Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


mercredi 17 mai 2023

Forcément*

Photo extraite de Sublime, de Mariano Biasin (voir billet précédent)
* Jeu : titre en référence à ?

"Sublime", en salles aujourd'hui

Pas simple d'assumer un titre pareil, gare aux critiques !
C'est un film avec anges : je ferai mon devoir et l'irai voir.
Bande-annonce : 

mardi 16 mai 2023

La pêche sera bonne

(Cinéma) "Le paradis" : y croire ou pas ?

 

Commentaire à chaud, rédigé après la projection : 

C'est un centre fermé pour mineurs délinquants, plutôt clean, où deux voyous très très très méchants vivent une belle histoire d'amour. Mais comme ils sont très très très méchants, après s'être enlacés, voire plus, dans les toilettes, ils vont se battre violemment, puis se séparer et se retrouver dans un simili happy end en raccourci final. L'un des deux délinquants est interprété par Khalil Gharbia qui irradiait dans Peter von Kant de François Ozon, ce dernier ayant l'expérience nécessaire pour réaliser des films qui tiennent la route. Ici, le beau Khalil fait de son mieux pour irradier à nouveau, mais n'y parvient guère. D'ailleurs, on ne le voit même pas tout nu, c'est dire ! Il y a quelques jolies idées dans ce premier film du Belge Zeno Graton, et aussi quelques références : dans la manière de communiquer entre deux cellules (proprettes, les cellules, en Belgique !), on pense évidemment au Condamné à mort de Jean Genet. On peut se référer aussi au Téchiné de Quand on a dix-sept ans, si ce n'est que dans le film de ce cher André, on se bat d'abord, et on s'aime ensuite jusqu'à forniquer, ce qui nous vaut une bien sympathique scène de sexe entre deux jeunes gars très beaux gosses, également. Ici, ce qui me dérange (j'insiste sur le "me"), c'est qu'on ne croit guère à certaines situations : par exemple, devant leurs compagnons d'infortune qui ne sont pas des enfants de Marie, les deux garçons s'enlacent fougueusement, ce qui ne laisse planer aucun doute sur leur relation. Pas un lascar autour d'eux pour hurler au pédé, à réagir violemment, comme ce serait le cas dans ce type de milieu dans le premier centre éducatif fermé venu de notre côté de la frontière ! Bref, dispensable.

Khalil Gharbia et Julien De Saint-Jean

"Nous allions parfois canoter..."

 

lundi 15 mai 2023

Mon amant de Saint-Jean | Épisode 73 : Devenir un homme

 

     Le printemps était chaud et nos sens bouillonnants. Nous allions parfois, le jeudi, canoter sur le Lez. Émile portait à nouveau la culotte courte, dévoilant des jambes qu’ombrait à peine un doux pelage d’or et de soie, que je contemplais longuement avant d’y laisser promener ma main tout en guettant les rives dans la crainte qu’un importun ne vienne surprendre ces caresses illicites. Je tenais les rames tandis que mon amant adolescent se lovait contre moi, la tête reposant à l’endroit où il pouvait ressentir mon trouble. De lui, j’ai encore l’image de ce canotier posé sur sa blonde chevelure avec une négligence très étudiée. J’avais le bonheur d’avoir deux amants d’aspect fort différent : Jules, taillé dans le marbre tel un dieu de l’antiquité, était la force ; Émile était mince, gracile, un félin.
    De tout temps, j’ai été un contemplatif : par la suite, dès que j’en eus les moyens, je fixais sur la pellicule les images de l’amour. C’est une boîte-à-chaussures où j’ai gardé les vestiges des jours heureux et malheureux qui m’a permis d’écrire mon histoire, chaque photographie éveillant des souvenirs d’une précision qui ne laisse pas de m’étonner aujourd’hui encore. Il me suffit de revoir sur l’une de ces icônes que mes yeux ont usées, le visage de Jules, pour reconstituer une partie de pêche sur la Dourbie peu de temps avant la tragédie qui devait flétrir des années où notre jeunesse ne demandait qu’à s’épanouir. Dans la chambre d’Etienne ou dans le pigeonnier de Fabre, mes garçons chéris s’agaçaient pareillement de mes contemplations qui différaient le plaisir. Elles décuplaient le mien dès lors que le moment était venu, quand je m’étais rassasié de la vision, jusqu’au moindre détail, de leur anatomie. Jules était le moins patient, qui faisait fi de « Laisse-moi te regarder encore un peu » et se ruait sur moi telle une bête fauve affamée. Je pense qu’Émile s’aimait davantage ; il s’offrait à mon examen avec plus d’indulgence. Sans doute prenait-il quelque plaisir à exhiber ses attraits.
     L’été approchait, au début duquel nous célébrerions le mariage de ma sœur avec Jean-Paul Raynal. Elle vint à Montpellier avec ma mère pour choisir une robe de mariée, car, à Millau, on ne faisait que du sur-mesure, trop onéreux. Aux Dames de France, il y avait un rayon dédié. On pourrait ensuite pratiquer des retouches au Vigan, où exerçait une excellente couturière. Maman et Madeleine ne voulaient infliger un dérangement à la maison de mon oncle, et passèrent une nuit au Majestic, qui n’avait de majestueux que le nom, mais offrait des chambres convenables pour voyageur de passage. Nous prîmes toutefois un dîner en famille ; de bonne heure, afin de me permettre d’accompagner les visiteuses jusqu’à l’hôtel. Sur le chemin, ma mère me complimenta sur ma bonne mine et sur mes excellents résultats scolaires qui faisaient la fierté de mon père, lequel ne manquait pas d’en faire état, au village, où, me dit-elle, je faisais figure de future personnalité ! Je pensais à mon Goupil qui rongeait son frein devant son bureau, sous l’autorité d’un père inculte et irascible. La date de nos retrouvailles approchait. Elles seraient de courte durée, car Marcel venait de m’annoncer qu’avec André, il voulait louer une maisonnette pour l’été à Palavas où les deux compagnons proposaient de m’accueillir. Les Fabre étant liés d’amitié à mon oncle, je n’aurais aucun mal à obtenir son assentiment. L’été de cette année 1938 serait sans nul doute féérique, dont je me grisais déjà, d’autant que les Boisselier possédaient une belle villa dans la station balnéaire, où Émile devait séjourner. Jules espérait ma présence à Saint-Jean durant toutes les vacances scolaires. Je devrais assumer mes choix, faire œuvre de diplomatie, éviter le délitement de nos sentiments. Devenir un homme était une épreuve. Il y en eut d’autrement fâcheuses.
À suivre  ©  Louis Arjaillès - Gay Cultes 2022-2023
Épisodes précédents : cliquer
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samedi 13 mai 2023

Bucolique

Bientôt mouillé

 

Poulenc par les Jussen, ça décoiffe !



J'avais entendu ce Concerto pour deux pianos de Poulenc par les sœurs Labèque à La Roque d'Antheron. La version des charmants frères Jussen enregistrée à Francfort-sur-le-Main (Frankfurt, Allemagne) n'est pas mal du tout. Lucas et Arthur non plus.

Lucas et Arthur Jussen

mardi 9 mai 2023

Tout simplement naturel

Le retour


 Certains d'entre vous ont cru que j'étais parti pour l'Italie. Les fidèles savent mon attachement, quasiment obsessionnel, à la patrie de Dante. Eh bien non, j'étais invité en... Bretagne sud, au bord de l'océan, non loin de Lorient. Musique vivante, promenades, agapes, chat gentil, mais exigeant : à la différence de celui de la photo, il est tout noir. Une maison où règne un matou, qui dispose d'un piano et de livres, est un lieu de sérénité dont j'avais bien besoin. On m'a dorloté comme il se doit en amitié quand on reçoit un Parisien stressé. Pléonasme ?

Le soir, avant le dîner | Photo de l'ami O., breton accueillant

Le Fort Bloqué - Ploemeur, Morbihan. Mafoto. Grand soleil... le jour de mon départ.

Mon royaume pour un cheval, etc.

 Comme chacun sait, nous vivons en dictature en France, où l'on a même entendu des slogans réclamant, après celle de Louis XVI, la décapitation du monarque actuel. Mais les Français sont les rois du paradoxe. Ainsi, il paraît qu'ils furent des millions à suivre sur les écrans le couronnement du Roy d'Angleterre et ses fastes anachroniques (ah, ce carrosse d'or tiré par dix-huit chevaux !). À cet emballement médiatique, j'ai préféré les balades le long des rivages bretons, pendant qu'une partie non négligeable de mes compatriotes suivait ce cérémonial, aimantée, telles les phalènes, par la lumière d'un phare d'un autre genre que celui que j'admirai en Morbihan. Un ami, fin musicologue, claveciniste émérite, a jugé bon de me diriger vers, selon lui, le "seul moment intéressant" de l'événement du siècle (je me gausse). Il s'agit du Te Deum de couronnement (ce n'est, par le fait, que rarement joué) de Sir William Walton, né dans le Lancashire en 1902, et qui eut le bon goût de mourir en 1983 à Ischia. Outre l'effective beauté de l'œuvre, on relèvera que la Grande-Bretagne compte, elle aussi, de grands compositeurs de musique dite contemporaine.
J'ai donc pu apprécier, moi aussi, un peu de la magnificence anglicane. Voici donc ce beau moment musical. Profitons-en illico, car, en termes de droits, il y a du blé à la clé (d'Ut) et la vidéo devrait disparaître rapidement :

      

Nota Bene :
au risque de vexer, je n'ai pas jugé utile de publier deux commentaires relatifs à cet événement dont on nous a suffisamment rebattu les oreilles. Ce n'est pas "the cup of tea" de ce journal, où, en outre, on préfère le cappuccino.

lundi 8 mai 2023

Beau volume

 

En attendant

En attendant le nouvel épisode de Mon amant de Saint-Jean,
j'ai exhumé ce court texte publié en 2012.

Tard dans la matinée, nous nous décidions à partir pour la plage.
Je n'aime pas la plage : j'y allais pour ne pas briser le rêve, pour te plaire, pour rester avec toi.
Nous faisions un drôle de tandem, toi le sportif tout en muscles aussi blond que j'étais brun, et moi l'intello, l'artiste frêle, pas encore épaissi de mes ripailles futures.
Je restais sur le sable, livre en main, pendant que tu évoluais tel un dauphin dans les vagues bleues.
J'attendais que tu en émerges, altier, pour t'admirer dans ta plénitude de jeune mâle qui a tout vaincu.
Tu venais vers moi, sourire aux lèvres, ce sourire indulgent, doux, carnassier parfois, la nuit, avant tes ruades.
Tu hurlais : "Tu te baignes pas, femmelette ?"
J'avais honte ; je pensais que tous ces gens, autour de nous, me regardaient et se moquaient de la "femmelette". 
Je disais : "T'es dingue, elle est trop froide !"
Et tu venais, au dessus de moi, t'ébrouant dans une danse tribale, m'asperger de milliers de gouttes salées qui, ainsi, voyageaient de ta peau à la mienne.
Je faisais mine de m'en offusquer.
C'était délicieux pourtant.
Silvano


samedi 6 mai 2023

Transparences

Photo de Gerardo Vizmanos

 

C'est dans l'air

Un seul hêtre vous manque...*

Gustav Klimt - Bois de hêtres - 1902


* Après ce subtil jeu de mots,
je vous recommande le très joli
recueil de nouvelles intitulé Un seul être (sans h)
de Bernard Pignero, aux éditions Encretoile.
Par bonheur, on le trouve ici : cliquer

jeudi 4 mai 2023

Dans l'intimité

 


Escapade

Photo Christiano Madureira

Je pars en villégiature pour quatre jours.
Il y aura des bateaux, de l'eau salée et, peut-être, du soleil.
J'ai programmé de jolies images et des rediffusions d'anciens billets.
Je publierai les commentaires (intéressants) dès mon retour.
Les lecteurs du feuilleton hebdomadaire devront
vraisemblablement patienter un jour ou deux.

mardi 2 mai 2023

(H)Ombre

Mauvais genre

Je vous sais indulgent(e)s. Aussi me pardonnerez-vous de m'autociter : dans le dernier épisode publié de votre (pour certain.e.s) feuilleton, l'oncle du narrateur définit comme "efféminée" l'allure du jeune Émile Boisselier. Sans pour autant célébrer ceux/celles que nos anciens appelaient "folles tordues", j'avoue apprécier les garçons d'aspect gracieux. Sans excès, donc, sachant à quoi les exposeraient, dans la société de leurs concitoyens "jeunes adultes", ce que d'aucun(e)s désignent par "des manières" trop connotées. Car la célébration récente du dixième anniversaire de la loi sur le mariage pour tous ne doit pas nous le cacher, le droit à la différence n'est pas encore entré dans les mœurs, loin de là ! Ainsi, il y a peu, une mère de famille lambda me désignant un jeune homme qui n'a pour tare que l'apparence construite au fil de nombreuses années de pratique du patinage artistique, qu'il avait "mauvais genre". Ce garçon, de plus (ou de moins), est strictement hétérosexuel. Voici, en images, cinq charmants jeunes gens qui ont, selon certain(e)s... mauvais genre :  






Chaplin, 1915

Photo © Roy Export Company Limited

lundi 1 mai 2023

Mu...gay


Mon amant de Saint-Jean | Épisode 72 : Nuages gris

 (De retour à Montpellier, avril 1938)

      — J’ai croisé le plus jeune des fils Boisselier ce matin. C’est l’un de tes camarades de classe, n'est-ce pas ?
De tout temps, j’ai eu la chance de ne rougir qu’intérieurement. Un petit accès de fièvre que nul ne peut déceler me signifie une inquiétude, une gêne, et, parfois, ma honte. Je redoutai la suite, mais ne chancelai pas, badin : 
— Oui, mon oncle, un excellent élève, plus sympathique que son frère.
— En effet, à l’opposé, je dirais. Il semble cependant un peu efféminé, tu ne trouves pas ?
Mon assaillant du jeudi, efféminé ? La virilité d’Émile ne pouvait faire de doute, la nature l’ayant doté, de plus, d’un avantage considérable que j'évoquai in petto, ne pouvant réprimer un sourire malvenu.
— Tu souris, mais je voudrais te mettre en garde, Claude : notre ville se dit civilisée, certes, mais tes fréquentations ne doivent pas donner prise à des rumeurs malveillantes. Je suis un vrai Radical, tu le sais, d’un parti qui fut, dans les débuts de notre République, troisième du nom, à l’avant-garde de l’humanisme, et pour tout dire, je n’ai guère de préventions à l’égard des pé… des hommes qui n’aiment pas les femmes, hormis les caricatures qui, à mon sens, jettent l’opprobre sur cette catégorie de la population. Pour des esprits simples, la recherche vestimentaire, la finesse des traits, une allure que d’aucuns jugent équivoque, déclenchent pour le moins la défiance.  
Il m’apparaissait évident que l’oncle n’avait pas seulement « croisé » mon amant ; il l’avait longuement observé, le menant à ces déductions. Qu’aurait-il dit, si, au mois d’octobre, quand, attablé dans le restaurant de l’Hôtel du Midi avec Boisselier-père, et Fabre, il nous avait découverts festoyant dans les cuisines. Les heures qui suivirent ce repas, on s'en souvient, furent consacrées à une toute autre forme de libations. J’en frémis rétrospectivement.
— Mon oncle, répondis-je, feignant une vague indignation, je suis apte à choisir mes fréquentations. Vous me feriez injure de pas en convenir. Boisselier n’est pas ce que vous croyez. Il est simplement plus curieux que la plupart de mes autres camarades des choses de l’art, de la littérature, de la grande musique, et c’est toujours enrichissant de discuter avec lui de ces sujets qui m’intéressent également. Me le reprocheriez-vous ? Et me tanceriez-vous, aussi, d’avoir pour ami Pierre Bloch, le plus brillant élève de ma classe, qui est juif ? Est-ce que ce serait, par ailleurs, susceptible d’alimenter des rumeurs malveillantes ?
Octave parut désarmé par ma riposte à ses allégations.
— Certes, mon neveu, je ne fais que mon devoir de t’en prévenir, toi que je considère comme mon fils. Oh, tu dois penser que je crains le scandale pour moi-même ! Il n’en est rien, permets-moi de te conseiller la prudence, tu m’en sauras gré, je t’assure.
On passa à autre chose, mais je décidai d’être plus vigilant que jamais, y compris avec mon oncle, trop rompu au discours politique pour que je n’adopte, avec lui, une attitude plus précautionneuse à l’avenir. Ma tante avait suivi la conversation comme distraitement, sans intervenir. Dans le domaine de la carte du tendre, les femmes sont douées d’un sixième sens. Elles détectent, mieux que les hommes, ce qu'ils sont. Leur caractère les prédispose à la discrétion. Ma cousine était dotée de ces qualités. Le dépit amoureux qu’avait suscité sa relation avec Marcel Fabre, destinée à demeurer amicale, n’en avait pas fait une virago, comme ce pouvait être le cas, chez d’autres, en pareille circonstance. On m'avait raconté des cas où l'amoureuse éconduite avait réagi par des commérages, des lettres vengeresses, une attitude soudain hostile. Mais Magali était bonne, généreuse. Jeune et accorte, elle pouvait espérer qu’un prince charmant viendrait tôt ou tard mettre un baume salvateur sur son amertume.  Elle était même prête à porter secours en cas de catastrophe, comme j’allais pouvoir m’en convaincre dans les prochaines semaines. Dans la conversation qui suivit le dîner, dans notre pigeonnier, à l’étage des jeunes, elle proclama que tout amour est éminemment respectable. Jamais elle n’avait fait allusion à ce qui unissait les Nathanaël. Elle savait peu de choses d’André, mais n’avait le moindre doute sur la sûreté des choix de celui qui, d’amitié d’enfance en déception, tenait une place indéfectible dans son cœur. Sa loyauté forçait l’admiration.
    J'avais confié à cette jeune femme admirable l'inquiétude qui me tenaillait quant à l'état de santé du vieil homme de Saint-Jean. Elle sut trouver les mots qui pansent les plaies de l'âme, me chuchotant, sur le pas de la porte de ma chambre, telle une berceuse, des paroles apaisantes, me disant qu'il ne fallait pas s'affoler tant que n'étaient pas arrivées des nouvelles fraîches. J'en eus dès le lendemain. Marcel vint sonner en fin de matinée, confirmant qu'Etienne avait été transporté par ambulance à l'hôpital de Millau pour y subir des examens de toutes sortes, radiographies, analyses sanguines et autres. Il me dit que cheveux-de-neige pouvait à peine marcher, mais que, selon Chaumard, il semblait de fort bonne humeur. "Ton camarade Jules Goupil, précisa-t-il, pourrait, quant à lui, faire un cent-dix mètres haies !". Un rai de lumière trouait les nuages qui s'étaient amoncelés. Avec Fabre, je suis allé me ragaillardir ensuite d'un St Raphaël Quinquina au soleil de la Comédie. Le quinquina, d'après Amélie, c'était une bonne médecine. Je n'avais pas à en convaincre Marcel, qui me trouva meilleure mine quand nous nous quittâmes. Malgré moi, mes pas me guidèrent vers l'Hôtel du Midi.  
À suivre  ©  Louis Arjaillès - Gay Cultes 2022-2023
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