Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


dimanche 16 août 2015

Un dimanche sans manches

Certes, on voit bien que c'est fait pour "vendre" ; certes, le côté gravure de mode est quelque peu évident, mais l'idée, en résurgence, du gilet sans manches pour les brises nocturnes est bien venue. Sans retouches, avec un vrai sourire et décoiffé, le garçon doit être encore plus avenant.

Je reprends mes élucubrations demain. 
Bon dimanche !

Velvet Goldmine : cultissime ! (rediffusion 2008)







Visuel France


Visuel U.S.A


Synopsis : 1984. Arthur Stuart, journaliste anglais vivant à New York, est envoyé à Londres pour enquêter sur Brian Slade, idole du Glam Rock dont la trace a été perdue, dix ans après son simulacre d'assassinat sur scène par Jack Fairy, un chanteur concurrent; c'était en fait un coup monté pour permettre à Slade d'échapper à sa popularité et à ses fans, des adolescents dont il bouleversait la vie en prônant les délires vestimentaires, les maquillages outranciers, le look androgyne, la liberté de mœurs et la bisexualité. Arthur retrouve ceux qui ont jalonné l'ascension de la star : son premier manager Cecil, sa femme Mandy, et enfin Curt Wild, le chanteur américain qui était devenu son amant...


C'est un trio de beaux garçons qui constitue l'essentiel de la distribution du Velvet Goldmine de Todd Haynes (1998) : Jonathan Rhys Meyers, Christian Bale et Ewan McGregor sont en effet les principaux protagonistes de ce film qui retrace la période musicale la plus "camp" de l'histoire : celle du Glam Rock où, bien avant la mode des "drag queen", les stars de la pop étaient des garçons qui misèrent tout sur leur look androgyne.
Costumes insensés, maquillages felliniens, les tenants de ce style dont le David Bowie de Ziggy Stardust fut le roi/reine incontesté firent souffler sur la musique un vent de folie jamais atteint auparavant.
Le cocktail sexe (tous azimuts), drogue et rock & roll fut entretenu par des étoiles souvent filantes guère exigeantes, il est vrai, quant à la qualité de leur production.
On retient de cette vague quelques "stars" auto-détruites comme Marc Bolan (T Rex), Gary Glitter et son... band ou encore Paul Slade.
C'est dans cette période dévastatrice que nous emmène le film de Todd Haynes qui, depuis, a signé un film magnifique qui nous touche beaucoup, Loin du Paradis (Far from heaven) qui est un bel hommage aux mélodrames de Douglas Sirk et, tout récemment, le magnifique I'm not there qui compte les "multiples vies" de Bob Dylan, lequel est incarné tour à tour par une pléiade d'acteurs (-trices) totalement investi(e)s.

Dans ce Velvet Goldmine, les références aux sexualités considérées comme déviantes sont permanentes.
La déchéance du "héros", Brian Slade, n'est pas décrite ici comme le résultat "moral" de son comportement ; elle est voulue par lui-même, désireux d'échapper à la voracité des fans, refusant de payer la rançon de la gloire.

Que dire d'autre si ce n'est que Velvet Goldmine est un film fluorescent, fantasmagorique, inoubliable doté, c'est bien le moins, d'une bande originale où se côtoient les plus grands noms de l'histoire des 70's : outre les interprétations personnelles de Rhys Meyers (plus beau que jamais dans le rôle de Brian) et de McGregor, on y retrouve pêle-mêle Iggy Pop,Brian Eno, Brian Ferry, Placebo, et beaucoup d'autres.


Jonathan Rhys Meyers
Le visuel intérieur du cd précise : "à écouter au volume maximum !"


Ci-dessous, la bande annonce et un extrait chanté :




DVD édité en France parTf1 vidéo.
Cet éditeur n'a pas cru bon d'offrir une piste en 5.1 : une hérésie pour ce genre de films !
L'édition américaine (non sous-titrée) en bénéficie.

Le CD de la bande originale est "indisponible" en France.
Nos lecteurs des autres pays auront peut-être plus de chance !?

vendredi 14 août 2015

Les roseaux sauvages : inoubliable (rediffusion 2009)

L'histoire : 1962, le sud-ouest de la France, à la fin de l’année scolaire. Une noce à la campagne. François et Maïté, des camarades de lycée, y sont invités avec Mme Alvarez, mère de Maïté, professeur et militante communiste. Le marié, Pierre, ne voudrait pas partir pour l’Algérie. Mme Alvarez refuse de l’aider à déserter, comme il le lui demande. François, élève brillant et sensible, est partagé entre son attirance pour Maïté et pour Serge, frère de Pierre, solide garçon d’origine paysanne, qui l’a entraîné, un soir, à l’internat, dans une relation homosexuelle. Dans la classe, il y a aussi Henri, plus âgé, Pied-noir d’origine, qui a connu la violence, a vu son père mort, le visage arraché par une grenade. Il en veut aux Français qui ont abandonné les siens et il sympathise avec l’OAS...


Henri (F.Gorny)

Serge (S.Rideau), incandescent.


Maïté (Elodie Bouchez) & François (Gaël Morel) : confidences.

François face à lui-même : "je suis un pédé..."

Un impossible amour



Dans les années 70, un slogan publicitaire proclamait : "Le cinéma, c'est la vie !".
Dans le cas de ce film d'André Téchiné de 1994, cette phrase trouve toute sa signification.
Destinés au départ à la télévision (Arte, bien sûr), ces "Roseaux sauvages" sont considérés encore aujourd'hui comme le meilleur film de leur auteur.
Sincère, ce cinéma-là l'est au détour de chaque plan, nimbé de mélancolie, lyrique sans excès, vrai.
On en retiendra à jamais la fraîcheur de ses quatre jeunes acteurs principaux, Elodie Bouchez, Gaël Morel, Frédéric Gorny et un Stéphane Rideau apte à faire fantasmer un morceau de bois !
Scénario impeccable en contexte historique douloureux, en partie autobiographique sans doute, photo magnifique des paysages du sud-ouest de la France : "Les roseaux sauvages" est un grand film qui aborde en apparente légèreté les moments essentiels de la vie tels que la découverte de son homosexualité par un adolescent dans la France profonde, les premières amours contrariées, les désirs inassouvis.

Sorti en 2004, le DVD (Studio Canal) s'impose dans toute bonne vidéothèque.
Captures images : Gay Cultes.

mercredi 12 août 2015

Anges en vacances (2010)






If, de Lindsay Anderson : film rebelle (rediffusion 2008)

Affiche originale pour la France

Malcolm McDowell (Mick) : quelques mois plus tard, ce sera "A clockwork Orange".


Images sans équivoque.


L'aspiration à la liberté se noiera dans la violence finale.


L'histoire :
la vie dans un collège britannique réservé aux enfants des classes riches. Les élèves, en uniforme strict, se soumettent aux formalités de la rentrée. Les nouveaux affrontent les anciens sous le regard autoritaire des "whips" (surveillants). Au cours de l'année trois élèves, Mick, Johnny, Wallace (les croisés), adoptent une attitude contestataire durement réprimée par les whips chargés d'appliquer les châtiments corporels. C'est ainsi que Mick reçoit une sévère correction à coups de canne. Mais les contestataires organisent bientôt leur résistance. Les séances de préparation militaire leur permettent de se procurer des armes et des munitions. Au cours d'un exercice de guerre, les croisés ridiculisent leurs instructeurs. La révolte armée éclate le jour de la distribution des prix. Postés sur le toit, les croisés tirent sur les symboles de la vieille Angleterre. Le directeur tente de s'interposer, il est abattu d'une balle en plein front. Ce sont maintenant les attaqués qui ripostent. Les projectiles partent de tous côtés, alors que Mick, au visage marqué par la haine fait crépiter son arme.

Malheureusement inédit chez nous en DVD*, le film de Lindsay Anderson est un symbole de la fièvre qui s'empara de la jeunesse aux alentours de l'année 1968.
Le choix de Malcom McDowell pour interpréter le rôle principal n'est pas fortuit : le jeune acteur britannique portait en lui la violence et la perversité qui allaient faire de lui, 3 ans plus tard, l'incarnation du mal dans le film de Kubrick "Orange Mécanique".
On peut penser que le grand cinéaste a vu "If" et que ce fut déterminant pour le choix de son premier rôle.
L'homosexualité, transgressive, a toute sa place dans  If où les plus jeunes élèves, en mode pédérastique, sont parfois appelés à assouvir les pulsions sexuelles de leurs aînés.
A l'opposé de "Maurice" ou de "Another Country", "If" révèle un aspect plus sombre des amours masculines : de circonstances et toujours imprégnées de sado-masochisme.
Film éminemment révolutionnaire, If gagnerait à être vu par la jeune génération actuelle, en exemple de cinéma subversif .
L'Ordre finit néanmoins par reprendre ses droits, impitoyable dans la répression.
Comme d'habitude.

Nota : en 1969,  If obtint le Grand Prix International du Film au Festival de Cannes dont le jury, cette année-là, était présidé par Luchino Visconti.
Côté B.O, le "Sanctus" de la "Misa Luba" ponctue le film, lancinant : l'auteur de ces lignes en a usé le 45T !

* Un DVD (non sous-titré en français) existe chez le prestigieux éditeur Criterion.
Fiche IMDB : clic


Cadeau en plus : une scène sans équivoque

mardi 11 août 2015

Interlude

Un chapeau de paille d'Italie (2011)

Vladimir Averyanov par Lev Efimov

C'est le titre d'un vaudeville d'Eugène Labiche.
On pourra préférer la vision ci-dessus.
Si, au cours de pérégrinations en péninsule, on doit se trouver face à une telle apparition, je ne donne pas cher de notre présence d'esprit !

Note du 17 août : merci aux lecteurs qui m'ont permis de créditer.


lundi 10 août 2015

Garçons nus pour la semaine


Actuellement sur les routes avec deux amis...







... je publierai vos commentaires le lundi 17 août.

Des anges pour la semaine






Je vous les confie, prenez-en soin.
J'espère vous en ramener d'autres en "photos-maison".

dimanche 9 août 2015

Silvano & amici sur les traces de Ripley*

Mongibello n'existe pas : les scènes ont été tournées à Ischia.
Séjour d'une semaine en bonne compagnie à Naples et Campanie : je me déconnecte !
J'ai néanmoins programmé quelques belles images pendant ces quelques jours et la rediffusion d'articles publiés à l'aube de Gay Cultes.
Vos commentaires seront publiés à mon retour.


* Le piano, Funny Valentine par Chet Baker, le Stabat Mater de Vivaldi, Rome, Venise, Naples et la côte amalfitaine, la serviette tombant des reins du jeune Matt Damon : l'ami auquel je le projetais, dimanche dernier, a très vite compris la relation toute particulière que j'entretiens avec le film de Minghella.



Teatro San Carlo, Naples : l'Opéra dans tous ses éclats

Le Teatro San Carlo de Naples est l'une des plus prestigieuses scènes d'opéra au monde. Inauguré en 1737, détruit par un incendie en 1816, pendant la période où Gioacchino Rossini en exerçait la direction musicale, le "San Carlo" accueillit les premières mondiales de moult chefs-d’œuvre de l'art lyrique, signés Rossini, Bellini ou Donizetti, lequel en assura la direction artistique après le départ de Rossini (1822).

Pouvant accueillir 3000 personnes, le San Carlo demeure, avec la Scala de Milan, un haut lieu du "bel canto".
Une visite guidée est à notre programme. En français, elles ont lieu à 18 h et 19 h. Immanquable.




État d'esprit


Mozzarella di buffala farcita : c'est frais !



 J'ai testé pour vous cette délicieuse entrée toute fraîche pour vos repas d'été.
Ingrédients :
2 mozzarelle di buffala
1 ou 2 anchois au sel
2 cuillerées de câpres
3 cuillerées d'olives noires
1 poignée de feuilles de roquette
1 citron non traité
6 feuilles de basilic
huile d'olive extra-vierge
poivre
et quelques pétales de fleurs mauves (j'insiste !) de votre jardin comme sur la photo.




C'est facile et rapide :
on dessale l'anchois et les câpres (si ce sont des câpres au sel, on les fait tremper dans l'eau fraîche pendant une demi-heure en renouvelant l'eau fréquemment).
On hache grossièrement câpres, anchois, basilic et les feuilles de roquette préalablement débarrassées de leurs tiges.
On assaisonne avec le zeste de citron finement râpé, l'huile d'olive et le poivre, puis on ouvre nos boules de mozzarella en deux pour y déposer ensuite notre mélange. Pour faire joli, on pique deux feuilles de roquette et les pétales (mauves, vous dis-je !).
On réserve au frais 34 minutes (33 si vous avez trop faim) et on savoure avec un verre de vino bianco, les amateurs de rosé étant priés d'aller se faire griller quelques merguez chez le voisin.
Bon appétit.