Le journal quotidien - non hétérophobe - de Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007. Photo en-tête Mina Nakamura "La gravité est le plaisir des sots"
Cette fois, je me suis abstenu de commenter la campagne pour la présidentielle. Cocu du "et en même temps", je n'ai pas voté Macron. Dimanche soir, les jeunes que j'avais conviés à un raout électoral avaient voté Mélenchon. Ce n'était pas mon cas, car je trouvais éhontée la manipulation qui consistait à prôner le vote "insoumis" comme le seul possible pour éviter le duel annoncé. Au premier tour, on vote par conviction pour le candidat dont le programme correspond le mieux à ses idées. Parmi ces jeunes, il y avait l'ami aimable-aimant, bienveillant, qui ne cède en rien, malgré son choix, à la hargne des militants dont il n'est pas, il y avait un jeune gay joli et gentil, une insoumise "taubirienne" et un (le plus âgé) social-démocrate qui avait voté pour le président sortant.
Là où la stratégie LFI a (presque) fonctionné, c'est en produisant le très bon score de son candidat. Elle a cependant échoué à ramener la blonde fasciste à la troisième place, ce que j'avais pressenti. À Paris, où je réside, le président-candidat arrive en tête, suivi par le "non-aligné" auquel je n'ai pu apporter mon suffrage : le personnage, malgré ses talents d'orateur (quel beau discours, dimanche soir !), est selon moi un politicien roublard comme tant d'autres, à l'égo surdimensionné. Sa position "pas une voix pour Le Pen" est d'une ambiguïté qui n'échappe à personne et l'on sait qu'une partie non négligeable de ses partisans (ce n'est pas le cas de mes partenaires de soirée dominicale) choisira, par détestation de Macron, le vote révolutionnaire pour la facho prétendument "dédiabolisée" qui s'exhibe avec ses chats. Une victoire de cette dernière, dorénavant appuyée par les suppôts de Z., Ciotti, Morano et consorts, serait un désastre ; la conflagration qui en découlerait plongerait ce pays malade dans le chaos. La victoire qu'on nous annonce "de justesse" de son adversaire ne résoudra rien pour autant : la détestation qu'il suscite en régions (où les jeunes, on le sait, votent davantage pour la fasciste) est annonciatrice de lendemains agités (euphémisme). Quoi qu'il en soit, je voterai sans enthousiasme pour E. Macron au second tour. Vu le mode de scrutin, le retour de bâton risque fort de faire mal aux élections législatives qui suivront. Gouverner la France va devenir plus que jamais compliqué. Je ne reviendrai pas sur le sujet, préférant me réfugier dans l'écriture, la musique et m'efforcer de rendre à ceux qui m'entourent tout l'amour dont ils veulent bien m'entourer.
(...) je vois entre vous quelque chose d'exceptionnel...
Résumé Après l'Alsace, nous voici à présent à Montpellier où Marcel Fabre a reçu une lettre désespérée de Roland Sieffert, son jeune correspondant de Neuf-Brisach, qu'il s'efforce, dans sa réponse, de rasséréner autant que faire se peut. Marcel, étudiant en pharmacie, vit une très belle histoire d'amour avec André Foulques, un jeune diplômé des beaux-arts qui brosse les toiles pour les décors du Grand Théâtre. Les deux jeunes hommes abritent leur amour dans une mansarde louée par le père de Marcel pour lui permettre d'étudier en toute quiétude. S'y déroulent des ébats qui jetteraient l'opprobre sur les deux tourtereaux s'ils venaient à être découverts.
« Maurrassiens de
merde, quel torchon ! » L’homme n’a pu contenir l’indignation qui
s’est emparée de lui à la lecture de la première page de L’Éclair dont un
exemplaire avait été laissé sur la table voisine par un client distrait ou désireux de diffuser les idées antirépublicaines de ce
quotidien régional. De quoi lui gâcher cette matinée d’un printemps bienvenu qui lui a permis de faire sans rechigner le voyage jusqu’à la grande ville. Il est arrivé hier
en fin d’après-midi après un long périple en autobus cahotant et le défilé
monotone des petites gares qui jalonnent le trajet de la Micheline qui relie
Millau à Montpellier via Béziers. Le soir, ses pas l’ont mené sans hasard jusqu’au Peyrou, où, amusé et surpris
de leur effronterie, il a vu deux beaux jeunes hommes s’embrasser sans façon sur
un banc accueillant, sous la faible lumière jaunâtre d’un lampadaire. À son âge et
à l’heure qu’il est, son regard n’est pas concupiscent, mais complice et bienveillant. D’expérience,
il sait combien est jalonné de dangers le chemin qu’ont choisi d’emprunter les
garçons « comme ça », tels qu’ils se désignent entre eux. Il les a abordés sans ambages entre deux baisers et enjoints à la prudence. Il sait
que des fripouilles font des descentes nocturnes dans ces lieux où les « abominables »
se rencontrent. Il sait bien que la trouille au ventre fait partie du jeu, qu’elle
ajoute pour certains à l’excitation de la chasse nocturne. Les deux amants ont
conscience des périls qui les guettent : « Vous savez, Monsieur, je n’hésiterais
pas à faire le coup de poing. J’ai l’air d’une femmelette ? » s’esclaffe
à demi le plus enjoué des deux. La conversation a pris un tour aimable bien que
chuchotée et les trois nouveaux compères ont décidé de la poursuivre dès le
lendemain en pleine lumière.
J'ai sans doute déjà inséré cette œuvre, un extrait du Concerto en sol de Maurice Ravel, interprété ici par notre chère Martha et l'Orchestre National de France dirigé par Emmanuel Krivine. Neuf minutes et quelques secondes de plénitude. C'est sublime, forcément.
C'est flatteur et il m'incombe une effrayante responsabilité : mon feuilleton gagne chaque semaine de nouveau lecteurs, s'installant, celle-ci, à la première place des billets. Dans les commentaires, certains se livrent à des supputations souvent plausibles dont, par vanité peut-être, je tente de m'éloigner : ça me fait davantage phosphorer, mes nuits s'écourtant, où, comme dans un film, je "vois" ce qu'il va advenir de mes personnages. Certains se souviennent probablement (donnons-leur du grain à moudre) d'un texte qui fut l'élément déclencheur de cette histoire, dont les protagonistes étaient un boche et un communiste. Quand je le publiai, je fus encouragé par un "blogueur" (qui a renoncé, depuis), dont les avis m'ont toujours été précieux. La publication actuelle n'est pour moi qu'un brouillon de ce que sera le roman achevé. Je n'aime pas mon style, que je trouve quelque peu suranné et je me suis attelé à une réécriture des premières pages. Les commentaires et vos courriers m'obligent, mais je dois garder toute ma liberté, ne pas me laisser influencer par tel ou tel qui souhaiterait que... Écrire est à la fois bonheur et souffrance. C'est passionnant.
Fiachra Ó Corragáin est un musicien multi-instrumentiste et compositeur irlandais. Outre ses multiples talents, il est plutôt bien de sa personne, comme disait mère-grand :
J'aime beaucoup Alex Beaupain. Après le succès des Chansons d'amour, le film de Christophe Honoré qui le révéla au grand public, l'artiste poursuit une jolie carrière. Honnêteté, sensibilité, humilité sont des vertus rares dans le milieu de la "chanson de variétés".
Avec la chanson ci-après, il rend hommage aux 49 morts (photo) du Pulse, le club LGBT d'Orlando (Floride). L'effroyable tuerie du 12 juin 2016 ne doit pas être oubliée.
Après l'amour, pendant qu'il dormait, saisi d'un doute, je me suis levé. J'ai ouvert le sac de sport qu'il avait laissé dans l'entrée. Il contenait tout l'attirail du parfait cambrioleur. P. est mort peu de temps après à cyclomoteur, lors d'une course poursuite avec la police. Cette photo me fait penser à ce beau voyou qui m'a aimé. S.
Rupert Brooke (1887-1915), poète anglais pacifiste, était connu pour sa grande beauté appréciée à la fois par les hommes et les femmes. Lui-même était attiré par les deux sexes et eut des relations intimes avec des camarades de classe à Rugby, sa ville natale. Le poète mourut à l'aube de la quarantaine d'une septicémie due à une piqure de moustique pendant la grande guerre. Il est enterré à Skyros (Grèce).
"C'est exactement ce à quoi Adonis devait ressembler aux yeux d'Aphrodite", a écrit Leonard Woolf. Yeats l'a surnommé "le plus beau jeune homme d'Angleterre".
Rupert Brooke en Comus/Komos, dieu de la fête
Brooke en 1910
Brooke a écrit à son ami d'enfance et confident James Strachey l'expérience sexuelle (préméditée) qu'il eut au collège de Rugby avec son camarade Denham Russel-Smith (traduction approximative) :
« Sa peau a toujours été très lisse. J'avais, je m'en souviens, une vaste érection. Il s'est endormi dans mes bras. Je me suis glissé dans ma chambre et je me suis allongé dans mon lit en pensant - ma tête pleine de fatigue et ma bouche du goût du thé et des baleines, comme d'habitude. Le lendemain soir, nous causâmes longuement devant le feu du salon. Ma tête était sur ses genoux, après un peu. Nous avons discuté de sodomie. Il a dit qu'il pensait finalement que c'était faux.Encore une fois, nous sommes montés dans sa chambre. Il s'est mis au lit. Je me suis assis dessus et j'ai parlé. Puis nous avons éteint la lumière et parlé dans le noir. Je me suis plaint du froid : et ainsi je me suis mis sous l'édredon. Mon cerveau était, je m'en souviens, presque tout au long, absolument calme et indifférent, observant les progrès et planifiant la prochaine étape. Bien sûr, j'ai prévu le schéma général au préalable. J'avais encore froid. Il ne l'était pas. "Bien sûr que non, tu es au lit !" "Eh bien, vous entrez aussi." – Je l'ai fait me demander – oh ! Sans peine ! Je suis entré dedans. Nos bras étaient l'un autour de l'autre. "Une aventure !" Je n'arrêtais pas de penser : et j'étais horriblement détaché. Nous avons remué et pressé. Les marées semblaient monter. Au bon moment, j'ai, comme prévu, dit « viens dans ma chambre, c'est mieux là-bas.” Je suppose qu'il savait ce que je voulais dire. Quoi qu'il en soit, il m'a suivi. Dans le grand lit, il faisait froid ; nous nous sommes accrochés. Les intentions sont devenues claires ; mais toujours rien n'a été dit. Je m'écartai une seconde, au début de la danse, pour enfiler mon pyjama. Son rôle était celui de la femme tout au long. Je devais lui faire enlever le sien – fais-le pour lui. Ensuite, c'était purement corps à corps – mon premier, vous savez ! J'étais encore un peu effrayé par le sien, à tout pas soudain, s'enfuyant ; et lui, je suppose, était timide. Nous nous sommes très peu embrassés, autant que je me souvienne, face à face. Et je n'ai que rarement manipulé son pénis. Il a touché une fois le mien avec ses doigts ; et cela m'a fait tellement frissonner que je pense qu'il a eu peur. Mais avec des agitations alternées, et toujours des pressions, nous montâmes. Ma main droite saisit la moitié gauche de ses fesses, l'agrippa et pressa son corps contre moi. L'odeur de la sueur commençait à être perceptible. À la longue, nous nous roulâmes l'un sur l'autre, dans l'excitation. Des choses assez calmes, je m'en souviens, me passaient par la tête. "La blague élisabéthaine 'La danse des draps' a donc quelque chose dedans." "J'espère que son érection va bien" - et ainsi de suite. Je pensais à lui entièrement à la troisième personne. Longuement, les vagues sont devenues plus terribles ; mon contrôle de la situation était terminé. Je l'ai traité avec la plus grande violence, à laquelle il a répondu plus discrètement, mais sans cesse. À moitié sous lui et à moitié au-dessus, je suis sorti (j'ai "joui", sans doute ; note). Je pense qu'il est sorti (idem) en même temps, mais je n'en ai jamais été sûr. Un moment de silence : puis il s'éclipsa dans sa chambre, emportant son pyjama. Nous nous sommes souhaités « Bonne nuit. « Il était entre 4 et 5 heures du matin. J'ai allumé une bougie après son départ. Il y avait un désordre épouvantable sur le lit. Je l'ai essuyé comme j'ai pu et j'ai laissé l'endroit exposé à l'air pour sécher. Je me suis assis sur la partie inférieure du lit, une couverture autour de moi, et j'ai regardé le mur et j'ai réfléchi. Je pensais à d'innombrables choses, c'était tout ; que le saut vanté de la virginité à la Connaissance semblait une très petite affaire, après tout ; que j'espérais que Denham, pour qui j'éprouvais une grande tendresse, dormait. Mes pensées allaient d'avant en arrière. J'ai revu sans enthousiasme toute ma vie, et en fait tout l'univers. J'étais fatigué, plutôt content de moi et un peu triste. "
Rupert Brooke à Buckler's Hard, 1910 | On peut comprendre l'attrait qu'il exerçait.
La Place Brooke à Skyros
Ph. ΛΦΠ
NB Eric D. me signale, en commentaire, l'existence d'un ouvrage qui semble des plus intéressants : RupertBrooke, l'ange foudroyé, en librairie ou à la FNAC par correspondance. Merci à lui.
(...) les murs grisâtres s’illuminaient d’un amour naissant...
Résumé Nous nous sommes transportés à Neuf-Brisach, Alsace, où, au cours de l'hiver 1937, se sont tournées quelques scènes du film de Jean Renoir La grande illusion. Là, Roland Sieffert, 16 ans, fils d'un instituteur, est la proie d'une attirance vers un étudiant plus âgé. Soumis à un interrogatoire équivoque par un acteur de second plan du film, l'adolescent, bien qu'inexpérimenté, est convaincu qu'il va devoir jouer de faux-semblants pour dissimuler ses penchants et entrevoit l'avenir avec pessimisme. Il confie ses tourments par une lettre maladroite adressée à un garçon plus âgé avec lequel se sont noués des liens amicaux lors d'une réunion des scouts unionistes de France. Marcel, son correspondant régulier reçoit le courrier de son jeune protégé.
Montpellier, mars 1937
« Ah, ça, c’est la meilleure de l’année, hein, Dédé : le
petit alsacien est du bâtiment ! » Des traits de caractère de Marcel Fabre, le sens de l’humour n’est pas le
moindre. Il s’est convaincu que la dérision, y compris quand il l’exerce vis-à-vis
de lui-même, permet d’affronter plus sereinement les aléas de l’existence. Ainsi
ne s’émeut-il de rien. En apparence du moins, car le futur docteur en
pharmacie n’est pas dénué de sensibilité, même s’il déclare « faire jeu de
tout boa ». André Foulques, avec lequel il entretient une liaison aussi
discrète qu'illicite, ne s’y est pas encore fait : — C’est comme ça que tu accueilles sa lettre ? Tu ne vois pas que c’est un
SOS, que ce garçon a besoin de ton aide ? Il est jeune et n’a certes pas la
chance de vivre comme nous sa différence presque au grand jour, n’a pas les
facilités que nous avons, toi, d’être le fils Fabre – jusqu’à ce que ton
paternel découvre ta double vie, hein ?! – et moi, d’être un artiste, un
saltimbanque, dans un milieu où la chose est plus répandue ! N’empêche, je
persiste à le craindre, que ton insouciance nous attirera un jour de sacrés
ennuis. Je te rappelle qu’à Palavas, en août, quand tu t’es mis en tête de te
mettre nu à la vue des baigneurs, on a bien failli se prendre la dérouillée du
siècle ! Heureusement que j’ai fait fuir la bande de marlous qui voulaient
en découdre ! Marcel, mon ami, tu dois répondre à ce môme, le rassurer autant
que possible. — André, je doute que mes pleins et mes déliés et ma plus belle encre violette
parviennent à irriguer ses artères toutes neuves à une telle distance ; il
est là-bas, au bout du monde, à un jet de pierre des boches, qui plus est ;
il y a des contrées plus favorables, de ce que j’en sais. — Il a simplement besoin de savoir qu’il n’est pas seul au monde, il te fait l’honneur
de se confier, il te voit comme un grand frère, tu ne peux pas te dérober ! — Tu as raison, bien sûr, je vais lui répondre par un courrier moins sibyllin
que le sien. Si ça peut le rassurer, tant mieux, mais j’en doute. Je ne veux
pas me dire que j’ai fait ma bonne action et stop ! Je fais l’idiot, mais
j’ai bien conscience de ma responsabilité, figure-toi ! — Là, tu me plais ! Viens m’embrasser.
Marcel a répondu à la lettre du petit alsacien malheureux par un
courrier qui a fait l’objet de multiples brouillons. Moins abscons que celui de son jeune camarade, son libelle n’a rien caché de ce qu’il est, de l’amour
partagé avec André, relatant leur rencontre, manifestant néanmoins sa
compréhension des craintes de l’adolescent, lui exprimant son assentiment quant
aux simulacres auxquels il devrait se prêter dans un tel environnement, lui
faisant part de son fraternel soutien. Glissant l’enveloppe dans la boîte de la
poste de la rue Rondelet en cette maussade matinée de février, il ignore qu’ici prend
fin la correspondance avec celui pour lequel il éprouve une véritable
affection.
« La nuit dernière, je l'ai écouté à nouveau sur YouTube. Il possède tout et plus encore. Ce qu'il fait avec ses mains est techniquement incroyable. (...) Je n'ai jamais entendu quelque chose de semblable. » Martha Argerich
Le prodigieux pianiste russe Danil Trifonov joue, "pour l'Ukraine", L'art de la fugue de Bach, mardi 5 avril prochain à la Philharmonie de Paris. L'œuvre gigantesque du génie sera précédée de cette Chaconne, initialement écrite pour le violon et transcrite pour la main gauche des pianistes assez hardis pour l'interpréter. Trifonov y est stupéfiant. Martha Argerich ne s'y est pas trompée. Extrait :
La Chaconne dans son intégralité ici (Festival de Verbier 2016) : clic
Le film Un frère (2018), dont sont extraites ces images, est l'œuvre d'un collectif de jeunes cinéastes dont le mérite majeur est de raconter avec une extrême pudeur la découverte de l'amour en la personne d'un garçon plus âgé par un adolescent sensible. Film d'initiation, ce long métrage à tout petit budget, diffusé uniquement via YouTube (11 M de visions, tout de même !), provoque à coup sûr l'émotion. Chapeau ! On peut le voir dans son intégralité ici : cliquez là-dessus.
À Venise, les restaurateurs ont trouvé un moyen d'éloigner pigeons et mouettes alléchés par la nourriture sur les terrasses. Ils sont armés de pistolets à eau pour débarrasser les tables des gourmands volatiles. Selon Il Corriere del Veneto : "Les pigeons plus calmes voltigent avec insistance au-dessus des vivres. Les mouettes, en mode attaque, plongent dans des sandwichs et des morceaux de pizza mangés debout." En savoir plus sur les systèmes d'éloignement sans cruauté : clic
Dans la société conservatrice américaine d'après-guerre, on ne rigolait pas avec l'homosexualité. Si de nombreux films de l'époque ne faisaient qu'effleurer le sujet, La Corde aborde ce thème nettement plus clairement même si, comme toujours chez Hitchcock, l'approche est à la fois frontale et détournée. La probable homosexualité entre les trois personnages centraux du film est l'une des clés importantes afin de comprendre de manière effective le déroulement de l'intrigue telle que montée par le cinéaste (qui diffère de la pièce de Patrick Hamilton). Le film n'est pas sorti dans de certains états américains en raison de cette homosexualité implicite des personnages principaux. La censure interdisait à l'époque d'aborder ce sujet au cinéma.
Des lettres qui font des mots qui font des phrases
Machiavélique, j'insère cette photo de beau gosse ("bg" pour les plus jeunes) en tête d'un billet composé de lettres de l'alphabet, de mots et de phrases. Je ne me plains pas : dans les statistiques de la semaine dernière, l'épisode de Mon amant de Saint-Jean daté du lundi 21 mars arrive en deuxième position, juste derrière une photo de garçons fesses nues. C'est motivant, merci aux lecteurs lisant.
Par un beau dimanche de printemps
Malgré la pollution aux particules fines, j'ai bravé le danger dimanche dernier. Pendant qu'une autre pollution s'abattait sur le Trocadéro où se pressait une foule composée de racistes-xénophobes assumés antirépublicains, factieux, antivaccins et partisans de Poutine (un pléonasme), j'avais choisi de musarder en solo (j'irai plus tard avec mon compagnon de balades habituel), du côté du "boulmich" (qui le dénomme encore ainsi) et poussai jusqu'aux jardins du Luxembourg que la masse d'êtres humains agglutinés me conduit à délaisser ; j'empruntai une allée latérale pour baguenauder prudemment dans les jardins de l'Observatoire d'historique mémoire.
(...) la masse d'êtres humains agglutinés...
En vieillard (déjà !) libidineux, j'ai observé de mon banc d'accorts jeunes gens qui avaient tombé chemise pour se livrer à des exercices physiques sur les portiques disposés à cet effet. J'ai noté toutefois qu'en ce dernier dimanche de mars, les "beaux" garçons étaient fort rares sur le pavé parisien et alentours. Tout se perd. Seul fait positif : par un heureux effet d'une météo clémente, la bonne humeur était de mise. Je la ressentis également, allant jusqu'à m'extasier sur la beauté d'une jeune femme qui avait pris place non loin de moi à la terrasse d'un café où le serveur était aimable et souriant, ce qui, par les temps qui geignent, est fort revigorant. En rentrant, je me suis attelé à l'épisode de Mon amant... que vous avez peut-être lu hier. Bref, un dimanche positif pour quelqu'un ne l'a pas été jusqu'à présent (vous suivez ?).
Cinoche
La rédaction du feuilleton et mes activités professionnelles ne me permettent pas de chroniquer en long et en large les films que j'ai vus. Je vais au cinéma à une fréquence moindre que souhaitée. Je serai assez lapidaire en notant ceux que j'ai pu apprécier (dans le vrai sens du verbe) récemment. Le maximum est de cinq *.
Moneyboys
Petite nature *** (pour la performance du jeune acteur) Great freedom **** (malgré le goût amer que me laissent les dernières scènes) Moneyboys ***** (j'aime le cinéma asiatique, on ne se refait pas) Belfast *** (bien, mais je ne comprends pas l'engouement de certains) Pour toujours **** (Accorsi en couple gay, l'Italie, on craque !)
En séances de rattrapage : Bac nord *** (bien réalisé, bien monté (rhôôô ! et j'ai découvert que Gilles Lellouche pouvait être bon.) Kaamelott * (j'aimais bien la série, mais bon, on a fait le tour.) Eiffel * (téléfilm sur grand écran, sans réel intérêt)
Mes films "de l'année" demeurent : The power of the dog, de Jane Campion ***** (Oscar de la meilleure réalisatrice), La main de Dieu, de Paolo Sorrentino *****, Illusions perdues de Xavier Giannoli ***** et Tick tick... boom de Lin-Manuel Miranda ****. Sur les quatre, trois se voient sur Netflix, et oui !
Ne soyez pas feignants, comme disait mère-grand : vous allez sur votre moteur de recherche et vous verrez de quoi il s'agit si un titre ne vous dit rien. Je ne peux tout faire pour vous et le temps me manque, hélas.
Messieurs tout nus dans The power of the dog, de Jane Campion
Poésie chantée
J'ai déjà partagé ici la chanson Luna diamante qui illustre une très belle scène de Pour toujours, film étoilé ci-dessus. Elle est extraite de l'album mina fossati où s'unissent les voix du grand Ivano Fossati et de la divine Mina. Voici la chanson L'infinito di stelle qui ouvre l'album. Fossati nous offre un texte superbe que déroule la vidéo ci-dessous. Chanter en italien, vous ne pourrez plus vous en passer ! Je vous en prie :
L'homo invisible
C'est sur France 5, lundi dernier, qu'a été diffusé le passionnant document de Julie Delettre et Caroline Halazy. Malgré quelques libertés prises avec l'ordre chronologique, le film traite avec acuité de l'empreinte laissée par les homosexuels dans l'art. Les artistes reconnus ont bénéficié d'une tolérance, contrairement aux personnes issues des classes populaires qui eurent à subir l'ostracisme et les persécutions de la "mondaine" (les "descentes" dans les bains publics entre autres) envers celles et ceux qui, jusqu'à une période récente étaient considérés par l'OMS comme atteints d'une maladie mentale ! Avant les années 70, on ne parlait pas de "ça", ma bonne dame ! C'est en conquérant plus de visibilité médiatique (tout s'acquiert par la lutte, en définitive) que les bastions réactionnaires tombent petit à petit. Des images d'archives émaillent le récit, entrecoupées de témoignages du plus haut intérêt, comme ceux de Gérard Lefort (l'ex-animateur de "Passé les bornes..." de la France Inter), de Didier Varrod et d'Eddy de Pretto, lequel, ce n'est étrangement pas évoqué, a eu à subir il y a peu un déferlement de haine via les réseaux sociaux et des courriers évidemment anonymes, allant jusqu'à recevoir des menaces de mort, son crime ayant consisté à chanter ce qu'il est... dans une église. Comme quoi, on n'en a pas fini avec la connerie humaine.
Si vous n'avez pas eu la chance de voir ces 90 minutes de haute qualité, vous pouvez le regarder jusqu'au 27 mai sur le site de france.tv ici : clic
Dans l'intimité
Quand il m'a dit il y a un an déjà, " Après les flammes, nous entretiendrons les braises.", je n'ai pas pensé tout de suite à la dernière phrase du film de Christophe Honoré Les chansons d'amour que je viens de lui faire découvrir. Cette phrase, c'est : "Aime-moi moins, mais aime-moi longtemps." Voilà.