Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


dimanche 30 mars 2025

À bâtons rompus

Photo Igor Mattio

Bon dimanche !

Andrea Meani au "Parco Simpione", Milan(o)

En ce lieu, situé à quelques mètres du Castello Sforzesco (Château des Sforza) il n'est pas rare, Scala et haut lieu de la mode aidant, de croiser des danseurs ou des modèles bien faits de leur personne.
De plus, des ragazzi plus pasoliniens que nature s'y exercent aux agrès et ça m'agrée.

Tu vas être en retard


On t'a dit qu'on avançait d'une heure, voyons !

Jean Giono à Brescia



"J'entre dans la cour du Broletto et je suis heureux pendant plus de vingt minutes, comme je l'ai été
l'autre soir à Turin, 
c'est-à-dire sans raison bien déterminée. C'est un endroit où l'on attrape le bonheur, comme dans d'autres où l'on attrape la peste."
Jean Giono - Voyage en Italie
J'ai fait ces photos.

Une idée du bonheur

 À Catania/Catane (Sicile), 5 euros la douzaine.
A Paris, c'est vendu à prix d'or.

Si vous passez par Venise


La Caravella
"Pasta con tartufo nero e gamberi."
Le cadre et les mets sont
dignes de la Sérénissime.

À midi, un "aperitivo" généreux
(8 euros le spritz).
Qui dit mieux ?
(C'était en 2016, toutefois.)


samedi 29 mars 2025

Dans un lit de feuilles

Stiven et Juan David par Igor Mattio

Romeo et Julio

Victor, ego

« Tout ce qui augmente la liberté augmente la responsabilité.
Être libre, rien n'est plus grave ; la liberté est pesante et toutes les chaînes qu'elle ôte au corps,
elle les ajoute à la conscience. »

Victor Hugo

vendredi 28 mars 2025

Je frémis au souvenir de toi

Photo Silvano
Il a dit « Je dors là, ok ? ».
- Tu viens dormir pour la douzième fois, Yann, lui dis-je d’une voix cotonneuse.
Et onze fois j’ai subi ton corps contre le mien quand tu t’agites dans ton sommeil, ton souffle quand tu dors sur le côté et ton haleine, ce mélange de pomme et de cigarette blonde ; et puis, quand tu rêves, ce bras qui s’égare sur moi, car tu dois penser à elle ; et moi, tu comprends, je n’en peux plus de cette envie de toi, de ces nuits blanches à espérer, à me dire « jamais » ou « la prochaine fois, qui sait ? ».
Et Yann me foudroie de son sourire "Ultra Brite au goût sauvage", le même que celui du plongeur de la pub à la télé :
- Cette envie de moi, ça fait mal, non ?
Aussitôt, il enlève le slip blanc de tous mes fantasmes, me rejoint sous les draps, enfouit son visage trop beau dans l’oreiller, marmonne :
- Fallait bien que ça arrive, non ? Sois calme, sois tendre, sois doux, et j’aimerai peut-être.
Et moi, je ne serai plus jamais aussi calme, aussi tendre, aussi doux.

Silvano/Louis

Piano du matin : waouh !


Au cours d'une série de "bis",
Yunchan Lim
joue la Sicilienne BWV 1031
du dieu Bach.
Et c'est divin.

jeudi 27 mars 2025

Offert




Mon lion Fouloulou !
des années 2010
est de retour.

Paul Kircher : jamais décevant

Paul Kircher par Adam Peter Johnson

Hippolyte Pérès nous offre un trésor

Le jeune Hippolyte Pérès
ne se consacre pas uniquement
à sa formidable chronique du vendredi sur France Musique.
Il a aussi réalisé ce beau film de 25 minutes autour d'un très beau projet.
Le film Ali.ce retrace la création d’un spectacle de danse dans trois pays : La France, le Maroc et le Royaume-Uni. Ces ateliers proposés par l’association What Dance Can Do offrent des moments de beauté et de grâce à des enfants et adolescents qui évoluent dans des contextes socio-économiques difficiles.

Réalisation : Hippolyte Pérès L'équipe What Dance Can Do : Aurélia Sellier, Dorothée Blacher, Ludivine Louboutin, Tuli Litvak

Scandaleux !

 Et voilà : encore un intermittent "woke" opposé à la liberté d'expression !

mercredi 26 mars 2025

Ragazzi siciliens

 Photo Joseph Wolfgang Ohlert

F. est un salaud : rare et cher, mais...

 Images extraites, (illustrées ici par une chanson d'Isak Danielson) du film F. est un salaud de Marcel Gisler (1998).

Synopsis
Beni tombe amoureux de Fogi, leader et chanteur d'un groupe de rock. L'attitude rebelle de Fogi favorise le désir de liberté de Beni et lui donne la force de vivre sa vie hors du milieu social dont il est issu. Il se dévoue corps et âme a son amant, à tel point qu'il n'arrive plus à réaliser quel homme est vraiment Fogi. Quand il se rend compte que Fogi est au bord de la déchéance physique et morale, Beni tente de se raccrocher à cet amour et se trouve bientôt confronte à la décision la plus terrible de sa vie.

Je n'avais jamais ce film, qui narre une relation sexuelle pour le moins malsaine.
On le trouve en DVD à la Fnac à un prix dissuasif.
Fort heureusement, je l'ai déniché en version intégrale iciclic

Bacio d'amore

 

Stranizza d'Amuri (Fireworks) (2023)

mardi 25 mars 2025

Bonjour, toi !

Avis à la population :
Connor Hill est célibataire.
Si vous avez ses coordonnées, dites-moi.
Ça vaut bien un "Fouloulou", non ?


Piano du matin : Samson François nous parle de Ravel et joue une Toccata incandescente


La date de cet enregistrement n'est pas précisée.
Le pianiste français le plus attachant du vingtième siècle
évoque Ravel dans une langue disparue : le français tel qu'on
le parlait dans les années 60 (apparemment). 
Il joue ensuite la Toccata du Tombeau de Couperin
avec ce jeu incomparable dans le sens du phrasé et
des nuances qui n'appartenait qu'à lui.
Quant à l'œuvre : moderne, plus que jamais moderne !

Émerveillement printanier

Sempé

lundi 24 mars 2025

Le temps des primevères

Photo Pablo Pamucio


Ivresse



 Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.
J’étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m’ont laissé descendre où je voulais.
Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l’autre hiver, plus sourd que les cerveaux d’enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N’ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.
La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu’un bouchon j’ai dansé sur les flots
Qu’on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l’oeil niais des falots !
Plus douce qu’aux enfants la chair des pommes sures,
L’eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.
Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d’astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;
Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rhythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l’alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l’amour !
Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
L’Aube exaltée ainsi qu’un peuple de colombes,
Et j’ai vu quelquefois ce que l’homme a cru voir !
J’ai vu le soleil bas, taché d’horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !
J’ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baisers montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l’éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !
J’ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l’assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !
J’ai heurté, savez-vous, d’incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D’hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l’horizon des mers, à de glauques troupeaux !
J’ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulements d’eaux au milieu des bonaces,
Et les lointains vers les gouffres cataractant !
Glaciers, soleils d’argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !
J’aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d’or, ces poissons chantants.
– Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d’ineffables vents m’ont ailé par instants.
Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d’ombre aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu’une femme à genoux…
Presque île, ballottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d’oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.
Et je voguais, lorsqu’à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir, à reculons !
Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l’ouragan dans l’éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N’auraient pas repêché la carcasse ivre d’eau ;
Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d’azur ;
Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;
Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l’Europe aux anciens parapets !
J’ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
– Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t’exiles,
Million d’oiseaux d’or, ô future Vigueur ?
Mais, vrai, j’ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L’âcre amour m’a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j’aille à la mer !
Si je désire une eau d’Europe, c’est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.
Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l’orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.
Arthur Rimbaud Le bateau ivre
Callum Ball

jeudi 20 mars 2025

Enfin, le printemps !

Luke Kitlen

Ceci n'est pas du patinage artistique

Александр Невский / Alexandre Nevski (1938) Film : Sergei Eisenstein Musique : Sergei Prokofiev La bande sonore optique de l'époque a bien souffert. La voici jouée et synchronisée avec les images par Yuri Temirkanov / Orchestre Philharmonique de St. Petersbourg

Les chevaliers teutoniques, attirés sur le lac gelé par la petite armée de Nevski, ne s'en sortiront pas.
L'un de mes films préférés, cité dans le billet sur Eisenstein du 15 mars que Blogger a censuré. Il suffit de cliquer sur l'acceptation pour en prendre connaissance.

Que le monde est grand !

Sempé


mercredi 19 mars 2025

Un garçon ordinaire ?


Qu'il lise ou non, le sieur Pawel Nowak est fort attachant : écrivain, blogueur, modèle (il peut !), sportif et danseur, ce jeune polonais se définit comme un… garçon ordinaire !

Piano du matin : merveilleux Ravel


Prélude du Tombeau de Couperin
par Seong-Jin Cho Pour écouter l'œuvre dans son intégralité (26 minutes), enregistrée au Carnegie Hall le 5 février dernier, cliquez donc ICI. Quel merveilleux pianiste ! Bonus Document exceptionnel sur la mort de l'immortel Maurice Ravel :

Sans commentaire

 

mardi 18 mars 2025

Caill'ra, va !

Sasha Kurmaz 2016
Et après, ça râle
parce qu'on a 
attrapé la crève !

Chats bada bada *

 Un fidèle commentateur, sous la photo de Charlie Besso publiée hier, faisait la remarque suivante :
"Quel beau garçon, je le plains d'avoir un ami aussi dépendant et collant. Je lui préfère mille fois un ami félin capable de vivre sa vie sans l'humain, même s'il apprécie la gamelle de son esclave, qu'il câline quand il a faim et qu'il snobe quand il a mangé. Merveilleuse liberté d'un félin ! "
Je partage son amour des minous, 
petits et grands. 
La preuve :



* L'erreur est largement répandue : dans la chanson du film de Claude Lelouch Un homme et une femme, Nicole Croisille ne chante pas "chabadabada", mais bien "dabadabada". Justice soit rendue au regretté Pierre Barouh, auteur du texte de cette chanson. Vous pouvez me remercier pour le rétablissement de cette vérité essentielle qui vous vaudra de briller lors de votre prochain souper chez les Guermantes.

Michaël Clifford, né en 1995, guitariste australien du groupe "5 Seconds of Summer", avec son chat Bob.

Benjamin Voisin : osons Camus !

Benjamin Voisin, extraordinaire sur les planches dans Guerre, d'après Ferdinand Céline, est au centre du projet le plus audacieux de l'année 2025 : en avril devrait débuter au Maroc l'adaptation cinématographique de L'étranger d'Albert Camus ! Benjamin sera Meursault, incarné dans le film de 1967 par Marcello Mastroianni. Visconti n'aimait pas son propre film, préférant qu'on l'oublie dans sa filmographie (1). Ne l'ayant pas vu — je suis pourtant un admirateur du grand Luchino —, je suis d'autant plus impatient de découvrir ce qu'Ozon va faire du chef-d'œuvre littéraire de Camus. Vu le talent de l'interprète principal, avec lequel il tourne pour la deuxième fois après Été 85, on ne devrait pas être déçu !

(1) De son vivant, Albert Camus a toujours refusé de voir porter à l'écran L'Étranger (2). Après sa mort, sa veuve contacta le producteur Dino De Laurentiis, exigeant de choisir elle-même le scénariste et le réalisateur. Son choix s'arrêta finalement sur Luchino Visconti, après que Mauro BologniniJoseph Losey et Richard Brooks furent pressentis pour la mise en scène.Marcello Mastroianni qui se libéra suite à l'ajournement du tournage de Il viaggio di mastorna de Federico Fellini, incarna Meursault, alors que Jean-Paul Belmondo, puis Alain Delon, avaient été initialement choisis. Mastroianni finança lui-même une partie du film. (Source Allo Ciné)

(2)
Après Le Petit Prince et Vingt Mille lieues sous les mers, L'Étranger est le troisième des romans francophones les plus lus au monde.

Albert Camus
"Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas."


Entre les deux, mon cœur balance