Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


mercredi 18 février 2026

Hivernales

Cinoche

Une déception, que ce Mage du Kremlin, malgré la participation à l'écriture d'Emmanuel Carrère. Comme souvent, l'adaptation pour l'écran d'une œuvre littéraire est un exercice périlleux, dont François Ozon, il y a peu, s'est sorti admirablement pour son Etranger, que Benjamin Voisin défend avec un talent peu commun.

Le "mage" est ici incarné par Paul Dano, acteur par ailleurs exceptionnel si l'on se souvient, entre autres réussites, de sa performance dans There Will Be Blood de 
Paul Dano

Paul Thomas Anderson, en pasteur halluciné. 
L'acteur ne m'a nullement convaincu dans cette version ciné de l'ouvrage formidable de Giuliano Da Empoli dont ma lecture récente a peut-être influencé quelque peu mon ressenti du film. La réalisation d'Assayas est tout à fait correcte, qui ne parvient pas, toutefois, à nous sauver de l'ennui. L'œuvre parvient néanmoins, pour qui n'a lu le roman, à permettre de comprendre comment Poutine, obscur second couteau des services secrets soviétiques, puis russes, est parvenu à diriger cet immense territoire d'une main de fer. Dans le rôle du dictateur, l'excellent Jude Law fait correctement le boulot, en acteur chevronné qui nous a autrefois impressionnés dans Le talentueux Mr Ripley, et plus encore dans les séries The Young Pope et The New Pope.
Bref, dispensable. 

Jessie Buckley et Paul Mescal, Hamnet

Hamnet, de Chloé Zhao fait partie de ces films dont on ne sait trop quoi penser à l'issue d'une projection saluée par les applaudissements du public, auxquels je ne crus bon de joindre les miens, tant j'étais dans l'expectative. Digestion faite, j'ai trouvé au film moultes qualités : Paul Mescal, en William Shakespeare, y est infiniment plus à l'aise qu'en gladiateur chez Ridley Scott. Il retrouve ici l'intensité de son personnage de Sans jamais nous connaître, l'œuvre bouleversante d'Andrew Haigh sur l'acceptation de soi, mais pas seulement, tant le scénario est habile et les actrices et acteurs parfaits.
Hamnet est un roman, puis film concept, qui évoque l'imaginaire gestation d'Hamlet, faisant fi de toutes les suppositions que les historiens ont pu faire sur les mœurs du grand dramaturge. On nous prive donc d'un William dont on peut penser - de nombreux historiens en tête - qu'il était plus homme à hommes que marié et père de famille.
L'idée qui aboutit à ce scénario n'en est pas moins épatante, qui permet à 
Jessie Buckley, l'épouse, de faire la démonstration, plus encore que Mescal, que l'expression "crever l'écran" peut prendre tout son sens.
Il y a une photographie admirable de Łukasz Żal et une fort belle musique de Max Richter.

Hockey sur glace brûlante

La finale homme de Hockey sur glace des Jeux Olympiques d'hiver 2026 aura lieu le 22 février et quelque chose me dit que cette discipline devrait connaître, cette année, un regain d'intérêt du public.
Le succès de la série Heated Rivalry n'y est pas pour rien, que HBO distille, épisode par épisode, chaque vendredi.
Le deuxième, la semaine dernière, m'a paru un décalque du premier. On a compris l'idée : les deux hommes vont-ils pouvoir baiser plus souvent ? Sont-ils sur le point de tomber amoureux, l'un des deux ayant pris une certaine avance dans le domaine des sentiments ? On le leur souhaite. Je l'écrivais dans un billet précédent, cette saga peu familiale a au moins le mérite de dire que l'homosexualité n'est pas l'apanage des modeux, des coiffeurs et autres vendeurs de boutiques de parfums. A quand un film sur une passion dévastatrice entre deux footballeurs internationaux ? 
Malgré une mise en scène très académique, très "à l'américaine", on reste étonné du succès mondial de la série, qui a le mérite, pour le moins, de pouvoir se glorifier d'un sous-titre qui pourrait être L'homosexualité pour les nuls, tant les choses du sexe sont suggérées, y compris dans le domaine des positions pour accomplir l'acte. Vous me rétorquerez que leur vision sur les sites porno permet de s'en informer, à la différence près qu'ici, c'est tout de même plus esthétique. Le deuxième épisode n'étant finalement qu'une resucée, si je puis dire, du premier, on attend un "twist" pour permettre une vision moins banale de l'histoire. Allez, un mariage, un meurtre, que sais-je, ou, au moins, un autoreverse dans les échanges charnels. C'est vrai, quoi, c'est toujours le même qui a le dessus ! Avec son fessier, c'est du gâchis, ma bonne dame !

N'est pas Camus qui veut

Rhaaa oui, submerge-moi !
Malgré l'homonymie
, Renaud n'est pas Albert et c'est le moins que l'on puisse dire. Le Nouvel Obs consacrait un article au premier, dont on se demande pourquoi ce pseudo-écrivain homosexuel n'est pas homophobe ? C'est sans aucun doute le seul défaut qui lui manque dans l'abjection. L'individu peut se targuer, entre autres saloperies, de l'invention du concept de "grand remplacement"* qui fait le miel des Zemmour et consorts. Faut-il démontrer ici que sa théorie ne tient pas, de même que son révisionnisme des événements douloureux du siècle passé et que son racisme et son antisémitisme, qui en font l'ignoble acolyte d'un Soral, sont à vomir ?
À l'exact opposé de l'humanisme de son prestigieux homonyme, cet homme qui a la haine de "l'étranger" chevillée à l'âme, si tant est qu'il en ait une, est l'un des plus sinistres personnages de la société actuelle. 
Tiens, je ne mets pas sa photo ici, ça polluerait mes pages.
* Le ou les fascistes qui laissent des commentaires anonymes non publiés emploient désormais le terme de "submersion"

Statistik pas en tok

Ce blog connaît un net regain d'affluence depuis quelques jours. Par le passé, me penchant sur le détail des statistiques, je déplorais que les billets de fond arrivent bien après les images taguées "nudités". Étonnamment, il y a foule depuis la Chine populaire ! Les principaux pays demeurent la France et les États-Unis. Ce qui me désole, c'est que l'Italie est dans les limbes ! 
Cela dit, me répétant, je me réjouis que les "vrais sujets" soient pris en considération. En presque 20 ans de présence, c'est rassurant.
À titre d'exemple, capturant mon écran dans mes filets, voici, dans l'ordre, ce qui a suscité l'intérêt lors des 7 derniers jours :

Sinon, vivement le printemps !

Photo Alex La Cruz

mardi 17 février 2026

Foot : pas tous moches

 

Que j'aime cet acteur !

 C'est l'excellent Benjamin Lavernhe qui présentera la prochaine Cérémonie des César :





Que j'aime cette actrice !

 



Ce film aussi.

L'homophobie en Afrique

Selon Le Monde Afrique, début février, douze personnes accusées « d’actes contre nature » ont été arrêtées à Dakar. La parole homophobe se répand ouvertement pendant que les défenseurs des droits sont contraints au silence.

lundi 16 février 2026

Les goûts et les couleurs

 

Ruben Vaquero - Compañía Nacional de Danza (Espagne)

J'adore la couleur de son maillot.

Etienne, élève pianiste aveugle prometteur

Étienne, non-voyant, est l'élève de Marie-Josèphe Jude au CNSM. Seul "avantage" : il bénéficie de l'oreille absolue. Je lui ai fait part de mes plus vifs encouragements.
Écoutez donc ce court entretien à France Musique :

dimanche 15 février 2026

À pas de (foulou)loup

Photographe : Rafael Menezes | Modèle : Alencar Reinhold 2017

Allez Yuja !

Pour ce concert du dimanche, je vous propose le Concerto N° 1 de Félix Mendelssohn.
C'est enregistré à Verbier en 2015.
Yuja Wang est au piano et Kurt Masur dirige.
Du nanan pour les gourmets ! 

J'irai : le prince et son amant

 

Royaume de Prusse, 1730. Au palais de Potsdam, le roi soldat Frédéric-Guillaume surprend l’impensable : une complicité interdite entre son fils Frédéric, le prince héritier, et l’officier Hans Hermann von Katte.
En 1730, dans le tout nouveau royaume de Prusse et sa nouvelle capitale Berlin, le roi Guillaume impose sa démesure martiale à tout l'État et fait régner la terreur dans sa propre famille. Les choses ne pouvaient que mal aller entre un père qui ne s’intéressait qu’à la guerre et à la chasse, et un fils qui ne voulait que jouer de la flûte et lire des poètes français.
Confronté à la brutalité croissante du roi, le jeune prince Frédéric trouve comme allié, en plus de sa sœur aînée Mine, sa confidente de toujours, un fringant officier de la garde royale, Hans-Hermann von Katte, dont il tombe amoureux. Un jour où Frédéric a été battu et humilié publiquement par son père, il décide de s’enfuir vers la France, avec la complicité de Katte. Or le roi fait rattraper les fugitifs, l’ire du souverain est terrible. Des têtes tomberont. Malgré les supplications de la Reine, de la princesse Mine, et de toutes les cours d’Europe, il fait décapiter Katte sous les yeux horrifiés de Frédéric.
Tel est l’argument de l’histoire dont Besset s’est inspiré pour renouer avec la grande tradition française d’une tragédie en alexandrins.

Le petit déjeuner au lit



Cette photographie fleure bon le passé.
Seuls quelques vieux messieurs connaissent le charme désuet des petits-déjeuners au lit, de la dernière livraison d'un journal du jour qu'on parcourt pour être au fait de l'actualité.
Nos anciens ne se ruent pas, sitôt levés, sur leur computer ou leur smartphone, sauf à prendre connaissance des dernières divagations de votre serviteur.
Ici, pourtant, on devine un homme jeune. Je ne veux pas croire (ou voir ?) qu'il s'agit d'une mise en scène. Je préfère penser que ce garçon a pour ligne de conduite la recherche de raffinements oubliés.

samedi 14 février 2026

vendredi 13 février 2026

Bianco e nero

George Platt Lynes - John Leapheart & Buddy McCarthy, 1952

Flagrant délit ?

 


Il filo invisibile
(Film encore visible sur Netflix)
Nota
J'ai ajouté un point d'interrogation au titre après avoir vu le film

Totò : la vis comica

  Totò (1898-1967) est toujours célébré avec ferveur en Italie et notamment à Naples, dont cet homme "de sang bleu" (il était prince !) était originaire. Roi de la pantomime aux expressions du visage très personnelles, comparé à Chaplin et à Buster Keaton, il fit une carrière triomphale au cinéma : il joua dans 97 films !
Comparé en France à Fernandel, il tourna avec ce dernier La loi, c'est la loi, de Christian-Jaque, qu'on qualifiera d'honorable. Tout chauvinisme bu, on reconnaîtra que l'Italien, dans ce film, surpasse quelque peu notre comique national.
Infatigable, malgré quelques accidents de santé, Totò arpenta toutes les scènes de la botte, pour des pièces de théâtre pas uniquement comiques et des revues à la mode de l'époque.
Après une prise de position pour la monarchie qui l'éloigne des écrans, il tourne tout de même le formidable film de Monicelli Le Pigeon, aux côtés de la Cardinale, de Vittorio Gassman et de Marcello Mastroianni et quelques autres films plus ou moins réussis.
Au bout du compte, le comédien a côtoyé à l'écran les plus grandes stars internationales.
L'hommage suprême fut celui de Pier Paolo Pasolini qui en fit la vedette d'Uccellacci e uccellini.
La mort de 
Totò, en 1967, suscita un quasi-deuil national.

Roi de la pantomime aux expressions du visage très personnelles,
comparé à Chaplin et à Buster Keaton, il fit une carrière triomphale au cinéma.

Avec Ninetto Davoli dans Uccellacci e uccellini, de Pasolini
George Clooney, qui tourna un remake du Pigeon, dit de lui : « Il n'était certainement pas un simple comédien, comme Buster Keaton. Ses films pouvaient aussi être muets : il parvenait toujours à transmettre le sens de l'intrigue. Grâce à vos scénaristes et à son mimétisme, un personnage complet transparaît dans ses films : rusé, naïf, mais aussi harcelé par les circonstances de la vie. C'est pourquoi il continuera à être imité, sans espoir de l'égaler. Il y a toujours du suspense dans son jeu : on attend de lui une nouvelle réplique, un clin d'œil, mais sa façon de développer une histoire reste imprévisible. »

Vu l'importance de cette personnalité, la page Wikipédia qui lui est consacrée est complète et très détaillée : clic

mercredi 11 février 2026

Enculés d'homophobes !

 

stop homophobie

📌 PSG convoqué après des banderoles et chants homophobes contre l’OM

Lors du match dimanche au Parc des Princes, une banderole représentait un employé de DPD avec le message « Les Marseillais, c’est des livreurs », rapidement dénoncé. Quelques minutes avant la fin, des chants homophobes ont entraîné une interruption temporaire de la rencontre.

« L’homophobie n’a pas sa place dans les stades ni ailleurs », @auroreberge.fr
« Sur le terrain ou en tribune, c’est non et encore non », @emmanuel_gregoire

DPD France s’est désolidarisé du message.

Pour rappel, @simonnetdeputee avait déjà déposé en septembre une proposition de loi visant à responsabiliser les clubs face à ce type de comportements.

Le PSG pourrait être sanctionné dans les prochaines semaines, amende ou fermeture de tribunes possibles.
 (Via Stop Homophobie | Chanelle Grand)

Alejandro Cialo par Cole Fawcett





" Heated Rivalry " : chaud bouillant !

Connor Storrie, mondieu !

J'avoue que je peine à comprendre le succès planétaire de la série. Non qu'elle soit dénuée de qualités, mais le contexte même, très sexuel – Le secret de Brokeback Mountain, c'est Blanche-Neige, à côté ! — Dans un milieu sportif réputé hypermachiste et homophobe, cela semblait peu propice aux ébats très détaillés des deux principaux personnages.
Dès le premier épisode, on entre dans le vif du sujet, si je puis dire. 

Ah ah ah !


Je ne parle que de ça depuis vendredi dernier.

Timothée est à Paris : le charme, l'intelligence, l'humour, la bienveillance et la détermination incarnés

 "Promo" exige, Timothée Chalamet est à Paris, où il se livre à un marathon, d'interviews en interviews, presse, radios, télés : Marty Supreme, le film qui le mènera peut-être à son premier Oscar, sort en effet en France mercredi 18 février. 
Les trente minutes d'entretien, que France Inter a diffusées lundi dernier, révèlent les qualités mentionnées dans le titre.

On notera aussi l'excellence des questions de Florence Paracuellos et Benjamin Duhamel. Leur pertinence est d'ailleurs signalée par Chalamet, lequel manie notre langue beaucoup mieux que nombre de nos compatriotes.