Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


mercredi 4 novembre 2015

Animal on est mal

On n'attend plus qu'un rugissement.

En Scope


J'expliquai à un jeune cinéaste, lors de nos toutes récentes longues marches, les différentes innovations des grands studios pour contrer la télévision dans les années 50.
Il y eut notamment l'arrivée des films en cinémascope et autres formats "larges" (70MM, Cinerama...) pour démontrer à quel point le cinéma était un spectacle que la petite boîte ne pouvait égaler.
J'illustre étrangement mon propos avec cette photo : avouez que le format panoramique met admirablement en valeur cet ange casqué en méditation (ou se lamentant de constater qu'il a oublié de recharger son smartphone : quelle prise de tête !).

Jack Kerouac


Bibliothèque a minima


C'est Josep, lecteur de Catalogne,
qui m'a envoyé cette photo
d'une bibliothèque
très virtuelle.

Il s'agit d'un appartement de Mantova (Mantoue, Italie)
réhabilité par les architectes Diego Cisi et Stefano Gorni.
Je ne sais si les intentions des concepteurs étaient de dénoncer
l'appauvrissement de la diffusion du savoir ou... sa fossilisation.

Facygnation


mardi 3 novembre 2015

À pile ou fesses

Photos Markus Bolingmo
Émouvant, non ?

Un pneu, mon neveu*





Giovanni Battista Pirelli, primo a produrre pneumatici in Italia, all’età di 17 anni volontario garibaldin.

Giovanni Battista Pirelli , qui fut le premier à produire des pneumatiques en Italie, ici âgé de 17 ans, volontaire aux côtés de Garibaldi.









* Et même pas honte.

Soirée d'automne


lundi 2 novembre 2015

Vues... imprenables (?)


Je sens vaciller
ma conviction que l'on 
doit absolument, 
de tout temps, 
porter une ceinture...

Michael Jackson sublimé, un cadeau :

Rien n'est plus malaisé que d'adapter ce style de musique au piano solo.
Bence Peter en fait un impressionnant numéro de voltige pianistique.
Chapeau bas !

Feuilleté


dimanche 1 novembre 2015

" Que je m'aime ! "

J'ai beaucoup vilipendé les "selfies".
Mais la chair est faible : je suis prêt à accorder des dérogations à qui m'enverra des autoportraits exclusifs.
Des portraits de lecteurs de fesses et de profil ?

Bon dimanche !

Sebastiane : à damner un saint !


... longues séquences érotiques...
En 1976, Derek Jarman (Paul Humfress co-réalise) s'empare du personnage mythique de Saint Sébastien, incontournable figure de l'iconographie gay, et donne à voir un ofni (objet filmique non identifié) entièrement dialogué en latin, qui emprunte à Fellini (la première scène est digne du Satiricon) et transcende le héros, objet des fantasmes de soldats livrés à eux-mêmes en des contrées reculées de l'empire, en l'absence de toute présence féminine. On imagine sans peine à quel point le film scandalisa, au point, après un petit tour dans les cinémas d'art et essai, d'être relégué dans les salles "spécialisées", comme n'importe quelle production "classée X", selon l'étiquette (infamante) de l'époque. Il faut dire que Jarman ne s'embarrasse d'aucune pudeur pour décrire le quotidien de la soldatesque impériale : longues séquences érotiques, plans appuyés sur la musculature des protagonistes, jusqu'à la scène du martyre, filmée dans un  style que n'aurait pas renié un Pasolini, entre Mille et une nuits et Salo.


La vision que donnent Jarman et Humfress est sans ambiguïté, donc, si l'on en juge par le synopsis :

Au quatrième siècle après JC, Sebastiane est membre de la garde personnelle de l'Empereur Diocletian. Quand il essaye d'intervenir pour arrêter la strangulation de l'un des gitons de l'Empereur par un de ses gardes du corps, Sebastiane est dégradé au rang de simple soldat et exilé dans une garnison éloignée dans un lieu désertique où les soldats, en manque de femmes, s’adonnent parfois à l’homosexualité.
Bien que considéré comme l'un des premiers Chrétiens, Sebastiane est un adorateur du dieu solaire romain Phoebus Apollon et sublime le désir de ses compagnons masculins par l'adoration de sa déité et son pacifisme. C'est aussi le cas pour Severus, le commandant de la garnison, qui devient de plus en plus obsédé par Sebastiane, et cherche à le faire céder à ses avances. Ce dernier le repousse.
Justin, un de ses compagnons d'armes, est également amoureux de Sebastiane et se rapproche de ce dernier bien que cette attirance soit non-réciproque. Adrian et Anthony, deux des compagnons d'armes de Sebastian, sont homosexuels et leur amour partagé est connu de tous.
Finalement Severus essaye de violer Sebastiane et décide en fin de compte son exécution sommaire. Ses camarades doivent lui décocher chacun une flèche.


Une scène



Extraits évocateurs.




DVD : Le film accompagne, sur ce support, le livre de Didier Roth-Bettoni Sebastiane ou Saint Jarman, cinéaste queer et martyr (ouf !) sorti l'an dernier aux éditions Erosonyx.
Le mérite du livre est d'offrir une traduction intégrale des dialogues en latin du film. Il étudie également le cas du "vrai" Saint Sébastien et les œuvres que le personnage a inspirées.




... longues séquences érotiques...

Moins "barbu-hipster" (!), par Guido Reni (1616)
Vous noterez que, tout mécréant que je sois, je fête aujourd'hui dignement la Toussaint.

Un autre Sébastien

Blondinet à souhait : Michael Biehn
Il y eut un Martyre de Saint-Sébastien que je n'ai pas vu, improbable coproduction européenne de 1984 où le Saint est incarné, en vision plus éphèbophile par Michael Biehn, habitué des plateaux tv, qu'on a pu voir, notamment dans la série inspirée des Sept mercenaires ou, au cinéma, dans Le roi scorpion.
Franco Citti, disciple de Pasolini fait partie de la distribution.
Pour le reste, les extraits visibles ici et là - voire risibles ici et là - ne donnent pas à penser qu'on est passé à côté d'un chef-d’œuvre.
Celui-ci m'a plu surtout pour la chanson qui l'accompagne (Cavaleiro Monge par Mariza) :