Le blog quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (Louis Arjaillès, aussi). Maison de confiance depuis 2007.


Tombe, Victor !

lundi 20 mars 2017

La nuit des longs couteaux

La caduta degli dei (Les damnés) de Luchino Visconti (1969)

Quand les loups se bouffent entre eux


Outre un prétendu coup d'état fomenté par Röhm et la SA ("section d'assaut" organisée en bandes rompues aux expéditions punitives contre les Juifs et les communistes, organisation "concurrente" de la SS), le prétexte à la vaste purge déclenchée par Hitler entre le 29 juin et le 2 juillet 1934 fut l'homosexualité de son compagnon de route et la débauche généralisée qu'évoque Visconti dans son film (photo) :
« Ses penchants malheureux et connus ont conduit à des tares si détestables que le chef du mouvement et chef suprême de la SA [Adolf Hitler] a lui-même été amené à des graves problèmes de conscience […] L'exécution de l'arrestation a révélé des images moralement si tristes que toute espèce de pitié a été forcée de disparaître. Certains de ces chefs SA étaient en compagnie de prostitués. L'un d'eux a été surpris et arrêté dans la situation la plus obscène. Le Führer a donc donné l'ordre d'exterminer impitoyablement cette pestilence. Qu'il soit ainsi entendu qu'à l'avenir, on ne supportera plus que des milliers d'hommes sains soient contaminés ou compromis par des êtres isolés aux penchants maladifs. » 
 (Bureau de presse du Reich)*

Après la diffusion, jeudi dernier, du très documenté reportage d'Envoyé spécial sur les adeptes de l'ordre brun qui agissent dans l'ombre de la famille Le Pen, on peut craindre, en cas d'arrivée au pouvoir de leur égérie, que les "gays de la marine" ne soient rapidement en proie à un funeste désenchantement.
Les garde-fous de la République devant néanmoins subsister (les premiers temps), il n'est pas question de massacres et de déportation, mais, si ces gens-là venaient aux affaires, on devrait craindre un retour à l'ordre moral, la suppression de libertés essentielles et, sous l'impulsion de la "nièce", l'abrogation, à plus ou moins brève échéance, des lois dites "permissives" votées ces quarante dernières années.
Même si elle ne bégaie pas, dit-on, l'Histoire dispense des leçons qu'on a tort de n'avoir pas étudiées.

* Notice Wikipedia très documentée (ici : clic)
Il y a quelques années j'avais apprécié le livre de Max Gallo : les exégètes me diront...


Enfin, j'ai trouvé cette pépite : l'Académicien Alain Decaux, à l'époque où le public n'avait accès qu'à deux chaînes de télévision, passionnait des centaines de milliers de téléspectateurs avec une émission intitulée Alain Decaux raconte.
C'était un temps où l'on pouvait évoquer Brecht à la télé en étant sûr d'être compris par la majorité des gens.
C'est loin :


La nuit des longs couteaux par MetastazKamikaz

2 commentaires:

joseph a dit…

The knife by Genesis!

Celeos a dit…

Excellent billet. J'avais en tête Les damnés ces jours ci. On en reparlera sans doute.