Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


mardi 31 mars 2026

Piano du matin : de tendresse et de larmes

Jan Lisiecki joue admirablement ce célèbre Nocturne en do dièse mineur de Chopin.

Chopin a écrit ce Nocturne (le n°20, op. posthume) en 1830 comme un simple cadeau pour sa sœur Ludwika. Sur la partition, il a noté : « À ma sœur Ludwika, comme exercice avant de commencer l’étude de mon second concerto ». Il ne l’a jamais publié de son vivant.
Si vous vous demandez dans quel film vous avez entendu cette pièce ô combien émouvante, voici une triste anecdote qui vous le remémorera instantanément si vous l'avez vu :

Le 23 septembre 1939, pendant le siège de Varsovie, le pianiste Władysław Szpilman jouait ce Nocturne en direct à la radio quand une bombe a coupé le signal. Le silence a duré 6 ans.
À la réouverture de la radio en 1945, Szpilman est revenu au studio. Il s’est assis et a repris le morceau exactement là où il s’était arrêté.
La preuve que l’art est la seule chose que la guerre ne peut pas briser et que l’IA ne pourra jamais copier.

Vous y êtes : cette histoire vraie est le point de départ du très beau film Le pianiste, de Roman Polanski.
Voici — vous l'avez méritée — cette fameuse ouverture :

Je crois me souvenir que l'excellent acteur Adrian Brody joue lui-même.
À preuve, les doigtés quelque peu hasardeux.
C'est en soi un exploit que l'on peut saluer.

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