Le blog quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (Louis Arjaillès, aussi). Maison de confiance depuis 2007.


Tombe, Victor !

Tombe, Victor !
" Tendre, émouvant, ensoleillé, universel "

mardi 17 octobre 2017

L'ange blanc


J'aime le caractère "non professionnel" de cette photo, ce côté "mets-toi là, je te prends en photo, mon amour !". C'est un garçon comme je les aime, nature, intelligent sans doute, sérieux en études mais volontiers jouisseur, que je labellise "fouloulou" pour toutes ces raisons. Il m'a été impossible, de par sa nature, d'identifier la photo, mais, en revanche, ma recherche a révélé que le poster, sur la porte, est signé Luis Royo et a pour titre... L'ange blanc !
Évidemment.

Inspiration

La bataille des centaures Michel Ange
Art attack par Luca Finotti

dimanche 15 octobre 2017

Plastiquement intéressant

Photo Richard Jeffrey Rothstein

Beau point de vue

Ph. Richard Jeffrey Rothstein
Bon 
dimanche !

Cadeau : une note unique au monde etc.



C'est fou ce qui se passe dans le cerveau du pianiste-interprète avant la première note, ce moment qu'on appellera concentration ou (je préfère) recueillement, car il faut honorer l’œuvre d'un compositeur ; de génie, souvent.
On sait peut-être que, de la première note, découleront toutes les autres : si elle est médiocre, tout le reste sera du même acabit. Si elle est sublime... ce sera magique !
Ici, l'intention se trouve exacerbée par ce "sol" impérieux et profond, déterminant, fondateur, voulu fortissimo et surmonté d'un point d'orgue*.
On le reçoit d'emblée comme un coup qui s'adoucira grâce au fameux point d'orgue, lequel, après l'extinction, laisse la place au thème, joué pianissimo.
Ensuite, tout le génie de Schubert nous prend par la main : variantes, subtiles digressions, jusqu'au retour du thème rendu à sa simplicité originelle avec, je n'ose dire en clin-d’œil, cette note irréelle, ce "sol", qui revient discrètement se rappeler à nous.

Notons :
Les toutes premières mesures de cet Impromptu se font entendre à la reprise, après entracte, du Barry Lyndon de Stanley Kubrick. Ça m'avait frappé lors d'une récente projection. Autour de moi, personne n'y avait prêté attention. J'en déduisis non sans orgueil que Kubrick m'avait tout spécialement adressé cette allusion.

On écoutera aussi, bien sûr, l'interprétation du pianiste "retraité" Alfred Brendel, "incontournable" (trop ?) ici avec partition : clic
Ce qui n'empêche pas d'avoir une tendresse pour Zimerman, dont les Concertos de Chopin chez DG (non, il ne s'agit pas de Dolce & Gabbana !) sont prodigieux.

* Les journalistes-animateurs des radios et télévisions ont la fâcheuse habitude de confondre "point d'orgue" et "point culminant". Cette erreur s'est généralisée.  Ça m'énerve.




samedi 14 octobre 2017

Jolies chaussettes


Automneries

 

Quand l'automne rit


Après quelques mornes journées sous un 
ciel anthracite, la nature nous fait don de
trois journées ensoleillées dont il faut se
rassasier, qu'il faut mettre à profit pour
marcher dans la ville, admirer les jolis
garçons que cette embellie va mettre sur
notre route en tenue légère provisoire, 
juste avant le retour des cuirasses qui camouflent
la vigueur des corps juvéniles.
Dernière sortie pour les pantalons blancs
et les tee shirt sous lesquels il est si tentant
de passer une main audacieuse : ah, le contact
de ta peau, brigand, qui me tue !

Importantes futilités

 

L'âge étant venu, où le port du tee shirt et du short que l'on trouvait naturel dans les rues de Turin ou 
sur les hauteurs du Trentin, devient, à Paris, ridicule, il me reste pour parade l'élégance, la recherche du plus présentable possible, qui fait dire au vieil ami grec indulgent "comme tu es bien habillé, tu es beau comme ça, Silvano !"
En fait, je n'ai jamais cessé d'être un minet, un "gandin" disait mon père quand je m'apprêtais à sortir revêtu de la veste Lapidus achetée en solde mais bien au-dessus des moyens que m'accordaient mes premiers revenus, cachets dérisoires d'un temps où le statut d'intermittent n'existait pas encore.
Cette semaine j'ai fait l'acquisition d'un costume, coupé "tendance" et classique à la fois, comme en portent les ex-jeunes loups qui gravitent autour de la Maire de Paris, ou dans les cabinets des mairies d'arrondissement, mais je ne l'assortirai pas de la barbe de trois jours de rigueur (je suis encore un rebelle, vois-tu !) ; je me le suis procuré pour donner mes cours, dans l'espoir insensé peut-être d'inciter les élèves à accorder davantage de soin à leur aspect : respect réciproque. C'est le deuxième costume de mon existence, et je ressens la même impression que lorsque je mis ma première montre à mon poignet. 


On a rénové ma chambre cet été, quand je découvrais Torino. Je dormais mal, mon regard sollicité par trop d'objets avant de sombrer enfin ou jamais. J'ai donné à des associations tout ce qui
encombrait l'espace et les placards, renoncé sans regret à ces morceaux de vie qu'on accumule, qui étouffent sous la poussière des temps.
Un peu comme sur cette photo, des murs blancs et très peu de meubles : un lit, la grande armoire indispensable, un valet-de-nuit, une chaise, des stores occultant la lumière, e basta !
Je dors beaucoup mieux.

Plaisir dominical



 Seiler, mon nouvel ami, a des ressources, puissance et douceur.
Il faut le dompter, le dresser comme un animal sauvage.
Je m'y emploie chaque dimanche, où un garçon bienveillant
me rejoint en fin d'après-midi pour m'écouter. 
Il applaudit après chaque pièce plus ou moins bien accomplie.
Il aime un Prélude de Chopin que je joue plutôt bien, en redemande.
Ce sont de doux moments.

Le ridicule ne tue pas les anges.

Lire




La lecture de La société du mystère de Dominique Fernandez (chroniqué ici : clic) m'a incité à lire Vie de Benvenuto Cellini écrite par lui-même qui me fut offert il y a longtemps et que j'avais oublié dans ma bibliothèque.
C'est passionnant et je ne manquerai pas d'y revenir. Pour l'heure, je m'amuse de lire dénoncé, sous la plume de l'auteur, le "vice infâme" pratiqué par certains de ses amis romains, quand on le prend plus d'une fois à s'exalter sur la beauté de tel ou tel ange, dont celle de son apprenti, accordant quelque crédit aux supputations de Fernandez.





Écouter



J'écoute sans relâche l'album de Pierre Lapointe La science du cœur dont je donnerai un second extrait demain. Onze chansons seulement, très beaux textes et arrangements de cordes suaves à souhait. Homo ou non, les émois, les affres, les douleurs de l'amour, sont les mêmes pour tous : Lapointe sait les chanter simplement, juste avec son cœur.

Jeune homme sympathique pour conclure 
aimablement ce billet.

mercredi 11 octobre 2017

Fou...


Je n'aurai pas le temps


Un "mal aimé" sur Arte

Les lecteurs de mon ouvrage en papier recyclé se souviennent peut-être que le narrateur, Paul, aime à se déhancher sur les chansons de Claude François. C'est sa manière à lui de s'évader pour un instant des exercices de doigts journaliers imposés par l'apprentissage quelquefois contraignant du piano. Pour sa défense, si besoin était, on notera qu'à l'époque, la diffusion de la musique ne se faisait que par très peu de médias : radios dites périphériques et télévisions d'état soigneusement bétonnées, ne faisaient que peu de place à la chanson anglo-saxonne, et c'est à travers les adaptations de plus ou moins bonne facture des "idoles" que les jeunes des quartiers populaires avaient accès à la musique rythmée.
J'y pensais évidemment l'autre soir en  découvrant une émission sur le gringalet frénétique diffusée sur... Arte !
Tant d'années après la mort du blondinet bondissant (c'était en 1978), une sorte de mea-culpa généralisé s'est répandu sur les ondes et dans la presse : il semble de moins bon ton, aujourd'hui, d'adopter une posture méprisante à l'égard du "populaire", telle qu'elle fut affichée par l'intelligentsia de l'époque.
L'émission de l'autre soir (que l'on peut voir en "replay" sur Arte+7) avait le mérite, bien regardée, de mettre l'accent sur la fantastique énergie de cet homme qui sut toucher au cœur une France que d'aucuns qualifieraient dédaigneusement de "profonde", qui sut lui donner du rêve, et fit de ses prestations des moments de spectacle au vrai sens du terme.
L'artiste était, paraît-il, un "sale bonhomme", caractériel, despotique sous couvert de perfectionnisme brandi en outil promotionnel ; c'est vrai, et le document de Karl Zero (un revenant ?) ne fait pas l'impasse sur cet aspect beaucoup moins pailleté de la personnalité du chanteur.
Ce qui est indéniable, c'est que nombre de chansons de l'histrion font encore frétiller les jeunes générations, qu'il a laissé une trace dont on peut se demander quand elle s'effacera, quand, de nos jours, on voit disparaître peu à peu celle d'un Bécaud qu'il considérait comme un maître, et dont les chansons ont, au niveau des textes, une tout autre portée.
Mystère ? Peut-être pas : "ça s'en va et ça revient" ensoleilla sans doute davantage les corons que bien des chansons "à texte".
Pas de bol, c'est au moment où le créateur de Comme d'habitude (on a entendu bien pire, au demeurant) préparait un album avec le grand Roda-Gil que la mort fit son œuvre de la manière que l'on sait. Pour un compliment dans Le Monde, caramba, encore raté !

En cadeau bonus, une perle : un joli "tube" de Claude François revu par Barbara.
Anecdotique et amusant.





Blachon


mardi 10 octobre 2017

On a beau dire...

une jolie chemise,
ça vous change un homme.
D'aucuns les préfèrent un
peu plus courtes, non ?

Cadeau de la nature


Et je pourrais entonner à nouveau mon ode au pelvis.

Pierre Lapointe : l'indispensable nouvel album



Tu détestes ta jeunesse,
Tes beaux cheveux blonds juvéniles
Qui descendent comme la vie, près du mouvement de tes cils.
Tu détestes ceux qui grâce à l'amour ne sont plus les mêmes.
Tu préfères dire je t'aime à grands coups de bouquets de haine.
Tu n'es pas certain d'être bien, mais jamais tu ne l'avoueras
Avoir des gestes qui font rêver, c'est tout ce qui compte ici-bas.
Les magiciens des temps modernes savent bien comment mentir
Comment fabriquer le beau en tuant quelques souvenirs.
Tes amis sont bien, mais tu comprends le mal du Grand Savoir
Qu'eux-mêmes ne pourraient goûter malgré leurs forces noires.
Tous ensemble, vous jouerez sans malaise aux grands enfants blasés
Qui tanguent de la tête sur des rythmes fantomatiques saccadés.
Tu repenses à tes amours, à tous ceux que tu as baisés
À quel point ils avaient l'air heureux d'avoir pu te consommer.
Tu as pris un verre de trop, mais c'était pour équilibrer
Les sensations provoquées par tes rêveries colorées.
S'étourdir est un remède facile quand l'âme a la nausée
Face aux complications répétées par la vie imposées.
Tu danses, muet, près de ton ami, celui qui sait te parler
Te raisonner quand tes larmes reviennent au pas comme une armée.
C'est le seul moyen que tu as pu trouver pour oublier
Le poids de la solitude qui revient sans cesse te hanter.
Tu ne sais pas pourquoi, mais même les mouvements dictés par ton cœur
Font que tu te sens abandonné au milieu de tes peurs.
Crois-tu qu'un jour, malgré tout, tu seras capable d'aimer ?
Le seul moyen possible de le savoir c'est de recommencer.
La Science du cœur est un objet d'abstraction propulsé
Par la volonté qu'ont les gens tristes à se laisser toucher.

Ça fait déjà quatre jours que tu n'as pas dormi.
Dans ta tête, de la musique résonne, te réveille dans la nuit
Comme si ta peine avait donné naissance à une symphonie.
Est-ce là le signe annonciateur d'une prochaine folie ?
Tu repenses à ta grand-mère, tu dis qu'elle t'a vraiment aimé.
Tu revois sa couche pleine venant tout juste de déborder.
Le contraste est trop mince entre début et finalité
Mais tu te résignes sans peine devant cette fatalité.
Tu regardes tes vêtements et cette image immaculée
Que tu projettes sans vouloir comme un jeune enfant surdoué.
Tu te dis qu'un jour, c'est certain tout ça sera démodé
Que chacun des trophées que tu portes brûlera dans l'éternité
Que ton corps, devenu flasque et faible, aura tout effacé
Les traces de ta jeunesse, les traces trop fragiles de l'été.

Sous haute surveillance

Envoyé par Roger B., merci à lui.