Le blog quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


Tombe, Victor !

Tombe, Victor !
" Tendre, émouvant, ensoleillé, universel "

mercredi 6 février 2019

Chatouilles et gratouilles (et vice versa)



GALETTE PAS VRAIMENT ROYALE



Gâteau des rois de chez nous
Comme chaque année, rencontre amicale à la maison l'autre dimanche pour une tradition des plus agréables consistant à "tirer les rois", comme on le dit sans malice.
J'avais pris le parti, cette année, de remonter jusqu'à mes racines, en servant un gâteau des rois à la mode provençale en lieu et place de la galette à la frangipane d'usage dans la France du haut.
Le gâteau des rois porte également le nom de galette bordelaise, de couronne des rois, de royaume, ou de pogne dans le sud de l'hexagone d'où je montai un jour pour n'en plus redescendre.
C'est une brioche recouverte de sucre et de fruits confits,  un peu "étouffe-chrétien" bien que d'origine paienne : elle était au centre de la fête qui célébrait, bien avant que les rois mages ne prennent la route, l'augmentation des jours après le solstice d'hiver, où l'on rendait hommage au dieu Saturne.
On  en trouve peu à Paris, à l'exception de quelques boulangeries d'exilés comme celle que tiennent de sympathiques aveyronnais à quelques mètres de mon domicile.
La curiosité amusée des convives faisait plaisir à voir, lesquels se disaient ravis de ce changement :  sans doute avaient-ils dégusté ailleurs maintes galettes frangipanées depuis le début du mois de janvier.
La plus jeune de mes invités fut évidemment réquisitionnée pour attribuer les parts aux convives.
La couronne  attendait de coiffer l'heureu(se)(x) et... attend encore, car on s'aperçut que la précieuse brioche était dépourvue de la moindre fève !
Le maître de maison n'avait plus qu'à ruminer son dépit.
Quant aux autres, ils en rient encore, c'est sûr !


Un ange passe


EURO(sans)VISION


Au cours de l'après-midi sans fève évoqué plus haut, l'un de mes jeunes invités, gay sans ostentation, me demanda mon avis sur le garçon qui représentera la France au calamiteux concours de l'Eurovision.
Ce "YouTubeur-chanteur" (si !) méga-hyper-over (très) efféminé a reçu, rançon d'une gloire dont chacun jugera si elle est méritée ou non, des insultes et menaces homophobes d'une violence qu'on aurait qualifiée d'inouïe en d'autres temps, mais qui fait florès à droite, à gauche et au milieu des réseaux dits sociaux, à tout propos, entretenant la guerre civile numérique en cours en nos charmantes contrées.
Cela suffit bien sûr à me faire sortir de mes gonds, dussè-je, à force, périr d'épuisement à m'indigner de toutes ces saloperies déversées en tombereaux par dessus nos têtes de civilisés.
Je fis observer néanmoins que cette hyper-visibilité d'une manière d'être encore considérée par beaucoup d'hominiens* comme contre-nature, résurgence des intégrismes de tous bords aidant, n'était pas pour calmer les bas-du-front qui ont pignon sur nos rues joliment éclairées, ces temps-ci, de poubelles et véhicules divers transformés en torches d'un effet que l'on trouvera peut-être discutable selon l'idée que l'on se fait de la vie en république.
À celles et ceux-là, il serait bon de démontrer qu'il existe des durs de durs en bleu de travail ou autres uniformes dits "virils" pour s'enculer allègrement bien loin de l'imagerie "queer" dont se gavent les journaux télévisés lors de chaque "marche des fiertés. Il est vrai que ça sèmerait une sacrée panique chez ceux qui ne niquent pas comme ils en ont secrètement envie, très souvent .
On comprendra sans mal que le jeune Bilal n'est pas précisément mon idéal masculin, et je me fiche comme de ma première fell sonatine de sa destinée au sein d'une compétition de ce (manque de) niveau.
Mais voici qu'une polémique (oh, une polémique, dis donc !) voit le jour, aimablement relayée par Valeurs Actuelles, au sujet de tweets que le jeune homme aurait émis (c'est le mot) autrefois pour défendre le charmant amateur de quenelles malencontreusement nommé Dieudonné mis à mal dans certaine émission de télévision.
La "star queer", comme le nomme le torchon sus-nommé, avait alors 14 ans, et l'on pourra se permettre d'espérer que, depuis, l'acquisition de ces trucs en papier appelés livres aura mis un peu de plomb dans sa jeune cervelle.
À suivre, tout de même.

* Hominien : j'en détourne quelque peu le sens, et désigne ainsi tout être prétendu humain qui a quelques siècles de retard à sa montre.

Jeune homme blond sans perruque mais très très très joli.


PETIT ALEXANDER EST DÉJÀ GRAND 


Récital Fondation Louis Vuitton
On a repéré Alexander Malofeev depuis longtemps, mais on se méfie toujours des enfants-prodiges.
Ce gamin stupéfiant arrachait les récompenses prestigieuses dans les concours de renommée mondiale comme le fameux Tchaïkovski, pas moins.
J'avais assisté sur le Tube à une démonstration imparable : rien moins que la Mephisto Walz n°1 de Liszt enlevée avec une fougue exemplaire.
Le gamin parcourait les scènes internationales, alignant Prokofiev, Rachmaninov (le troisième, une paille !) et autres parcours de santé.
L'autre jour, il participait à la soirée de clôture de la 25e "Folle journée de Nantes" (merci saint René Martin !), jouant le célèbre et périlleux Concerto en la mineur de Grieg déclenchant une mémorable ovation, en remerciement de laquelle il interpréta, en bis, le final de la 7ème Sonate de Prokofiev, un sommet de virtuosité, me laissant suffoqué et frissonnant dans mon canapé.
Pas encore 18 ans : un vrai grand pianiste nous est donné.
Alléluia !


Répétition et fin de concert à Nantes avec le Chef Alexander Sladkovsky


Ci-dessous, billet précédent : Alexander joue Rachmaninov
sous la direction d'un Myung-Whun Chung bluffé.

Nota (et non des moindres) :
On peut revoir le concert de clôture de la "Folle jounée 2019", avec le Concerto de Grieg à 25:10 ICI
(Attention : applaudissements enthousiastes à la fin du premier mouvement, mais le concerto est joué dans son intégralité, les deux mouvements suivants valant leur pesant de double-croches !) Et puis, le Prokoviev en bis, dites !

Nota 2
L'ange qui ne fait que passer, en noir et blanc, là-haut, se nomme Sandro Salomon. Il peut s'attarder un peu.

3 commentaires:

Xersex a dit…

"Un ange passe" est le modèle Sandro Salomon

Jules D. a dit…

J'adore ces "petites chroniques" bien trop rares.
Jules

jacques a dit…

Réflexions sur Euro (sans) Visions.
C'est déprimant de voir notre comportement considéré de "contre nature" alors que c'est à la Nature que l'on doit ce penchant qui est notre Nature.
Mon frère gaucher avait la main gauche attachée,à l'école. Ceci c'est fini. Alors nous? Ne pas reconnaître ce qui est "inné", à l'ère de l'explosion des connaissances sur le cerveau, c'est invraisemblable!!Tous ces harcèlements, injures et brimades au collège alors qu'on y enseigne les sciences de la vie et de la nature!

En écho aux "durs de durs en bleu de travail", je me souviens qu'autrefois,dans les trains de nuit qui ramenaient à Paris les militaires en permission, le dimanche soir, et que,étudiant, je rentrais aussi, j'étais jaloux de voir, non pas tous, mais beaucoup de ces jeunes soldats installés par deux dans les couchettes, pour dormir...un peu, et surtout pour le plaisir.

Je suis ébloui par Alexander Malofeev.Pour de tels talents, à son âge,le cerveau s'est déjà conformé différemment du nôtre, dès "in utéro",et c'est une exceptionnelle Nature, mais surtout pas contre nature.

J'ai écrit cela très impulsivement, mais je ne pense pas qu'on le transcrira dans les commentaires. C'est trop long, Excusez moi.