvent trop) alerte, évoquait récemment l'antique "lessiveuse" de nos arrière grand-mères.
On trouvera ici toutes les explications relatives à cette remarquable invention : clic
On pourra déduire de ce mode d'emploi que nos aïeules n'étaient guère feignantes, car l'engin n'effectuait qu'une partie du boulot, l'huile de coude parachevant son oeuvre.
C'est un dessin légendé "le courrier français, 1890".
Le nom du dessinateur n'est pas mentionné. Le courrier français illustré était connu pour l'audace de
ses gravures.
Au nombre de ses contributeurs, on trouvait Jean Lorrain,
qui "en était", comme on disait à l'époque.
Inceste, homosexualité, pédérastie (et aujourd'hui, on emploierait plutôt le terme "pédophilie" !)...
On ne manquait pas d'air dans l'Italie des années 60.
Témoin ce film de Mauro Bolognini, d'après Alberto Moravia, où l'on assiste au passage de l'enfance à l'adolescence du jeune Agostino qui donne son titre au film.
La production et la diffusion de ce genre de film serait impossible de nos jours, ou, tout au plus vouée aux circuits parallèles.
On sent d'ailleurs que Bolognini, qui n'était pas un "petit" cinéaste, est mal à l'aise avec son scénario. Évoquer la sexualité adolescente est très casse-gueule, et il faut l'adresse d'un Téchiné, chez nous, pour éviter les embûches inhérentes à l'exercice : à quel âge commence la sexualité, et à quel âge est-il acceptable de la montrer sur un écran ? Ces questions habitent l'auteur d'Agostino, auxquelles il est bien incapable de répondre ; en toute logique.
On appréciera le lieu de tournage, Venise et son Lido, admirablement photographiés en noir et blanc, que Visconti magnifiera quelques années plus tard.
Dans le rôle de la mère, Ingrid Thulin, que l'on retrouvera dans Les damnés, chez Visconti également.
Curieux film, en tout cas, où l'on oscille entre Luchino V. (le Palace où résident le garçon et sa mère, le Florian de San Marco) et Pier Paolo Pasolini pour la peinture des ragazzi perdus de la lagune, le tout sur la première Gymnopédie de Satie allègrement pompée par Rustichelli, et sans mention du compositeur original au générique.
Un ofni (objet filmé non identifié), donc, donné ici en version originale d'après une cassette VHS, d'où la qualité relative : le film n'est pas disponible sur un autre support.
Si l'on comprend quelque peu la langue de Dante, et si l'on n'est pas rebuté par le sujet, on passera 82 minutes pas inintéressantes :
Synopsis : Agostino, jeune garçon de 12 ans, éprouve une passion à la limite de
l'inceste envers sa mère. Ils passent ensemble un mois de vacances à Venise.
Renzo, l'amant de circonstance de sa mère, bouleverse la vie affective
du jeune garçon qui la pensait inaccessible au désir et tout à lui. Le
garçon, par défi, se lie avec une bande de ragazzi, gamins de la
lagune, livrés à eux-mêmes, et qui ont pour chef Saro, un homme qui est attiré
par Agostino. Cela provoque une forte jalousie du jeune amant de
l'homme et entraîne les moqueries des garçons de la bande. Cet été sera
pour Agostino un passage de l'enfance à l'adolescence et une perte de
ses illusions.
L'abbaye de Saint-Jean-la-Rivière menace de fermer ses portes. Ce qui
serait une véritable catastrophe pour ses pensionnaires, tous de vieux
comédiens sans ressource. Saint-Clair, acteur autrefois adulé et grand
séducteur de femmes, vient justement d'y arriver et y retrouve Marny,
grand rival dont il avait jadis séduit la femme, et Cabrissade, artiste
de second ordre.
C'est sans doute l'un des plus beaux films jamais réalisés sur le métier de comédien, doté d'une distribution époustouflante. La fin du jour de Julien Duvivier (1939) fait sa réapparition aujourd'hui dans quelques salles, dans une version restaurée grâce au numérique.
Ce qui laisse augurer (bande-annonce ci-dessous à l'appui) de la sortie d'un Blu-ray qui rendra enfin justice à ce chef-d’œuvre, invisible depuis des années à cause d'un problème juridique.
On croise les doigts.