Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura
"La gravité est le plaisir des sots"
mercredi 29 juillet 2026
Reichenbach (1)
Le réalisateur François Reichenbach (1921-1993) aimait les garçons. On trouve sur YouTube (donnez-vous la peine de chercher) des images de ses jeunes amis, filmés, le plus souvent en costume d'Adam. On constate, ci-contre, qu'il savait choisir ses assistants.
Ce n'est pas mon propos du jour, éveillé par ces extraits de tournage du film L'Indiscret, que l'INA (saloperie de service public qui sert à rien !) vient de révéler. Voir ci-après.
mardi 28 juillet 2026
Statistiques pas en toc et autres babioles
Hier, pour la première fois, les États-Unis ont généré plus de "vues" que la France. Pour compenser les frustrations induites par l'administration Trump ?
Ces derniers temps, la Russie me vaut de nouveaux adeptes. Je pourrais réécrire la seconde phrase du texte ci-dessus en changeant simplement le nom du tyran.
L'article le plus lu, la semaine dernière, est celui consacré à Ossesione, de Luchino Visconti.
Celui-ci : clic
J'en suis heureux : il fut un temps où les billets libellés "nudités" tenaient le haut du pavé.
C'est encourageant.
Merci pour vos "inquiétudes" en commentaires et en courriels : deux côtes cassées, ce n'est pas si grave, mais c'est très douloureux. Je vais mieux.
*
L'été le plus pourri depuis des lustres
S'il en était qui doutaient encore du dérèglement climatique, 2026 sonne le glas de leur bêtise.L'horreur des incendies, en France et ailleurs, et la répétition des périodes caniculaires suffisent à confirmer.
L'attentat de Berlin est de nature à raviver nos craintes : l'islamisme radical, bête immonde parmi d'autres, bouge plus que jamais, pour paraphraser Brecht.
Le monstre sévit aussi au Sénégal : dénonciations, lynchages, manifestations de masse pour dénoncer les pratiques prétendument "contre nature" ont tout pour susciter notre effroi et notre aversion.
Il y a un bon article dans le Nouvel Obs daté du 15 juillet.
La culture morfle
On commence, si l'on en doutait, à imaginer ce qu'il en serait de la culture si l'extrême droite parvenait au pouvoir. En guise de prémices, la commission d'enquête sur l'audiovisuel encore public nous en avait donné un aperçu.Les maires RN et affidés élus cette année ont commencé à sabrer dans les subventions et à revoir les programmations de spectacles : celui de La Flèche a annulé sous un prétexte futile un show consacré à ce pédé de Freddie Mercury où devaient se produire 650 choristes bénévoles.
Il y a d'autres exemples, hélas.
Les commentaires des supporteurs sur les réseaux (a)sociaux me donnent à penser que les électeurs de ce parti sont encore plus cons que ses dirigeants. Mais peut-être ces derniers avancent-ils masqués.
Si ça continue, moi qui ne suis pas un vrai "gauchiasse" (vocabulaire frontiste d'une élégance rare), vais me brancher plus souvent, le dimanche, sur Nova.
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| Le fond(ement) de ma pensée. |
Battisti et Mina : une amitié indéfectible, deux immenses talents
Tout d'abord, Battisti et Mogol écrivirent pour Mina et d'autres artistes. Une amitié naquit entre le chanteur à la voix frêle et la Diva à la voix d'eau et de feu.
Mina reprit maintes fois les chansons de son ami, dont Emozioni, E penso a te ou Insieme.
"Star" depuis les années soixante, elle contribua ainsi à faire de son confrère un inoubliable monument de la pop italienne.
Leur complicité est évidente dans cet extrait d'une émission de la RAI, pendant laquelle ils reprennent ensemble les chansons de Lucio :
lundi 27 juillet 2026
Il mio canto libero - Ma chanson de liberté | Battisti : un hymne
Ci-dessus, un play-back pour la télé espagnole
avec une incrustation de la RAI.
Ci-dessous, Lucio chante en français lors d'une télévision de 1973.
C'est l'année durant laquelle Hervé Vilard fait un "cover" catastrophique
de cette chanson emblématique.
Plus récemment, Riccardo Cocciante a chanté sur scène ce "Canto libero".
Est-il utile de préciser que c'est bien meilleur ?
En 2002, parmi tant d'autres, Gianni Morandi et Raffaella Carrà l'ont chantée.
C'est, néanmoins, la voix suave de Battisti qui me touche le plus.
Même en français :
La rupture avec Mogol, son auteur, en 1980, eut des conséquences catastrophiques :
dimanche 26 juillet 2026
Ne pas aimer Brahms est un délit *
Johannes Brahms
Sextuor op.18 (II. Andante, ma moderato)
Violon : Massimo Quarta - Giovanni Agazzi
Alto : Danilo Rossi - Clara Garcia
Violoncelle: Enrico Dindo - Nikolay Shugaev
samedi 25 juillet 2026
Battisti : nous l'avons tant aimé
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| Au Festival de San Remo 1969 (RAI) |
Si le grand chanteur et compositeur italien Lucio Battisti (1943-1998) a connu le succès en Allemagne et en Grande-Bretagne (David Bowie l'admirait), il ne fut connu des Français qu'avec le hit Ancora tu au milieu des années 70, qui fit le bonheur des "clubbers" en pleine période disco, qualificatif qu'on ne saurait accoler à cette chanson, rythmée, mais si particulière.
Nos compatriotes ignoraient que ce géant de la chanson italienne avait, avec son auteur Mogol, révolutionné le monde de la pop au-delà des Alpes, au point que le tandem devint incontournable, écrivant notamment pour Mina, laquelle entretint avec Lucio une relation amicale, et enregistra à son tour les œuvres de Battisti, devenu chanteur à la fin des années 60.
Un chanteur "à part", créateur d'une pop poétique inimitable et doté d'une voix totalement différente de celles qui faisaient florès alors dans la péninsule. Une voix fragile, toujours au bord de la rupture, mais parfaitement maîtrisée par le grand professionnel qu'il fut.
De ses innombrables succès, dont certains furent adaptés chez nous (ah, le massacre du chef-d'œuvre Il mio canto libero par Hervé Vilard !), il est une chanson qui, sortie en "single" en 1977, me tient particulièrement à cœur : Amarsi un po' est extraite de l'album La batteria, il contrabbasso ecc. (celui d'Ancora tu).
Entêtante ligne de basse sur le disque, mais ici, un simple guitare-voix empreint d'émotion.
C'est une apparition télé très rare : Battisti n'aimait guère la presse et les médias :
BONUS
La mémoire de Battisti est vivace chez nos voisins :
voici un hommage enregistré à Trévise,
dans un arrangement mi-symphonique mi-jazz
on dit souvent "vibrant" pour les hommages.
C'est le cas :
je compte faire découvrir l'artiste
dans les tout prochains jours
avec mes chansons préférées et notamment
un duo avec ma chère Mina.
vendredi 24 juillet 2026
Gabriele*
J'ai revu l'autre soir un beau film italien intitulé Chronache di poveri amanti (Chronique des pauvres amants). Réalisé par Carlo Lizzani, le film obtint un Prix International à Cannes en 1954 ; il se déroule à Florence dans les années 20, en pleine ascension des fascistes dont les exactions vont finalement bénéficier de la complaisance de la police d'État, jusqu'alors indépendante.
La distribution permet de voir s'affirmer un jeune Marcello Mastroianni dans un registre différent de ce qu'il avait pu montrer jusqu'alors. Antonella Lualdi émeut en jeune mariée que le destin accable, mais qui va connaître un nouvel amour avec le jeune Mario incarné par Gabriele Tinti (1932-1991), qui fut un peu le Delon du cinéma italien.
À l'un des détours de ce film choral très inspiré, on craquera sans honte sur le beau Gabriele, lequel fit une carrière bien remplie où se mêlent péplums, comédies, films érotiques (la série des Black Emmanuelle !) et qui incarna le vrai Don Cesar dans le film de Gérard Oury La folie des grandeurs.
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| Gabriele Tinti et Antonella Lualdi |
Le synopsis de Chronique des pauvres amants :
Florence 1925 – Dans une petite rue de la cité, la Via del Corno, l'observation réaliste de la vie quotidienne, des amours, des contrariétés et des disputes des habitants. Mais, dans un contexte marqué par la montée du fascisme, la surveillance étroite des Chemises noires, le climat de suspicion et de délation, l'existence ne peut plus être la même qu'autrefois. D'autant que les combats meurtriers entre fascistes et antifascistes tournent à l'avantage des premiers…
*Se prononce comme la douce et féminine Gabrielle de la chanson.
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| Gabriele Tinti dans La folie des grandeurs, avec Karin Schubert |
On peut voir ce film, actuellement, sur la plateforme OCS+, qui recèle quelques trésors contemporains et de nombreux classiques.
jeudi 23 juillet 2026
Voici ta vie
Une rareté qui sent le soufre
Projeté pour la première fois dans quelques salles italiennes seulement durant les derniers mois de la dictature fasciste, Ossessione, de Visconti, marque une rupture nette et puissante avec la tradition cinématographique de l'époque. Pour la première fois, le film dépeint la misère des faubourgs, contrastant avec le mythe de la campagne célébré par le régime. Il met en scène l'adultère et le crime, jamais vus auparavant au cinéma des « telefoni bianchi » (téléphones blancs), et expose explicitement le désir homosexuel à travers le personnage de l'Espagnol (interprété par Elio Marcuzzo, ici par Massimo Girotti avec Gino).
La scène fut coupée par la censure et ce n'est qu'en 2017 qu'elle reprit sa place dans la version restaurée par la Cineteca di Bologna d'après la version intégrale qu'avait conservée Visconti.
On peut considérer que la scène autrefois censurée est la première manifestation homoérotique du cinéma italien, qui s'exprime fugitivement à la faveur du craquement d'une allumette.
Craquer pour Massimo Girotti, ça se comprend.
Quand on peut rendre service
a apporté le ballon de la finale, dimanche dernier.
E t
mercredi 22 juillet 2026
Quand le bouffon narcissique de Washington se couvre (une fois de plus) de ridicule
| Bon, t'es gentil, mais tu n'as rien à faire ici |
Le comportement de Donald, hué lors de la finale de la Coupe du monde de football, a fait un sacré ramdam (buzz pour les anglophiles) dans le monde entier
Si vous ne saviez pas, laissons ce sympathique garçon vous expliquer (activez les sous-titres français) :
le joueur espagnol Pau Cubarsi a été élu "meilleur jeune"
de cette Coupe du Monde 2026.
Je l'avais repéré, bien sûr.
| Pau et son trophée |
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| Pau et son sourire : on craque ! |
















