Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


lundi 23 juin 2014

On ne dira jamais assez...


les 
vertus
de
la
sieste.

Instantané


Marc E. venait le matin vers 8 heures. La stridente sonnerie de l'interphone, un fa dièse qu'on eût cru sorti d'un mirliton (cet instrument pour non-musiciens d'où l'on tire un  son nasillard en fredonnant dans l'embouchure), me sortait de mes rêves, me condamnant à me traîner jusqu'à la porte d'entrée pour actionner l'ouverture du portail métallique qui protégeait le lotissement des intrusions. Je retournais au lit après avoir entrouvert, me recouchais, attendant le rituel : l'arrivée à pas feutrés, puis le souffle de Marc qui se penchait sur moi dont il n'obtenait que grognements pour résultat de sa vigoureuse caresse. En dernier ressort, il ôtait son polo, sachant qu'alors je daignerais sortir la tête des draps, un œil curieux émergeant des limbes tel un périscope, prêt à donner l'alerte. Marc s'affairait dans la cuisine "américaine", faisait chauffer l'eau dans l'unique casserole, dosait méticuleusement le café lyophilisé dans le mug et me l'apportait.
"Je peux mettre un disque ?" demandait-il toujours, car jamais il ne l'eût fait d'autorité. Il veillait à régler le potentiomètre sur midi moins vingt, la seule puissance qui m'agréait au lever. Je consentais à m'extraire du lit, sans dissimuler la vigueur qui tendait le drap du caleçon blanc, me dirigeais vers la salle de bain pendant qu'il feuilletait le journal qu'il avait apporté. Quand j'en revenais, Marc avait disparu. Je savais qu'il m'attendait dans l'alcôve et qu'il faudrait prendre une nouvelle douche après les effusions. Dans les rayons des supermarchés, je ne peux voir un flacon de café instantané sans penser à ce garçon un peu voyou qui me manifestait une déférence teintée d'admiration, un respect, une attention, qui étaient peut-être de l'amour.

Lire à Paris

Randall Lake, “Reading in Paris” - instagram.com


vendredi 20 juin 2014

Ravageur

Daniel Den Hollander photographié par Mark Uyl

Hérésie !

Photo Shunya Arai

Je n'ai pu me résoudre à couper les pieds de ce charmant garçon ; mais tout de même, ces atroces nu-pieds au bas d'un ensemble "décontracté" mais de bonne facture, je m'étrangle !

Ange agile


Jean-Luc, lecteur de la belle province, m'a envoyé des photos d'Olivier Sylvestre, étudiant de l'Ecole Nationale du Cirque de Montréal (Québec). Talentueux et fort agréable de sa personne, Olivier présente notamment un numéro de roue allemande que vous pouvez voir en vidéo au bas de ce billet.
Merci à Jean-Luc pour le partage.



Race Depp