Le blog quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana. Maison de confiance depuis 2007.


Tombe, Victor !

mercredi 30 novembre 2016

L'Italie pleure son cinéma

Un cinéma, à Rome, en 1955. Ne le cherchez pas, il est mort et enterré.
Le cinéma italien fut l'un des meilleurs du monde de la libération à la moitié des années 80. L'empire médiatique édifié par Silvio Berluconi, la multiplication des chaînes de télévision (affligeantes de vulgarité pour la plupart), le manque de soutien de l'état (et pour cause !) ont eu raison de ce qui fut autrefois un fleuron du septième art.
Ainsi, au hasard d'une promenade dans Rome, on sera bien en peine de trouver un salle de cinéma : les survivantes se comptent sur les doigts d'une main. En France, l'exception culturelle a permis de maintenir production et distribution cinématographiques bien au-dessus de l'état où elles se trouvent par-delà les Alpes.
En ce sens, le départ annoncé de Matteo Renzi, qui a considérablement augmenté le budget de la Culture, donne lieu à toutes les inquiétudes.

Le projectionniste du cinéma ci-dessus et son fils

2 commentaires:

palomar a dit…

Permettez-moi d'ajoutez un gros bémol à ce que vous dites ici. Il reste encore quelques salles de cinéma à Rome (en dehors des grands complexes), à commencer par Il Nuovo Sacher, le cinéma de Nanni Moretti dans le Trastevere. Surtout il reste quelques cinéastes qui n'ont rien à envier à leurs collègues français et je commencerai encore par Nanni Moretti et on peut continuer la liste: Marco Bellocchio, Paolo Sorrentino (dont la dernière réalisation est effectivement la série télé The Young Pope que vous signalez dans un autre post), et puis Giuseppe Tornatore auquel fait penser inévitablement la photo du projectionniste mais qui n'est pas seulement le réalisateur de Nuovo Cinema Paradiso (même si La migliore offerta (2013) est sorti en français sous un titre anglais (The Best Offer), même si sa distribution est totalement anglophone (Geoffrey Rush, Jim Sturgess, Sylvia Hoeks, Donald Sutherland), même si le DVD vendu en France n'a que les versions anglaise et française, cela reste un (très bon) film totalement italien dans sa localisation (à part la dernière scène à Prague) et sa réalisation). Et puis il y a Ferzan Ozpetek avec lequel ce blog aurait quelques affinités (mais je sais que vous avez eu des messages au moins sur Il bagno turco et sur Mine vaganti), mais il est d'origine turque, me direz-vous (et son prochain film, à sortir en mars 2017, retourne à Istanbul), ou encore Daniele Luchetti (en particulier avec son Domani accadrà dont je ne me suis pas remis mais qui est inaccessible en français), Mario Martone, les (hélas!) vieux frères Taviani, etc.
Pardon pour ce commentaire trop long mais il faut rendre justice ces réalisateurs qui font un travail de qualité reconnu par une liste impressionnante de prix et de nominations (même si on sait toute la relativité de ces prix).

Silvano a dit…

Oui, palomar : c'est une collection de photos parcourues sur un site qui a provoqué cette réaction que vous jugez excessive. Comprenez bien que je ne saurais critiquer le cinéma italien en tant qu'entité ; je ne suis pas le dernier à en faire la promotion ici. Je déplore seulement qu'il ne bénéficie pas des aides qui vont à notre cinéma ;loin de là. Je déplore aussi que les pouvoirs publics italiens ne lèvent pas le petit doigt quand une salle de cinéma est livrée à la pioche des promoteurs, comme le cinéma America en Trastevere et bien d'autres. Cela ne remet nullement en cause la qualité des films des cinéastes (et vous en oubliez, d'ailleurs) que vous citez : il faut des salles pour que ces œuvres soient diffusées, surtout quand la télévision ne le fait pas. N'ayant pas la chance de vivre à Rome, comme vous, il serait intéressant que vous notiez la proportion de films italiens dans les programmes d'une semaine : je ne serais pas surpris qu'elle soit infiniment moindre que celle des films français ou venus des pays francophones dans nos salles. Cela constaté, et pour terminer avec du positif, saluons le travail de courageux "résistants" (les jeunes de Cinema America Occupato, par exemple)et le travail remarquable de la Cinémathèque de Bologne, ou encore,les séances de cinéma en plein air, l'été, à Rome et ailleurs.