Le blog quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


Tombe, Victor !

Tombe, Victor !
" Tendre, émouvant, ensoleillé, universel "

jeudi 28 février 2019

mercredi 27 février 2019

D'une élégance rare

Jens Christian Hecksher (oui, encore !) par Emilia Staugaard
Belle chemise.
Pour le short, il
vaut mieux avoir son âge.

Errances filmiques et littéraires

Touché par la grâce (de Dieu)


Vous connaissez sans doute l'argument (le "pitch", vulgairement) qui fait de ce film un objet indéfini entre documentaire et fiction.
Tourné avec d'infinies précautions, Grâce à Dieu, en ces temps où "notre sainte mère l'église" commence, enfin, à procéder à son introspection, raconte la naissance de l'association La parole libérée, puis le combat mené par les victimes d'un prêtre pédophile dont les agissements furent couverts par sa hiérarchie et, notamment, les cardinaux Decourtray et Barbarin que l'église a faits successivement "primats des Gaules" (archevêques de Lyon).
On savait que François Ozon est un grand cinéaste qui passe d'un sujet à l'autre avec le même talent, et ce, depuis ses tout débuts, quand il tournait des films en direction de la clientèle du MK2 Beaubourg (pour les lecteurs de nos régions, c'est le cinoche le plus proche du Marais parisien, qui adapte sa programmation à la clientèle du quartier) : Sitcom, Les amants criminels, et, dans une moindre mesure, Gouttes d'eau sur pierres brûlantes, étaient de ceux-là.
Avec 8 femmes, Ozon touchait le grand public, et l'on s'aperçut que ce garçon n'était pas seulement un réalisateur de films "pour pédés" et savait filmer. Il le prouva un peu plus tard avec une comédie scintillante adaptée du théâtre de boulevard (Potiche), un hyper-intelligent Dans la maison (Luchini fut-il jamais meilleur ?), puis avec Frantz, beau grand film triste à voir et à revoir (ah, les images de Pascal Marti !).
Au premier plan : Denis Ménochet, Eric Caravaca, Swann Arlaud et Melvil Poupaud
On s'accorde à dire, tous médias confondus, que Grâce à Dieu est son meilleur film, que j'ai vu à l'Arlequin, en séance de semaine, entouré, en majeure partie, de "cheveux bleus" pas précisément adhérents de la Fédération Nationale de la Libre Pensée. Le générique de fin déclencha néanmoins une salve d'applaudissements (quelle drôle d'idée que d'applaudir au cinéma, jamais compris, ça !) qui indique, peut-être, que l'hypocrisie qui règne depuis des siècles sur une institution à bout de souffle (ceci expliquant cela), est peut-être en train de se fissurer, voire plus.
Car c'est bien de cela - et de beaucoup d'autres choses - que les auteurs nous parlent, nous faisant entrer, dès le début du film dans une famille "catho" presque "tradi" d'où le scandale va naître par la voix et l'action du pater familias joué par un Melvil Poupaud transcendé par le rôle, comme le sont tous ceux qui vont mener le combat avec lui : toujours parfait Denis Ménochet (Jusqu'à la garde), l'ex-beau voyou Swann Arlaud, toujours beau mais déglingué, Bernard Verley en ecclésiastique prédateur vieilli et incapable d'assumer ses actes ou de demander pardon, et tous les autres, remarquablement distribués ("castés" dirait-on chez Trapenard). Des actrices, on retiendra surtout LA Balasko (enfin !) et la grande Hélène Vincent en mères de victimes, de celles qui n'ont rien vu, ou, pire, ont joué les autruches.
La rigueur avec laquelle Ozon, qui en est également le scénariste, mène son récit, le rythme, avec un montage au scalpel, font de Grâce à Dieu un film dont le cinéma français peut être fier.

Pour une fois, les accroches

Escroquerie vaticanesque, tel père tel fils, copinage et indécisions 


De Gide, finalement, je n'aime vraiment que le Journal et Les faux-monnayeurs. Ce dernier parce qu'il fut l'une de mes plus agréables lectures d'adolescent, à l'âge où l'on commence à savoir lire entre les lignes.
Bon, je suis un peu injuste avec un auteur qui sut se révéler relativement tôt, une fois sa notoriété bien établie : L'immoraliste et Si le grain de meurt ne sont certes pas à ignorer et contiennent quelques très belles pages, de même que cette nouvelle (ou roman court si on préfère) intitulée Le ramier qu'on ne craindra pas de définir comme assez bandante si ma mémoire ne s'égare pas.
Quant aux Caves du Vatican, que je découvre sur le tard, c'est amplement dispensable : le Saint-Siège est certainement très à la mode actuellement, mais cette histoire d'escroquerie fin de siècle (l'avant-dernier) est écrite dans un style désuet, quasiment illisible de nos jours, d'autant que je sortais du dernier Goncourt, Leurs enfants après eux, écrit à la hache et peut-être bien au hasch, par un Nicolas Mathieu qui nous fait faire, donc, un bond de près de deux siècles, pendant lesquels furent publiés des œuvres autrement moins légères que l'historiette un brin compassée de Dédé, qui se risque néanmoins à glisser ça et là quelques allusions à des mœurs assurément mezzo-mezzo du jeune et beau Lafcadio, meurtrier d'occasion qui a dû bien faire rigoler Genet si tant est que ce dernier ait lu le roman jusqu'au bout.
Mais je m'égare et préfère revenir à moi, vous disant que j'emporte avec moi en Italie la semaine prochaine (où je vais musarder mais aussi bosser, cette fois) l'oeuvre de Giorgio Bassani Le roman de Ferrare, qui est la somme des œuvres du grand écrivain italien consacrées à sa ville.
On y trouve bien sûr Le jardin des Finzi Contini dont V. De Sica fit un film d'une grande beauté et Les lunettes d'or devenu coproduction italo-française de Giuliano Montaldo où Philippe Noiret interprète le Dottore Fadigati tombé en amour pour son malheur d'un bel Eraldo joué par Nicola Farron (v. billet précédent).
L'intérêt de ce Roman de Ferrare, c'est, pour moi la découverte des autres œuvres relatives, Dans les murs, Derrière la porte, Le héron et L'odeur du foin
L'intérêt de cette belle édition réside également dans les documents exceptionnels qu'elle recèle, dont un avant-propos de Pier Paolo Pasolini intitulé " L'histoire de Bassani commence commence par un doute : F. ou Ferrare.", des entretiens donnés en leur temps par Bassani, une chronologie, une bibliographie et une filmographie, et, enfin, un plan et des vues de Ferrare.
Tasso en prison, visité par Montaigne par Fleury Richard
Ferrare, où je vais aller dans quelques jours sur les traces de Bassani et du grand poète Torquato Tasso ("Le Tasse", en France !?) que le Duc d'Este fit enfermer à l'asile d'aliénés local où Montaigne lui rendit une visite relatée dans ses Essais
À Ferrara souffle encore l'esprit du grand musicien et compositeur Girolamo Frescobaldi et, plus près de nous, celui du grand cinéaste Michelangelo Antonioni.

On affiche la couleur !
Auteur, il y a quelques années, d'une biographie de Roger Peyrefitte* fort bien documentée, Antoine Deléry nous livre aujourd'hui un roman que l'on peut qualifier de "polar gay" qui ravira les amateurs du genre.
Malgré quelques maladresses et baisses de rythme, Un homme décidé** se lit agréablement, qui nous plonge dans les milieux glauques de la pornographie homo où se déroule essentiellement l'enquête, mais nous permet de respirer de temps à autre les embruns de l'île de Ré en compagnie d'un beau voyou qui a fait craquer le narrateur et l'entraîne dans des péripéties de nature à bousculer ses jours tranquilles en rivages atlantiques.
Si le titre semble avoir été "décidé" à l'emporte-pièce, si la photo de couverture peut apparaître racoleuse, le roman-policier de Deléry est tout à fait digne d'intérêt.

Difficile d'écrire sur le travail d'une personne que l'on connaît, et qui, de surcroît vous adresse une très touchante dédicace, et je me suis efforcé à la plus grande objectivité, sans manier l'encensoir.
Je souhaite à Antoine Deléry de "vendre" au moins autant d'exemplaires de son roman que j'en ai écoulé et écoule encore de mon Tombe, Victor ! dont le manuscrit avait été refusé par H&O en son temps.

* Roger Peyrefitte le sulfureux, par Antoine Deléry (H&O éd.)
** Un homme décidé par Antoine Deléry (même éditeur)

Bonus

Jamie Platt par Annemarieke van Drimmelen

Moi, les garçons,
c'est (surtout) comme
ça que je les aime.


Les lunettes d'or



Philippe Noiret et Nicola Farron dans Les lunettes d'or (Giuliano Montaldo 1987)
Rupert Everett y est excellent dans le rôle de Davide.
La bande originale, magnifique, est signée (on pourrait écrire "évidemment") Ennio Morricone.
Voir l'article suivant (chronologiquement) Vagabondages filmiques et littéraires


Fadigati découvre Eraldo sous la douche. Ici, tout commence. Et tout finit. (Capture d'écran)


On peut voir le film en italien sous-titré en anglais : appuyer ici

mardi 26 février 2019

Jens Christian

Jens Christian Hecksher par Emilia Staugaard
C'est
bien
parce que
c'est
vous.

Tardif

J'ai
failli
oublier
la photo
quotidienne
de l'ange de la semaine,
Jens Christian Hecksher :


Demain

Demain, un vrai billet avec des mots, des phrases,  des paragraphes,  de la ponctuation, et des images. 









Photo-Danseurs-Gravite-13Rob Woodcox : lien

Très grande chanson

C'est l'une de mes chansons italiennes préférées.
L'un des plus beaux chants d'amour qui soit.



Butterò questo mio enorme cuore tra le stelle un giorno 
Giuro che lo farò 
E oltre l'azzurro della tenda nell'azzurro io volerò 
Quando la donna cannone 
D'oro e d'argento diventerà 
Senza passare dalla stazione 
L'ultimo treno prenderà 
E in faccia ai maligni e ai superbi il mio nome scintillerà 
Dalle porte della notte il giorno si bloccherà 
Un applauso del pubblico pagante lo sottolineerà 
E dalla bocca del cannone una canzone suonerà 
E con le mani amore, per le mani ti prenderò 
E senza dire parole nel mio cuore ti porterò 
E non avrò paura se non sarò bella come dici tu 
Ma voleremo in cielo in carne ed ossa 
Non torneremo più 
Na na na na na na 
E senza fame e senza sete 
E senza ali e senza rete voleremo via 
Così la donna cannone 
Quell'enorme mistero volò 
Tutta sola verso un cielo nero nero s'incamminò 
Tutti chiusero gli occhi nell'attimo esatto in cui sparì 
Altri giurarono e spergiurarono che non erano stati lì 
E con le mani amore, per le mani ti prenderò 
E senza dire parole nel mio cuore ti porterò 
E non avrò paura se non sarò bella come vuoi tu 
Ma voleremo in cielo in carne ed ossa 
Non torneremo più 
Na na na na na na 
E senza fame e senza sete 
E senza ali e senza rete voleremo via

Parole Francesco De Gregori

Un traduction approximative :

Je jetterai mon énorme cœur parmi les étoiles un jour
Je jure que je le ferai
Et au-delà du bleu du chapiteau, je volerai dans le bleu du ciel. 
Quand la Femme Canon deviendra d'or et d'argent
Sans passer par la gare, elle prendra le dernier train.
A la figure des sournois et des prétentieux, mon nom brillera. 
Aux portes de la nuits, le jour s’arrêtera.
Un applaudissement du public le soulignera
Et de la bouche du canon, une chanson résonnera.

Et avec mes mains, mon amour, je te prendrai par la main
Et sans dire un mot, je t'emporterai dans mon cœur 
Et je n'aurai pas peur si je ne suis pas belle comme tu le veux
Mais nous volerons dans le ciel en chair et en os, nous ne reviendrons plus.

Et sans avoir faim ni soif, sans ailes ni filet, nous nous envolerons au loin.

Ainsi, la Femme Canon, cet énorme mystère, vola
Et toute seule, elle se mit en chemin vers un ciel tout noir.
Tout le monde ferma les yeux à l'instant même où elle disparut.
D'autres jurèrent et déclarèrent qu'ils n'avaient jamais été là.

Et avec mes mains, mon amour, je te prendrai par la main
Et sans dire un mot, je t'emporterai dans mon cœur 
Et je n'aurai pas peur si je ne suis pas belle comme tu le peux
Mais nous volerons dans le ciel en chair et en os, nous ne reviendrons plus.

Et sans avoir faim ni soif, sans ailes ni filet, nous nous envolerons au loin.

Désespoir


lundi 25 février 2019

Ce garçon* semble studieux...


mais
faut-il
se fier à
son air angélique ?

*Jens Christian Hecksher, photographié ci-dessus
par Adam Katz dans les coulisses de la dernière
semaine de la mode de Paris (en janvier dernier) sera, 
vous ne m'en voudrez pas, mon ange (ou démon ?) de la semaine.


Adieu et merci, Mr Stanley Donen !

Le cinéaste Stanley Donen est mort d'une crise cardiaque samedi dernier 23 février à l'âge de 94 ans.
C'était un grand pourvoyeur de bonheur.
Gratitude.

Chantons sous la pluie

Drôle de frimousse

Un jour à New York

Un jour à New York

Filmographie de Stanley Donen : ici

L'un des films de Donen que je préfère :

Titre français : Voyage à deux 

Sublime Audrey Hepburn

C'est lundi, baby !


Je suis sûr
que quelqu'un
va nous dire de qui
il s'agit, non ? *
En attendant, 
je le fouloulouise !

*Voilà : Gustavo Vito Basso, de nationalité argentine. Et sans doute d'origine italienne, comme de nombreux Argentins.
Merci à Xersex pour l'identification.
Merci de me donner son numéro pour une invitation à dîner.

dimanche 24 février 2019

Prenons tout le temps


et 
bon 
dimanche !

Cadeau : Adam à Paris

Adam Laloum joue aujourd'hui au concert de 11 heures du Théâtre des Champs-Élysées.
Au programme, la Sonate n°20 Op. 78 D.894 Fantaisie de Schubert et la Fantaisie Op. 17 de Schumann.
Ci-dessous, un "bis" de son concert de l'an dernier dans les mêmes lieux
(Schubert : Moments musicaux n°2).
Avec de tels musiciens, le piano français a encore de beaux jours devant lui.

Alexander à Milan

Milan mercredi 20 février : Alexander Malofeev entre sur scène, 

Beau Robbie

Robbie McKinnon par Yann Faucher

samedi 23 février 2019

C'est carnaval !




Le carnaval de Venise se déroule actuellement et se terminera le 5 mars.
Pas de réel intérêt : c'est un machin à destination des touristes, qui permet de remplir les caisses pendant une période autrefois bien tranquille.
Si bien qu'on ne sait plus, aujourd'hui, à quel moment de l'année on peut retourner à Venise.
En tout cas, jamais en période de vacances scolaires.
Le carnaval me donne au moins l'occasion de montrer le travail kitschissime, pour le magazine Drama, du photographe Ram Shergill qui a de bien jolis modèles.
On peut voir toute la série (prétendument inspirée par le Caravage) ici : cluc





Caravagesque


Aujourd'hui, je fais dans le kitsch.
Mais bon, ce Rory Finn, photographié
ici par un certain Scallywag Fox, n'est pas repoussant loin de là.
Et puis, j'aime bien l'humour de la seconde photo, déjà diffusée ici, il y a longtemps.



Bacchanale

Photo Michelle Du Xuan
Les soirées de l'ambassadeur
sont de plus en plus sympa, non ?

mercredi 20 février 2019

J'y reviendrai, mais

Grâce à Dieu
de François Ozon 
est un grand film 
indispensable.

James

James (?) par Paola Vivas

Kaiser ?

J'entends et vois les hommages.
"Kaiser de la mode" : je n'aime pas ces termes.
Certes, un créateur de mode vient de mourir, dont les cendres rejoindront, nous dit-on, celles de sa chatte Poupette (ou un truc comme ça).
C'était un homme toujours muni d'un éventail dont il jouait avec dextérité.
Dans la France d'aujourd'hui qui saigne, sous ces déferlements de haine, je n'ai pas le cœur à célébrer la France du futile, des mondanités, du luxe.
Un homme est mort qui était célèbre.
Compassion à ses proches qui le pleurent.
Mais ce pays, et, tout autour, de nombreux pays européens, a surtout besoin d'air.
D'un éventail salvateur.
Espérons !



Gustave Caillebotte | 1848-1894

Jeune homme à la fenêtre (1875)

Ivo Pogorelich d'hier à aujourd'hui



Ivo Pogorelich (né à Belgrade en 1958), l'un des plus grands pianistes actuels, fut un jeune homme d'une beauté remarquable.
Ces photographies datent, je pense, de son premier récital à Carnegie Hall en 1981.
Un an auparavant, le jeune pianiste est éliminé au deuxième tour du fameux Concours Chopin de Varsovie. Martha Argerich, indignée de la mise à l'écart de celui qu'elle considère comme un génie du piano, démissionne alors du jury : ce scandale est à l'origine de la carrière exceptionnelle de ce pianiste différent en tous points de ses confrères. Un récital de "Pogo" est toujours un événement extraordinaire.
Guettez les programmes de concerts : on l'annonce pour bientôt en France ; dont à Paris le 20 mars à huit heures et demie du soir Salle Gaveau.





Malgré les toux et raclements de gorge intempestifs, on écoutera avec bonheur l'enregistrement d'un récital enregistré le 7 mai 1990 à Carnegie Hall.
Au programme, Haydn, Brahms, Liszt - Entracte - Scarlatti, Chopin, Scriabine, et Balakirev en bis.
Trop stylé, comme dit l'un de mes "grands" !
C'est là : slic

Ivo Pogorelich aujourd'hui - Site : par là