Le blog quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


Tombe, Victor !

Tombe, Victor !
" Tendre, émouvant, ensoleillé, universel "

mercredi 20 mars 2019

Une agréable promiscuité

Pablo Pamucio a fait cette photo.

Si vous saviez...



comme il me manque, lui !

Et ce texte, sur la musique de Richard Galliano
résonne aujourd'hui plus que jamais :

Vie violence ça va de pair Les deux se balancent paradis enfer Vie violence chair contre chair Dansent les cadences d'un tango pervers Allez viens qu'on s'y frotte Ma colombe, ma cocotte Si la vallée sanglote Buvons des larmes Vie violence ça va de pair Amour et souffrance jouent au bras de fer La terre et l'eau l'air et le feu Forment un complot ça saute aux yeux Sadomasos faits pour la pelle Les anges là-haut tu t'en rappelles Et les enfants en tourbillon Dans un ballet de papillons La vraie vie, la belle Allez viens qu'on s'y frotte Ma colombe, ma cocotte Tes vallées ont des charmes Valant des larmes Vie violence ça va de pair Les deux se balancent paradis enfer Vie vie oh lance lance-moi ton feu Brûle-moi d'innocence Je suis bon, nom de Dieu !

"Un peu de physique quantique féline."

Via Bernard Werber
Extrait de Imbattable, t. 1. Justice et légumes frais, de Pascal Jousselin, (Dupuis éd.-2017)
(Merci à Palomar pour le crédit.)

Garçon de printemps

Jacob Morton, astrophysicien, 1994-

À jour de printemps, ange charmant.

Le même, avec couvre-chef et chemise de saison

mardi 19 mars 2019

Bel objet


J'ai toujours rêvé de posséder ce type d'appareil.
Pas vous ?


Un chant d'oiseau


Même si la musique (Harry Potter, non ?) est "collée" sur l'image, l'ensemble nous mène bien loin de "hainebook" et autres réservoirs à fiel.
J'ai trouvé la vidéo sur le "tumblr" de Palomar, que je salue s'il vient encore par ici de temps à autre.

Cloîtres et minets


Vous ai-je déjà dit que j'aime les cloîtres et les chats qui les habitent, vivant leur vie avec un souverain mépris pour le touriste-photographiant ?


En haut : Bologne, San Domenico
En bas : Bologne, Santo Stefano, où Raminagrobis se fiche de nos émerveillements comme de sa première souris.


lundi 18 mars 2019

Hier dimanche,

Elias de Poot, Marc Soulez, Jonny Brown & Ernest Klimko par Brett Lloyd





on
est
sortis
de Paris,
et on s'est amusés
comme des petits fous !

Cousin spirituel ?



"J'entre dans la cour du Broletto et je suis heureux pendant plus de vingt minutes comme je l'ai été l'autre soir à Turin, c'est à dire sans raison bien déterminée. C'est un endroit où l'on attrape le bonheur, comme dans d'autres on attrape la peste."
Jean Giono - Voyage en Italie


J'évoquais cette virtuelle parenté dans mon billet d'hier, intitulé L'Italie et moi.
J'ai relu, depuis, ce beau livre juste assez court pour vous offrir une parenthèse enchanteresse après les images exsudant la haine distillée par les différents médias.  J'ai soupiré d'aise à maintes reprises, poussé des "mais oui !", des "bien sûr !" et des "c'est exactement ça !": je ne m'abusai pas en soulignant cette similitude des sentiments que nous éprouvions à trois quarts de siècle d'espace-temps.
Jamais je ne l'avais autant ressentie ; ni avec Fernandez qui, pourtant, communie dans "notre" engouement pour l'Italie, ni avec papy Stendhal qui  peut vous tomber des mains quand il voudrait vous guider à travers une Rome depuis longtemps disparue...
Giono sait observer les êtres et ce que nous appelons aujourd'hui leur "cadre de vie" avec humanité.
Comme dans ses romans les plus célèbres.

Photos Silvano 2018 : le Palazzo Broletto à Brescia (Lombardie)

C'est lundi, mes petits !


dimanche 17 mars 2019

Chut

Photo Toyin Ibidapo

Cadeau : la K.208, je la kiffe grave !


Vous direz ce que vous voudrez,
mais faire sonner un clavecin comme ça,
c'est pas donné à tout le monde, ma bonne dame !

L'Italie et moi

Parcourant Ferrara d'un pas languide il y a peu, je ressentis à nouveau cette jouissance qui naît en moi quand je suis en Italie. Ce simple fait, oui, d'être en Italie, d'y respirer ses odeurs, d'y goûter sa cuisine, d'adopter une démarche de passeggiata, de savoir à portée d'yeux tant de chefs-d'oeuvre, de prévoir que partout où j'entrerai, église, mairie, immeuble aux grilles ouvertes (ici, on ne se calfeutre pas), je trouverai de quoi étancher ma soif de beautés.
Il y a aussi le plaisir des longues stations en terrasse, l'observation des passants, de ce peuple si divers, vêtu d'élégance ou de banalité, soigné ou négligé, capable du meilleur comme du pire, dont la confiance placée en des gourous de nature à le mener au précipice.
Je vais relire Voyage en Italie de Jean Giono que je considère comme un écrivain - mieux, un conteur ! - majeur du siècle passé. Car, voyez-vous, Giono et moi, excusez cette prétention, sommes cousins en matière d'Italie. Dans son Voyage, qui n'est pas au bout de la nuit et se déroule dans les années 50, l'écrivain provençal part avec sa femme et des amis (si je me souviens bien) pour un périple à travers la péninsule à bord d'une 4 chevaux Renault qui ne trouve d'équivalence, d'ailleurs, qu'en la mythique Fiat 500 sortie des usines piémontaises à la même époque, petites voitures dites populaires que l'on chargeait jusqu'à la gueule pour les départs en vacances. 
Le sentiment de bien-être, ou mieux, de félicité, que Giono* éprouve à Brescia (qui donc irait à Brescia ? et bien, lui et moi !) et dans chaque ville du parcours, y compris une Venise que le tourisme de masse n'avait pas encore dévorée, est semblable au mien, que je n'ai su expliquer à ce garçon aimé qui, il y a cent ans déjà, je crois, me demandait pourquoi il fallait s'arrêter si souvent.
Pour jouir, aurais-je dû lui répondre.

Bologne, seulement ça

À Ferrare, il joue des heures sans discontinuer. Il est heureux.
* J'ai réalisé sur le tard que l'un des protagonistes de mon œuvrette Tombe, Victor ! porte le même prénom, Angelo, que le héros du Hussard sur le toit, qui a les traits, dans le film de Rappeneau, du bel Olivier Martinez.

samedi 16 mars 2019

Bel Oscar

Photo Amir Kuckovic

Oscar Wadsager

Photo Kristoffer Juul

Ragù*

Si, en Emilie Romagne, on croise des barbus à tfoison, je n'ai vu la moindre trottinette, cet engin qui trône désormais à Paris en nouvelle déco urbaine que l'on peut abandonner où l'on veut et qui se mêle, contre toutes règles de sécurité, à la circulation sous les effluves enchanteurs des gaz d'échappement. Ici, je n'ai pu voir, en une semaine, que deux jolies trottinettes de couleur mauve et verte : en vitrine d'un magasin de jouets.
"Je roule avec mes écouteurs, et je la pose où je veux, coool !"
Photo Robyn Beck/AFP

Dans les toilettes d'une trattoria de Parme - allez, je vous la donne, c'est Corrieri, une vraie de vraie ! - cette plaque sauvée, selon toute vraisemblance, de la destruction d'un hôtel de passe.
3,10 lires le quart d'heure, c'était donné et, en même temps, un geste d'humanité en faveur des éjaculateurs précoces. : 


Supplément pour le savon et la serviette, 0,5 lire

Cherchez cette adresse parmesane : tortelli au potiron à se damner !
C'est une authentique trattoria.
* Intitulé ainsi parce que composé de divers ingrédients et longuement mijoté (dans ma petite tête) : en fait, à Bologne, les "Tagliatelle al ragù" sont l'une des spécialités locales les plus célèbres qui s'est exportée sous les nom de "tagliatelles à la bolognaise". Ici, on ne sert jamais ce ragù avec des spaghetti. Pour les "tagliatelle", il ne faut pas prononcer le "g". Vous entendez comme c'est beaucoup plus musical ?
L'autre spécialité locale, ce sont les "tortellini al brodo", des pâtes maison, bien sûr, farcies de divers composants, nageant avec volupté dans un bouillon dans lequel ont mijoté pendant quatre heures au minimum de la poitrine de boeuf, du jarret, un haut de cuisse et un pilon de poulet auxquels ont tenu compagnie une moitié d'oignon, une carotte et une branche de céleri. Tout cela est filtré en fin de sieste et donne un bouillon (brodo) savoureux qu'on déguste à la cuillère entre deux coups de fourchettes tortellinesques.


Tortellini in brodo




La piazza, autour du Palazzo della Pilotta de Parme est actuellement en travaux.
Bon, excusez-moi, on m'attend !

Pardon pour le retard, caro angelo.
Photos II, III, IV, VI Silvano.
Tous droits réservés y compris pour la principauté de Monaco, le Liechtenstein et San Marino. 


vendredi 15 mars 2019

Comme un souvenir de vagues


Il est impossible et vain d'identifier
le sujet et celui qui l'a figé ainsi pour l'éternité.
Que cette image ait survécu aux vicissitudes des ans
est en soi un petit miracle de nature à mettre notre imaginaire
en ébullition.

Sabre au clair

Ruslan Maz (sur Flickr) aka Ruslahka (sur Deviant Art)

J'aurais dû mettre ça en couverture de Tombe, Victor !
J'en aurais écoulé beaucoup plus.

Design très fouloulou

Santiago Peralta par Kevin McDermott
Cadeau bonus :


C'est rigolo, c'est la même musique que l'indicatif de Laure Adler sur France Inter.

Que je suis bête !


Vraie crise de rire dans la chambre d'hôtel de Bologne à la vue du bandeau de France 24.
J'ai trouvé cette photo qui date de je ne sais quand, mais le vendredi 8 mars, cette gentille journaliste animait un débat à l'occasion de la Journée internationale de la femme.
Désolé.

jeudi 14 mars 2019

Un garçon qui a bon goût*

Vincent Giovannoni par Olga Vlady

Avant de laisser poindre la moindre polémique bien dans l'air de l'ère, je me dois de préciser que les mocassins se portent toujours sans chaussettes. Si l'on tient vraiment à plus de confort, on peut porter l'une de ces paires de socquettes minuscules qui ne se laissent absolument pas voir.
Vous remarquerez par ailleurs que, dorénavant, été comme hiver, les jeunes portent, dans leur grande majorité, ce type d'accessoire. Si, si, baissez les yeux vers leurs extrémités. Et vous les verrez chevilles à l'air même par moins 10°. C'est ça la liberté !
Sinon, rien à redire sur ce jeune homme vêtu ton sur ton et apte à faire bonne figure dans les situations les moins confortables.

Nota : on peut regarder la photo en écoutant les Etudes symphoniques de Schumann par Ivo Pogorelich, où l'on décèlera de nombreuses notes bleues.

* Oui, oui, je sais.

Viens danser le twist !


C'est en 1959. Nous sommes en 2019. Mina chante toujours ; elle a 79 ans.
L'une de ses "rivales", la jeune Patty Pravo (71 ans) vient d'entreprendre une énorme tournée dans la péninsule.

Je continue à vous infliger mes dernières impressions italiennes dès samedi.

mercredi 13 mars 2019

J'ai tellement faim de vous

Photo Jeff Segenreich
Ou soif.

Antifascisme

"Création d'un état de danger permanent"

"Culte de la tradition"
Dans la Via Indipendenza, qu'on peut qualifier d'artère principale de Bologne, fleurissent actuellement des affiches inspirées par un texte d'Umberto Eco intitulé Ur-fascisme publié en 1995 dans la "New York Review of Books" et traduit ensuite en italien sous le titre Ur-fascisme, fascisme perpétuel.
Le texte expliquait alors pourquoi le fascisme n'était pas mort, et en donnait les principales caractéristiques, reprises, pour certaines, sur les affiches placardées en ville.
Le fascisme se manifestant de moins en moins insidieusement par ces temps de violence exacerbée, notamment en Italie, mais aussi beaucoup plus près de nous, il faut saluer cette initiative d'un groupe local (national ?) qui a une indéniable fonction pédagogique.


"Sexisme"
"Exaltation de la volonté populaire" : ça ne vous dit rien ?

On fera bien de lire le texte intégral du manifeste sur le blog de Gabriella Giudici, dans une traduction gougueule tout à fait correcte, pour une fois, et d'autant plus que je me suis donné un mal de chien pour remonter à la source de ces affiches qui m'ont tant interpellé comme on le dit encore, mais un peu moins quand même.
Bref, c'est là : cliquez ici

Note qui n'a rien à voir mais si un peu tout de même
L'autrefois nommée à tort "journée de la femme" du 8 mars est devenue "journée internationale des femmes".
En Italie, si les associations féministes (soutenues par les LGBT) manifestent comme à Bologne, un malentendu subsiste, qui arrange bien les affaires des commerçants et des vendeurs à la sauvette qui la nomment "fête de la femme", et donne prise à toutes les dérives sexistes, comme on l'a constaté également en France où ont fait florès ces jours derniers les pubs pour parfums, lignes de soins et autres produits typiquement "féminins".
En Emilie Romagne, cette "festa" a tout de même un parfum agréable, celui du mimosa que l'on offre par brassées à toutes les femmes, mimosa que refusent celles qui manifestent affublées de perruques et vêtements de couleur rose pour ridiculiser le vieux concept "rose pour les filles", "bleu pour les garçons".