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| Lawrence-Peter éveilla en moi un trouble non identifié alors. |
C’était le cinéma de mon enfance, une grande et belle salle où l’on voyait sur écran géant les films tournés en 70 mm, superproductions chamarrées que l’on projetait en roadshow à l’américaine : les lumières s’éteignaient en diminuendo, puis, sous l’écran, jaillissaient des jets d’eaux éclairés par des spots multicolores pendant l’ouverture ; car il y avait une ouverture musicale, comme à l’Opéra, qui permettait d’entrer doucement dans le rêve en technicolor. Il y avait un entracte, puis, à nouveau la musique et l’on s’emmitouflait à nouveau dans l’irréel.
Le cinéma était alors un spectacle total.
La belle partition de Maurice Jarre, à jamais gravée dans la mémoire des amoureux du 7ème art, déroulait ses harmonies dès le pré-générique. Lui succédait, avec les images cette fois, le ronronnement du moteur de la motocyclette du colonel Lawrence. D’emblée, on entrait dans le drame : la machine sur la petite route de campagne, l’obstacle, l’embardée, la mort. David Lean et son scénariste, Robert Bolt, avaient choisi de commencer ainsi leur narration, par la mort du héros, dont on découvrirait l’épopée par un flashback qui nous transporterait là-bas, dans une Arabie au bord de l’explosion, exsangue, divisée en tribus que Lawrence parviendrait à fédérer pour faire refluer l’envahisseur ottoman.
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| Lawrence était beau |
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| ... l'un de ces deux petits mendiants... |
Une scène m’a marqué à jamais, celle où Lawrence et son petit compagnon, en haillons, exténués de leur long périple, entrent, au Caire, dans le mess des officiers sous le regard méprisant des gradés : Lawrence , agrippant la manche du barman, exige deux limonades pour lui et ce « sauvage » que l’on ne saurait accueillir dans ce cercle (We want two large glasses of lemonade !).
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| Avec le jeune Michel de Carvalho |
À la fin, le 14 décembre 2013, Peter O’Toole est mort. Le cinéma permet le plus beau des flashbacks : je serai de nouveau, ce soir, le petit traîne-savates des sables émouvants. Et je boirai un grand verre de limonade en l’honneur de mon cher disparu.
Silvano Mangana
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| Le vrai Thomas Edward Lawrence à Damas |
« Je t’aimais, c’est pourquoi, tirant de mes mains ces marées d’hommes,
j’ai tracé en étoiles ma volonté dans le ciel. »
(T.E Lawrence)
La photo à Damas et cette citation m'ont été envoyées par Roger B., lecteur fidèle
Quelques passages du film.
En fond sonore la musique d'ouverture de Maurice Jarre :







2 commentaires:
Sans oublier sa prestation dans "Rosebud" d'Otto Preminger" où il remplaçait Robert Mitchum qui s'était disputé avec le réalisateur, dès le début du tournage.
Film très moyen, Rosebud.
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