Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura
"La gravité est le plaisir des sots"
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura
"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)
vendredi 27 septembre 2019
Cordes sensibles
J'aime beaucoup le compositeur catalan Frederico Mompou (1893-1987) dont je connais davantage l'oeuvre pour piano.
J'ai découvert ce Prélude que j'ai bonheur à partager avec vous, qui apprécierez, je le sais.
Si j'ai bien compris, ce jeune guitariste a "posté" lui-même cette séquence et s'appelle, de fait,
Dimitri Gravette.
Grand moment de radio
Madame Taubira sur les attentats du 13 novembre 2015.
C'était sur une station de radio où il arrive encore qu'on laisse parles les cœurs.
jeudi 26 septembre 2019
I'm singing in the rain
Il est parfait, notre cher Timothée Chalamet dans Un jour de pluie à New York, le nouveau Woody Allen, en double de son auteur-réalisateur, lequel subit un boycott au USA où l'on a pour habitude de condamner les gens sans procès. Ce genre d'attitude nous rend encore un peu plus anti-ricains, même si le dernier Woody, comme souvent, nous promène dans un NY pluvieux qui ne manque pas de charme. C'est dû à la manière qui n'appartient qu'à lui : légèreté, humour et pétillements qui nous rassérènent en cette période où ça maugrée de tous côtés ; une séance de thérapie qu'il faut recevoir comme un cadeau d'un cinéaste qui aime le cinéma et son public. On le lui rend bien, et il suffit de voir la mine réjouie teintée de gratitude des spectateurs retrouvant, à la sortie, un Paris pluvieux où l'on aurait presque envie de faire des claquettes et d'envoyer des gerbes d'eau noirâtre vers le ciel.
L'argument est simple comme "good morning" : deux étudiants, Gatsby et Ashleigh, envisagent de passer un week-end en amoureux à New York. Mais leur projet tourne court, aussi vite que la pluie succède au beau temps… Bientôt séparés, chacun des deux tourtereaux enchaîne les rencontres fortuites et les situations insolites.
Tout est dans la dernière phrase : l'imagination de ce bon vieux Woody s'emballe soudain pour éviter les conventions du genre "film à bons sentiments", et ça, ça s'appelle comédie !
Bien sûr, on craque sur un Timothée au talent qu'on ne peut plus qualifier de prometteur tant il est avéré, mais on conviendra que ses deux partenaires féminines (Elle Fanning et, surtout, Selena Gomez) sont parfaites, justes, et drôles ce qu'il faut.
Ce n'est pas du Ken Loach (que j'aime aussi), ça se passe "chez les bourges", ça ensoleille une journée maussade, c'est cool.
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| Selena Gomez et Timothée Chalamet |
mercredi 25 septembre 2019
Manif pour tous le retour
Dans la période, tout n'est pas bleu, hélas !
Avec les actuels débats parlementaires sur la loi bioéthique, dans laquelle sont incluses les dispositions nouvelles concernant la PMA, la charmante Ludovine Dutheil de La Rochère, née Mégret d'Étigny de Sérilly (si !) tente de mobiliser les troupes de la tristement fameuse "Manif pour tous".
Avec les actuels débats parlementaires sur la loi bioéthique, dans laquelle sont incluses les dispositions nouvelles concernant la PMA, la charmante Ludovine Dutheil de La Rochère, née Mégret d'Étigny de Sérilly (si !) tente de mobiliser les troupes de la tristement fameuse "Manif pour tous".
Les intégristes de toutes obédiences nous polluent l'existence plus que jamais grâce à l'écho donné par les nouveaux moyens de communication à leurs délires médiévaux.
Je leur adresse une nouvelle fois, par l'entremise du très regretté Charb, le doigt d'honneur qu'ils méritent amplement.
Du bleu
L’inclinazione del blu all’approfondimento è così grande che proprio nelle tonalità più profonde diventa più intensa e acquista un effetto interiore più caratteristico.
Quanto più il blu è profondo, tanto più fortemente richiama l’uomo verso l’infinito, suscita in lui la nostalgia della purezza e infine del sovrasensibile.
(Wassily Kandinsky)
Quanto più il blu è profondo, tanto più fortemente richiama l’uomo verso l’infinito, suscita in lui la nostalgia della purezza e infine del sovrasensibile.
(Wassily Kandinsky)
L'inclination du bleu vers l'approfondissement est si grande que dans les tonalités les plus profondes, il devient plus intense et acquiert un effet intérieur plus caractéristique.
Plus le bleu est profond, plus il attire fortement l'homme vers l'infini, il suscite en lui la nostalgie de la pureté et, in fine, du "suprasensible"*.
(Kandinsky)
* J'avais traduit tout de go par "hypersensibilité" qui résonnait mieux en moi. Non sans en douter. Ça n'a pas échappé à un commentateur avisé qui pratique la langue italienne au quotidien. De plus, ne m'en déplaise, le terme "suprasensible" est tout à fait validé par mon cher Robert.
Plus le bleu est profond, plus il attire fortement l'homme vers l'infini, il suscite en lui la nostalgie de la pureté et, in fine, du "suprasensible"*.
(Kandinsky)
* J'avais traduit tout de go par "hypersensibilité" qui résonnait mieux en moi. Non sans en douter. Ça n'a pas échappé à un commentateur avisé qui pratique la langue italienne au quotidien. De plus, ne m'en déplaise, le terme "suprasensible" est tout à fait validé par mon cher Robert.
mardi 24 septembre 2019
Gaz à tous les étages
Je vous jure que je suis viscéralement, intrinsèquement et férocement antifasciste.
Je ne sais d'où viennent ces "black-blocs" se disant "antifa" qui sèment la violence partout où ils interviennent, et je sais même une personne, une seule, je crois bien, parmi celles que j'ai fréquentées ces derniers temps, qui doit approuver, si ce n'est s'en réjouir, ces exactions.
Je sais aussi qu'il se dit ça et là, qu'ailleurs, dans les autres pays (lesquels ?), tout se passe le mieux du monde avec ces jeunes gars (ooooh oui, garde tes rangers pour me sauter, mon amour !) et qu'il y aurait donc, en France, un "complot" (il y avait longtemps !) qui consisterait à laisser faire ces trublions (le mot est faiblard, non ?) pour foutre la merde dans les manifestations contestataires.
En "maître protecteur", j'ai tremblé, samedi dernier, de savoir que certains de mes grand(e)s élèves se trouvaient dans cette manif pour le climat bousillée par ces éléments très polluants et, en toute logique, susceptibles d'êtres visés par les lacrymos des forces dites "de l'ordre" chargées, comme c'est con, de le maintenir.
Il y aurait donc alliance objective entre ces éléments extrêmes et nos gouvernants, dont on savait, par définition, qu'ils sont censés manier le cynisme pour exercer leurs fonctions - relisons Machiavel ! - mais, à ce point là, tous les membres, sans exception, m'en tomberaient si c'était avéré !
Un écolo se répandait dans les travées de la brocante des voisins, dimanche, pour propager cette rumeur, à croire qu'il n'avait pas compris qu'il était inutile de s'époumoner : de nos jours, en deux clics sur Facebook ou ailleurs, des milliers de personnes sont prêtes à croire n'importe quoi.
Personnellement, qu'il y ait des antifascistes prêts à donner du poing voire plus pour casser de l'abruti néonazi ne me gêne pas plus que ça. J'irais même jusqu'à dire que c'est plutôt une bonne chose, d'autant que je sors d'une séquence télévisée où s'exprimait ce Jordan machin-truc, nouveau bras-droit de la fille Le Pen, qui est, à lui seul, la preuve vivante que Brecht n'avait point tort, et que le pire tas d'ordure jamais imaginé par l'être humain n'est jamais totalement consumé.
Notre époque est décidément excessive, dans laquelle on marque du sceau de la "dictature" des régimes qui ont certes beaucoup à se reprocher en avatars d'une mondialisation inique, mais sont encore fréquentables, quand, ailleurs, on assiste aux pires atteintes aux droits humains qui soient.
Allez, même s'il va sans dire que j'admire tous les jeunes vraiment impliqués dans la lutte pour le climat, voici une note d'humour dont je suis redevable à une copine de mon quartier qui écrit, la vilaine, sur les trottoirs et les chaussées.
À la craie.
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| Via "Ma rue par Achbé" |
Rédigé le dimanche 22 septembre après-midi
quand tombait une pluie fine, en entendant Mina
Mazzini chanter les chansons de Lucio Battisti.
lundi 23 septembre 2019
Automneries 2019, numéro un
| Rome vue de haut - Photo Silvano Mangana |
Mon dix-huitième arrondissement étant multicolore, j'étais si étonné de la foule monochrome qui envahissait le parvis du théâtre l'Odéon par une après-midi de septembre ensoleillée, que j'amusai l'ami que j'avais au téléphone d'un "c'est blanc de monde !".
Le ciel, aujourd'hui, par-dessus les toits de Paris, est moins d'azur qui va virer au gris-argent ; s'y installera comme en urgence je le pressens, un automne qui me met bon an mal an dans les meilleures dispositions.
Les rues autour de moi bruissent d'une fourmilière affairée autour du vide-grenier de saison, et je sais ce qu'a d'incongrue la dénomination "grenier" dans une capitale où le moindre espace doit être rentabilisé, tant la fièvre immobilière qui s'est emparée de la ville ces dernières années l'a rendue inaccessible au commun des citoyens.
| "Le ciel... qui va virer au gris-argent" - Photo instantanée, S. |
"Citoyen", tiens, encore un terme devenu désuet, que l'on n'entend quasiment plus prononcer dans ces médias qui font la loi beaucoup plus, en fin de compte, que le législateur, ou du moins, qui en soufflent à ce dernier la teneur en fonction des faits-divers ou de l'impatience des foules !
Chaque fois que m'oppressent - et c'est de plus en plus fréquent - la malveillance, les incivilités, les affrontements de toute nature entre "citoyens" (le mot est peut-être obsolète, finalement), sans omettre ce qui touche à la vie publique - ce que l'on appelle aussi "politique" -, je me réfugie dans une Italie pourtant toujours prête à basculer dans le pire, et malgré tout accueillante et (j'ose !) "gionesque", presque identique, des décennies plus tard, à ce qu'en dit Jean, et, plus près de nous, à ce qu'en ressent Dominique Fernandez.
Je n'arrive pas à concevoir que c'est à Salvini que le signore affable qui m'offre une grappa bianca Nardini, celle que l'on vend à prix d'or chez nous, a peut-être, et même sans doute, apporté son suffrage à Salvini, ce fantoche qui vient de se tirer une balle dans le pied, ce dont on a jubilé, mais, je le crains, permettra juste au peuple italien de reculer pour mieux se faire sauter.
Le blog, j'en suis conscient, a cédé ces derniers temps à la facilité ; j'y trouve moi-même quelques médiocrités, des photos dont j'ai décidé de le débarrasser, car ne correspondant plus à mon état d'esprit du moment - mes amis vous diraient que je change avec la lune tout en soulignant - ce sont mes amis - que c'est chez moi une qualité, ce dont je suis de moins en moins sûr.
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| Clara Haskil (...) aimait les chats (...) en les vénérant. |
Il y a un ami comédien tourmenté qui me rend visite avec moins d'assiduité qu'auparavant, mais il a maintenant une petite fille à élever, aussi belle qu'extraordinairement aimable. Nous avons renoué l'autre soir avec notre rituel qui consiste à écouter de la musique, religieusement posés sur le canapé, jamais vautrés, pour rester en alerte, pour partager nos trouvailles : lui avait apporté des vinyles dont un Bill Evans en public où il ravive des "feuilles mortes" tant ressassées, et un Mozart toujours en vie sous les doigts de Clara Haskil, laquelle aimait les chats comme on doit les aimer, en les vénérant. Je lui fis découvrir cet Alexandre Kantorow que j'ai glissé ça et là dans Gay Cultes ces derniers temps, et me fis confirmer ce que je clame ici ce faisant, qu'un immense pianiste est en devenir, qui nous console des duretés d'un monde devenu quasiment inhabitable.
Ceux qui viennent ici chercher autre chose que des photos de jeunes gens - il en est ! - ont peut-être compris que j'avais eu un été végétal.
Mes mains se sont subitement verdies, avec un désir irrépressible de m'entourer de fleurs et plantes dans un environnement bétonné chaque jour plus oppressant.
Une chaîne de télé a diffusé l'autre soir un film documentaire (ce n'est pas le terme qu'il faudrait) intitulé Sur les toits de Rome : les documents filmés ne manquent pas qui célèbrent souvent dans une tonalité "dépliant touristique" les beautés de la capitale italienne. Celui-là est différent, qui nous montre la grande cité vue du ciel, mais surtout de ses terrasses semblables à celles du film de Sorrentino La grande bellezza. J'ai souvent arpenté Rome le nez en l'air, repérant en effet ces jardins suspendus au cœur de l'effervescence latine (de "latium" s'entend). Le film de Morad Aït-Habbouche est à voir et revoir sans tarder et vaut bien que l'on supporte l'interminable minute de publicité qui le précède. C'est ici : clic.
Mais attention, ces images sont vénéneuses : elle inoculent en vous un besoin de charger illico le coffre de votre Fiat 500 ou de la 4 Chevaux de Mestre Giono et de filer tranquillement vers le Pincio.
Je vous souhaite une bonne semaine.
Rédigé dimanche 22 septembre
vers 10 heures du matin.
dimanche 22 septembre 2019
Cadeau : ce que "cool" veut dire
Miles Davis: Trompette John Coltrane: Saxophone ténor Bill Evans: Piano Paul Chambers: Basse Jimmy Cobb: Batterie
Je ne sais plus qui désignait par "mes oranges pressées" les musiques qu'il aimait écouter au réveil.
Voici l'une des miennes.
Tout l'album se déguste de la même façon.
samedi 21 septembre 2019
jeudi 19 septembre 2019
mercredi 18 septembre 2019
Les anges de Répu'
Cette photo de Willy Ronis,
est célèbre, où l'on voit des jeunes
évoluer gaiement dans un bassin (disparu depuis)
de la Place de la République à Paris en 1936, au temps du Front Populaire.
De nos jours, on va rarement à Répu' pour s'amuser.
mardi 17 septembre 2019
Un été 2019 (patchwork)
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| Un café à Vienne |
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| Un "aperitivo" à Vista Darsena, Milano |
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| Mariaaaaaaaaaaaaaaaaa ! Au musée de la Scala, Milan(o) |
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| Un trottinetteur s'appliquant sur son application, à Vienne. |
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| Une amie très gracieuse en Morvan |
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| Un gracieux "cameriere", à Pavie |
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| Petit morceau d'un balcon : le mien, Paris |
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| Gustav M. par Auguste R. à Vienne |
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| 2 jolis garçons à Vienne |
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| Une ville amie des gays |
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| Mecs à poils, par un certain Munch à Vienne (faudra que j'y revienne.) |
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| Cékissuila ? |
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| Chartreuse de Pavie jolie |
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| La Scala n'a pas perdu son lustre au fil des années (mdr !) |
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| Original du Requiem de la main de Giuseppe Verdi, fichtre ! |
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| Lui (Vienne) |
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