Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


mardi 18 août 2026

Ce qui m'émeut

Photo de l'indispensable Winter Vandenbrik

Piano du matin : le fiston de J.S.B, toujours moderne

 Le Solfeggietto de Carl Philipp Emanuel Bach est l'un des passages obligés de l'apprentissage du piano.
Toute ma gratitude à Luca Sestak et à ses deux complices, qui en donnent ici une version rajeunie qui nous éloigne de l'atmosphère compassée des concours de piano, lesquels mettent trop souvent cette œuvre à leur programme.

La sieste

 

Huile sur toile d'Antonin Ivanovitch Soungouroff (1945)

lundi 17 août 2026

Pas gagné

Touchant, oui, mais c'est une attitude qui devrait être normale, mais qui peut vous attirer de gros ennuis. Gentils amoureux, soyez prudents !

J'enrage : tout leur va.

Photo Marty Korn pour Blu French

 Même ça :

dimanche 16 août 2026

Quelle gourde ! (1)

 

(1) Moi, jaloux ? Mais enfin...

Forty Love nous met l'eau à la bouche

Romeo Beckham et ce cher Paul Kircher
Paul Kircher, Romeo Beckham (fils de l'autre), Catherine Deneuve, Guillaume Canet et… Benjamin Voisin !
C'est la modeste distribution de Forty Love, de Pierre-Ange Carlotti, que l'on pourra découvrir en salles le 25 novembre.
Beaucoup de mystères autour de ce film, dont on sait pourtant qu'il met en scène une histoire d'amour et de sexe entre les deux premiers de la liste ci-dessus.
Voyez plutôt le synopsis :

Sacha Gallo a 21 ans et ne sait faire qu’une chose : jouer au tennis. Entraîné depuis toujours par son père, ils rêvent ensemble de décrocher leur premier grand titre à Paris. L’arrivée d’un nouveau rival va bouleverser ses certitudes. Sacha devra faire face à un autre défi : l’amour. Un adversaire inattendu, aussi puissant que redoutable.

Je salive !

Poussez les meubles, le nouveau JUNGLE est là !

 Le groupe Jungle (souvenez-vous du concert dans le métro d'Arte) livre, cette année, un album qui devrait embraser les pistes de danse. Cette troupe fait montre, sur scène, de vrais talents de musiciens multi-instruments confondants. 
Un savant melting-pot de disco, de jazz, de rhythm and blues, de funk où la joie de vivre domine : le besoin s'en faisait ressentir, non ? !
Quant aux vidéoclips, ils mettent en mouvement des danseurs exceptionnels.

Apprenons les chorégraphies et bougeons !

samedi 15 août 2026

Pour le quinze août, un cadeau somptueux !

J'ai bien pesé mes mots !
c'est, filmé et restauré en 4K, avec le son adéquat,

l'intégralité du Lac des cygnes de Tchaïkovski
à l'Opéra de Vienne en 1966, avec, retenez vos spasmes, Margot Fonteyn
et 
Rudolf Nureyev !
Orchestre symphonique de Vienne dirigé par John Lanchbery.
Chorégraphie et mise en scène de Rudolf Nureyev.
Historique.


Nota
J'ai la chance :
d'avoir un abonnement YouTube Premium (pas de pubs intempestives),
un grand écran et une installation Haute Fidélité pour un son tel que les restaurateurs l'auront souhaité.
Pour ce genre de production, c'est indispensable, pensè-je.

vendredi 14 août 2026

Tourisme : les beautés de Casoli

Un visiteur du photographe Will McBride à Casoli, Abruzzes (It.) en 1981


Qui a dit qu'il n'y a pas grand-chose à visiter à Casoli ?
Si un garçon de même envergure veut visiter Paris, j'accueille.

Piano du matin : Bill Evans et la révolte des esclaves

Je ne mourrai pas complètement idiot :
je croyais bien connaître le répertoire de Bill Evans et voici que l'algorithme de YouTube me permet de découvrir cette perle : le grand pianiste avait enregistré le thème principal, composé par Alex North, du film Spartacus, de Stanley Kubrick.
C'est chaud.
J'adore.



Le ragù de Tommaso

 Les spaghettis à la bolognaise, ça n'existe que dans nos lieux communs, d'autant que ce plat populaire ne se conçoit qu'avec des tagliatelles
La recette vient assurément de Bologne et se nomme pasta al ragù. Le moins italianophile d'entre nous comprendra sans le moindre doute le dernier mot. Un ragoût, oui, longuement mijoté, dont notre jeune ami Tommaso nous donne aujourd'hui un aperçu de la recette originale. Il promet d'entrer dans le détail (mon dieu !) tout prochainement.

mercredi 12 août 2026

Affalé

Photo Peter Depotter

Qu'est-ce qu'une grande chanson ?

 C'est la chanson préférée de mon grand frère, qui m'a appris à l'aimer.
La version originale est composée et interprétée par Maurice Fanon  :



À mon grand étonnement, j'en ai trouvé une belle version piano-voix par Hervé Vilard, qui l'interpréta lors d'un concert "à thème" de France Musique en 2019, et que voici :



Si je porte à mon cou En souvenir de toi Ce souvenir de soie Qui se souvient de nous Ce n'est pas qu'il fasse froid Le fond de l'air est doux C'est qu'encore une fois J'ai voulu comme un fou Me souvenir de toi De tes doigts sur mon cou Me souvenir de nous Quand on se disait vous Si je porte à mon cou En souvenir de toi Ce sourire de soie Qui sourit comme nous Sourions autrefois Quand on se disait vous En regardant le soir Tomber sur nos genoux C'est qu'encore une fois J'ai voulu revoir Comment tombe le soir Quand on s'aime à genoux Si je porte à mon cou En souvenir de toi Ce soupir de soie Qui soupire après nous Ce n'est pas pour que tu voies Comme je m'ennuie sans toi C'est qu'il y a toujours L'empreinte sur mon cou L'empreinte de tes doigts De tes doigts qui se nouent L'empreinte de ce jour Où les doigts se dénouent Si je porte à mon cou En souvenir de toi Cette écharpe de soie Que tu portais chez nous Ce n'est pas pour que tu voies Comme je m'ennuie sans toi Ce n'est pas qu'il fasse froid Le fond de l'air est doux

Il existe, notamment, une belle version "latino" par Jairo :

mardi 11 août 2026

L'ange à travers les âges

 

L'intelligence artificielle, bien utilisée, a parfois du bon.
Souhaitons qu'elle ne pallie pas la bêtise universelle.
(Via VGraphs)

lundi 10 août 2026

Pierre et Gilles, toujours créatifs

Les films de ma vie (3)

Le talentueux Mr Ripley, d'Anthony Minghella (1999) d'après Patricia Highsmith; sorti 40 ans après Plein Soleil de René Clément, avec Alain Delon, Maurice Ronet et Marie Laforêt. Cette version dissipe toutes les ambiguïtés de la première.
Je suis tombé amoureux de Matt Damon quand je l'ai vu.
Je suis même prêt à aller voir L'Odyssée, c'est dire.


Leurs jours heureux

 

Une autre vignette extraite de Playing House
de la réalisatrice britannique Lydia Garnett.

dimanche 9 août 2026

Quand on s'éclatait en boîte

1993 | Photo de Gerard Wessel

Concert : deux très grands au service d'un géant | Historique

Jean-Sébastien Bach : Concerto pour deux violons et orchestre  
Yehudi Menuhin et David Oistrakh.
Enregistrement de 1958, salle Pleyel, Paris
Orchestre de la RTF, direction Philippe Capdevielle, réalisé par Philippe Truffaut :
Deux des plus grands musiciens du XXᵉ siècle
dans une œuvre immortelle de Bach, mais qu'est-ce qui n'est pas immortel chez JSB ?
Évidemment, l'enregistrement est "d'époque" et les orchestres d'aujourd'hui sonnent différemment. Quelle merveille, cependant !

Les cantuccini, quel régal ! Un regalo, anche !*

Les cantuccini, ce sont ces biscuits, d'amandes incrustés, que l'on déguste à Florence, trempés dans un verre de "vino santo". À Paris, n'ayant trouvé ce breuvage, j'ai tenté avec du Banyuls blanc, qui ne m'a pas téléporté en Toscane, mais qui fut néanmoins une agréable compensation.
L'indispensable Alessandra Pierini en a fait son goûter, accompagné d'une "zuppa al limone" :


On trouve des cantuccini chez Carr.... 
On les fabrique également en Corse.
* Un cadeau, aussi !

Lui, soleil, mer, lui

 
Playing House de la réalisatrice britannique Lydia Garnett, c'est le luxe de ne rien faire. Tout en remettant en question la notion de rôles traditionnels des sexes, les vignettes mettent en valeur l'intimité entre les êtres.

samedi 8 août 2026

Jeunesse noire sur sable blanc

Plage de Malindi, Kenya | Photo d'Axel Jozeph

Troye Sivan - HEAVEN

J'aime ce clip de la "popstar" gay Troye Sivan.
Les images anciennes des moments douloureux de notre histoire commune devraient "nous parler" à toutes et tous.

vendredi 7 août 2026

Beau et nu

Samuel, par Sasha Olsen

Un beau couple de cinéma

 

Elordi, Fouloulou d'honneur !

Diego Calva, tellement sensuel !

J'ai revu Les Indomptés (titre original On Swift Horses), ce film de Daniel Minahan, sorti en avril de l'année dernière, qui fit un bide monumental en nos contrées.
Ce flop, à la nouvelle vision, m'est apparu incompréhensible : un scénario qui tient la route (c'est l'adaptation d'un roman éponyme sorti en 2019), une très belle photo, une bande-son toute imprégnée de nostalgie et un casting imparable !
Après un premier rôle remarqué dans Babylon de Damien Chazelle (quel film de fou !), c'est la réapparition de Diego Calva, dont le personnage vit une torride histoire d'amour avec celui qu'incarne Jacob Elordi (Fouloulou d'honneur) qui ne semble pas détester les rôles gays (voir Euphoria ou Saltburn).
Film dont la teneur ferait hurler le zinzin de Washington (il y a, en contrepoint judicieux, une liaison saphique), Les Indomptés ne méritait pas l'injustice subie lors de sa brève sortie en salles. 
Il est heureusement visible, en location ou à l'achat, via les plateformes de VOD.
 

Une passion torride, vous dis-je !
En sus:
J'ai noté des références au grand Douglas Sirk, mais également, l'intrigue tournant beaucoup autour du jeu, au Casino de Martin Scorsese.
Saint Fouloulou, priez pour nous.

"La condition humaine"

De René Magritte, 1935

jeudi 6 août 2026

D'ébène

 Je maudis les blogueurs qui ne citent pas leurs sources.
J'ai pu remonter, heureusement, au fil de l'eau : c'est une photo d'Axel Joseph, prise en Guinée. 

Piano du matin : Pour "Furyo"


Ryuichi Sakamoto (1952-2023),
très grand musicien et compositeur,
nous a laissé de très belles musiques de films,
dont celle de Furyo, ci-dessus, dans lequel il
incarne le bel officier qui entretient un rapport ambigu
avec le personnage interprété par David Bowie.
On ne peut tout citer, mais je retiens
particulièrement celle, oscarisée, du Dernier Empereur de Bertolucci,
du Revenant d'Iñárritu, pour lequel il a aussi composé la B. O. de Babel
Sa dernière œuvre au cinéma est la musique du 
très beau film L'innocence, de Kore-eda.
Hors 7ᵉ art, une multitude de compositions, jouées lors de concerts et récitals à travers le monde.

On peut podcaster les deux émissions que France Musique lui consacra après son décès :
ici

L'innocence

L'innocence de Hirokazu Kore-eda (2023)
Je reverrais avec plaisir ce film qui m'avait grandement ému.
Musique de Ryuichi Sakamoto (voir billet suivant)

lundi 3 août 2026

Au sauna (au plus hot des cieux)

 

Josh O'Connor et Mike Faist dans
Challengers de Luca Guadagnino (2023)

Josh O'Connor dans Seule la terre
Jusqu'à présent, Guadagnino n'a jamais retrouvé la veine de Call Me by Your Name.
Challengers, romance mettant en scène un amour à trois dans les milieux du tennis,
est hautement dispensable, en effet. Il en est un peu différemment de Queer, qui a divisé critiques et spectateurs.
En revanche, l'acteur britannique Josh O'Connor n'arrête plus de tourner : remarqué dans deux ou trois séries, dont une adaptation très honorable des Misérables (il est Marius) et pour un petit rôle dans l'excellent Peaky Blinders, on le voit débuter pour le grand écran dans une histoire mêlant, c'est le mot, quatre jeunes gens en goguette (décidément !) : Hide and seek.
En 2017, il était l'un des protagonistes de Seule la terre, histoire d'amour gay et agricole de haut niveau.
En 2025, il nous a émus dans le très beau film La Chanson du souvenir.
O'Connor, à l'affiche du dernier Spielberg et dans trois films à venir cette année, ne semble pas sur le point de disparaître des écrans.

dimanche 2 août 2026

Le fruit de l'été

Stepan, par A. Yantyushev

Concert du dimanche : quel phénomène !

Des cinq concertos de Beethoven, c'est mon préféré.
Dans mes plus jeunes années (hier, quoi !), je l'avais découvert par Rubinstein.
Ici, l'incroyable Yunchan Lim, dont le répertoire va, déjà, à vingt-deux ans, de Bach à Ravel, en incluant Scriabine et l'injustement méconnu Mompou,
nous bluffe une fois de plus : il "comprend" tout ce qu'il joue !
La direction d'orchestre est assurée par le grand Myung Whun Chung.
Association de bienfaiteurs pour une heure de musique salvatrice.

samedi 1 août 2026

Tommaso fait son miel

 Notre adorable garçon à la voix de basse a de saines occupations estivales :


Un moment de détente bien mérité :



Perles

Jean de Beauséant, plombier-zingueur

vendredi 31 juillet 2026

Idyllique et frais

George Platt Lynes : Bathers at Stoneblossom (années 50)

Le petit monde de Christopher

L'écrivain Christopher Isherwood et un "ami"
sur l'île allemande de Rügen (mer Baltique) en 1931.
De ce séjour en Allemagne, Isherwood rapporta
la matière de son roman Adieu à Berlin,
qui inspira la comédie musicale et le film Cabaret.

Un été utile et agréable

jeudi 30 juillet 2026

Évanescent

Photo Michael Descendre

Reichenbach (2) et un cadeau royal !

 Reichenbach et son coréalisateur Gérard Patris obtinrent, en 1970, l'Oscar du documentaire pour L'amour de la vie – Arthur Rubinstein, film passionnant où l'on peut suivre, captés pendant quelques mois, des moments de vie et des extraits de concerts de l'immense pianiste. Ruby (surnom affectueux), bel être humain s'il en fut, n'était pas avare de paroles. Au point qu'il déclara, à propos du tournage :


« [N]ous avons fait ce début de dialogue l'année dernière [en1967], sans musique ; je crois que c'était peut-être mieux sans musique, cela m'a permis de parler tout le temps, ce que j'adore faire [...] J'avais tout le temps quelque chose sous mon nez, qui était un microphone, j'avais tout le temps quelques appareils qui m'attrapaient quelque part, je ne pouvais pas en échapper ! (rires) Donc j'étais absolument livré à ces deux démons et magiciens [les réalisateurs] qui ont eu le génie de pouvoir tirer quelque chose du pauvre moi, qui n'ai rien d'autre à faire que de jouer du piano pas [très] bien et de parler trop. »

Arthur Rubinstein, sur la Croisette le 10 mai 1968, à l'occasion de la présentation officielle du documentaire, devant le micro du journaliste Sélim Sasson.
(Via Wikipédia)

Voici donc ce film exceptionnel.
Le Maître s'exprimant en anglais et parfois en français, le film n'est pas sous-titré.
Mais bon, excusez du peu.
Il avait 82 ans lors du tournage.


Œuvres et extraits 
interprétés dans le film :

Chopin: Polonaise in A flat major, op 53 (Heroic) - more than once! J. Brahms: Piano Concerto 1 in D minor, op. 15 Beethoven: Piano Concerto n°3 in C minor, op. 37 Beethoven: Piano Concerto 5 in E flat major, op. 73 Artur Rubinstein: transcription of Beethoven's string quartet op. 59 1, slow movement. Artur Rubinstein: transcription of the beginning of the Adagio (second movement) of Schubert's String Quintet in C, D 956 F. Chopin: Nocturne op. 27 . 2 F. Chopin: Etude no. 23 in A minor, op. 25 11 H. Villa-Lobos: Polichinelle R. Schumann: Des Abends from the Fantasiestücke, op. 12 S. Prokofiev: March from "Love of Three Oranges" ballet Beethoven: Sonata n° 23 in F minor, op 57 (Appassionata) F. Liszt: Nocturne op 62 n° 3 F. Mendelssohn: Spinning song op 67 n° 4 M. de Falla: Ritual Fire Dance Grieg: Piano Concerto in A minor, op. 16 - finale

mercredi 29 juillet 2026

Ne pas bronzer idiot

 
Intercepté sur la page Instagram du talentueux architecte d'intérieur Jesús Manrique. Lequel, de plus, n'est pas vilain garçon :
Cassis, Bouches-du-Rhône

Reichenbach (1)



Le réalisateur François Reichenbach (1921-1993) aimait les garçons. On trouve sur YouTube (donnez-vous la peine de chercher) des images de ses jeunes amis, filmés, le plus souvent en costume d'Adam. On constate, ci-contre, qu'il savait choisir ses assistants.
Ce n'est pas mon propos du jour, éveillé par ces extraits de tournage du film L'Indiscret, que l'INA (saloperie de service public qui sert à rien !) vient de révéler. Voir ci-après.




mardi 28 juillet 2026

Statistiques pas en toc et autres babioles

 Hier, pour la première fois, les États-Unis ont généré plus de "vues" que la France. Pour compenser les frustrations induites par l'administration Trump ?

Ces derniers temps, la Russie me vaut de nouveaux adeptes. Je pourrais réécrire la seconde phrase du texte ci-dessus en changeant simplement le nom du tyran.

 L'article le plus lu, la semaine dernière, est celui consacré à Ossesione, de Luchino Visconti.
Celui-ci : clic 
J'en suis heureux : il fut un temps où les billets libellés "nudités" tenaient le haut du pavé.
C'est encourageant.

*

Merci pour vos "inquiétudes" en commentaires et en courriels : deux côtes cassées, ce n'est pas si grave, mais c'est très douloureux. Je vais mieux.

*

L'été le plus pourri depuis des lustres 

S'il en était qui doutaient encore du dérèglement climatique, 2026 sonne le glas de leur bêtise.
L'horreur des incendies, en France et ailleurs, et la répétition des périodes caniculaires suffisent à confirmer.
L'attentat de Berlin est de nature à raviver nos craintes : l'islamisme radical, bête immonde parmi d'autres, bouge plus que jamais, pour paraphraser Brecht.

Le monstre sévit aussi au Sénégal : dénonciations, lynchages, manifestations de masse pour dénoncer les pratiques prétendument "contre nature" ont tout pour susciter notre effroi et notre aversion.
Il y a un bon article dans le Nouvel Obs daté du 15 juillet.


La culture morfle

On commence, si l'on en doutait, à imaginer ce qu'il en serait de la culture si l'extrême droite parvenait au pouvoir. En guise de prémices, la commission d'enquête sur l'audiovisuel encore public nous en avait donné un aperçu.
Les maires RN et affidés élus cette année ont commencé à sabrer dans les subventions et à revoir les programmations de spectacles : celui d'Orange* a annulé sous un prétexte futile un show consacré à ce pédé de Freddie Mercury, dans lequel devaient se produire 650 choristes bénévoles.
Il y a d'autres exemples, hélas.
Les commentaires des supporteurs sur les réseaux (a)sociaux me donnent à penser que les électeurs de ce parti sont encore plus cons que ses dirigeants. Mais peut-être ces derniers avancent-ils masqués.
Si ça continue, moi qui ne suis pas un vrai "gauchiasse" (vocabulaire frontiste d'une élégance rare), vais me brancher plus souvent, le dimanche, sur Nova.

Finalement, quelques photos "taguées" nudités, ça fait moins mal. 

Le fond(ement) de ma pensée.
* Ils sont sur tous les… fronts :
dans un premier temps, j'avais écrit "à La Flèche" (Sarthe), où la mairie RN sabre dans les subventions à destination des associations culturelles. 

La canicule revient

Battisti et Mina : une amitié indéfectible, deux immenses talents

 Tout d'abord, Battisti et Mogol écrivirent pour Mina et d'autres artistes. Une amitié naquit entre le chanteur à la voix frêle et la Diva à la voix d'eau et de feu.
Mina reprit maintes fois les chansons de son ami, dont Emozioni, E penso a te ou Insieme.
"Star" depuis les années soixante, elle contribua ainsi à faire de son confrère un inoubliable monument de la pop italienne.
Leur complicité est évidente dans cet extrait d'une émission de la RAI, pendant laquelle ils reprennent ensemble les chansons de Lucio :


Mina avait bon goût : son autre "compère" fut et demeure l'incroyable Adriano Celentano, le chanteur préféré d'un certain Federico Fellini.

lundi 27 juillet 2026

Il mio canto libero - Ma chanson de liberté | Battisti : un hymne


Sans doute l'un de ses plus grands succès.
Ci-dessus, un play-back pour la télé espagnole
avec une incrustation de la RAI.
Ci-dessous, Lucio chante en français lors d'une télévision de 1973.
C'est l'année durant laquelle Hervé Vilard fait un "cover" catastrophique
de cette chanson emblématique.
Plus récemment, Riccardo Cocciante a chanté sur scène ce "Canto libero".
Est-il utile de préciser que c'est bien meilleur ?
En 2002, parmi tant d'autres, Gianni Morandi et Raffaella Carrà l'ont chantée.
C'est, néanmoins, la voix suave de Battisti qui me touche le plus.

Même en français : 


Nota
La rupture avec Mogol, son auteur, en 1980, eut des conséquences catastrophiques :
Les derniers albums, cosignés par son épouse "Velezia" et Pasquale Panella marquent un changement fondamental dans la relation avec les paroles et la structure musicale, ouvertement tournée vers les sons monocordes et électroniques, un assemblage parfois poussé aux limites de l'absurde, s’affranchissant des schémas traditionnels de la chanson italienne. Triste fin de carrière pour cet immense artiste.

dimanche 26 juillet 2026

Ne pas aimer Brahms est un délit *


Johannes Brahms Sextuor op.18 (II. Andante, ma moderato) Violon : Massimo Quarta - Giovanni Agazzi Alto : Danilo Rossi - Clara Garcia Violoncelle: Enrico Dindo - Nikolay Shugaev

* Françoise Sagan ne désapprouverait pas..

samedi 25 juillet 2026

Monts et merveilles


Battisti : nous l'avons tant aimé

 

Au Festival de San Remo 1969 (RAI)

Si le grand chanteur et compositeur italien Lucio Battisti (1943-1998) a connu le succès en Allemagne et en Grande-Bretagne (David Bowie l'admirait), il ne fut connu des Français qu'avec le hit Ancora tu au milieu des années 70, qui fit le bonheur des "clubbers" en pleine période disco, qualificatif qu'on ne saurait accoler à cette chanson, rythmée, mais si particulière.
Nos compatriotes ignoraient que ce géant de la chanson italienne avait, avec son auteur Mogol, révolutionné le monde de la pop au-delà des Alpes, au point que le tandem devint incontournable, écrivant notamment pour Mina, laquelle entretint avec Lucio une relation amicale, et enregistra à son tour les œuvres de Battisti, devenu chanteur à la fin des années 60.
Un chanteur "à part", créateur d'une pop poétique inimitable et doté d'une voix totalement différente de celles qui faisaient florès alors dans la péninsule. Une voix fragile, toujours au bord de la rupture, mais parfaitement maîtrisée par le grand professionnel qu'il fut.
De ses innombrables succès, dont certains furent adaptés chez nous (ah, le massacre du chef-d'œuvre Il mio canto libero par Hervé Vilard !), il est une chanson qui, sortie en "single" en 1977, me tient particulièrement à cœur : Amarsi un po' est extraite de l'album La batteria, il contrabbasso ecc. (celui d'Ancora tu).
Entêtante ligne de basse sur le disque, mais ici, un simple guitare-voix empreint d'émotion.
C'est une apparition télé très rare : Battisti n'aimait guère la presse et les médias :


 

BONUS

La mémoire de Battisti est vivace chez nos voisins :
voici un hommage enregistré à Trévise,
dans un arrangement mi-symphonique mi-jazz
on dit souvent "vibrant" pour les hommages.
C'est le cas :

S'aimer un peu
C'est comme s'abreuver
C'est plus facile
De respirer.
Suffit de se regarder et puis
Se rapprocher un peu
Et ne jamais se laisser
Effrayer non, non !
S'aimer un peu
C'est un peu fleurir
Ça aide tu sais
A ne
https://lyricstranslate.com/fr/amarsi-un-po-saimer-un-peu.html

Rectification à 11 h 52
Pour mes lectrices et lecteurs français,
je compte faire découvrir l'artiste
dans les tout prochains jours
avec mes chansons préférées et notamment
un duo avec ma chère Mina.

vendredi 24 juillet 2026

Le repos d'un guerrier de l'amour

Photo d'Alexandra Vain

Gabriele*


J'ai revu l'autre soir un beau film italien intitulé Chronache di poveri amanti (Chronique des pauvres amants). Réalisé par Carlo Lizzani, le film obtint un Prix International à Cannes en 1954 ; il se déroule à Florence dans les années 20, en pleine ascension des fascistes dont les exactions vont finalement bénéficier de la complaisance de la police d'État, jusqu'alors indépendante.
La distribution permet de voir s'affirmer un jeune Marcello Mastroianni dans un registre différent de ce qu'il avait pu montrer jusqu'alors. Antonella Lualdi émeut en jeune mariée que le destin accable, mais qui va connaître un nouvel amour avec le jeune Mario incarné par Gabriele Tinti (1932-1991), qui fut un peu le Delon du cinéma italien.
À l'un des détours de ce film choral très inspiré, on craquera sans honte sur le beau Gabriele, lequel fit une carrière bien remplie où se mêlent péplums, comédies, films érotiques (la série des Black Emmanuelle !) et qui incarna le vrai Don Cesar dans le film de Gérard Oury La folie des grandeurs.

Gabriele Tinti et Antonella Lualdi

 Le synopsis de Chronique des pauvres amants :
Florence 1925 – Dans une petite rue de la cité, la Via del Corno, l'observation réaliste de la vie quotidienne, des amours, des contrariétés et des disputes des habitants. Mais, dans un contexte marqué par la montée du fascisme, la surveillance étroite des Chemises noires, le climat de suspicion et de délation, l'existence ne peut plus être la même qu'autrefois. D'autant que les combats meurtriers entre fascistes et antifascistes tournent à l'avantage des premiers…

*Se prononce comme la douce et féminine Gabrielle de la chanson.

Gabriele Tinti dans La folie des grandeurs, avec Karin Schubert

On peut voir ce film, actuellement, sur la plateforme OCS+, qui recèle quelques trésors contemporains et de nombreux classiques.
 

Les garçons sur la plage

 

jeudi 23 juillet 2026

Voici ta vie

Image extraite du film Här har du ditt liv du Suédois Jan Troell (1966)
C'est un film d'apprentissage anticapitaliste.