Le blog quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (Louis Arjaillès, aussi). Maison de confiance depuis 2007.


Tombe, Victor !

samedi 11 mars 2017

Babioles (quoique...)

Gourmandises, ou presque

Topinambours, panais, et autres légumes dits "anciens" sont à l'honneur sur les tables "branchées". On les prépare en mousselines, en juliennes. En sorbet, bientôt ? Mère-grand* évoquait rutabagas et topinambours avec une grimace de dégoût : outre l'amertume intrinsèque supposée, c'était, pour elle, réveiller le souvenir de quatre années de privations.
Allez, jouons à la guerre et goûtons !
Le chef a beau être talentueux, inventif - il en faut, de l'inventivité en la matière ! - on comprend aisément pourquoi ces légumes qui, autrefois, poussaient comme le chiendent, sont si peu nobles : ce n'est pas bon, quoi que l'on fasse.
Miam miam !
* Ça m'amuse de désigner ainsi cette femme du peuple qui, jusqu'à sa dernière heure, dut faire des travaux pénibles (le terme "pénibilité" n'avait pas encore été inventé) pour subsister. Jamais on ne l'entendit se plaindre : bien au contraire, elle commençait sa journée en chantant des airs "de variétés", et affichait quoi qu'il arrive un sourire juvénile. J'aimais ses cheveux gris et le rose de ses joues. Non, on ne l'appelait pas "mère-grand", c'était mamée, même pas mamy.

Film de wizoo

Pas mon genre de prédilection, et pourtant, fouloulou !
C'est mon hétéro préféré, celui qui aime que j'exulte, qui nous a baptisés, nous les homos, wizoo, terme de son invention qu'il fait sonner avec tendresse. Je lui projette, depuis ses dix-huit ans, toutes sortes de films ; de Citizen Kane à La fille à la valise (il est fou amoureux de Claudia Cardinale). Vu qu'il est très sensible, il place dans ses films préférés le Cinema Paradiso de Tornatore. L'été dernier, quand nous sommes allés en Sicile, il n'a pas hésité à passer des heures dans un car pour aller sur les lieux du tournage, à Palazzo Adriano où il y a fort peu de choses à voir.
Quand il y a des éléments faisant référence à l'homosexualité dans un film, c'est "un film de wizoo". Il est cependant des films du genre que je préfère regarder seul, car vraiment trop wizoo, et de peu d'intérêt, cinématographiquement parlant.
Bain de minuit. J'adore !
L'autre soir, j'ai regardé Ligne d'eau, l'un de ces films qui figurent dans le catalogue d'Outplay, maison spécialisée, de celles qui envoient leurs brochures "sous pli discret". Je l'ai loué chez Holly Star (location par Internet), qui a une collection baptisée "Coming out" (!). C'est un film polonais, ce qui est déjà courageux en soi, quand on peut imaginer comment l'homosexualité se vit dans ce pays. Le film n'échappe pas au lieu commun de l'homosexualité maudite et, donc, ça finit mal. Et ça m'énerve, ça, dis-je en imitant Jean-Pierre Bacri ! Le film est plutôt bien photographié, et l'acteur principal, Mateusz Banasiuk, excellent, et, de plus, physiquement bouleversant. Le petit ami du personnage principal est davantage du genre "choupinet", mais bon, on ne le renverrait pas s'il venait à s'inviter à la maison.
Le film comporte une scène de sexe qui eût pu relever du glauque si le réalisateur n'avait su la sublimer : j'avoue qu'elle ne m'a pas laissé indifférent. Je fus bien inspiré de pas montrer ce film à mon spectateur habituel : j'aurais eu bien du mal à cacher mon émotion à la vue de cette scène torride.
J'approuve ce qu'en dit François Forestier (critique fiable, il y en a  !) dans l'Obs  :
" Le contexte est lourd, le film, léger, la mise en scène, belle. Tout est dit en quelques plans, en quelques regards. Un cinéma de l’épure : à suivre.  "
De plus, production garantie sans topinambours.

Leo chez Fred


Je voue un véritable culte à Leonard Bernstein : parce que ce fut un grand Chef, qu'il composa West Side Story, qu'il sut admirablement transmettre sa passion de la musique aux milliers d'enfants qui suivirent ses concerts pour les jeunes à Carnegie Hall, magnifique œuvre de vulgarisation dont on ferait bien de s'inspirer dans nos conservatoires, et enfin parce qu'il vécut sa bisexualité tranquillement et avec bonheur.
Sur cette photo, dont j'ignore la date, il joue à Varsovie sur le piano de Frédéric Chopin, qui lui aussi, prétendent certains...
Mais qui, si c'est avéré, dut le vivre avec beaucoup moins de confort, supposé-je.

 

5 commentaires:

Petrus a dit…

Pour les topinambours ou panais, je les apprécie assez (de temps en temps) en ajout dans une purée, mais avec moitié (voire 2/3) de pommes de terre. Seul, le topinambour a un petit goût de cœur d'artichaut, mais il y a des effets secondaires pénibles, et c'est aussi cela qui n'a pas arrangé sa réputation.

estèf a dit…

Votre mamé manquait aussi d'ingrédients pour accommoder ces légumes frustres mais vous Silvano qui me manquait de rien, y compris d'un petit hétéro de salon que vous savez faire mijoter, vous devriez arriver à en faire quelque chose !

Ĵeromo Tanguy a dit…

J'aime bien pour ma part jouer à la guerre des goûtons et réveiller des tubercules oubliés. Mais d'accord, dans tous les cas il faut que ce soit bien cuisiné, et l'art du maître-queux fait toute la différence.

joseph a dit…

" On mange des rutabagas, comme tout l'monde...."suite sur la radio rétro

Jules D. a dit…

Intéressante chronique. Je n'ai pas aimé le film dont vous parlez. J'ai goûté des panais dans un restaurant bien connu de Bordeaux. Bien accommodés, ils passaient très bien l'épreuve de mes papilles. Le tout est de les confier à des experts. Parlez nous donc des salsifis !
Jules