Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


mercredi 13 mai 2026

Extatique

Cody Vanallen
Tellement extatique qu'il en a oublié d'enlever ses vêtements pour prendre sa douche.
Peut-être fait-il un deux en un : lavage corps et lessive simultanément…

Piano du matin (ou du soir) : Liszt nous console des aléas de l'existence

L'excellentissime Seong-Jin Cho interprète en bis, lors d'un concert.
au Gewandhaus de Leipzig, ce "tube" de Liszt, qu'Horowitz offrait très souvent
à la fin de ses récitals.
Un digne héritier du grand Vladimir !

Photo Silvano
Lors d'une visite à la Scala de Milan, j'ai photographié le magnifique piano du compositeur hongrois, don de sa fille Cosima.

Simple comme bonjour

Très bon p'tit déj', hier matin, dans le rade du rez-de-chaussée.

lundi 11 mai 2026

Souriceaux des champs

Divine Mina


La grande chanteuse italienne Mina Mazzini, célèbre par son seul prénom,
a cette année 86 ans.
Son album le plus récent n'a que deux ans :
la voix, admirée en leur temps par Louis Armstrong et Liza Minnelli, entre autres
(1), 
s'est adoucie avec l'âge, mais l'émotion est toujours au rendez-vous.
Le cinéaste italo-turc, connu pour ses films très LGBT+, voue, comme Pedro Almodóvar, un véritable culte à la Diva : la première vidéo est illustrée de scènes de Nuovo Olimpo, visible sur Netflix.
Le film se termine sur cette chanson, laissant quelques larmes aux yeux des garçons sensibles. La seconde propose des extraits de Diamanti, sorti il y a peu, qui a souffert de critiques très négatives.

(1) Mais admirée aussi par Frank Sinatra, Céline Dion, Sarah Vaughan, Plácido Domingo et autres Luciano Pavarotti !

Les visuels des albums de Mina sont toujours très travaillés.

Un article du Hollywood Reporter de novembre 2024 :

[Reine incontestée de la pop italienne, Mina a vendu plus de 150 millions de disques à travers le monde et demeure une légende de la musique qui captive ses fans depuis les années 60. Son nouvel album, Gassa d'Amante , sort le 22 novembre et son titre – inspiré d'un nœud marin essentiel – symbolise la nature à la fois solide et fragile de l'amour. À l'image de ce nœud, l'album explore les méandres de l'amour dans toute sa beauté et sa complexité. À 84 ans, Mina est toujours au sommet de sa forme et reste une icône incontestée.

Mina, née Mina Anna Mazzini, est l'une des chanteuses pop les plus adulées d'Italie. Figure culte, comparable à Liza Minnelli et Bette Midler, elle est une véritable diva, une superstar aussi populaire en Italie que Lady Gaga ou Taylor Swift aujourd'hui. Telle une Greta Garbo du XXIᵉ siècle, elle vit en exil à Lugano, en Suisse, où elle s'est installée en 1966. Elle n'a pas donné de concert depuis 1978, bien qu'elle continue d'enregistrer des albums.]
Nota
L'article comporte une erreur : la chanteuse réside à nouveau en Italie dans sa région d'origine, aux environs de Brescia, en Lombardie, où elle est née.
Sa maison de disques, elle, a toujours son siège à Lugano.


jeudi 7 mai 2026

Indivisibles

Gianluca & Marco par Igor Mattio(1994)

Pogo était à Paris

Martha Argerich et son ami Ivo Pogorelich, deux "stars" du piano, devaient se produire ensemble à la Philharmonie. Las, la merveilleuse "Martita" fit défection, victime d'un incident de santé. Que les dieux de la musique la protègent !
Pogorelich se produisit donc en solo et, comme souvent, obtint un véritable triomphe. Ce musicien atypique a un public de fans, dont je suis.
Le court reportage qui suit date de sa précédente prestation, en 2024. À défaut de cerner cette personnalité complexe, il permet de comprendre pourquoi il suscite tant de ferveur.
Après la vidéo, je reproduis le compte rendu du tout dernier concert par Philippe M., professeur.





[Ce salut-plongeon, mains derrière le dos pour faire contrepoids et agripper les partitions qu’il a replacées dans une pochette vinyle, Ivo Pogorelich le réserve à la fin des concerts. Cela ne l’empêche pas de se lever entre chaque morceau pour un salut plus modeste. Personne ne fait plus ça, lui oui. Chaque fois c’est la même ronde : toujours la même négociation avec les accordeurs à l’entracte, toujours le public et la scène éclairés d’une lumière, toujours la queue de pie d’un autre âge dont il fait expertement voler les basques en s’asseyant… Et toujours la pochette vinyle déposée sous le piano, qui donne du fil à retordre à la tourneuse de pages.
Ce rituel immuable assure la continuité des concerts. Pour le reste, impossible de savoir d’avance à quoi s’attendre : si on reconnaitra les morceaux annoncés, quel tempo il adoptera, par quelles humeurs il passera, quels rubatos équilibristes il risquera. Hier, pour un programme Chopin, la deuxième sonate était à pleurer : pas un froufrou de robe romantique sur le plancher, mais un drame indatable, jusqu’à faire gronder le piano comme un synthétiseur au quatrième mouvement, après une marche funèbre tellement méthodique qu’elle fout les jetons.
Là, Pogorelich était sublime. Il ne l’est pas toujours, c’est le jeu. Au début du concert, un prélude et une berceuse sous Lexomil. On s’est réveillé pour le concerto nᵒ 2, version chambriste, avec le quatuor à cordes de la Staatskapelle Berlin. Alors on a pu oublier qu’on avait acheté des billets pour voir deux grands fauves ensemble, pour savoir s’ils pourraient aujourd’hui s’accorder. Argerich a fait défection. Pas grave : c’était tout de même l’un des grands concerts de l’année.]