Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


vendredi 9 janvier 2015

Baisers

"Une" de Charlie Hebdo en novembre 2011, peu de temps après l'incendie criminel au siège du journal, un dessin de Luz.
Charb, hétéro, avait embrassé un homme sur le parvis de l'hôtel de ville lors de la manifestation de soutien à l'hebdomadaire : "puisqu'on me traite d'homosexuel..." :




Chaque vendredi, cet homme nous emplit l'âme.
Aujourd'hui, touché au cœur , il nous délivre une chronique bouleversante.

Boire la coupe jusqu'à la lie

... acte sexuel entre un homme mûr et un adolescent, observés par un jeune esclave

La coupe Warren
En 1999, le British Museum fait l'acquisition, pour 1,8 millions de livres sterling (la somme la plus élevée jamais acquittée pour l'achat d'un objet décoratif), de cette coupe provenant de la collection de l'écrivain Edward Perry Warren, d'où son nom.
Elle serait datée de la période julio-claudienne, soit du 1er siècle après JC, et représente, sur l'une de ses faces, l'acte sexuel entre un homme mûr et un adolescent, observés par un jeune garçon, un esclave peut-être. Sur l'autre face est représentée une scène d'amour physique entre deux jeunes hommes.
L'origine de la coupe semble aujourd'hui entérinée, bien qu'elle ait été contestée en son temps : une rumeur ayant couru que l'objet n'ait été, en fait, qu'un œuvre beaucoup plus récente. Du vivant de Warren, celui-ci ne put vendre la coupe, vu le thème homo-érotique. Il fallut donc attendre plus d'un demi-siècle, le regard sur l'homosexualité ayant évolué, pour qu'une institution d'envergure comme le British Museum en fasse l'acquisition... à un prix exorbitant !
Les relations sexuelles ont fait l'objet de maintes œuvres d'art dans la période, mais la représentation de l'acte homosexuel est beaucoup plus rare, d'où l'intérêt suscité par cette coupe et, sans doute, la polémique inhérente.

Sur l'autre face est représentée une scène d'amour physique entre deux jeunes hommes.

jeudi 8 janvier 2015


C'est peu de choses, sans doute ; mais, pendant ces trois jours, je m'abstiens de publier les photos érotiques du soir, le trafic sur le blog dût-il en souffrir.
Bien sûr, j'irai au grand rassemblement prévu dimanche à Paris.

Anett Holmvik 2012

Danse : bello Roberto !


mercredi 7 janvier 2015

La France est en deuil.
France is in mourning.
Photo Fred Holland Day

Cadeau : Alfred au service de Sa Majesté




"S'il y a quelqu'un qui doit tout à Bach, c'est bien Dieu." 
Cioran
Désir
Souvent, d’autres hommes s’attiédissent ; moi j’ai toujours aimé, et si tu me demandes ce que je fais maintenant encore, j’aime.
Ovide Les remèdes à l'amour

mardi 6 janvier 2015

J'ai trouvé l'eau si claire...

Modèle : Kaue Penhavel | Photographe: Gastohn Barrios

[Dave Quince]

Arte sauve l'honneur

La rhinopharyngite a quelquefois du bon. Cloué chez soi pendant les fêtes, on regarde la télévision, et, fouillant dans le maelström cathodique, on peut, avec un peu  de ténacité, échapper aux "boîtes de sardines" et autres bêtisiers abêtissants.
Ainsi, lundi dernier, Arte proposait une retransmission de la soirée d'adieux de Nicolas Le Riche à l'Opéra Garnier.
Un spectacle éblouissant que l'on peut revoir - mais je ne sais pour combien de temps - ici : clic
Magique, au point de rendre à nouveau (enfin ?!) supportable l'écoute du galvaudé Boléro de Maurice Ravel, sublimé dans un final inoubliable !
Au programme, notamment, cet incroyable pas-de-deux avec Sylvie Guillem, extrait du ballet "L'appartement", proposé ci-dessous dans une captation au Théâtre des Champs Élysées en 2011 :

L'ange insoumis


Le 17 avril 1942, le jeune résistant communiste Jean Quarré, que l'on conduit au peloton d'exécution nargue la caméra de l'occupant nazi.
"Peut-on avoir le mal du pays plus que les italiens ?
C'est possible, mais personne ne le chante autant que nous."
Luciano Pavarotti

lundi 5 janvier 2015

Un Dolicrâne, viiiiiiiiiiiiiiiiiiite !


Jaloux

Photo David Slijper




Celeos, dans Véhèmes, a diffusé cette image qui m'interpelle : l'âge
venant, mon amour des jeunes hommes se fait chaque jour plus mystique.
La petite croix, ici, nous met en garde : osera-t-on une caresse sacrilège ?




Frédéric

Frédéric Chopin en 1849, peu de temps avant sa mort
Certains voudraient absolument que le génial compositeur ait été homosexuel.
Et de trouver maints arguments, dans les confidences de George Sand notamment.
On s'en contrefiche : l’œuvre est là, où chacun trouvera son bonheur.
Ce qui est vrai, en tout cas, c'est que les pianistes savent combien l'interprétation d'une pièce de Chopin, dans une intimité propice, est une arme de séduction redoutable.
Gay ou non, Chopin aura favorisé bien des épanchements ; c'est là l'essentiel.


Daniil Trifonov, habité, au Concours International Chopin, édition 2010.

Pasolini par Ferrara : un film un peu malade

Willem Dafoe, une performance
On attendait beaucoup de cet hommage d'Abel Ferrara à celui qu'il considére comme étant son Maître.
Las, on en restera sur sa faim : truffé d'idées inabouties (les scènes "fantasmées" avec Ninetto Davoli...), de digressions grotesques (ah, ces pipes sur les bords du Tibre !), Pasolini est émaillé cependant de quelques fulgurances qui en font une œuvre à part entière, quand, notamment, PPP lève le ragazzo ultime devant un bar jusqu'à l'aboutissement tragique. La maraude, tout d'abord, puis la balade jusqu'au lieu du supplice, où s'intercale une belle scène dans une trattoria, sont de vrais moments de cinéma. Sur le crime, Ferrara se fie (un peu trop) aux dépositions contradictoires de Pelosi, tente de trouver un compromis, et laisse le spectateur qui ignorerait tout de l'affaire dans l'incertitude. Traquenard politique - Pasolini disait en savoir long sur les commanditaires de l'assassinat d'Enrico Mattei* - ou meurtre homophobe, le cinéaste semble hésiter à épouser l'une ou l'autre thèse. Pour finir, le cinéaste nous donne à voir l'annonce du décès à la mère du poète : la scène, frisant le grotesque, gâche les moments de grâce qui l'ont précédée.  On retiendra aussi de ce film imparfait mais utile la performance de Willem Dafoe, lequel, hélas, s'exprime en anglais, y compris quand il s'adresse à ses proches, quand il eût été simple de parfaire la post-synchronisation. On savoure, belle idée de distribution, le plaisir de retrouver un Ninetto Davoli toujours angélique et funambule malgré les années. Si Pasolini ne peut laisser indifférent, on en sort frustré, rêvant du film qui reste à faire sur la vie et la mort de saint Pier-Paolo, poète et martyr.

Pour connaître mieux Pier-Paolo Pasolini, on lira (si tant est qu'on puisse encore le trouver) les entretiens avec Jean Duflot (Belfond 1970) et le roman de Dominique Fernandez Dans la main de l'ange (Grasset)



Le ragazzo ultime

... une belle scène dans une trattoria...

* Enrico Mattei était un fonctionnaire, patron d'une société d'hydrocarbures, dont la mort, présentée
par les autorités comme résultant d'un accident, serait plus vraisemblablement d'origine criminelle. 
La mafia, mais aussi la Démocratie Chrétienne au pouvoir, y seraient impliquées.
L'affaire Mattei a été le sujet d'un film de Francesco Rosi considéré comme un chef-d’œuvre, où la victime est incarnée par l'immense Gian Maria Volonte. Le film a connu un énorme succès lors de sa sortie en Italie en 1972.
Rachetée par la Paramount, cette œuvre reste, depuis la main-mise par cette major, invisible sur tous supports. Ce qui ne manque pas de questionner les cinéphiles du monde entier...

Comment ai-je pu l'oublier, lui, quand j'ai passé en revue mes "anges 2014" ?

dimanche 4 janvier 2015

GC Déco | Lignes d'écrans

Force est de reconnaître que l'arrivée, ces dernières années, des téléviseurs dits "à écran plat", représente un réel progrès. Les disgracieux - et encombrants - appareils à tube cathodique ont quasiment disparu de nos salons, rejoignant décharges et déchetteries en attendant un hypothétique recyclage...
Pour l'heure, admirons, sur cette belle image, les lignes harmonieuses d'un modèle dont on espère que l'obsolescence n'est pas programmée pour sitôt.

Un ange à Hamburg

Un ange dans le cimetière Ohlsdorf, à Hambourg (All.)

Cadeau : Bruce Weber | Pet Shop Boys

Filip Hrivnak | Image animée par Jiès Cléodore

vendredi 2 janvier 2015