Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


vendredi 29 juillet 2016

La connerie humaine tue

Être sur Instagram

Mourir en prenant un selfie est devenu une épidémie :
une cause de décès en pleine expansion : clic

mercredi 27 juillet 2016

Homme, toujours

Photo Tom Ford


Palermo (Palerme), je n'oublierai pas

On voudrait n'être jamais revenu de Palerme.
Après une semaine de pédestres pérégrinations sous un soleil dont on avait oublié qu'il pût être si implacable et bénéfique à la fois sous les chants galvanisants du jeune compère jamais éreinté, après les dégustations extasiées de pasta al ricci (oursins) où la Méditerranée toute entière submerge le palais, après la grappa nocturne obligatoire, après le constat que la misère la plus noire jouxte la magnificence des palazzi baroques où Luchino Visconti tourna les scènes mémorables de son Guépard, vieillard désabusé assistant à la fin d'un monde, après nos rires que l'on croyait inextinguibles quand nous rivalisions de pitreries, de salacités qui faisaient voler en éclats les frontières homo-hétéro à la con, après les tendres moqueries déclenchées par mes dérisoires souffrances - " allez, Maître, ne restent que cinq ou six kilomètres, tu peux le faire ! " - après cette semaine où l'entêtante, l'abrutissante information qui rythme nos vie trop connectées, s'est tue, miraculeuses parenthèses, juste une bouffée de chaleur, mais aussi d'oxygène, on reprend pied de la manière la plus brutale. On essaie d'encaisser le choc de l'horreur qui se répète, on apprend - c'est inévitable - l'Allemagne, Munich, et ce crime abominable en paisible Normandie : et l'on comprend que la paix, désormais, n'a plus de village où se réfugier.
Abasourdi, on entend, on lit, les déclarations de ces politiciens sans scrupules qui soufflent sur les braises, avec pour seuls honneurs, ceux, épinglés sur le revers de leur veston, qui sont les insignes de la seule chose qui les fasse bander : le pouvoir.
Il faut garder à l'esprit - ce n'est pas égoïste, dites ? - le soleil qui part se coucher dans la mer, à Cefalù, mais aussi l'image des jeunes siciliens sur la piazzetta, qui jettent leurs canettes, leurs mégots, leurs gobelets en plastoc sur le bitume, quand on a combattu une réaction très con de Français qui ne sait pas son bonheur : "c'est beau, mais qu'est-ce- que c'est sale !", qu'on expie les larmes aux yeux, troué jusqu'au tréfonds de l'âme - et c'est bien de redécouvrir qu'on en a une - par cette énergie du désespoir qui se traduit en cris, en apostrophes, en rires sonores, en virées à Vespa comme des tours de manèges, car on ne sait pas vraiment où aller ; mais on y va puisqu'il faut vivre.
Survivre.

Le soleil qui part se coucher... | Photo E.C pour Gay Cultes  - Cefalù (Sicilia), juillet 2016
  
  

mardi 26 juillet 2016

L'inconnu nu

Non, ce n'est pas une photo souvenir de mon séjour sicilien.
J'aimerais bien !
En revanche, je suis encore émerveillé de la beauté des ragazzi de Palerme.
J'en parlerai dès que j'aurai vraiment atterri.



Patience

Emiel par Yann Faucher
Si vous avez eu la patience de m'attendre, première page de mon carnet de voyage demain.

I ragazzi di Napoli


mardi 19 juillet 2016

ENTRACTE

Cefalù, Sicile
Huit jours sous le soleil de Sicile, pendant lesquels je ne publierai, les ayant programmées, que des photos d'anges amoureusement sélectionnées. Il faudra vous en satisfaire.
Ce blog ayant été créé en 2007, vous pouvez également vagabonder au fil des pages, il y a matière à vous contenter.
Quant à vos commentaires éventuels, ils ne seront lisibles que la semaine prochaine (mardi ou mercredi).

Enfin, l'éditeur de Tombe, Victor !  n'est pas en vacances, lui ! Vous pouvez donc le commander (voir là-haut).

J'arrive !


Jeux de plage

Volley sur la plage de Nice (milieu 20ème siècle ?)

lundi 18 juillet 2016

Burt Lancaster à nu

La photo est dédicacée à Danny "with love".
Elle daterait de 1939.

Respect

Mais lui ne fait jamais la gueule.






Il me connaît si bien, me dit tour à tour que je suis un enfant ou un vieux con. Quand nous partons en voyage, il met une chemise - il doit en posséder deux - et rase cette barbe en terrain vague qui, pense-t-il, lui donne un air mature.
Il rit souvent de moi et j'aime ça, me dit que je suis le père qu'il a perdu, mais que je ne suis pas sa mère. Il est un cadeau de la vie.

Burt Lancaster : pas si "straight" que ça




Vera Cruz


Burt Lancaster (1913/1994) fut l'une des "stars" de l'âge d'or  de Hollywood. Athlétique (il débuta au cirque), il fut le héros de nombreux westerns (Vera Cruz de Robert Aldrich où son sourire carnassier incendie l'écran), de films d'action (Le Corsaire rouge de Robert Siodmak), de films noirs (Les tueurs, du même Siodmak) mais reste pour moi le Prince Salina du Guépard et le professeur de Violence et passion, deux films indispensables de Luchino Visconti.
Peu de "nanars" dans une belle filmographie que l'on trouvera ici : clic




Notice Wikipedia :
[Lancaster faisait très attention à protéger sa vie privée, certains faits pouvant nuire à sa carrière. Bien des années après sa mort, des documents livrés par le FBI (Lancaster était surveillé par J.Edgar Hoover, car ce dernier le considérait comme une menace pour la sécurité des États-Unis à cause de ses penchants sexuels) et sa famille révélèrent qu'il avait connu des phases de dépression et eu une vie sexuelle de « prédateur », incluant de nombreuses relations homosexuelles. Il posa nu également pour plusieurs photographes.*]

* Si vous êtes sages, l'une de ces photos à 18 heures !

Le Guépard
Fasciné par Helmut Berger (Violence & Passion)

Solution de l'énigme cinéma









Je peux me targuer d'avoir un lectorat éminemment érudit en matière de gay-culture : on pourra le constater en lisant les commentaires sur le billet qui posait la question, ici : clic
Félicitations et merci : ces petits jeux sont aussi une manière de dialoguer avec vous.









Rupert Everett & Colin Firth
Another Country, histoire d'une trahison, de Marek Kanievska (1984), avec Rupert Everett et Colin Firth (qui feront une belle carrière), donne en partie la raison de la trahison de sujets de Sa Majesté, passés, après leurs années de collège, au service de l'Union Soviétique.
Les faits sont connus par les passionnés d'histoire de la seconde guerre mondiale et, par la suite, de la guerre froide.
C'est l'affaire des "Cinq de Cambridge"* qui connut un énorme retentissement.
Bien que l'homosexualité ait été largement répandue dans les "english school", une chape de plomb recouvrait ces pratiques qu'on ne pouvait rendre publiques, et encore moins ostentatoires.
Les idées communistes trouvèrent écho parmi des jeunes gens qui pensaient qu'elles ouvraient la porte à la liberté de mœurs à laquelle ils aspiraient.
Le film l'explique avec beaucoup de subtilité : ce n'est certes pas un "gay movie" sur les amours masculines au collège, même si le spectateur sensible peut y faire son miel de scènes homo-sensuelles joliment tournées. Le titre français est d'ailleurs, pour une fois, explicite.
Le film dénonce l'hypocrisie qui régnait alors, héritée de la répression du règne de Victoria (voir Maurice, de James Ivory, relire les derniers écrits d'Oscar Wilde, après le "scandale"). La bande-annonce permet de s'en faire une petite idée, que voici :

  


* Les cinq de Cambridge, notice Wikipedia : clic

On notera que Marek Kanievska a de la suite dans les idées, qui tourna en 2004
A Different Loyalty (Secrets d'état) autour de la même affaire, où l'on retrouve l'acteur Rupert Everett.

dimanche 17 juillet 2016

Amour d'été


À Lemnos | Λήμνος

Vince par Gabi Ptacek
Bon dimanche !

Intérieur moderne (rediff.)

Que remarque-t-on ?
Un tapis que l'on a vu ailleurs, lequel, comme le canapé, provient sans doute d'un facteur suédois.
Astucieuse bibliothèque-échelle ; elle contient peu de livres, rangés cependant, en haut, par taille et éditeur.
En bas, les livres sont posés négligemment : on a dû lire un magazine de décoration, car ça se fait beaucoup ; c'est "tendance", comme ils disent.
Au milieu, de quoi écouter de la musique : les 2 enceintes (plates, en matière plastique) ainsi disposées démontrent que nous ne sommes pas en terrain audiophile ; de sensations stéréophoniques, on se prive ici.
A gauche, le fauteuil basique démontre qu'on ne doit guère sacrifier aux libations gastronomiques, tant il parait inconfortable.
Autre chose ?



Cadeau : tout vient de Bach



Et Bach inventa la musique moderne.
J'en suis intimement convaincu.
À l'inverse de Gould, Perahia utilise - avec parcimonie toutefois - la pédale forte, ce qui peut être considéré comme sacrilège par les puristes, lesquels prétendent que les œuvres du Kantor ne peuvent être jouées que sur clavecin ; et d'époque, bien sûr !
Laissons-les à leur chapelle, et jouissons de la merveilleuse sonorité que font naître les doigts du grand pianiste.
Les "baroqueux" en seront pour leurs frais : l'exploitation des formidables possibilités offertes par le Steinway est maintenant largement admise de nos jours ; Perahia, dont il faut absolument posséder l'intégrale des Suites, en fait l'admirable démonstration.

Ze french baguette


On était pas volé, chez le boulanger, à l'époque !

samedi 16 juillet 2016

Dans la salle de bains


Jeunesse insouciante (rediff.)

Je suis sûr que, comme moi,
ça vous viendra à l'esprit
immédiatement :
ces jeunes gens viennent
d'emménager.
Les livres et dossiers, hâtivement
disposés dans la niche, à gauche, 
tout le reste en décoration minimaliste
provisoire, témoignent d'une récente 
prise de possession des lieux.
Une chose m'inquiète : le parquet n'a pas été
poncé, encore moins vitrifié. Voilà bien l'imprudence
de la jeunesse : circuler ici à pieds nus présente une
dangerosité certaine. Il faudra jouer les infirmiers pour
retirer les traitresses échardes qui n'attendent qu'un faux pas
pour faire la peau de ces jeunes plantes...

Jeu ciné : deux images d'un film "culte"


Bien avant A single man et Le discours d'un roi, Colin Firth joua dans un film qui mérite largement sa place dans Gay Cultes.
Sans tricher (j'vous vois, hein !), prouvez, en commentaires, que vous maîtrisez notre culture cinématographique commune.
Commentaires et réponse publiés lundi matin.




Deuil national

Le deuil national a été décrété pour trois jours en hommage aux victimes de l'ignoble crime de masse commis à Nice.
Je reprends néanmoins ci-dessus les publications après avoir observé le silence toute la journée d'hier, incapable de retrouver mes repères.
J'ai pleuré sur les victimes, la colère m'a gagné, puis la détermination.
Malgré la menace qui pèse sur nous, il faut continuer à vivre, à sourire, à rire, à boire, à chanter, à aimer : c'est la meilleure manière de résister à ces barbares qui veulent bannir toute notion de joie de vivre de notre bref passage sur cette terre.

vendredi 15 juillet 2016

Image générique du film de Jacques Demy 1962

L'inconcevable à Nice

Nice, soleil, bains de mer, socca, pissaladière, douceur de vivre... et soudain cette ignominie.
Je sais que Gay Cultes y compte des lecteurs.
Toute ma compassion et ma solidarité face à cette horreur.

C'est si beau, la Promenade des anglais...


jeudi 14 juillet 2016

Lecteur avisé (rediff.)

Photographie de Martine Fougeron

Environnement raffiné,
portrait d’aïeul, tableaux
ton-sur-ton, et bon choix
de lecture pour ce jeune homme
« en vacances » .
Peut-être une
maison de famille partagée le temps
d’un été.
J’ose à peine écrire que l’image, quand on la
contemple en prenant son temps (la pléthore de photos
disponibles sur le web ayant pour un effet un « zapping » permanent),
n'est pas exempte d'un certain potentiel érotique.

mardi 12 juillet 2016

Épi c'est tout

Photo Herbert List (encore et toujours !)

Nouveau western

Jim Richardson : Kansas Cowboy

"Agostino", film sulfureux et rare

Inceste, homosexualité, pédérastie (et aujourd'hui, on emploierait plutôt le terme "pédophilie" !)...
On ne manquait pas d'air dans l'Italie des années 60.
Témoin ce film de Mauro Bolognini, d'après Alberto Moravia, où l'on assiste au passage de l'enfance à l'adolescence du jeune Agostino qui donne son titre au film.
La production et la diffusion de ce genre de film serait impossible de nos jours, ou, tout au plus vouée aux circuits parallèles.
On sent d'ailleurs que Bolognini, qui n'était pas un "petit" cinéaste, est mal à l'aise avec son scénario. Évoquer la sexualité adolescente est très casse-gueule, et il faut l'adresse d'un Téchiné, chez nous, pour éviter les embûches inhérentes à l'exercice : à quel âge commence la sexualité, et à quel âge est-il acceptable de la montrer sur un écran ? Ces questions habitent l'auteur d'Agostino, auxquelles il est bien incapable de répondre ; en toute logique.
On appréciera le lieu de tournage, Venise et son Lido, admirablement photographiés en noir et blanc, que Visconti magnifiera quelques années plus tard.
Dans le rôle de la mère, Ingrid Thulin, que l'on retrouvera dans Les damnés, chez Visconti également.
Curieux film, en tout cas, où l'on oscille entre Luchino V. (le Palace où résident le garçon et sa mère, le Florian de San Marco) et Pier Paolo Pasolini pour la peinture des ragazzi perdus de la lagune, le tout sur la première Gymnopédie de Satie allègrement pompée par Rustichelli, et sans mention du compositeur original au générique.
Un ofni (objet filmé non identifié), donc, donné ici en version originale d'après une cassette VHS, d'où la qualité relative : le film n'est pas disponible sur un autre support.
Si l'on comprend quelque peu la langue de Dante, et si l'on n'est pas rebuté par le sujet, on passera 82 minutes pas inintéressantes : 


Synopsis :
Agostino, jeune garçon de 12 ans, éprouve une passion à la limite de l'inceste envers sa mère. Ils passent ensemble un mois de vacances à Venise. Renzo, l'amant de circonstance de sa mère, bouleverse la vie affective du jeune garçon qui la pensait inaccessible au désir et tout à lui. Le garçon, par défi, se lie avec une bande de ragazzi, gamins de la lagune, livrés à eux-mêmes, et qui ont pour chef Saro, un homme qui est attiré par Agostino. Cela provoque une forte jalousie du jeune amant de l'homme et entraîne les moqueries des garçons de la bande. Cet été sera pour Agostino un passage de l'enfance à l'adolescence et une perte de ses illusions.

Agit'prop