![]() |
| La rue Saint-Esprit, à Antibes |
J'ai, chevillé au cœur, le souvenir de ce dîner avec Nougaro à l'Auberge Provençale, à Antibes. Il s'était longuement entretenu avec moi de Schubert, pour lequel nous avions une commune affection. Il m'a parlé aussi de son attachement à cette ville, où, disait-il, il effectuait fréquemment des pèlerinages pour honorer l'écrivain et poète Jacques Audiberti, auquel il avait dédié sa Chanson pour le maçon que vous pouvez écouter ci-dessus. Nougaro y dépeint la rue Saint-Esprit , que j'ai maintes fois parcourue, enfant. Ce soir-là, j'ai découvert un homme empreint d'humanité, attentif, à l'écoute des autres, à celle de l'adolescent que j'étais.
Je l'ai, par la suite, applaudi plusieurs fois sur scène, à l'Olympia et au Casino de Paris où, ne voulant pas l'importuner après un tour de chant sans aucun doute épuisant (20 minutes d'ovation debout !), je pus m'entretenir, en coulisses, avec Maurice Vander, son fidèle pianiste, admirable, gentil et généreux.
Je me souviendrai toujours de ce funeste mois de mars 2004 où il nous abandonna à notre chagrin. J'étais à Notre-Dame de Paris pour une messe qui ressemblait davantage à un concert-hommage. La sortie du cercueil sous les applaudissements se fit au son de Toulouse, l'un des chefs-d'œuvre de son répertoire, par l'orchestre dirigé par Yvan Cassard.
Le 6 mars dernier, anniversaire de la cérémonie d'adieu, comme chaque année, j'ai pensé, le cœur serré, à quel point il nous manquaitLa chanson qui suit, dont il a écrit le texte, a été composée par Richard Galliano, l'un de ses fidèles amis. Claude Nougaro était avant tout un homme de scène, comme on peut en juger :
Note :
Le lycée dans lequel je fis mes études secondaires porte le nom de Jacques Audiberti.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire