Le blog quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


Tombe, Victor !

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vendredi 8 mars 2013

"Les garçons de la bande", enfin en DVD !




Le film de William Friedkin ( French Connection, L'exorciste...) est enfin disponible en DVD dans l'hexagone.
Il met en scène une bande de garçons, tous homosexuels, et cela en...1970 !






Une sortie DVD très attendue
Argument : Harold fête son anniversaire chez Michael. Ses amis lui ont réservé un présent peu commun : un beau jeune homme. La soirée se déroule bien mais se dégrade sous l'effet de l'alcool. Chacun laisse alors éclater ses rancœurs. 

Adaptation cinématographique d'une pièce à succès, le film de Friedkin réunit en un huis clos qui devient peu à peu étouffant, un groupe de trentenaires "gays" pour une fête qui leur laissera un goût amer. Le "panel" est représentatif, apparemment, de la diversité du "milieu" dans le New York des années 70 (mais si l'on se réfère à l'exploration de certain quartier de Paris, ce "milieu" a-t-il vraiment changé ?) . C'est l'irruption de l'ami hétéro du maître des lieux, Michael, qui va bouleverser l'équilibre de cette soirée qui se voulait festive. L'alcool aura un effet dévastateur sur le déroulement de la fête dont le point culminant est un jeu initié -pour rompre l'ennui ? Pour mettre du piquant ?- par un hôte qui, comme les autres, a pas mal de problèmes existentiels à régler. Le jeu est dangereux qui mettra chacun en face de réalités qu'il a jusqu'alors soigneusement occultées.
A des années-lumière de la "Cage aux folles" qui faisait, à la même époque, les délices des amateurs de théâtre dit "de boulevard" de la France des trente glorieuses, "Les garçons de la bande" dresse un tableau au scalpel de la société homosexuelle, où l'orientation des personnages est -on est encore dans "notre" préhistoire- mal vécue. Finalement, le film abonde dans les sens d'un point de vue qui fut toujours le mien, dénonçant subrepticement un mode de vie en vase clos, en micro-société organisée autour de codes factices, en "communauté", en "ghetto", reproduite aujourd'hui avec plus de visibilité grâce à l'évolution des mœurs, certes, mais toujours aussi peu authentique, sincère. Pour ma part, je me suis toujours plu à varier mes fréquentations, comptant parmi mes meilleurs amis de farouches hétérosexuels plus lucides, ouverts et tolérants que beaucoup de personnes partageant mes inclinations. Le film  de William Friedkin ne peut donc que corroborer ma position sur le sujet, me laissant cependant un goût amer teinté de doutes sur les réelles intentions du réalisateur qui réalisera, dix ans plus tard, Cruising (La chasse), peinture au vitriol des pédés "cuir" qui peut permettre à des esprits simples de faire des amalgames hasardeux. "Les garçons de la bande", dont on appréciera une heureuse restauration par l'excellent éditeur Carlotta- film important s'il en est, prête donc à réflexion. Ce n'est pas son moindre mérite.
Silvano Mangana

Un beau garçon en "cadeau d'anniversaire"

Extrait 1 (où l'on voit que tout a bien commencé) :


Extrait 2 (où le climat se fait plus lourd) :


1 commentaire:

Guillome a dit…

effectivement ce film prête à discussion et ouvre le débat et c'est tant mieux!