Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


vendredi 13 février 2026

Bianco e nero

George Platt Lynes - John Leapheart & Buddy McCarthy, 1952

Flagrant délit ?

 


Il filo invisibile
(Film encore visible sur Netflix)
Nota
J'ai ajouté un point d'interrogation au titre après avoir vu le film

Totò : la vis comica

  Totò (1898-1967) est toujours célébré avec ferveur en Italie et notamment à Naples, dont cet homme "de sang bleu" (il était prince !) était originaire. Roi de la pantomime aux expressions du visage très personnelles, comparé à Chaplin et à Buster Keaton, il fit une carrière triomphale au cinéma : il joua dans 97 films !
Comparé en France à Fernandel, il tourna avec ce dernier La loi, c'est la loi, de Christian-Jaque, qu'on qualifiera d'honorable. Tout chauvinisme bu, on reconnaîtra que l'Italien, dans ce film, surpasse quelque peu notre comique national.
Infatigable, malgré quelques accidents de santé, Totò arpenta toutes les scènes de la botte, pour des pièces de théâtre pas uniquement comiques et des revues à la mode de l'époque.
Après une prise de position pour la monarchie qui l'éloigne des écrans, il tourne tout de même le formidable film de Monicelli Le Pigeon, aux côtés de la Cardinale, de Vittorio Gassman et de Marcello Mastroianni et quelques autres films plus ou moins réussis.
Au bout du compte, le comédien a côtoyé à l'écran les plus grandes stars internationales.
L'hommage suprême fut celui de Pier Paolo Pasolini qui en fit la vedette d'Uccellacci e uccellini.
La mort de 
Totò, en 1967, suscita un quasi-deuil national.

Roi de la pantomime aux expressions du visage très personnelles,
comparé à Chaplin et à Buster Keaton, il fit une carrière triomphale au cinéma.

Avec Ninetto Davoli dans Uccellacci e uccellini, de Pasolini
George Clooney, qui tourna un remake du Pigeon, dit de lui : « Il n'était certainement pas un simple comédien, comme Buster Keaton. Ses films pouvaient aussi être muets : il parvenait toujours à transmettre le sens de l'intrigue. Grâce à vos scénaristes et à son mimétisme, un personnage complet transparaît dans ses films : rusé, naïf, mais aussi harcelé par les circonstances de la vie. C'est pourquoi il continuera à être imité, sans espoir de l'égaler. Il y a toujours du suspense dans son jeu : on attend de lui une nouvelle réplique, un clin d'œil, mais sa façon de développer une histoire reste imprévisible. »

Vu l'importance de cette personnalité, la page Wikipédia qui lui est consacrée est complète et très détaillée : clic

mercredi 11 février 2026

Enculés d'homophobes !

 

stop homophobie

📌 PSG convoqué après des banderoles et chants homophobes contre l’OM

Lors du match dimanche au Parc des Princes, une banderole représentait un employé de DPD avec le message « Les Marseillais, c’est des livreurs », rapidement dénoncé. Quelques minutes avant la fin, des chants homophobes ont entraîné une interruption temporaire de la rencontre.

« L’homophobie n’a pas sa place dans les stades ni ailleurs », @auroreberge.fr
« Sur le terrain ou en tribune, c’est non et encore non », @emmanuel_gregoire

DPD France s’est désolidarisé du message.

Pour rappel, @simonnetdeputee avait déjà déposé en septembre une proposition de loi visant à responsabiliser les clubs face à ce type de comportements.

Le PSG pourrait être sanctionné dans les prochaines semaines, amende ou fermeture de tribunes possibles.
 (Via Stop Homophobie | Chanelle Grand)

Alejandro Cialo par Cole Fawcett





" Heated Rivalry " : chaud bouillant !

Connor Storrie, mondieu !

J'avoue que je peine à comprendre le succès planétaire de la série. Non qu'elle soit dénuée de qualités, mais le contexte même, très sexuel – Le secret de Brokeback Mountain, c'est Blanche-Neige, à côté ! — Dans un milieu sportif réputé hypermachiste et homophobe, cela semblait peu propice aux ébats très détaillés des deux principaux personnages.
Dès le premier épisode, on entre dans le vif du sujet, si je puis dire. 

Ah ah ah !


Je ne parle que de ça depuis vendredi dernier.

Timothée est à Paris : le charme, l'intelligence, l'humour, la bienveillance et la détermination incarnés

 "Promo" exige, Timothée Chalamet est à Paris, où il se livre à un marathon, d'interviews en interviews, presse, radios, télés : Marty Supreme, le film qui le mènera peut-être à son premier Oscar, sort en effet en France mercredi 18 février. 
Les trente minutes d'entretien, que France Inter a diffusées lundi dernier, révèlent les qualités mentionnées dans le titre.

On notera aussi l'excellence des questions de Florence Paracuellos et Benjamin Duhamel. Leur pertinence est d'ailleurs signalée par Chalamet, lequel manie notre langue beaucoup mieux que nombre de nos compatriotes.

mardi 10 février 2026

"Le Gaybécois"

J'évoquais, hier, le film La Pampa : si vous ne l'avez pas vu, Artus y est surprenant !
Son sketch Le Gaybécois, ci-dessus, est inénarrable.
Salut, en passant, à nos amis du Québec, nombreux à suivre Gay Cultes.
Il y a une vraie tendresse, ici, entre deux éclats de rire : chapeau !

De Niro et Sorrentino à Rome Trastevere

 Ne le répétez à personne : la Taverna Trilussa, dans le Trastevere, est un lieu magique. J'y ai dégusté des « carbonara » d'anthologie. J'ai donné l'adresse à Bob et à Paolo qui ont trouvé leur "cena"* inoubliable.


* Dîner. D'où le francisé « cène ».

Ne désespérons pas

 


Les Portugais ont en mémoire la dictature de Salazar.
Le score est sans appel.
Souhaitons que les Français s'en inspirent.

lundi 9 février 2026

C'était trop beau

 


Têtu précise :
Depuis sa demande qui a ému l’Allemagne, Pascal Kaiser était la cible d’un cyberharcèlement et de menaces qui mentionnaient son lieu de résidence. Le quotidien L’Équipe rapporte qu’il avait alerté la police, la veille de son agression, qui n’avait pas perçu de danger immédiat.
Après cette alerte, alors que l’arbitre était sorti dans son jardin pour une cigarette, trois hommes l’auraient attendu pour l’agresser.

Nissa la bella

Baigneurs à Nice - 1939 - Photo Roman Vishniac


Je n'ai jamais pu me faire aux galets des plages niçoises.

 

Son cinéma, par Pier Paolo Pasolini, poète et martyr

La déposition (1526-1528) de Pontormo, église Santa Felìcita, Florence

« Je conclurai donc en disant que mon courant, en tant que contenu, commence au moins à l'origine du néoréalisme, mais en le contredisant d'un point de vue formel. J'ai donc créé un moyen de faire du cinéma un peu hors du cinéma italien typique, commun et actuel, ce qui est assez personnel. Et je dirais que c'est la qualité et la limite de mon cinéma".
(Tiré de « Mon sacre est ici », Interview 1970)

Pier Paolo Pasolini reconstruit l'un des 'tableaux vivants' sur le tournage de l'épisode La ricotta dans le film collectif ROGOPAG (1963) : 


Pier Paolo Pasolini sur le tournage de La ricotta

dimanche 8 février 2026

Au boulot, mes chéris !

On se prélasse, on se prélasse et rien ne se fait
dans cette maison !


Ah, voilà qui est mieux !

Christian et Leon
ont été capturés
par l'objectif
d'Oscar Cecere.

Concert du dimanche un Wolfie de compétition

Il y a un peu plus de dix ans, le tout jeune Lucas Debargue devenait finaliste du prestigieux concours Tchaïkovski. S'ensuivirent les premiers concerts, en carrière enfin propulsée grâce à son succès dans cette redoutable compétition.
Ce Concerto n° 24 - mon préféré aujourd'hui - fut salué par une ovation étonnante de la part d'un public plus qu'exigeant :


Depuis, Debargue est considéré comme l'un des meilleurs pianistes français.
Comme son grand aïeul Samson François*, il aime et pratique le jazz à ses heures, n'hésitant pas à pousser la porte des clubs dédiés pour participer à des "boeufs".
En témoigne la Toccata de sa composition diffusée ici le 31 janvier où deux formes de musique s'unissent.

* À une amie crédule, j'ai affirmé que le chanteur Claude François était le neveu de Samson !
Par message, j'ai, bien sûr, rectifié, avant que la nouvelle ne se répande en "fake news" sur les réseaux sociaux qu'elle fréquente assidûment.

Eden et Charlie : toute la sensibilité de Benoît Duvette

J'aime le travail du réalisateur Benoît Duvette, déjà évoqué dans ces pages.
Eden et Charlie est un moyen métrage de 45 minutes que vous
pourrez regarder en VOD sur les meilleures plateformes.

D'or et de pluie, le nouveau court-métrage de Benoït est sélectionné pour le Nikon Film Festival.
Soutenez-le, en votant ici : cliquez

samedi 7 février 2026

Chuuuut !


 

Stupéfaite et stupéfiante, la pianiste !

 C’est l’un des moments les plus stupéfiants jamais filmés sur une scène. La concertiste est arrivée prête à jouer le Concerto n° 21. Mais quelques secondes avant l’entrée du piano, elle se rend compte que l’orchestre a commencé le Concerto n° 20 — une œuvre totalement différente, qu’elle n’avait pas répétée pour ce soir‑là. La panique sur son visage est bien réelle.
  Au centre de la scène, deux géants. D’un côté, la Portugaise Maria João Pires, célébrée dans le monde entier pour son toucher cristallin et sa sensibilité unique à Mozart. De l’autre, le chef italien Riccardo Chailly, à la tête du Royal Concertgebouw. d'Amsterdam. C’est Chailly qui, en voyant l’angoisse de la soliste, choisit de ne pas interrompre la musique, faisant confiance à la mémoire musicale de Pires pour la sauver.
  La partition du K. 466 compte parmi les plus sombres de Mozart : écrite en ré mineur, pleine de tensions harmoniques et de dialogues intenses qui exigent un contrôle absolu de la dynamique. Ce n’est pas une pièce que l’on improvise. Chaque phrase doit s’emboîter avec une précision millimétrique dans le tissu orchestral que Chailly façonne avec rigueur.
Et l’impossible se produit. Maria João Pires joue. Par cœur. L’entrée du piano coule comme si elle avait répété pendant des semaines. La clarté des notes et la construction des phrases fonctionnent parfaitement. Ce qui aurait pu être un effondrement. en public devient un témoignage du génie d’une pianiste qui porte la musique gravée au plus profond d’elle‑même.

.

L'anecdote est connue des mélomanes.
La confusion viendrait du fait qu'on l'a prévenue au téléphone qu'elle devait remplacer le pianiste qui s'est désisté au dernier moment. Elle aurait mal compris au téléphone et cru cru que cetait le concerto K488 (n°23) de Mozart alors que c'était le K466 (n°20).
Il doit exister bien d'autres versions...

Rendez-vous en terre inconnue : Bruno Gaccio à Rachida Land