Il se trouve que lui et moi avions des amis communs, avec lesquels, lors d'un bel été sur les rives du lac d'Annecy, nous passions des soirées autour d'un vénérable Pleyel.
Ces mêmes amis possédaient un volumineux recueil de textes de chansons françaises que nous chantions ensemble jusqu'à une heure avancée de la nuit.
Ils me confièrent que ce précieux florilège faisait d'ordinaire l'objet de joyeuses soirées parisiennes avec leur ami Lionel Jospin.
L'homme politique réputé austère adorait chanter en cercle convivial.
Il ne relève pas du hasard que l'hommage d'hier aux Invalides se soit conclu par la version orchestrale des Feuilles mortes de Prévert et Kosma.
Cet incontesté grand homme d'État se définissait lui-même comme un "austère qui se marre". Preuve qu'il sut protéger sa vie privée des appétits médiatiques.
De gauche à droite, aujourd'hui, on cherchera en vain une personnalité de cette envergure, de cette intégrité, de cette honnêteté. Son décès symbolise la fin d'une époque.

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