Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


vendredi 22 avril 2011

Cadeau : Marcello | A. Mayer

Langue langage

Des fesses, yeah !








Il semble que les filles
adorent
cette partie 
de 
l'anatomie
masculine...
On ne les
contredira
pas.

Nijinski, divin et diabolique.


Vaslav Nijinski à 15 ans.




L'Après-midi d'un Faune. 
La première photo est ultra-célèbre.
Dans le film d'Herbert Ross, le danseur "jouit" littéralement sur scène.
Fantasme ?
La tombe de l'illustre danseur et chorégraphe, au Cimetière de Montmarte à Paris, éternellement fleurie.

Vaslav Nijinski (1889-1950) demeure le plus grand danseur de tous les temps dans la mémoire collective.
Immense star, dompteur de foules, il scandalise Paris en interprétant un "faune" ("L'après-midi d'un faune" sur la musique de Debussy) qui révolutionne l'art de la danse (1912).
Le jeune russe insuffle à son personnage une sensualité quasi-animale qui choque les esprits bien-pensant.
Il n'en faut pas plus pour en faire une icône gay dont l'aura a traversé les époques.
Amant de son mentor Serge Diaghilev, il épouse néanmoins Romola de Pulszky en 1913 avant de sombrer définitivement, cinq ans plus tard, dans la folie.
Le cinéma de fiction ne s'empare du mythe qu'en 1980, avec le film d'Herbert Ross "Nijinski" sans grand intérêt si ce n'est la composition d'Alan Bates en Diaghilev.
Depuis Nijinski, seul Rudolf Noureev aura atteint à une gloire comparable.

Un texte de Jean Cocteau :

Nijinsjy était d'une taille au-dessous de la moyenne.
D'âme et de corps il n'était que déformation professionnelle.
Sa figure, du type mongol, était reliée au corps par un cou très haut et très large. Les muscles de ses cuisses et ceux de ses mollets tendaient l'étoffe du pantalon et lui donnaient l'air d'avoir des jambes arquées en arrière. Ses doigts étaient courts et comme tranchés aux phalanges. Bref on n'aurait jamais pu croire que ce petit singe aux cheveux rares, vêtu d'un pardessus à jupe, coiffé d'un chapeau en équilibre au sommet du crâne, c'était l'idole du public.
Il l'était cependant, à juste titre. Tout en lui s'organisait pour paraître de loin, dans les lumières. En scène sa musculature trop grosse devenait svelte. Sa taille s'étirait (ses talons ne portant jamais par terre), ses mains devenaient le feuillage de ses gestes, et quant à sa face, elle rayonnait.
Une semblable métamorphose est presque inimaginable pour ceux qui n'en ont pas été les témoins.
Dans Le Spectre de la rose, où il se résumait, il apporta de la mauvaise grâce à partir de 1913. Car la chorégraphie du Sacre scandalisait, et il supportait mal qu'on acclamât l'une et sifflât l'autre. La pesanteur nous habite. Il cherchait sans cesse quelque ruse afin d'en venir à bout.
Il avait remarqué que la moitié du saut qui termine Le Spectre de la rose se perdait, vu de la salle. Il inventa de sauter double, de se nouer en l'air en coulisse et d'y retomber à pic. On l'y recevait comme un boxeur, avec des serviettes chaudes, des gifles et l'eau que son domestique Dimitri lui crachait à la figure.
Avant la première du Faune, à souper chez Larue, il nous étonna, plusieurs jours, par les mouvements de tête d'un torticolis. Diaghilev et Baskt s'inquiétaient, l'interrogeaient, n'en tiraient aucune réponse. Nous apprîmes ensuite qu'il s'entraînait au poids des cornes. Je coterais mille exemples de cette perpétuelle étude qui le rendait maussade et boudeur.
A l'Hôtel Crillon (Diaghilev et lui émigraient d'hôtel en hôtel, chassés par les saisies foraines), il passait un peignoir éponge, en rabattait le capuchon sur sa tête, et notait ses chorégraphies.
Je l'ai vu créer tous ses rôles. Ses morts étaient poignantes. Celle de Pétrouchka où le pantin s'humanise jusqu'à nous tirer des larmes. Celle de Schéhérazade où il tambourinait les planches comme un poisson au fond d'une barque.

Jean Cocteau : La difficulté d'être - deDiaguilev et de Nijinsky

jeudi 21 avril 2011

Vos yeux dans mon regard

Cadeau : Pergolesi | Jacobs - Hennig

Rien à voir avec Pâques : le disque (Harmonia Mundi) de René Jacobs avec le jeune Sebastian Hennig est un pur joyau à écouter tous les jours :

Gay Cultes aime la lecture !

Jeune, mon ami (3)

Certains oublient trop qu'ils furent comme vous.
Pour essayer la vie, vous faites souvent n'importe quoi.
Et pourtant...


Le jeune
ses lieux
de culte.


Parfois, il "se fait un délire".

Il se défigure quelquefois à plaisir...

Mais, souvent...


 Il a le sens de l'humour, sait
se montrer
to-lé-rant...

et respecter
ceux
qui s'aiment.

mercredi 20 avril 2011

Mountain

Ils s'aiment








lls s'aiment comme avant
Avant les menaces et les grands tourments
Ils s'aiment tout hésitants
Découvrant l'amour et découvrant le temps
Y a quelqu'un qui se moque
J'entend quelqu'un qui se moque
Se moque de moi, se moque de qui?


Ils s'aiment comme des enfants
Amour plein d'espoir impatient
Et malgré les regards
Remplis de désespoir
Malgré les statistiques
Ils s'aiment comme des enfants



Enfants de la bombe
Des catastrophes
De la menace qui gronde
Enfants du cynisme
Armés jusqu'aux dents



Ils s'aiment comme des enfants
Comme avant le menaces et les grands tourments
Et si tout doit sauter,
S'écrouler sous nos pieds
Laissons-les, laissons-les, laissons-les
Laissons-les s'aimer



Et si tout doit sauter
S'écrouler sous nos pieds
Laissons-les, laissons-les
Laissons-les s'aimer



Enfants de la bombe
Des catastrophes
De la menace qui gronde
Enfants du cynisme
Armés jusqu'aux dents



Ils s'aiment comme avant
Avant les menaces et les grands tourments
Ils s'aiment comme avant

Se câliner un peu

Une forêt d'émeraude...



Comment ne pas penser
à "La forêt d'émeraude" (The emerald forest) de John Boorman (1985)
dans lequel le jeune Charley Boorman (fils du précédent)
en avait fait craquer
plus d'un ?
Le film n'avait pas (hélas !) la connotation
de la série de photos ci-dessus, mais rien n'interdit le fantasme...





Non ?