Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


mercredi 27 octobre 2021

Benjamin peut être fier

Dans Illusions perdues (voir ma chronique d'hier mardi) Benjamin Voisin ne cache guère (euphémisme !) un corps bien découplé ; dans Été 85 d'Ozon non plus.
C'est dans Fiertés, série télé LGBTQ de Philippe Faucon diffusée par Arte que je l'avais personnellement découvert.
Par acquit de conscience, en blogueur responsable, je me suis obligé (quoi que), hier, à en revoir les premiers épisodes.
Il est vrai que le tout jeune homme y était excellent et permettait de présager une fort belle carrière.
Laquelle est fort bien engagée :

Benjamin Voisin et Sami Outalbali, Fiertés (2018)

Avec Félix Lefebvre dans Été 85 de François Ozon

Le bal des folles de Mélanie Laurent

The Happy Prince, de Rupert Everett (photo de tournage)

Adagio, Purcell, waou !

Agréablement surpris je fus, d'entendre ce bel Adagio de la Sonate n°1 de Purcell
dans le film de Xavier Giannoli Illusions perdues, chroniqué précédemment :

Sortie France aujourd'hui

mardi 26 octobre 2021

"Illusions perdues" : un automne 21 lumineux pour Benjamin Voisin et ses partenaires


Alléluia, un acteur est né !

Je confesse volontiers que je n'avais guère aimé Été 85, le film de François Ozon où je retrouvai fort peu ce que j'ai gardé en mémoire de ces années-là.
J'y avais néanmoins décelé le potentiel de Benjamin Voisin, auquel échappa, cette année, le César du meilleur espoir masculin.
À charge de revanche : sa prestation dans Illusions perdues de Xavier Giannoli devrait lui permettre de récolter des lauriers amplement mérités.
Au premier plan d'une distribution sans défaut, le jeune acteur, qui aura 25 ans la veille du prochain Noël y est impressionnant de fougue, de beauté, de talent.
Le pari, quand on est entouré de tels comédiens, ici à leur meilleur, est gagné.
Fils d'un professeur de l'école Florent, l'acteur porte au plus haut niveau l'expression "enfant de la balle", incarnant un Chardon/de Rubempré qui imprègnera longtemps l'histoire du cinéma français.


Illusions perdues : un espoir loin d'être déçu


Voisin et Lacoste
Au vu des bandes-annonce et de la prestation en promo de Benjamin Voisin et Xavier Giannoli, notamment chez Yann Barthès (Quotidien, à revoir ici : clic), tous les espoirs que l'on pouvait mettre dans ce film pressenti comme une œuvre de grand cinéma populaire intelligent ont été exaucés.
C'était un vrai bonheur de se mêler aux spectateurs d'une salle presque comble (un lundi après-midi !) et de ressentir les mêmes émotions, les mêmes sourires en réaction aux dialogues savoureux de Jacques Fieschi et X. Giannoli, leur adaptation mettant l'accent sur une intrigue étonnamment prophétique, anticipant les réseaux sociaux, le complotisme, l'absence de déontologie de certains médias (" Ton métier, c'est d'enrichir les actionnaires du journal " Lousteau dixit) et le matraquage publicitaire caractéristique de notre époque.
Ils sont nombreux à s'être cassé les dents en adaptant Balzac au cinéma : il se dit par exemple que l'Eugénie Grandet de Marc Dugain (je ne l'ai pas vu, mais ne le sentais pas) est une adaptation empesée du roman. J'ai en mémoire cependant le Vautrin équivoque joué par Michel Simon dans un film de Pierre Billon tourné sous l'occupation que j'ai découvert sur une chaîne à péage vouée aux "classiques" et l'excellente prestation de Depardieu (déjà !) dans Le Colonel Chabert d'Yves Angelo en 1994.

Dolan à son meilleur en frère ennemi
Le film de Xavier Giannoli suscite l'enthousiasme pour de multiples raisons : son rythme jamais relâché, la reconstitution du Paris de la Restauration admirablement photographié par Christophe Beaucarne (le film déploie vraiment ses qualités lors de l'arrivée de Lucien dans la capitale et ne nous lâchera plus), l'intelligence de la mise en scène et une distribution des rôles d'une indéniable justesse. Si le film révèle le grand talent de Benjamin Voisin et celui de Salomé Dewaels (Coralie) qui crève tout autant l'écran, on jubile de l'interprétation de ce cher Vincent Lacoste (Lousteau), de celle, étonnante, du Québécois Xavier Dolan en Raoul Nathan, du dernier rôle de Jean-François Stévenin, et des retrouvailles avec Gérard Depardieu (Dauriat), simplement immense et, enfin, de celles, irréprochables, de Cécile de France (Marie Louise) et d'une Jeanne Balibar en Marquise d'Espard venimeuse à souhait, magistrale.
Pas la moindre fausse note, non plus, dans le choix des musiques, faisant la part belle, et ô combien méritée, à Schubert (Sonates, Sérénade), mais aussi à Purcell, Vivaldi revu par Max Richter, Guillaume Lekeu (fallait y penser !) ou, enfin, à Jean-Philippe Rameau avec le prélude de l'acte troisième d'Hippolyte et Aricie.
En résumé, Illusions perdues, en grand spectacle, redore le blason du cinéma français et laisse espérer le retour du grand public (enfin !) dans les salles obscures.
Le film de Giannoli le vaut bien !

Salomé Dewaels, Voisin, André Macon, Cécile de France, tous impressionnants !

En annexe : Rameau, bien sûr !


Je me creusai la tête en sortant du cinéma.
Le générique de fin avait déroulé trop vite la liste des œuvres musicales qui sublimaient les images.
Cet air m'était pourtant familier, qui ne cessait de résonner en moi : je l'avais écouté mille fois à la maison dans cette belle version des Musiciens du Louvre dirigés par Marc Minkowski.
Ouf, la voici !

Lire, rêver

Création Nicolas Monterrat

lundi 25 octobre 2021

Début de semaine difficile

C'est encore Cody Vanallen : voir hier et mercredi dernier.

Classique

Les grandes chansons sont éternelles.
Celle-ci, dont voici la version originale de 1967, fit le tour du monde et compte encore parmi les plus grands standards internationaux.
Brocardé à l'époque par l'intelligentsia, le chanteur populaire (pouah !) pour minettes, garçons sensibles et petites gens signait en l'espèce une œuvre devenue classique sur le délitement de la passion qui fleure le vécu.
Aujourd'hui, en pleine vague "Metoo", on déterre le cadavre pour un procès en pédophilie : le fils aîné, touché en plein cœur, argue que le chanteur, attiré, certes, par les (très) jeunes filles qui se pressaient à ses concerts et jusque dans les escaliers de sa résidence parisienne, ne jugeait pas bon de demander leur carte d'identité à ces minettes qui "faisaient plus que leur âge".
A contrario, on notera que la rumeur populaire prétendait alors dans les conversations de bistrot, ancêtres de nos réseaux que l'on dit "sociaux", que le chanteur trop blond, trop maquillé, trop "propre sur lui", "en était", pour reprendre des expressions aujourd'hui bien datées.
Il n'en était rien.
Au point qu'on lui prête aujourd'hui maints "enfants cachés", fruits d'une libido réputée effrénée.
Une comédienne d'immense talent qu'on étiquette volontiers "d'extrême gauche" me stupéfia un jour en me disant qu'elle faisait écouter Claude François à son tout jeune fils, parce que, disait-elle, c'était "pétillant et joyeux".
Qu'importe alors le choix des titres, les adaptations plus ou moins réussies des hits américains.
D'un répertoire pas toujours du meilleur niveau demeurent quelques titres, dont ce Comme d'habitude où l'histrion ne peut être pris en flagrant délit d'insincérité : 

dimanche 24 octobre 2021

Il y a des jours...

Cody Vanallen, notre petit meccano de mercredi dernier

où l'on regrette
de n'être pas de bois. 

Bon dimanche !

Corelli, le baroque en majesté !

 

Interprètes : Rémy Baudet, Sayuri Yamagata (violon I/II) Albert Brüggen (violoncelle) David van Ooijen (archiluth, Hasenfuss, 1988, d'après Sellas) Pieter-Jan Belder (clavecin, Cornelis Bom 2003, d'après Giusti)

Malicieux, nos cousins !


Jeunesse royale

 

jeudi 21 octobre 2021

Ange idéal

Mina, intemporelle, italianissime !


L'un des titres inoubliables de la grande chanteuse italienne.
La chanson fut reprise il y a une douzaine d'années par Carla Bruni.
À laquelle font simplement défaut les cordes vocales nécessaires.
Si ça vous amuse, c'est ici : clic

Enfer ou paradis ?

John Roddam Spencer Stanhope - The Waters of Lethe by the Plains of Elysium (détail) 1880

Voilà pourquoi on gagne à apprécier les œuvres jusque dans leurs plus infimes détails.
Les visites de musées au pas de course, l'œil rivé au "smartphone", sont une insulte à l'art.