Le journal quotidien - non hétérophobe - de
Silvano Mangana (nom de plume Louis Arjaillès). Maison de confiance depuis 2007.
Photo en-tête Mina Nakamura

"La gravité est le plaisir des sots"
(Alexandre Vialatte)


mercredi 27 mai 2026

Un Steinway, sinon rien ?

 

Un Bösendorfer "design", vu chez Harrods, à Londres (Silvano)
  Un billet ancien donnait à voir un piano Bösendorfer de facture néoclassique. Mes commentateurs écrivaient combien cette marque prestigieuse était sans égale, les "Steinway" ne faisant pas le poids face à cette Rolls du piano. C'est parfaitement exact : avoir joué un Bösendorfer est une expérience inoubliable.
La suprématie de la marque américaine s'explique : les Steinway de concert sont des instruments de compétition que l'on peut faire régler aisément à convenance, d'une solidité telle que nul massacreur ne peut en venir à bout. Si les Japonais de Yamaha tentent, depuis des décennies, d'enfoncer une brèche dans l'empire Steinway, ils ne sont parvenus qu'à une entaille. Les Nippons ont pourtant mené une politique marketing agressive, allant, par exemple, jusqu'à offrir des pianos à de grands concertistes acceptant, par contrat, de ne jouer que sur des instruments de cette marque. Ce fut le cas, dans les années 60/70, de Georges Cziffra, seul exemple qu'il m'ait été donné de vérifier, mais il y en eut sans doute d'autres.
Choix du piano par Alexandre Tharaud (Silvano)
  Le Festival de piano de La Roque d'Anthéron, en Provence, offre aux pianistes invités la possibilité de jouer sur un piano de leur choix : chaque matin, le concertiste du jour, peut essayer, sur la scène-même du concert, plusieurs pianos. Sur les photos, prises en 2009, les pianistes (Alexandre Tharaud ou Christian Zacharias notamment) pouvaient choisir entre pas moins de sept instruments !
Il n'y avait pas de Bösendorfer (peut-être est-ce un piano trop "précieux" pour subir les assauts d'un virtuose ?), mais étaient représentées les maisons Yamaha, Bechstein (ce n'est pas rien, non plus) et l'inévitable Steinway.
J'écris inévitable, mais c'est "incontournable" qu'il faut dire. Parce que, à chaque fois, c'est le Steinway qu'ont choisi finalement les artistes, à l'issue d'une longue séance d'entraînement.
Certes, un Bösendorfer ou un Fazioli (plutôt bien, Fazioli !) sont des bijoux. Qu'on n'a peut-être pas envie de sortir en toutes circonstances…

Christian Zacharias choisira finalement un Steinway (Silvano)

La facture de piano, c'est du boulot !
Nota
La famille Steinweg était connue en Allemagne pour la qualité de ses pianos.
Les événements révolutionnaires qui soulèvent l’Europe en 1848 affectent le duché de Brunswick et l’un des membres de la famille de Steinweg participe aux mouvements de révolte. Afin d’échapper à l’instabilité politique en Basse-Saxe, Heinrich Steinweg décide d’émigrer avec sa famille vers le Nouveau Monde et s’installe à New York en 1850. Après trois années d’adaptations difficiles, Heinrich fonde sa fabrique de pianos à Manhattan et lui donne son nom anglicisé. "Steinway and Sons" est né.
La filiale européenne se situe à Hambourg.
Une partie de la famille Steinweg est restée en Allemagne et a continué la facture de pianos :
pour la toute petite histoire, je possède un petit piano de la marque Grotrian Steinweg (association de deux grands facteurs allemands) qui a subi mes assauts lorsque j'étudiais au conservatoire. Il a été entièrement restauré et sonne toujours admirablement.

2 commentaires:

uvdp a dit…

Et Pleyel ?
Le concours international de piano Chopin Pleyel » sur instruments Pleyel, sera organisé organisé du 15 au 23 août 2026 à Nohant au domaine de George Sand, conjointement par les Pianos Pleyel, le Centre des monuments nationaux, le Nohant Festival Chopin, en lien avec la salle Cortot . Ce nouveau concours international dédié à Frédéric Chopin est placé sous la direction du pianiste et pédagogue Yves Henry .

Silvano a dit…

Et Gaveau ? Et Erard ? Ceci est un billet sur l'histoire de Steinway. Je n'ai pas attendu M. Wikipedia et autres sites pour connaître Pleyel et apprécier leurs pianos des années 1920/1930 restaurés.