Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


lundi 10 avril 2017

Intimement

Les deux photos : Michael Descendre

Clair-obscur


Le chemin des contrebandiers (Tombe, Victor ! Livre 2) Extrait 1

Photo Pierre Alivon - DR
Hocine n’est pas pédé. Mais il suffit d’un clin d’œil pour que je descende à la cave avec lui. On se planque derrière les vélos et vient le rituel : je descends mon pantalon et mon slip jusqu’aux chevilles pendant qu’il sort son sexe et l’enduit de salive. Il me pénètre alors sans un mot, sans un soupir, se borne à aller et venir en moi pendant que je me branle. C’est à un soubresaut, à un tressaillement dans mes entrailles, que je sais qu’il jouit, car rien d’autre ne vient m’alerter, pas un râle, rien. Jamais la moindre caresse, jamais un geste tendre, tant mieux. Hocine n’est pas pédé. On est copains, et, en plus, il y a ça, cette chose qu’on fait ensemble, dont on ne parle jamais : juste un regard, et on le fait plusieurs fois par semaine depuis cette après-midi où je suis allé le voir chez lui, quand un plâtre posé à la suite d’un accident de ski l’avait contraint à garder la chambre. On a parlé de cul, on a bandé, et il m’a demandé si j’étais d’accord, et il a dit je suis pas pédé mais faut bien jouir quand on a la trique, et moi j’ai dit OK et je suis pas pédé non plus. À quelques mètres, dans le salon, sa mère recevait ses copines pour le thé. Elle aurait pu surgir à tout moment, mais on avait trop envie, tant pis, et peut-être bien que ça aussi, ça nous a excités. 

Dix-huit ans. Et voilà où Victor Panella en est de l’amour. C’est le même Panella qui, en une indélébile après-midi de printemps, avait ébloui mes quinze ans dans un champ, là-bas, à l’orée du cap ; je l’avais tant aimé, et j’avais gardé le secret comme il me l’avait fait jurer, quand j’aurais voulu crier mon amour jusqu’aux confins de l’univers. On avait recommencé encore et encore en des lieux où vont les jeunes qui n’ont pas de maison pour abriter leurs fièvres, maison en ruine, terrain vague, caves humides où notre amour se faisant éclipsait les odeurs de pisse de chats, et cette cabine de projection où j’officiais alors, étroite, juste assez de place pour une étreinte, avec, pour fond sonore, le ronronnement du Hortson à croix de Malte et les « Marcello ! » d’Anita Ekberg dans le haut-parleur de retour.
Victor voulait jouir mais ne voulait pas m’aimer. Ce n’était pas d’un homme, vous comprenez. Et moi, j’avais interprété que cette histoire, c’était "en attendant" ; parce que, être un homme, sans aucun doute possible, c'était descendre la rue de la République avec, à son bras, une nana à laquelle on va rouler des pelles au cinéma Rex pour que les potes se poussent du coude : il s’en fait pas, dis donc, Victor. Mais en attendant, c’est moi qui n’avais pas attendu, et j’avais rencontré un ange qui ne se faisait pas prier pour dire « je t’aime » et m’embrassait sur la bouche, et lui, ça le dégoûtait pas, au contraire. Et j’avais arrêté cette histoire. En saignant, oui, mais je ne savais pas gérer cette situation, j’étais sans expérience. Mais j'étais sûr d'une chose : l’amour ce n’est pas ça.
(c) Louis Arjaillès - Gay Cultes 2017 

et j'avais rencontré un ange... | Photo Hedi Slimane



Marcellllllllo !


Je suis une midinette :



j'adore ça !

dimanche 9 avril 2017

Perfetto


Bel au bois dormant

Bon dimanche !

"Tombe Victor !" : la critique de QWEEK



Tout vient à point...
Le mensuel QWEEK, distribué gratuitement dans le "Gay Paris" (même équipe que Garçons magazine) consacre sa page "Le livre du mois" à Tombe, Victor !
Un opération visant à une diffusion plus large va se déclencher dans les jours qui viennent : le Salon du Livre aura eu son utilité !
Concernant la petite réserve sur la fin du roman, l'auteur de cette critique ne savait pas qu'une suite était prévue, et, d'ailleurs : demain lundi, ici-même, en exclusivité mondiale (!), un extrait... du volume 2.

Pour rappel : la page facebook de Tombe, Victor ! est fréquemment actualisée. Merci de la visiter et de cliquer sur le J'aime qui se trouve sous la bannière : cliquez-moi !

Cadeau : pour les rameaux, du Rameau ! *

Costumes et instruments d'époque, la classe !

Jean-Philippe Rameau (1683~1764)
Pièces de clavecin en concerts, 1741
Concert n° 5 en ré mineur
1. La Forqueray - (Fugue) -

Il Giardino Armonico :
Giovanni Antonini (flûte traversière)
Enrico Onofri (violon)
Vittorio Ghielmi (viole de gambe)
Ottavio Dantone (clavecin)

Bonus : pour accompagner votre dimanche, je vous recommande ce somptueux  "live" du grand Jordi Savall : Jean-Philippe Rameau La orquestra de Luis XV

* Vas-y, trouve mieux un dimanche à l'aube !

Bel artiste

Jan Lisiecki, pianiste

samedi 8 avril 2017

vendredi 7 avril 2017

Sobre


Qui veut...

Emprunté à "Jack".
jouer
aux
cow-boys
et aux indiens
avec moi ?

Censuré


Cette photo - légèrement retouchée - de Vladimir Poutine a été interdite en Russie par jugement rendu le 16 mai 2016.
Le procès-verbal indique que cette image "suggère une prétendue orientation sexuelle non conforme du président russe".
On en rirait si la situation de nos ami(e)s russes n'était si dramatique.
Pour emmerder le tsar homophobe, copiez la photo par clic droit et partagez-la autour de vous.

jeudi 6 avril 2017

Cueille pour moi des fleurs


J'ai signé la pétition

La photo brandie par cette manifestante est interdite en Russie.

Je communique et adhère sans réserve :

Aux autorités fédérales russes
Plus d’une centaine d’hommes ont été arrêtés pour homosexualité en Tchétchénie. Au moins trois d’entre eux ont été assassinés.
Nous vous demandons de lancer immédiatement une enquête sur ces crimes atroces et de traduire en justice toutes les personnes responsables des arrestations, des tortures et des assassinats perpétrés envers les homosexuels de Tchétchénie.
 
Signez via ce lien :
https://allout.actionkit.com/go/3546?t=2&akid=14100.2144183.Xj0Mjy

Bon, évidemment, là...


Printâneries

 Mystère du Palais Royal : qui donc t'a mutilé ?
Je suis en vacances.
Quand le temps est clément, je marche dans Paris.
J'aime les jardins du Palais Royal qu'arpentaient, au temps des rois, les dames de petite vertu.
D'année en année j'y retrouve mes traces. Je viens de la rue de Rivoli, m'arrête au Nemours - mais hier, Louis Garrel n'y était pas - qui vient d'être rénové avec bonheur, puis traverse la cour où les colonnes de Buren n'offusquent plus personne ; rapidement, car il y a des cris d'enfants semblables à ceux qui ponctuent mon quotidien des journées actives, et, enfin, j'arrive dans les jardins où les gens sont le plus souvent silencieux : est-ce le respect dû à l'Histoire qui nous entoure ?
Je lis, ou relis, plutôt, Si le grain ne meurt. Je suis passé ce matin aux Mots à la bouche où j'ai acquis Mes parents, d'Hervé Guibert dont le grain est mort trop tôt, et Montrez-moi vos mains, du pianiste Alexandre Tharaud.

Je sais pourtant fort bien que je ne dois pas lire quand j'écris, mais les vacances sont si brèves où je peux veiller plus tard, livre en main, laissant passer l'heure du sommeil pour subir trop de nuits blanches. Chez le libraire m'a rejoint F., avec lequel je suis allé déjeuner. F. est jeune, doté d'un solide appétit, ce qui me fait dire " toi, vaut mieux t'inviter au cinéma qu'au restaurant " en leitmotiv depuis longtemps déjà ; c'est une phrase à nous, qu'on aime bien, et qu'il énonce à chaque fois avant que j'ai eu le temps de la dégainer, et on en rit quand même nonobstant* la redondance. Un code. Des yeux gourmands de garçons pas hétéros pour un sou se posent sur mon convive. Je suis fier comme un père ou un grand frère. Je ne me dis jamais qu'ils pourraient penser que c'est un vieux qui se tape un jeunot, parce que ma gayté n'est pas des plus voyantes, je crois, et que la complicité qui nous unit est trop évidente. Mais je le regarde parfois avec des yeux mouillés de mère juive.

Le reste du temps, j'écris, sporadiquement, la suite de mon premier roman.
J'attends sans attendre la relance de Tombe, Victor ! que j'ai confiée à un spécialiste. Lequel m'assure que le livre mérite mieux que ses premières ventes. Saura-t-il amplifier ce qui, pour l'heure, n'est qu'un succès d'estime ? J'avoue que ça me galvaniserait pour ressusciter mes personnages et les mener au cœur des années 70, où soufflait un vent de libération jailli de mai soixante-huit, que les années sombres de la décennie suivante viendraient terrasser.
J'ai eu envie de retrouver Victor et Paul, de découvrir comment ils allaient se mouvoir dans leur vie de jeunes adultes, depuis leurs dix-sept ans ; le plus bel âge, non ?

Le plus bel âge, non ? (Photo Toyin Idipabo)
*J'ai préféré à "malgré". J'adore ce mot désuet, rigolo.


dimanche 2 avril 2017

Si tu me cherches,

tu
me trouves !

Toi aussi,



profite de cette journée
de repos pour faire de l'exercice !

Bon dimanche à vous !

Cadeau : Rachel, Claudio et... Mozart



Frissons
garantis.
C'est beau comme le printemps.

Ti amo !

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Claudia Cardinale est le bel emblème du Festival de Cannes 2017.
Le président du jury est ce cher Pedro.
Deux bonnes nouvelles.

En version originale : sur les toits de Rome, 1959