Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


jeudi 7 mai 2026

Indivisibles

Gianluca & Marco par Igor Mattio(1994)

Pogo était à Paris

Martha Argerich et son ami Ivo Pogorelich, deux "stars" du piano, devaient se produire ensemble à la Philharmonie. Las, la merveilleuse "Martita" fit défection, victime d'un incident de santé. Que les dieux de la musique la protègent !
Pogorelich se produisit donc en solo et, comme souvent, obtint un véritable triomphe. Ce musicien atypique a un public de fans, dont je suis.
Le court reportage qui suit date de sa précédente prestation, en 2024. À défaut de cerner cette personnalité complexe, il permet de comprendre pourquoi il suscite tant de ferveur.
Après la vidéo, je reproduis le compte rendu du tout dernier concert par Philippe M., professeur.





[Ce salut-plongeon, mains derrière le dos pour faire contrepoids et agripper les partitions qu’il a replacées dans une pochette vinyle, Ivo Pogorelich le réserve à la fin des concerts. Cela ne l’empêche pas de se lever entre chaque morceau pour un salut plus modeste. Personne ne fait plus ça, lui oui. Chaque fois c’est la même ronde : toujours la même négociation avec les accordeurs à l’entracte, toujours le public et la scène éclairés d’une lumière, toujours la queue de pie d’un autre âge dont il fait expertement voler les basques en s’asseyant… Et toujours la pochette vinyle déposée sous le piano, qui donne du fil à retordre à la tourneuse de pages.
Ce rituel immuable assure la continuité des concerts. Pour le reste, impossible de savoir d’avance à quoi s’attendre : si on reconnaitra les morceaux annoncés, quel tempo il adoptera, par quelles humeurs il passera, quels rubatos équilibristes il risquera. Hier, pour un programme Chopin, la deuxième sonate était à pleurer : pas un froufrou de robe romantique sur le plancher, mais un drame indatable, jusqu’à faire gronder le piano comme un synthétiseur au quatrième mouvement, après une marche funèbre tellement méthodique qu’elle fout les jetons.
Là, Pogorelich était sublime. Il ne l’est pas toujours, c’est le jeu. Au début du concert, un prélude et une berceuse sous Lexomil. On s’est réveillé pour le concerto nᵒ 2, version chambriste, avec le quatuor à cordes de la Staatskapelle Berlin. Alors on a pu oublier qu’on avait acheté des billets pour voir deux grands fauves ensemble, pour savoir s’ils pourraient aujourd’hui s’accorder. Argerich a fait défection. Pas grave : c’était tout de même l’un des grands concerts de l’année.]


dimanche 3 mai 2026

Photomaton

Chris et Andrea (à Madrid)

What else ? Mozart !

Plus de trois heures de Mozart.
Lili Kraus (1903-1986), grande pianiste d'origine hongroise,
mit principalement son talent au service du génial compositeur salzbourgeois.
Ses interprétations des concertos sont légendaires.
On trouve l'intégrale sur YouTube : une manne.

Bonne humeur

Images fugitives de 
Days of Being Wild  (Wong Kar Wai, 1990)
Titre français : Nos années sauvages

vendredi 1 mai 2026

Mieux qu'un brin de mugay virtuel

 

Mai Paris Mai

Mai, mai, mai, Paris maiMai, mai, mai ParisMai, mai, mai, Paris maiMai, mai, mai ParisMai, mai, mai, Paris maiMai, mai, mai Paris
Le casque des pavés ne bouge plus d'un cilLa Seine de nouveau ruisselle d'eau béniteLe vent a dispersé les cendres de BenditEt chacun est rentré chez son automobileJ'ai retrouvé mon pas sur le glabre bitumeMon pas d'oiseau-forçat, enchaîné à sa plumeEt piochant l'évasion d'un rossignol titanCapable d'assurer le Sacre du Printemps
Mai, mai, mai, Paris maiMai, mai, mai Paris
Ces temps-ci, je l'avoue, j'ai la gorge un peu âcreLe Sacre du Printemps sonne comme un massacreMais chaque jour qui vient embellira mon criIl se peut que je couve un Igor Stravinsky
Mai, mai, mai, Paris maiMai, mai, mai ParisMai, mai, mai, Paris maiMai, mai, mai Paris
Et je te prends Paris dans mes bras pleins de zèleSur ma poitrine je presse tes pierreriesJe dépose l'aurore sur tes TuileriesComme roses sur le lit d'une demoiselleJe survole à midi tes six millions de typesTa vie à ras le bol me file au ras des tripesJ'avale tes quartiers aux couleurs de pigeonIntelligence blanche et grise religion
Mai, mai, mai, Paris maiMai, mai, mai Paris
Je repère en passant Hugo dans la SorbonneEt l'odeur d'eau-de-vie de la vieille bombonneAux lisières du soir, mi-manne, mi-mendiantJe plonge vers un pont où penche un étudiant
Mai, mai, mai, Paris maiMai, mai, mai ParisMaiParis
Le jeune homme harassé déchirait ses cheveuxLe jeune homme hérissé arrachait sa chemise"Camarade, ma peau est-elle encore de mise""Et dedans mon cœur seul ne fait-il pas vieux jeu""Avec ma belle amie quand nous dansons ensemble""Est-ce nous qui dansons ou la terre qui tremble""Je ne veux plus cracher dans la gueule à papa""Je voudrais savoir si l'homme a raison ou pas""Si je dois endosser cette guérite étroite""Avec sa manche gauche, avec sa manche droite""Ses pâles oraisons, ses hymnes cramoisis""Sa passion du futur, sa chronique amnésie"
Mai, mai, mai, Paris maiMai, mai, mai ParisMaiParis
C'est ainsi que parlait sans un mot ce jeune hommeEntre le fleuve ancien et le fleuve nouveauOù les hommes noyés nagent dans leurs autosC'est ainsi, sans un mot, que parlait ce jeune hommeEt moi l'oiseau-forçat, casseur d'amère croûteVers mon ciel du dedans j'ai replongé ma routeLe long tunnel grondant sur le dos de ses mursAspiré tout au bout par un goulot d'azurLà-bas brillent la paix, la rencontre des pôlesEt l'épée du printemps qui sacre notre épauleGazouillez les pinsons à soulever le jourEt nous autres grinçons, pont-levis de l'amour
Mai, mai, mai, Paris maiMai, mai, mai ParisMai, mai, mai, Paris maiMai, mai, mai ParisMai, mai, mai, Paris maiMai, mai, mai Paris

jeudi 30 avril 2026

Beau boutis (*)

 


(*) Le boutis est un dessus de lit matelassé composé de deux couches de tissu garnies de ouate. Il se distingue par ses motifs piqués, souvent floraux ou géométriques, qui lui confèrent un côté chaleureux et authentique.