Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


dimanche 11 septembre 2022

Garçon en fleurs

 


Bon dimanche !

Karaoké lyrique



Chante avec Joyce DiDonato !

Dopo l'oscuro nembo Il Ciel sperai seren, E al mio tesoro in sen Goder la calma. Ma così bella speme Va rapida a sparir! E al primo suo martir Ritorna l'alma! Parte, e poi riede il sol Di luce a sfavillar... E a me non sa tornar L'amato oggetto!

Les réveils sont cruels

 



jeudi 8 septembre 2022

Entre deux eaux


Allez hop, tout le monde à la campagne !

Tero Puha, photographe  -  Otto (fouloulou, non ?) à Fiskars (Finlande), 2021

 C'est en Finlande que l'on peut encore se tenir éloigné des hordes de touristes. Le pays semble cool, ouvert, tolérant.
Idéal. Si on n'est pas frileux.

Farley Granger, un "bi" à Hollywood

 

L'acteur américain Farley Granger (1925-2011) eut une très belle carrière, émaillée d'excellents films, mais aussi d'œuvres essentielles comme Les amants de la nuit (magnifique !) de Nicholas Ray L'inconnu du Nord-Express et La corde (un personnage "gay" sans aucun doute) pour Hitchcock et, bien sûr, Senso de Luchino Visconti. Bisexuel, c'est avec un compagnon, mort peu de temps avant lui, qu'il finit sa vie.
Il déclara un jour :  "Je ne me suis jamais considéré dans le placard. Quand j'ai eu ma relation avec Arthur Laurents* pendant le tournage de Rope (La corde), tous mes amis étaient au courant. Nous sommes sortis dîner ensemble et sommes allés à des fêtes ensemble. C'était la foule avec laquelle nous traînions - c'était une foule de musique et de théâtre de New York. Aucune de ces personnes ne se souciait de savoir avec qui vous aviez des relations sexuelles."

Avec Alida Valli dans Senso de L. Visconti (1954)

* Scénariste de talent. Outre La corde, scénario de Vacances à Venise de David Lean et de West Side Story de Jerome Robbins et Robert Wise



lundi 5 septembre 2022

Taormi...nu

 

Carlos Ortiz à Taormina, avril 2022, par Fede Delibes
C'est bien ce que je pensais :
c'est en avril qu'il faut y aller.

Mon amant de Saint-Jean | Chapitre II - Épisode 26 : Les écrevisses à la nage

  

(...) aux plaisirs de la danse entre hommes.

   Jamais plus je n’aimerais les écrevisses à la nage. Je m’en étais pourtant délecté ce jour-là, dans ce restaurant des bords du Lez où l’oncle Octave nous avait invités. La guinguette où l’on fêta ma seizième année n'était pas comparable en tous points à celle de La belle équipe (1) : il y avait le restaurant, où se déroulèrent nos agapes, et, séparées par une frontière bien visible, des tables de métal où le tout-venant pouvait prendre place pour écluser simplement une bouteille de vin, boire une bière fraîche et guincher à sa guise, à la condition expresse de renouveler les consommations toutes les heures. À cet emplacement, on pouvait aussi apporter son manger, comme l’indiquait un écriteau de bois d’olivier suspendu à un toit de tôle. Du côté « riche », lustres à pampilles, banquettes de moleskine, serviettes et nappes blanches servaient de décor au ballet de serveurs obséquieux, courbés jusqu’à toucher du front les tapis de laine bouclée qui ouataient l’atmosphère, en contrepoint aux rideaux de velours, grand-ouverts pour permettre de jouir d’un automne qui tardait à s’assumer, prenant, cette année, des airs de printemps. Toisant l’herbe grasse et les fleurs épanouies, les saules, eux-mêmes, semblaient se forcer à pleurer. Déjà s’ébattaient dans le tout petit fleuve tranquille des baigneurs semblables à ceux du tableau de Bazille que j’avais admiré au Musée Fabre avec un Marcel du même nom. Dans ce mois d’octobre qui jouait aux avrils, me chatouillait l’envie de quitter mon costume et de rejoindre ces modernes tritons, de m’exercer avec l’un deux à une lutte prétexte à l’étreinte, peau contre peau, halètements d’athlètes du dimanche, sensualités libérées, spasmes, presque. Je rêvassais de la sorte quand arriva la salade russe à laquelle succédèrent ces crustacés d’eau douce que j’avais vus, parfois, dévalant la Dourbie et dont je n’avais jamais pensé qu’on pouvait les accommoder d’aussi plaisante façon. Je mangeai pour la première fois de ma vie, et pour la dernière, des « écrevisses à la nage » dont le mode de préparation avait de quoi m’étonner. Magali m’informa en effet qu’on les plongeait vivantes dans l’eau bouillante et je me retins de m’en affliger aux yeux de tous. Quelle barbarie ! Ma mère avait perçu ma gène et me dit que Viguier, notre Maire, en était friand, de ce qu’on en disait au village. Je mangeai en me forçant ces pauvres bêtes qui jamais plus ne nageraient dans les eaux limpides de la rivière voisine. Quand on apporta les rince-doigts, ma cousine me porta l’estocade, me révélant l’existence d’une « peste de l’écrevisse » qui avait tué de nombreux gourmets à la fin du siècle passé ! Je ne goûtai la suite du repas, gibiers et fromages qu’avec un appétit contrarié, sous l’œil espiègle de ma voisine de table. J’eusse préféré cent fois me régaler de l'un de ces casse-croûtes qu’avaient apportés les braves gens qui pique-niquaient sur la rive, que je contemplais avec envie : saucissons, œufs durs, pâté de foie, camembert, étaient davantage dans mes goûts. Sur l’estrade d’une grande salle qui jouxtait le restaurant s’était installé un trio de musiciens avec l’indispensable accordéoniste, secondé par un batteur et un contrebassiste. Lorsque, au dessert, on apporta un énorme gâteau surmonté de seize bougies et que l’orchestre joua « bon anniversaire, nos vœux les plus sincères » mon visage s’empourpra sous cette avalanche d’honneurs. Magali, jamais en mal de plaisanterie, me compara aussitôt au crustacé qui, je m’y étais résolu, ne ferait jamais plus mes délices.
   Je n’avais jamais dansé. Ou seulement pour faire le clown avec Goupil dans notre refuge, ou bien, tout nus, au bord de quelque plan d’eau propice à nos débauches. Ma cousine m’entraîna vivement « Tu vas voir, c’est facile ! » vers le parquet paraffiné où, déjà, de nombreux couples évoluaient sur des rythmes de valse et de java. « Tu as les pieds qui bafouillent, mais ça va venir, tu as le rythme ! » m’encourageait-elle. Je devais être doué, car je parvins à valser proprement en peu de temps ; l’envie de me dépenser après ces deux heures d’immobilité n’était pas étrangère à ces rapides progrès, de même que le vin – de chez Fabre, évidemment ! J’aimai ce tournoiement, cette griserie. Je me surpris à penser que mon bonheur eût été complet si j’avais virevolté ainsi dans les bras de Jules ou d’un garçon de mes amis en guise de cavalier. « Cheveux de neige » m’avait appris qu’à Paris, des bals accueillaient les gens comme moi et qu’on pouvait s’adonner sans crainte aux plaisirs de la danse entre hommes. Après de nombreux tours de piste, exténué, je mis à profit la ronde des digestifs et des cafés de la grande table pour tomber la veste dans l’intention de m’allonger sur l’herbe en prenant soin de m’éloigner des regards de mes proches. Une fine casquette posée sur ses cheveux blonds, vêtu comme un petit prince, à l’ombre d’un tilleul lisait Émile Boisselier. 

(1) Film de Julien Duvivier (1936)

(À suivre) 
©  Louis Arjaillès - Gay Cultes 2022

Épisodes précédents : cliquer

(...) des baigneurs semblables à ceux du tableau de Bazille...

Illustrations
1/ Photographe anonyme - Collection Roberto Camplone
2/ Scène d'été - Les baigneurs (Frédéric Bazille 1869)
3/ Le pêcheur à l'épervier (Frédéric Bazille 1868)

dimanche 4 septembre 2022

Innocent, encore

 

La salopette revient



 Simon Loof par Damon Baker

C'est comme tout, mon bon,
quand c'est bien porté...

Bon dimanche !

Prêtre, au plus haut

 



En 2009, l'immense chef Georges Prêtre, décédé il y a cinq ans, dirigeait - avec quelle ferveur ! -  l'Orchestre National de France pour un Cavalleria Rusticana inoubliable par qui a eu la chance d'y assister lors de cette édition des Chorégies d'Orange. 
L'Intermezzo de l'Opéra de Mascagni, fort célèbre, a été entendu au cinéma dans plusieurs films ; dont deux, plus particulièrement, ont laissé une trace non négligeable dans l'histoire du 7ᵉ Art.
Vous en souvenez-vous ?

Moiteurs

 


Après la teuf

 

samedi 3 septembre 2022

J'ai rêvé d'un dimanche au bord de l'eau



Leçon

 

SI VOUS AVEZ QUELQUE CHOSE
D'HOMOPHOBE, DE TRANSPHOBE
OU DE BIPHOBE À DIRE,
NE DITES RIEN DU TOUT.

Elle est bonne !



Si nombre d'hétéros (le machisme sévit encore) saluent ainsi la pianiste Yuja Wang, je réponds qu'effectivement, "elle est bonne". Mais nous n'avons pas la même conception de l'excellence. Taquinant l'un de mes amis "straight" l'autre soir, comme nous étions sur le balcon, je m'enthousiasmai au passage d'un garçon affriolant : "Waou, comme il est bon, lui !".

Recommandations


Les parents : "Pas de filles à tes soirées pyjamas, compris ?"
Le fils : "Bien compris, pas d'inquiétude ! "

vendredi 2 septembre 2022

Après la lutte,

je te jouerai un air de flûte.
 Rhôôôô, Silvano, m'enfin !?

Rouge*

Filip Hrivnak (comme ça se prononce), par John-Paul Pietrus


*Vous apprécierez sans nul doute le résultat de mes efforts surhumains pour des intitulés en situation.
 

Sicile pénissime !

 Quand mon hôte, fort sympathique, pétri de sicilienne générosité, m'a conseillé une escapade au Bar Turrisi de Castelmola, à quelques minutes de bus de Taormina, sans me dire de quoi il retournait, mais avec une lueur malicieuse dans les yeux, je ne m'attendais pas à découvrir cet établissement pour le moins insolite qui propose, de plus, des terrasses avec vue sur un autre type de volcan, l'Etna.
Jugez-en, gourmands que vous êtes !

Au bar, même la poignée du percolateur...
La carte. Délicieux vin à l'amande !
Aux toilettes, des fresques
Lavabite (prononcer à l'italienne)