Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


mercredi 18 mars 2026

Une lecture passionnante

Le 17 février dernier, je faisais état du climat d'homophobie qui sévit actuellement au Sénégal. Au début de ce même mois, douze personnes accusées « d’actes contre nature » ont été arrêtées à Dakar. La parole homophobe se répand ouvertement dans ce pays pendant que les défenseurs des droits sont contraints au silence. La traque aux homosexuels s'intensifie de jour en jour. Il est poignant de constater la régression du pays de Léopold Sédar Senghor, cet homme de lettres de grande culture, qui fut membre de l'Académie Française.

Cette ignominie résonne avec la trame d'un roman qui m'avait bouleversé lors de sa publication.
Il s'agit de Terre ceinte, de Mohamed MBOUGAR SARR 
(Présence africaine, éditeur, 2018).

La résurgence de l'obscurantisme en divers pays doit être combattue avec force : dans ce roman magnifique, ce sont les mots qui servent d'armes déstabilisatrices. Une leçon :

À Kalep, ville du Sumal désormais contrôlée par le pouvoir brutal des islamistes, deux jeunes sont exécutés pour avoir entretenu une relation amoureuse.
Des résistants tentent de s’opposer à ce nouvel ordre du monde en publiant un journal clandestin. Défi lancé au chef de la police islamique dans un climat de tension insoutenable qui met en évidence des contradictions et brouille tous les repères sociaux. Mais la vie, à sa façon mystérieuse, reprend toujours ses droits.
"Terre ceinte" met en scène des personnages enfermés dans un climat de violence. L’écrivain sénégalais en profite pour interroger les notions de courage et de lâcheté, d’héroïsme et de peur, de responsabilité et de vérité. À travers des dialogues étonnamment vibrants, des temps narratifs puissants, la correspondance échangée par les mères des deux victimes, s’élabore une réflexion contemporaine sur une situation de terreur.


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