Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


vendredi 9 décembre 2011

Emotions suburbaines

Il est monté à "Bonne Nouvelle"*, et c'en fut une !
Je rentrais du spectacle vers onze heures du soir ; j'allais m'assoupir quand il s'est assis en face de moi, vision stupéfiante: il ne devait guère avoir plus de 18 ans, un peu moins peut-être.
Cheveux mi-longs d'un blond vénitien, bouche gourmande aux lèvres juste assez épaisses, yeux bleu-marine, nez aquilin, le garçon était harmonie, rehaussée par une recherche vestimentaire de bon aloi : pantalons étroits, anthracite, très "mode", chaussures en nubuck d'un gris à peine plus clair soigneusement entretenues, parka "de marque", noire, à col de fourrure, qui mettait en lumière un beau visage dénué d'imperfections.
A "Madeleine"* (la pécheresse !) où je devais, hélas, descendre, j'ai presque honte d'avoir arrêté sur lui, quelques  courtes secondes, mon regard, comme pour m'imprégner de sa bouleversante beauté.
A peine surpris, il m'a adressé un demi-sourire qui disait "eh oui, quelle beauté, hein ! ".
Son image m'a accompagné jusqu'à mon premier sommeil.
S.

Ce garçon est nettement moins beau, malgré tout.

* Stations du métro parisien.

Gay Cultes et vous

Sans tomber dans l'autosatisfaction, je me réjouis que ce blog soit de plus en plus lu ; les 150 lecteurs de 2008 se sont sur-multipliés.
Je résiste avec la plus grande fermeté aux demandes des publicitaires : 
no porn, certes, mais aussi no pub !
Les mails* émanant de toutes parties du globe arrivent régulièrement, très touchants (les gens qui n'aiment pas ont la délicatesse de garder le silence), tel celui de Frank, jeune étudiant en histoire (USA) qui vante une "belle et noble entreprise" ; Brad m'écrit aussi régulièrement pour m'envoyer des liens, des suggestions et... des bisous (oui !), ainsi que Dom qui m'a envoyé également un message émouvant.
Il y a aussi, dans vos courriels, de nombreuses demandes de liens : je m'exécute volontiers quand le blog concerné correspond à l'état d'esprit Gay Cultes, qui donne, si on ne l'a remarqué, la préférence, côté iconographie, aux "anges" post-adolescents, et ne se lie jamais à des blogs au contenu pornographique.
Je garde aussi en mémoire ce message d'un lecteur de 67 ans, artiste, qui contenait cette jolie phrase dans laquelle j'ai tout de même décelé un soupçon de mélancolie (de nostalgie ?) et... d'humour :
Je suis sexuellement devenu virtuel. « J’ai trouvé la paix du slip » comme disait une grande amie.

Je comprends à travers vos courriers que mes lecteurs forment un public où se confondent toutes générations et toutes origines.
Mon but initial est donc atteint.
Mes derniers mots pour mes quelques commentateurs , peu nombreux mais assidus : vos avis me sont précieux, approbateurs ou critiques ; en me bousculant quelquefois, vous participez à l'évolution de Gay Cultes ; je vous en remercie de tout coeur.
Pour les autres, osez !
Fraternellement,
Silvano

* On peut m'écrire à l'adresse suivante : detoizamoi@aol.com
(J'ai un bon détecteur de spam, avis !)


Une certaine élégance


Et puis, que voulez-vous,
j'aime beaucoup les Derbies blancs...

Dans la chambre d'hôtel





- Photos Wendy Liu -

Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?*


* d'Oreste dans "Andromaque" de Jean Racine

Que je m'aime ! (air connu)

mercredi 7 décembre 2011

Cadeau : Mozart | Auger-Bernstein

Sal Mineo, acteur assassiné (réédition - juillet 2008)


C'est Sal Mineo qui posa pour ce "New Adam" (de Harold Stevenson) exposé au S.R Guggenheim Museum




Avec James Dean sur le tournage de "Rebel without a cause" (La fureur de vivre)

Destinée tragique que celle de Sal Mineo (1939-1976), acteur adulé de la jeunesse américaine dans les années 50, grâce à sa participation au film de Nicholas Ray "La fureur de vivre" ("Rebel without a cause) dans lequel il joue le rôle de Platon.
De sa carrière, on retiendra aussi le personnage de Dov Landau dans "Exodus" de Preminger et celui de Red Shirt dans "Les Cheyennes" (Cheyenne Autumn), le magnifique western antiraciste de John Ford.

Issu d'une famille d'immigrés siciliens, Sal sera arrêté pour vol à l'âge de 10 ans et choisira l'école d'acteurs pour échapper à la maison de redressement.
De par ses origines, et le milieu dans lequel il évolue, Mineo aura beaucoup de mal à assumer son homosexualité.
On peut supputer sur sa proximité avec James Dean, sachant qu'une scène de baiser unissant les deux jeunes hommes fut coupée au montage de la "Fureur de vivre".

Le temps aidant, avant de connaître une fin de (courte) carrière surtout consacrée aux séries TV, Sal Mineo put mettre en scène et jouer au théâtre la pièce de John Herbert "Fortune and men's eyes" en 1969 avec un jeune acteur du nom de... Don Johnson !
La pièce se déroule pour l'essentiel en prison et dut certainement faire scandale, tant l'homosexualité y tient une place majeure.
Elle fut portée à l'écran en 71 sous le même titre par Harvey Hart ; le film semble invisible à l'heure actuelle.

Rentrant à son domicile, le 12 février 1976, Sal Minéo est assassiné par Lionel Ray, un toxicomane qui, d'après l'enquête, ne savait rien de sa victime.
A l'époque, John Lennon offrit une récompense à qui retrouverait le meurtrier.

Fortune and men's eyes :

Mineo avec Don Johnson





Site officiel Sal Mineo : clic
Filmographie : clic


Extérieur-jour

mardi 6 décembre 2011

Amants, avant

A confesse



Il est très divertissant de parler de nos différences avec, un soir, au coin d'un feu intérieur, deux jeunes hommes "à femmes".
Immanquablement, on parvient à faire s'exprimer leur curiosité : l'amour entre garçons est pour eux un mystère.
Un excellent vin aidant, les langues se délient, et on en vient à évoquer des plaisirs que le garçon "hétérosexuel" ne pourra jamais connaître.
Vous en imaginerez sans doute les détails ; ils suscitent chez lui de la stupéfaction.
Des regrets ?

- Photo Mariano Vivanco -


Lumineux